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Full text of "Bulletin de l'Institut archéologique liégeois"

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BULLETIN 


DE 


L'INSTIT 


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ARCHE 


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J  1  vy  U  LJ 


LIEGEOIS. 


TOME    XXXIII 


(1"    FASCICULE) 


LIÈGE 

LEON   DE   THIER,    BOULEVARD    DE   LA    SAUVENIÈRE,    10 


100» 


GEÏÏt  CtNiW  UbKARY 


IIAI'I'OKT 


SUR  LES  TRAVAUX   DE    L'INSTITUT   ARCHEOLOGIQUE 

LIÉGEOIS  PENDANT  L'ANNÉE  IQQ2. 


Messieurs, 

Me  conformant  à  l'article  VII  de  nos  statuts  organiques, 
j'ai,  en  ce  jour,  à  la  fois  le  devoir  et  l'honneur  de  vous  re- 
tracer les  principaux  événements  qui,  dans  le  cours  de  l'an- 
née 1902,  ont  marqué  l'existence  de  l'Institut  archéologi- 
que liégeois. 

Ces  événements  se  rapportent  les  uns  à  notre  activité  in- 
tellectuelle, les  autres  à  notre  vie  intime. 


L'exercice  qui  vient  de  s'écouler  comptera  parmi  les  plus 
prospères  d'entre  tous.  Rarement,  en  effet,  notre  Société  a 
fait  preuve  d'autant  de  vitalité,  rarement  elle  a  déployé 
autant  d'activité. 

Jamais  nos  séances  mensuelles  n'ont  été  aussi  régulière- 
ment et  aussi  assidûment  suivies  par  la  plupart  d'entre 
vous  ;  nos  réunions  présentaient  toutes,  il  est  vrai,  l'attrait 
d'une  communication  émanant  de  l'un  de  nos  membres. 

M.  le  professeur  Duchesne  a  ouvert  en  janvier  la  s'rie  de 
nos  causeries  en  vous  parlant  du  Musée  de  Giseh. 

Après  avoir  fait  l'historique  de  ce  Musée,  qui  fut  succes- 
sivement installé  à  Boulacq  et  à  Giseh,  d'où,  tout  récem- 
ment enfin,  il  a  été  transféré  au  Caire,  M.  Duchesne  vous 
en  a  décrit  les  principales  antiquités  contenues  dans  91  vas- 
tes salles. 

Au  rez-de-chaussée,  il  vous  a  signalé  les  monuments  des 
premières  dynasties,  les  statues  et  les  bas-reliefs  du  Moyen 


—  II  — 

et  du  Nouvel   Empire,  ainsi  que  les  antiquités  de  l'époque 
gréco-romaine. 

Enfin,  à  propos  des  collections  des  galeries  des  étages,  il 
s'est  attaché  à  vous  exposer  les  principaux  caractères  que 
présente  la  statuaire  égyptienne  (types  hiératiques  sans 
cesse  répétés,  persistance  de  certains  gestes,  etc.). 

Ce  court  aperçu  permet  de  juger  de  l'intérêt  de  cette 
utile  conférence. 

A  la  séance  de  mars  (celle  de  février  fut  consacrée  à  la 
lecture  des  rapports  du  secrétaire  et  du  trésorier),  M.  Flo- 
rent Pholicn  vous  a  donné  communication  d'un  long  et  in- 
téressant travail  sur  les  fabriques  de  faïence  qui  ont  existé 
dans  l'ancien  pays  de  Liège.  Il  vous  a  notamment  fait  con- 
naître l'existence,  confirmée  par  de  nombreux  documents 
et  témoignages,  de  faïenceries  à  Huy,  Acosse,  Ouffet,  Tin- 
lot,    Dinant,   Brée,    Verviers   et    Maestricht. 

Ce  travail,  fruit  de  longues  et  patientes  recherches,  ser- 
vait de  complément  à  l'étude  détaillée  que  notre  savant  col- 
lègue a  publiée  dans  notre  Bulletin. 

En  avril,  M.  le  Dr  Simonis,  qui,  l'année  précédente,  vous 
avait  fait  une  communication  du  plus  haut  intérêt  sur 
1'.  1/7  du  Mèdaïlleur  en  Belgique,  vous  a  entretenus  de  deux 
médailles  religieuses  du  XIVe  siècle. 

Il  s'agissa'it  de  deux  grandes  médailles  en  bronze  dont 
les  originaux  en  or  sont  déià  cités  dans  l'inventaire  des 
richesses  artistiques  du  duc  de  Berry  en  141 3 -14 14. 
_  Ces  pièces,  au  type  de  deux  empereurs  romains,  Constan- 
tin et  Héraclius,  ont  des  revers  allégoriques  qui,  depuis 
quatre  siècles,  avaient  intrigué  les  principaux  savants. 

Tour  à  tour  Scaliger,  Ducange,  Van  Miries  et  plus  ré- 
cemment Guiffré,  Frôhner  et  Von  Schlôsser  tentèrent  d'en 
déchiffrer  la  signification. 

M.  le  Dr  Simonis  vous  a  démontré  que  les  deux  médailles 
en  question,  vraisemblablement  originaires  d'Italie  et  dues 
à  des  artistes  de  la  Renaissance,  ont  leurs  revers  inspirés  du 
Bréviaire  romain  ;  l'une  d'elles,  celle  de  Constantin,  ran- 
nelle  le  triomphe  de  la  Croix  sur  le  monde  sous  l'égide  de 
Constantin  ;  la  médaille  d'Héraclius,  d'autre  part,  remé- 
more la  reprise  de  la  relique  de  la  Croix  sur  les  infidèles. 

A  la  séance  ae  mai,  notre  vice-président,  M.  J.  E.  De- 
marteau,  vous  a  fait  une  conférence  sur  les  dernières 
fouilles  au  Forum  romain. 

Aorès  avoir  esquissé  à  grands  traits  la  confieuration 
rie  l'ancien  Forum,  tel  que  le  connurent,  dans  se^  transfor- 
mations  successives,   les   anciens   Romains,   M.   Demarteau 


—  III  — 

vous  a  dépeint  l'état  de  ce  même  Forum  au  moment  où,  sur 
l'ordre  des  papes,  les  premières  fouilles  régulières  y  furent 
entreprises- 

Depuis  1870,  l'aspect  des  lieux  s'est  bien  modifié.  On  ne 
se  borne  plus  aujourd'hui  à  déblayer  les  ruines  des  temples 
et  des  autres  monuments  ;  pour  arriver  à  des  résultats  com- 
plets, on  ne  craint  plus  de  démolir  des  églises  monumen- 
tales et  d'explorer  des  portions  de  quartiers ;  le  sous- 
sol  lui-même  est  scruté  de  toutes  parts. 

M.  Demarteau  vous  a  ensuite  signalé  les  découvertes  les 
plus  remarquables  de  ces  derniers  temps  :  le  bassin  de  Ju- 
turne  avec  son  inscription  caractéristique  : 

M.  BARBATIVS 

POLLIO  .  AEU  .  CVR 

IVTVRNAI  SACRVM 

PVTEAL 

et,  tout  proche,  Pédicule  d'Esculape,  témoin  muet  de  la  pu- 
reté comme  de  la  salubrité  de  l'eau  ;  l'autel  érigé  devant  le 
temple  de  César,  sur  l'emplacement  même  du  bûcher  où  le 
corps  du  Luctateur  fut  brûlé  ;  la  Régia,  demeure  officielle 
du  Grand  Pontife  des  Romains,  la  base  du  Vulcanal,  etc 

11  vous  a  également  entretenus  de  ce  pavement  noir,  en- 
touré de  rebords  préservateurs,  sous  lequel  on  a  retrouvé, 
entre  autres  objets  disparates,  un  cippe  aujourd'hui  fameux, 
portant  une  inscription  en  lettres  tusco-romaines,  texte 
dans  lequel  on  a  cru  lire  des  prescriptions  rituelles  à  l'oc- 
casion d'un  sacrifice 

M.  Demarteau  a  terminé  son  intéressante  causerie  en  vous 
signalant  une  trouvaille  qui  a  fait  grand  bruit,  même  dans  la 
Rome  officielle  :  celle,  à  7  mètres  de  profondeur,  prè>  du 
temple  d'Antonin  et  de  Faustine,  plus  bas  que  ses  premières 
assises,  d'une  urne  funéraire  faite  à  la  main  et  enfouie  en 
même  temps  que  sept  petits  vases  d'offrande  à  une  époque 
antérieure  à  l'établissement  du  Forum  lui-même! 

En  juin,  vous  avez  eu  le  plaisir  d'entendre  Mgr  School- 
meesters  disserter  sur  le  régime  des  lépreux  au  pays  de  Liège. 

Après  vous  avoir  fait  l'historique  de  la  léproserie,  de 
Cornillon  qui,  mentionnée  pour  la  première  fois  dans  un 
acte  de  donation  remontant  à  11 76,  fut  réglementée  en 
1188  par  le  prince-évêque  Radulphe  de  Zahringen  et 
compta  parmi  ses  membres  la  pieuse  sainte  Julienne  de 
Cornillon,  le  conférencier  a  mis  en  relief  l'importance  et  les 
principales  attributions  de  cet  établissement,  dont  la  juri- 
diction suprême  s'étendait  sur  tout  le  pays  de  Liège. 


—    IV   — 

Le  régime  auquel  étaient  soumis  les  lépreux  est  surtout 
curieux  et,  sur  ce  point,  Mgr  Schoolmeesters  vous  a  fourni 
des  détails  réellement  intéressants.  Il  a  successivement  dé- 
crit l'habillement  distinctif  (longue  robe  d'étoffe  grise)  qui 
était  imposé  aux  lépreux,  ainsi  que  les  diverses  cérémonies 
religieuses  qui  étaient  accomplies  au  moment  de  l'interne- 
ment, puis  à  la  mort  des  lépreux. 

A  la  séance  suivante  (celle  de  juillet),  M.  Jos.  Brassinne 
a  traité  un  sujet  bien  approprié  à  ses  études  spéciales. 

Vous  entretenant  de  l'ancien  diocèse  de  Liège,  il  vous  a 
notamment  exposé  dans  quelles  circonstances  ce  diocèse, 
qui  s'adapta  à  la  C'witas  Tungrorum,  fut  établi  dans  la 
première  moitié   du   IV0  siècle. 

Puis,  parlant  des  paroisses,  dont  l'établissement  remonte 
au  VIe  siècle  dans  les  bourgs  et  les  villes,  il  vous  a  succes- 
sivement indiqué  l'origine  et  défini  les  fonctions  des  choré- 
vêques,  des  archidiacres,  de  l'official,  du  vicaire  général, 
enfin  des  évêques  auxiliaires. 

M.  rirassinne,  étudiant  ensuite  l'origine  des  doyens  et 
leurs  attributions,  vous  a  énuméré  les  différentes  catégories 
d'établissements  paroissiaux  existant  dans  le  diocèse. 

Il   a  terminé  sa  savante  communication  en   faisant   l'his- 
torique des  tentatives   faites,   antérieurement   au   XVIe  siè- 
cle,   pour   créer    dans    les    Pays-Bas    de    nouveaux    évêchés 
qui  auraient  démembré  celui  de  Liège  et  en  vous  montrant 
tiilippe  II  atteignant  ce  but  en  1559- 

A  notre  rentrée  de  vacances,  à  la  séance  extraordinaire 
d'octobre,  notre  sympathique  collègue,  M.  Paul  Jaspar,  en 
une  charmante  causerie,  vous  a  intéressés  au  sort  de  la 
Maison  Porqu'in. 

Il  vous  a  montré  avec  quel  soin  fut  édifiée  vers  1570, 
par  le  Lombard  Porcini,  dans  le  goût  italien  du  XVIe  siècle, 
cette  construction  qui  devint,  dans  la  suite,  la  propriété 
d'Ernest  de  Bavière,  pour  former  le  noyau  de  l'ancien  hôpi- 
tal dit  "  de  Bavière  ",  aujourd'hui  disparu. 

Au  moyen  de  dessins  et  de  vues,  tant  de  l'intérieur  que  de 
l'extérieur  du  monument,  M.  Jaspar  vous  a  ensuite  exposé 
les  mérites  de  cet  intéressant  édifice,  avec  sa  belle  charpente, 
pour  vous  signaler  enfin  les  diverses  destinations  utiles  aux- 
quelles pourrait  être  affectée  la  Maison  Porquin,  dont  la 
conservation  s'impose  à  tous  égards. 

Votre  vice-président,  qui,  en  mai,  avait  déjà  pris  la  parole, 
a  bien  voulu,  à  la  séance  de  novembre,  remplir  une  seconde 
fois  le  rôle  de  conférencier  pour  vous  communiquer  certains 
renseignements  inédits  sur  la  tombe  de  Nicolas  de  Cusa, 
légat  à  Liège  en  1451. 


—    V   — 

Après  avoir  défini  en  quelques  mots  le  but  de  la  mission 
dont  le  Saint-Siège  investit,  à  différentes  reprises,  les  légats 
qu'il  envoya  dans  les  principautés  ecclésiastiques  de  l'empire 
germanique  et  vous  avoir  rappelé  l'intervention,  dans  les 
affaires  intérieures  de  l'église  de  Liège,  des  légats  Guido  de 
Préneste  (1200)  et  Pierre  d'Albano,  M.  J.  E.  Demarteau  vous 
a  narré  en  détail  la  visite  aussi  courte  que  mouvementée  que 
fit  à  Liège  le  cardinal  de  Cusa,  envoyé  du  pape  Nicola->  V. 

Il  s'est  ensuite  attaché  à  rétablir  la  biographie  de  ce  per" 
sonnage,  dont  le  somptueux  tombeau  subsite  encore  au- 
jourd'hui en  l'église  de  Saint-Pierre-aux-liens,  à  Rome. 

S'aidant  des  inscriptions  de  ce  tombeau,  M.  Demarteau 
vous  a  appris  que  Nicolas  du  Cusa  était  né  à  Cues,  sur  laj 
Moselle,  près  de  Trêves,  et  qu'il  mourut  à  Tuder  ou  Todi 
en   1461,  soit  treize  ans  après  sa  mission  à  Liège. 

Le  monument  funéraire,  ainsi  commenté  par  notre  collè- 
gue, présente  des  détails  d'autant  plus  intéressants  que  la 
biographie  des  légats  étrangers  est  généralement  moins  con- 
nue que  leur  intervention. 

Enfin,  à  la  séance  de  décembre,  M.  Julien  Fraipont  a  dé- 
veloppé un  sujet  bien  en  rapport  avec  ses  études  de  prédi- 
lection :  La  Belgique  préhistorique. 

Il  a  débuté  par  déterminer  le  centre  de  dispersion  des  néo- 
lithiques venus,  d'après  les  uns,  de  la  Bactriane,  d'après  les 
autres,  des  steppes  de  la  Russie  (entre  la  mer  Noire  et  la 
mer  Caspienne),  pour  vous  expliquer  ensuite  l'invasion  en 
nos  contrées  de  peuplades  d'agriculteurs  et  de  pasteurs  ap- 
portant avec  eux  une  civilisation  toute  faite.  Puis  il  vous  a 
décrit  en  détail  la  civilisation  de  ces  néolithiques,  en  insis- 
tant notamment  sur  leur  genre  de  vie  (associations  de  tribus 
vivant  dans  des  bourgades),  leurs  industries,  leurs  rites  fu- 
néra'ires,  etc. 

Passant  de  là  en  revue  les  différentes  traces  que  ces  peu- 
olades  ont  laissées  en  notre  pays,  notamment  leurs  stations 
à  ciel  ouvert,  leurs  fonds  de  cabanes,  leurs  cités  lacustres, 
leurs  postes  de  refuge,  leurs  puits  d'extraction  et  leurs  ate- 
liers de  taille,  M.  Fraipont  a,  pour  terminer,  rétabli  la  chro- 
nologie néolithique. 

Cette  intéressante  communication  a  eu  le  grand  mérite  de 
vous  permettre  d'embrasser  d'un  coup  d'oeil  rapide  cette 
longue  période  de  l'âge  de  la  pierre  qui  aurait  eu,  d'après 
nos  savants,  une  durée  d'environ  3300  ans. 

Par  cet  aperçu,  beaucoup  trop  étendu  déjà  pour  le  cadre 
restreint  de  ce  rapport,  vous  voyez,  Messieurs,  combien  nos 
séances  mensuelles  ont  présenté  d'attrait  et  d'intérêt. 


VI   — 


A  propos  de  nos  séances,  je  rappel lera'i  ici,  sans  la  com- 
menter, l'heureuse  décision  que  vous  avez  prise  de  réduire 
d'un  mois  notre  période  de  vacances  et  de  vous  réunir  le 
dernier  dimanche   d'octobre   en    une    séance   extraordinaire. 


A  l'intérêt  de  nos  réunions  vient  s'associer  celui  de  nos 
publi<  ations. 

L'Institut  a  rarement  pu  présenter  à  ses  membres  un  vo- 
lume aussi  varié  que  le  tome  XXXII. 

En  un  article  de  quelques  pages,  M.  L.  Renard  a  déchrit 
quatre  statuettes  romaines,  parmi  lesquelles  une  figurine  de 
Mercure  mérite  une  mention  spéciale. 

Par  sa  notice  sur  des  antiquités  de  l'âge  de  la  pierre  trou- 
vées à  Angleur  et  à  C haud fontaine,  M.  Jean  Servais  vous  a 
permis  de  juger  de  l'étendue  de  ses  connaissances  en  matière 
d'archéologie  préhistorique,  tout  en  vous  laissant  entrevoir 
les  grands  services  qu'il  est  à  même  de  rendre  à  la  science. 

De  son  côé,  M.  Florent  Pholien,  en  étudiant  d'une  façon 
à  la  fois  raisonnée  et  pratique  nos  vieilles  faïences  lié- 
geoises, a  su  mettre  ein  relief  une  de  nos  anciennes  industries 
locales  les  plus  importantes,  mais  aussi  les  plus  méconnues  ; 
son  travail,  fruit  d'une  suite  ininterrompue  de  patientes 
recherches,  servira  de  point  de  départ  à  tout  ce  qui,  dans  la 
suite,  pourra  être  écrit  sur  VHistoire  de  la  Céramique  du 
pays  de  Liège. 

En  une  douzaine  de  pages  environ,  M.  Alfred  Hansay  a 
condensé  la  matière  qui  fit,  l'année  dernière,  l'objet  de  sa 
communication  sur  Liège  en  ijço  d'après  le  voyageur  alle- 
mand Forster,  communication  dont  mon  rapport  précédent 
a  fait  ressortir  tout  le  mérite. 

Quant  au  mémoire  de  notre  excellent  collègue  M.  Albin 
Body,   est-il    nécessaire  d'insister  sur   l'attrait  que   présente 
e  travail    pour  tous  ceux  oui   s'intéressent  à  l'histoire  des 
Anciens  monuments  spadois?. 

En  tête  du  second  et  dernier  fascicule  du  tome  XXXII 
fi.o-ure  le  savant  trava'il  de  M.  Edouard  Ponce^et  sur  Les 
Maréchaux  d'armée  de  T évéché  de  Liège,  œuvre  pleine  d'éru- 
dition et  di«me  à  tous  égards  de  faire  suite  au  remarquable 
mémoire  que  notre  confrère  a  iadis  oublié  dans  notre  Bul~ 
let'm  sur  les  Bons  métiers  de  la  Cité  de  Liéce. 

Enfin,  pour  terminer  la  série  des  notices,  M.  L.  Penard  a 
consacré  une  courte  éb'de  Vi  deux  remarnmhle^  obiets  ro- 
mains en  bronze  :  un  chandelier  et  un  trépied  découverts  à 
Bois-Borsu.  i 


VII 


Je  dois  signaler  égalemenl   la    Table  analytique  des  ma 
tiètes  (iiu  clôture  notre  tome  XXXII,  en  vertu  d'une  décision 
récente  de  l'Institut,  d'après  laquelle  chacun  de  nos  volumes 
aura  à  l'avenir  sa  table  propre. 

Mentionner  cette  table,  c'est  citer  M.  l'abbé  Van  Winters 
hoven,  au  dévouement  désintéressé  duquel  nous  devons  cet 
index  si  utile. 

je  crois  être  l'interprète  de  vous  tous  en  exprimant  à  <  et 
obligeant  collègue  les  meilleurs  remercîments  de  l'Institut 


Vous  dire  que  vous  avez  largement  mis  en  application 
l'article  I  de  nos  statuts,  qui  nous  ordonne  notamment  de 
véiller  à  la  conservation  "  des  monuments  historiques  de  la 
province  et  des  anciennes  dépendances  du  pays  de  Liège  ", 
c'est  aborder  d'emblée  la  question  de  la  Maison  Porquin. 

En  émettant,  dans  mon  rapport  précédent,  le  vœu  de  voir 
la  Ville  de  Liège  se  montrer  clémente  à  l'égard  de  ce  vieux 
monument,  je  ne  m'attendais  certes  pas  à  devoir  constater 
aujourd'hui  que  rien  depuis  lors  n'est  venu  modifier  la  triste 
situation  que  je  vous  exposais  naguère...  La  Maison  Porquin, 
grâce  aux  soins  qui  furent  apportés  à  son  édification,  est 
toujours  debout,  mais  sa  ruine  s'accentue  de  jour  en  jour. 

En  présence  d'un  aussi  regrettable  état  de  choses,  peu 
digne,  il  faut  en  convenir,  d'une  ville  de  170,000  âmes,  vous 
avez  considéré  qu'il  était  de  votre  devoir  d'adresser  une  der- 
nière requête  à  la  Ville  de  Liège  pour  obtenir  qu'une  solu- 
tion définitive  soit  donnée  à  bref  délai  à  une  question  qu; 
intéresse  à  si  juste  titre  tous  les  archéologues  liégeois. 

Je  ne  reviendrai  pas  idi  sur  le  texte  de  votre  requête  ;  je 
me  bornerai  à  vous  rappeler  que  l'Institut  n'a  fait  qu'inter- 
préter le  sentiment  unanime  de  ceux  qui  ont  à  cœur  la  con- 
servation de  nos  anciens  monuments  historiques. 

Tous  nos  journaux  locaux,  de  quelque  oponion  qu'ils  fus- 
sent, ont  approuvé  notre  nouvelle  démarche,  tandis  que 
d'autres  journaux  du  pays,  voire  même  la  Chronique  des 
Travaux  publics,  organe  de  la  Fédération  des  Entrepreneurs 
et  de  la  Ligue  du  Bâtiment  de  Belgique,  ont,  en  même  temps, 
ouvertement   sanctionné  nos   légitimes  revendications. 

De  plus  puissants  appuis  encore  nous  ont  été  acquis  :  la 
Commission  Royale  des  Monuments,  qui  était  déi.à  inter- 
venue, en  190 1,  en  faveur  de  la  Maison  Porquin,  a  récem- 


—    VIII    — 
ment  adressé  à  la  Ville  de  Lié^e  la  nouvelle  lettre  suivante 


ROYAUME    DE    BELGIQUE 

— o — 

COMMISSION  ROYALE 

DES 
tVI  O  IVT   U  3VT  12  INJ  T  &1 

O — 

N°  8520 
(Prière  do  rappeler  dans  la  ré- 


ponse la  date  et   le   numéro 
de  la  présente). 


Messieurs, 

Notr3  attention  est  de  nouveau  appelée  sur  l'état  d'abandon  dans 
lequel  est  laissée  la  Maison  Porquin,  à  Liège,  au  sujet  de  laquelle 
nous  avons  eu  l'honneur  de  vous  écrire  le  22  novembre  1901. 

En  présence  de  l'intérêt  qui  s'attache  à  ce  monument,  nous  espé- 
rons, Messieurs  que  vous  aurez  à  cœur  de  donner  à  cette  affaire  une 
solution  favorable. 

De  promptes  mesures  s'imposent  si  l'on  veut  assurer  la  conserva- 
tion d'une  œuvre  figurant  à  juste  titre  au  tableau  des  monuments 
historiques. 

Nous  serions  heureux,  Messieurs,  d'apprendre  que  vous  êtes 
d'accord  avec  nous  au  sujet  de  la  mesure  que  nous  préconisons, 
d'accord  aussi  avec  les  nombreux  artistes  et  archéologues  qui  se 
sont  occupés  de  cette  affaire. 

Agréez,  Messieurs,  l'assurance  de  notre  considération  distinguée. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massaux.  Ch.  Lagasse-de  Locht. 


A  MM.  les  Bourgmestre  et  Echevins  de  la  Ville  de  Liège. 


—    IX    — 

Une  personnalité  bien  connue  dans  le  monde  des  arts, 
M.  Ch.  Buis,  ancien  bourgmestre  de  .Bruxelles,  vient  enfin  de 
consacrer  à  notre  cause  un  plaidoyer  des  plus  éloquents.  11 
conjure  "  tous  les  hommes  de  goût,  tous  les  wallonisants  si 
,J  ardents  que  compte  Liège  d'unir  leur  protestation  à  celle 
"  que  leur  institut  archéologique  vient  d  adresser  au  Collège 
"  et  au  Conseil  communal,  pour  dénoncer  la  démolition  de 
''  la  Maison  Porquin  comme  un  acte  de  vandalisme,  indigne 
"d'une  cité  intelligente,  fière  de  son  glorieux  passé  et  amie 
"  des  arts  ". 

Nous  avons  pour  mission  de  veiller  à  la  conservation  des 
anciens  monuments  de  notre  vieux  sol  liégeois  et  c'est  un 
devdir  auquel  on  ne  peut  faillir. 

Au  point  de  vue  légal,  la  Maison  Porquin,  en  tant  que 
monument  historique,  doit  être  conservée. 

Il  ne  s'agit,  du  reste,  que  d'une  lutte  toute  courtoise  :  la 
Ville  de  Liège,  qu'i  s'est  toujours  montrée  amie  des  arts  et 
bienveillante  pour  l'Institut  et  les  archéologues  du  pays,  re- 
connaîtra sans  doute  qu'elle  avait  prématurément  condamné 
un  édifice  auquel  se  rattachent  tant  de  souvenirs  de  la  mai- 
son de  Bavière. 

C'est  un'iquement  au  bon  sens  de  nos  mandataires  commu- 
naux que  je  fais  appel  pour  leur  demander  de  trancher,  sans 
parti-pris,  une  question  aussi  importante  ;  ils  sauront,  je 
gage,  concilier  tous  les  intérêts  et  voter  le  maintien  de  la 
Maison  Porquin. 

Vous  me  pardonnerez,  Messieurs,  d'avoir  ici  quelque  peu 
anticipé  sur  les  événements  de  1903  ;  toutefois,  comme  cette 
affaire  est  à  la  veille  d'être  résolue,  j'ai  cru  qu'il  était  néces- 
saire de  grouper  en  un  faisceau  tous  les  faits  qui  s'y  rat- 
tachent. 


Dans  un  ordre  d'idées  similaire,  je  vous  rappellerai  égale- 
ment, Messieurs,  la  démarche  que  vous  avez  tentée  l'an  der- 
riier,  auprès  de  la  Ville  de  Liège,  en  faveur  du  rachat  de 
l'ancienne  propriété  des  comtes  d'Ansembourg,  aujourd'hui 
maison  Jongen. 

Votre  proposition  d'y  établir  un  musée  d'art  décoratif  du 
XVIIIe  siècle  et  d'y  installer  les  collections  de  médailles  et 
d'estampes  actuellement  déposées  dans  les  locaux  de  la 
Bibliothèque  universitaire,  semble  appelée  à  prendre  corps. 

Mais  n'anticipons  pas  :  le  rachat  de  la  maison  Jongen, 
bien  qu'il  paraisse  devoir  se  réaliser  dans  un  avenir  assez 
prochain,  n'est  pas  encore  chose  faite. 


—  X  — 


Souhaitons  qu'un  arrangement  définitif  et  favorable  à  la 
Ville  de  Liège  'intervienne  sans  trop  tarder. 


* 
* 


Fouilles.  —  En  matière  de  fouilles,  j'ai  le  regret  de  devoir 
vous  signaler  que,  cette  fois  encore,  faute  de  ressources  suf- 
fisantes, l'Institut  n'a  pas  pu  entreprendre  les  recherches 
qu'il  avait  projetées. 

Les  fouilles  commencées  en  1901  à  Latinne,  au  lieu  dit 
"  la  Chapelle  ",  et  dont  je  vous  ai  rendu  compte  dans  mon 
rapport  précédent,  ont  été  reprises  dans  le  courant  du  mois 
de  septembre  dernier;  elles  n'ont  malheureusement  pas 
répondu  à  l'attente  de  MM.  Davin-Rigot  et  Renard. 

Autant  elles  promettaient  il  y  a  deux  ans,  autant  elles  ont 
été  infructueuses  en  1902  ;  il  est  vrai  que  l'état  des  lieux, 
encore  recouverts  de  moissons,  n'a  pu  permettre  que  quelques 
sondages  sommaires. 

Néanmoins,  tout  espoir  n'est  pas  perdu  ;  au  commence- 
ment de  cette  année,  on  a  découvert  une  nouvelle  tombe  qui 
sera  explorée  prochainement  et  nous  mettra  probablement 
sur  les  traces  d'un  certain  nombre  d'autres  sépultures. 

En  attendant,  M.  Davin-Rigot,  dont  l'activité  vous 
est  bien  connue,  a  relevé  avec  soin  divers  emplacements 
à  fouiller  :  il  a  notamment  opéré  des  recherches  dans 
les  substructions  de  quelques  villas  romaines  des  env'irons 
de  Latinne,  recherches  qui  lui  ont  fourni  des  débris  de  pote- 
ries en  terre  dite  samienne,  des  fragments  de  tuiles,  ainsi 
que  quelques  menus  objets  en  fer,  parmi  lesquels  une  espèce 
de  serpette  assez  curieuse. 

De  son  côté,  notre  zélé  collègue,  M.  Firmin  Henaux,  a 
bien  voulu  se  charger  de  surveiller  des  déblais,  à  Bols-Bor- 
su  ;  grâce  à  sa  vigilance  et  à  la  libéralité  des  époux  Wéry- 
Ramet,  auxquels  je  présente  idi  les  meilleurs  remercîments 
de  l'Institut,  notre  Société  a  pu  obtenir,  pour  ses  collections, 
de  très  intéressants  objets  de  l'époque  belgo-romaine  :  un 
grand  candélabre  en  bronze,  identique  à  ceux  de  Pompéï  ; 
des  fragments  malheureusement  incomplets  d'un  élégant 
trépied  de  même  métal,  une  lourde  lampe  en  fer,  etc. 

J'ai  déjà  eu  l'occasion  de  mentionner  cette  trouvaille  à 
propos  de  notre  Bulletin. 


Musée.  -  -  Tout  naturellement,  Messieurs,  je  suis  amené  à 
passer  de  nos  fouilles  à  notre  Musée. 


—  XI   — 

Grâce  surtout  à  des  dons,  celui-ci  s'est  notablement  accru 
r*an  dernier. 

Je  m'empresse  d'adresser  les  sincères  remercîments  de 
l'Institut  à  tous  ceux  qui  ont  contribué  à  la  prospérité  de  nos 
collections. 

Voici,  d'après  notre  savant  et  toujours  vaillant  conserva- 
teur, M.  le  Dr  Alexandre,  la  nomenclature  des  objets  entrés 
dans  notre  Musée  en  1902. 

DONS. 

Epoque  ■préhistorique. 

2  fragments  de  haches  polies  provenant  de  Chardeneux  (Condroz). 

Don  de  M.  F.  Henaux. 
Série  de  silex  taillés  trouvés  à  Ombret: 

6  grattoirs,  9  lames,  1  nucléus,  5  silex  taillés  et  retouchés,  17  dé- 
chets de  taille. 

Douze  silex  taillés  trouvés  à  Ninâne  (commune  ds  Chaudfon- 
taine). 

Un  grattoir  trouvé  à  Chokier. 

Un  fragment  de  hache  polie  appropriée  en  retouchoir  trouvé  près 
de  Chèvremont. 

15  lames  et  fragments  de  lames,  un  nucléus,  trouvés  à  Tourinne, 
au  lieu  dit:    "Campagne  d'Oina!". 

Don  de  M.  M.  De  Tuydt. 
Silex  taillés  quaternaires  trouvés  à  Epinois. 

Don  du  même. 
17  lamelles  en  silex  provenant  du  Thier  Molu  (Huccorgne). 

Don  du  même. 

3  nucléus,  3  grattoirs,  1  couteau  et  42  déchets  de  taille,  prove- 
nant de  Ramet,  lieu  dit:  "Sur  les  Thiers" . 

Deux  silex  trouvés  à  Jupille. 

6  lames,  1  grattoir,  2  fragments  de  haches  polies,  2  silex  taillés, 
recueillis  à  Andenne  "Bois  des  Manants". 

\  nucléus,  4  fragments  de  couteaux,  7  lames,  2  poinçons,  dont  un 
est  formé  d'un  éclat  de  hache  polie  et  vta  percuteur,  provenant  d'Om- 
bret. 

82  lames  et  déchets  de  taille,  un  poinçon  et  un  éclat  de  hache  polie 
trouvés  dans  les  dunes  et  bruyères  d'Eysden  (Limbourg  Belge). 

1  lame-grattoir,  1  nucléus,  3  grattoirs  et  1  couteau  recueillis  a  Hol- 
logne-aux-Pierres,  près  du  lieu  dit  :  "Au  Tilleul". 


—  XII  — 

2    -ilcx    trouvés   à   Housse. 

Don  de  M.  M.   De  Puydt. 
Petit  grattoir  paraissant  néolithique,  trouvé  avec  un  silex  utilisé, 
en  1902,  dans  le  jardin  du  Séminaire  épiscopal,  près  du  boulevard 
Piercot,  à  Liégi  .  par  M.  Loterman,  curé  de  Rausa. 

Don  de  MM.   Loterman  et  De  Puydt. 
432  lames,  fragments  de  lames  et  couteaux.  —  27  fragments  de 
haches  polies.  —  142  grattoirs.  —  59  silex  taillés  et  retouchés.  — 
3  poinçons.  —  1  tranchet.  —  12  percuteurs,  44  nucléus.  ■ —  Recueillis 
au   «  Saart-1 'ilman  »    (commune  d'Angieur). 

157  lames,  fragments  de  lames  et  couteaux.  —  23  grattoirs,  3  nu- 
cléus, 1  percuteur,  1  fragment  de  hache  polie.  —  Trouvés  à  «  e<i 
Rochette  »   (commune  de  Chaudfontaine). 

Don  de  M.  J.  Servais. 
1  nucléus,  t,j  lames  et  fragments  de  lames,   ii  grattoirs,  2  éclats 
de  haches   polies    (provenance  :    Ombret). 

Don  de  M.  M.  De  Puydt. 

1  fragment  de  hache  polie  en  silex  brun-rouge  trouvé  à  Ougrée. 

Don  du  même*. 
7  silex  taillée,  dont  un  nucléus,  trouvés  près  d'Oupeye. 

Don  de  M.  J.  Servais. 

2  silex  taillés  trouvés  à  Glain   (lez-Liége). 

Don  de  M.   Egide  Servais. 

Epoque  bel  go-romaine  et  franque. 

Lot  de  tuiles  romaines  (tegulae  et  imbrices)  provenant  d'une  villa 
aux  environs  du  château  de  Solières   (Ben-Ahin). 

Don  de  M.  Oscar  de  Soer. 
Grand  candélabre  en  bronze   (fragmenté). 
Débris  d'un   trépied  en  bronze   avec   figurine. 
Lampe  romaine  en  fer. 
Moyen-bronze  de  Trajan. 

Don  de  Mr  et  Mme  Wéry-Ramet,  à  Bois-Borsu. 
Serpette   en   fer   trouvée   dans   les   substructions   d'une   villa     aux 
environ^    de    Latinne. 

Fouilles  de  M.  Davin-Rigot. 
\  ase  franc  en  forme  de  calice  en  verre  verdâtre  irrisé,  fond  à  go- 
drons,   trouvé  à   l.aer. 

Don  de   M.   Louis   Persoons. 

Moyen-Age  ri  Ternes  Modernes. 

(  le!   en   fer  forgé   (moyen-âge),  trouvée  à   Herstal. 

Don   de    M.    Albert    llaux.    à    Liège. 


—   XIII    — 

Ornement  en  bronze  provenant  d'une  crosse  de  pistolet  ou  d'un 
manche  de  couteau  de  chasse,  trouvé  à  Fouron-le-Comte. 

Don  de  M.  M.  De  Puydt. 
2  briques  de  foyer  armoriées. 

Don  du  même. 
4  paires  de  mouchettes  anciennes. 

Don  de  M.  Oscar  de  Soer. 

Photographies  et  documents  divers. 

2  vues  photographiques  de  la  Maison  d'Oultremont,  rue  du  Palais 
de   Justice,    à   Huy    (XVIe    siècle). 

Don  de  M.  Oscar  de  Soer. 
Photographie  du   Menhir  d'Onoz-Jemcppe   (Namur.) 

Don  de  M.  M.  De  Puydt. 
Gravure  (enseigne)   du  XVIe  siècle  avec  l'inscription  : 

A  LIEGE 

chez 

IAN      BAPTTA 

WOONS 

M  a  r  c  h  a  n  d 

dans  un  cartel  Renaissance. 

Don  de  M.  St.  Bormans. 

Autographe   de   feu    d'Otreppe     de     Bouvette,     ancien    président 

d'honneur  à  vie  de  l'Institut. 

Don  de  M.  Henri-Renier  Malherbe. 

Achats. 
Une  jardinière. 

Une  aiguière  et  son  bassin,   en  faïence  liégeoise  (XVIIIe  siècle). 
Contre-cœur  de  foyer  du  XVIIe  siècle  aux  armes  de  Curtius. 
Grille  de  balcon  en  fer  forgé  de  l'époque  de  la  Régence   (Vente 
Delchef). 

Comme  vous  venez  de  le  constater  par  cette  énumération, 
nous  n'avons  qu'à  nous  féliciter  de  l'accroissement  constant 
de  nos  collections  ;  il  est  malheureusement  à  craindre  que 
l'espace  ne  Vienne  sous  peu  à  nous  manquer  totalement. 

Nos  salles,  sont  aujourd'hui  bondées  d'objets  de  tout 
genre  et,  rien  que  dans  la  seule  salle  romaine,  vous  avez,  au 
commencement  de  cette  année,  dû  chercher  à  installer  deux 
nouvelles  vitrines  qui  seront  bientôt  pleines  à  leur  tour. 

Le  transfert  de  nos  collections  au  Musée  Curtius  devient 
donc  une  nécessité  de  plus  en  plus  impérieuse,  et  je  gage 
bien  que  la  Ville  de  Liège,  qui  s'est  toujours  montrée  bien- 
veillante à  cet  égard,  aura  à  cœur  de  nous  ouvrir,  dans  le 


—  XIV  — 

plus  bref  délai  possible,  les  vastes  locaux  de  l'ancien  Mont- 
de-Piété,  transformé  en  A'Iusée  communal. 

Lorsque  nous  aurons,  en  1905,  notre  Word' s  fair,  il  faut 
que  nous  soyons  à  même  de  montrer,  aux  nombreux  étran- 
gers qui  ne  manqueront  pas  d'affluer  en  notre  ville,  un 
musée  digne  de  contenir  toutes  les  richesses  artistiques  que 
nous  avons   accumulées   depuis   plus   d'un   demi-siècle. 

Et  pour  cela,  il  n'y  a  plus  de  temps  à  perdre.  C'est  du  1 1 
décembre  1886,  vous  le  savez,  Messieurs,  que  date  la  première 
correspondance  entre  la  Ville  et  l'Institut  relative  à  la  Mai- 
son Curtius. 

Quoique  seize  années  se  soient  écoulées  depuis,  nous  en 
sommes  toujours  réduits  à  espérer  que  le  moment  sera  pro- 
che où  l'on  entamera  les  travaux  d'appropriation  du  futur 
Musée  communal  d'Art  ancien. 

* 
*       « 

Bibliothèque.  —  A  notre  Musée  se  rattache  notre  Biblio- 
thèque. Celle-ci,  autant  que  celui-là,  n'a  fait  que  prospérer 
dans  le  courant  de  l'exercice  écoulé.  Elle  s'est  enrichie  de 
nombreux  ouvrages  par  des  dons,  des  échanges  et  des  envo'is 
des  départements  ministériels. 

Voici,  tel  que  me  l'a  transmis  notre  bibliothécaire,  M.  Jos. 
Brassinne,  le  relevé  des  accroissements  de  notre  Biblio- 
thèque : 

Dons  d'auteurs. 

Bave  (baron  de).  —  Les  Juifs  des  montagnes  et  les  Juifs  géorgiens. 
Souvenir  d'une  mission.  —  Paris,  Nilsson,   1902,  8°. 

Gobert  (Théodore).  —  Les  Anes  de  Liège.  Tome  IV,  fascicules 
8  et  9.  —  Liège,  Dcmarteau,  1902,  40. 

Hiller  (H.  M.)  et  Furness  (W.  H.).  —  Notes  of  a  tri-p  to  the 
\',<!Jahs  of  Ceylon,  s.  1.  n.  d.,  8° 

Thieullex  (A.)  —  Varia.  Os  travaillés  à  l'époque  de  Chelles. 
Paris.  —  Larousse,  1901,  8°. 

T  ethnologie  néfaste.  Industrie  de  la  pierre  taillée  aux  temps  pré- 
historiques. —  Paris,  Larousse,   1902,  8°. 

Di  uxième  étude  sur  les  pierres-figures  à  retouches  intentionnelles 
a  l'époque  du  creusement  des  vallées  quaternaires.  —  Paris,  1901, 
8°. 

(Bulletins  et  Mémoires  de  la  Société  d'anthropologie  de  Pt-ris). 


—  XV  — 

Envois  divers. 

P.led  (O.)  —  Registres  des  Evêqucs  de  Théronanne,  Tome  I,  fas- 
cicule i  (500-1 159),  40. 

(Envoi  de  la  Société  des  Antiquaires  de  la  Monnie). 

De  Backer  (M    G.)  —  Histoire  de  la  Société  dunkerquoise  (1876 
igoo).   Dunkerque,    1901,  8° 

(Envoi  de  la  Société  dunkerquoise  pour  l'encouragement  de?  scien- 
ces, des  lettres  et  des  arts). 

De  I.E  Court  (Jules).  —  Recueil  des  Ordonnances  des  Pays-Bas 
autrichiens.  IIIe  série  (1700  1794).  Tome  X.  —  Bruxelles,   ioci,  fol. 

Don  du  Gouvernement. 

Devillers   (Léopold).  — ■  Inventaire  analytique  des  archives  des 

Etals  de  Hainaut.  Tome  II.  —  Mons,  Dequesne-Masquillier  et  fils, 

1902,  40. 

Don  du  Gouvernement. 

DOYEN  (F.  D.).     —    Bibliographie  namuroise.   Tome  III   (1831- 

1860).  —  Namur,  Wesmael-Charlier,   1902,  8°. 

(Publication  de  la  Société  archéologique  de  Namur). 

Exposé  de  la  situation  administrative  de  la  province  de  Liège  en 

iço2. 

Don  du  Gouvernement  provincial. 

Festschriff  zur  Fcier  des  40  jahrigen  Bestandes.  —  Prague,  IQ02. 

8°. 

Envoi  de  Verein   fiir  Geschichte  der  Deutschen   in  Bohmen. 

Annuaire  1901-1902  ;   1902-1903.  —  Rapport  annuel  du  Conseil  de 

l'Université,  1900-iQoi. 

Envoi  de  l'Université  de  Toulouse. 

BARZANALLANA  (F.  G.)  —  La  Liga  oduanua  iberica,  2e  éd.  — Ma- 
drid, Ed.   Martinez,  1878,  8°. 

GiLLiODS-VAN  SeverEN.  —  Coutumes  des  pays  et  comté  de  Flan- 
dres. Quartier  de  Fumes.  Coutumes  de  la  ville  et  du  port  de  Nieu- 

port.  Tome  V.  —  Bruxelles,  1901,  40. 

Don  du  Gouvernement. 
Lameere  (M.  J.)  —  Recueil  des  ordonnances  des  Pays-Bas  autri- 
chiens, IIe  série  (1506-1700).   Tome  III.  —  Bruxelles,   1902,  fol. 

Don  du  Gouvernement. 
JOULIN     (Léon).    —    Les     établissements     gallo-romains     de     la 
plaine  de  Martres-Tolosanes.  —  Paris,  imprimerie  Nationale,    1900, 
40  (Mémoires  présentés  par  divers  savants  à  l'Académie  des  inscrip- 
tions et  belles-lettres,    ire  série,  tome  XI,    ir"  partie). 

Envoi  de  la  Société  archéologique  du  Midi  de  la  France 
à  Toulouse. 


—  XVI  — 

DOUMERGUE  (E.)  —  Projet  d'Exposition  et  de  Congres  anti-alcoo- 
lique  et  anti-tuberculeux  pour  les  quatre  Universités  du  Midi.  — 
Rapport  présente  au  Conseil  de  l'Université  de  Toulouse,  le  7  jan- 
vier IQ02.  —  Toulouse,  Ed.  Privât,  1902,  8°  (Bulletin  de  l'Univer- 
sité de  Toulouse,  n°  15). 

POLIER  (Léon)  et  De  MARANS  (René).  —  Esquisse  d'une  théorie 
des  Etats  composés.  Contribution  à  la  théorie  générale  de  VEtat.  — 
Toulouse,  Ed.  Privât,  1902,  8°  (Bulletin  de  l'Université  de  Tou- 
louse,  série  B,  n°   1). 

Sabaté  (Charles).  —  Essai  sur  les  sources  du  droit  des  comtés 
de  Roussillon  et  de  Cerdagne  jusqu'en  IJ-/-4-  —  Toulouse,  impri- 
merie Saint-Cyprien,    1899,  8°. 

Sipière  (Clément).  —  Quarante  jours  en  Espagne  (Relation  de 
voyage).  —  H.  Montaubin,   1881,  8°. 

Timbal  (Gabriel).  ■ —  Point  de  départ  des  effets  du  régime  matri- 
monial (contrat  de  mariage  ou  célébration  du  mariage).  Thèse  pour 
le  doctorat.  —  Toulouse,  Ed.  Privât,   1901,  8°. 

WYTSMAN  (P).  —  A  propos  de  l Exposition  ds œuvres  des  Ecoles 
primitives  de  peinture  en  Belgique  et  aux  Pays-Bas,  à  Bruges.  — 
Bruxelles,  V.  Verteneuil  et  L.  Desmet,  1902,  8°. 

Abonnemeilts  et  Achats. 

Revue  de  l'Art  chrétien,  1901,  t.  XIII,  livr.  1  à  3. 
L'ancien  pays  de  Looz,  6e  année,  1902,  nos  1  à  8. 

Échanges. 

§  1.  —  BELGIQUE. 

Anvers.  —  Anvers.  —  Académie  d'archéologie  de  Belgique.  — 
Bulletin,  2e  p.,  nos  3  à  8,  1902. 

Brabant.  —  Bruxelles.  —  Académie  royale  des  sciences  de 
Belgique.  —  Annuaire  68,  1902.  —  Bulletin  de  la  classe  des  lettres 
et  des  sciences  morales  et  politiques  et  de  la  classe  des  Beaux- Arts, 
1902,  n°  1  à  12. 

Id.  —  Compte-rendu  des  séances  de  la  Commission  royale  d'his- 
toire. Bulletin,  t.  LXXI,  1902,  nos  1  à  3.  —  Table  de  la  quatrième 
série,  I  à  XVII,  1901. 

Id.  —  Bibliographie  nationale,   t.    XVII,    1902,   livr.    1. 

Ii>.  -  Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéologie, 
40e  année,    1901,  nos   1   à   12. 


—  XVII   — 

Bruxelles.  —  Annales  de  la  Société  d'archéologie,  t.  XVI, 
1902,  n0R  1  et  2. 

Id.  —  Annuaire  de  la  Société  d' archéologis,  t.  XIII,  1902. 

ID.  —  Bulletin  de  la  Société  d'anthropologie. 

Id.  —  Revue  belge  de  numismatique,  58"  année,  1902.  n0'  2  à  4. 

Id.  —  Bulletin  de  la  Société  royale  belge  de  géographie,  26e  an- 
née, 1902,  nos  1  à  6.  —  Tables  des  matières  des  tomes  I  à  XXV,  1S76- 
1901. 

Id.  — ■  Anale cta  Bollandiana,  t.  XXI,   iqo?,  nns  1  à  4. 

NIVELLES.  ■ —  Annales  de  la  Société  archéologique  de  l'arrondis- 
sement de  Nivelles. 

Louvain.   —  Annuaire    de    l'Université     catholique,   66''  année, 
1902. 

I.D.  —  Analectes  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de 
la  Belgique,  t.  XIII,  livr.  2  à  4. 

Flandre  orientale.  —  G  AND.  —  Société  d'histoire  et  d'archéo- 
logie de  Gand.  —  Bulletin,  10e  année,  nos  1  à  9.  —  Annales,  t.  IV, 
fasc.  2,  1902  ;  t.  V,  fasc.  1,  1902.  —  Inventaire  archéologique  d». 
Gand,  fasc.  23  à  28. 

SAINT-NICOLAS.  —  Annales  du  Cercle  archéologique  du  Pays  de 
Waes,  t.  XX,  1901  ;  t.  XXI,  1902,  ire  livr. 

Hainaut.  _  Mons.  —  Annales  du  Cercle  archéologique, 
t.  XXXI,  1902. 

Id.  —  Mémoires  et  publications  de  la  Société  des  sciences,  des 
arts  et  des  lettres  du  Hainaut,  6e  série,  t.  III,  1901. 

TOURNAI.  —  Bulletin  de  la  Société  historique  et  littéraire.  2e  gé- 
rie  ;  Annales,  nouv.  série,  t.  VI,  1901. 

Charleroi.  — ■  Société  paie  ontologique  et  archéologique.  —  Do- 
cuments et  rapports,  t.   XXV,    1901. 

Enghien.  —  Annales  du  Cercle  archéologique. 

Liège.  —  Liège.  —  Bulletin  de  la  Société  liégeoise  de  littérature 
wallonne. 

Id.  —  Société  d'art  et  d'histoire  du  diocèse  de  Liège.  —  Bulle- 
tin, t.  XIII,  fasc.  2,  1902.  —  Leodium,  II,  n°*  1  à  14. 

Id.   —  Société  des  Bibliophiles  liégeois. 

Id.  — -  Wallonia.  —  10e  année,  1902.  n03  1  à  12. 

Huy.  —  Cercle  hutois  des  sciences  et  beaux-arts. 

Verviers.  —  Caveau  verviétois.  Société  littéraire.  —  Annuaire, 
Bulletin. 

Id.  —  Société  verviétoise  d' archéologie .  Bulletin,  t.  III,  10  à  21. 
21.  Bibliographie,  t.  II,  n01'  1  à.  20. 


—  XVIII  — 

liimboargr.  —  HASSELT.  —  Société  chorale  et  littéraire  des  Mélo- 
fhiles.  —  Bulletin  de  la  section  scientifique  et  littéraire,  t.  37,  1901. 

TONGRES.  —  Bulletin  de  la  Société  scientifique  et  littéraire  du 
ijmbourg. 

Luxembourg.  —  Arlon.  —  Institut  archéologique  du  Luxem- 
bourg. Annales,  t.  XXVII.  1902. 

Namur.  —  Namur.  —  Annales  de  la  Société  archéologique, 
t.  XXIII.  5e  livr.  ;  t.  XXXIV,  3  livr. 

MAREDSOUS.  — Revue  bénédictine  de  Maredsous,  19e  année, 
1902,  n08  1  à  4. 

§  2.  —  FRANCE. 

Abbeville.  — Société  d'Emulation.  —  Bulletin  des  -procès-ver- 
baux. —  Mémoires.  —  Les  reliures  artistiques  et  armoriées. 

AMIENS.  —  Société  des  antiquaires  de  Picardie.  —  Mémoires.  — 
Cartul.  du  cha-p.  de  la  Cathédrale.  —  Documents  inédits  concernant 
la  -province. 

Id.  —  Id.  —  Bulletin,  1901,  nos  1  à  3. 

Id.  —  Id.  —  Album  archéologique. 

ARRAS.  —  Commission  départementale  des  monuments  histori- 
ques du  Pas-de-Calais.  —  Mémoires,  t.  II,  n°  3.  —  Bulletin,  t.  II, 
n°  5.  — ■  Epigraphie,  t.  II,  n°  6  ;  t.  V,  n°  3. 

AUXERRE.  —  Bulletin  de  la  Société  des  sciences  historiques  et 
naturelles  de  l'Yonne,  t.  55,  1901. 

Avesnes.  —  Mémoires  de  la  Société  archéologique  de  l'arrondis- 
sement d'Avesnes,  t.  V,  1901. 

Bordeaux.  —  Société  archéologique. 

Bourges  —  Société  historique,  littéraire,  artistique  et  scientifi- 
que du  Cher,  4e  série,  t.  XVI,  1901. 

Chalon-sur-Saône.  —  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  de 
Chalon-sur-Saône ,  t.  VIII.  fasc.  3,  1901. 

DUNKERQUE.  —  Société  dunkerquoise  pour  V encouragement  des 
sciences,  des  letties  et  des  arts.  - —  Bulletin.  —  Mémoires,  t.  XXXV, 
1901. 

LILLE.  —  Inventaire  sommaire  des  archives  départementales  an- 
térieures à  17QO. 

Lyon.  —  Annales  de  la  Société  des  sciences  industrielles  de 
Lyon. 

Marseille.  —  Répertoire  des  travaux  de  la  Société  de  statisti- 
que. 

Montaub^'  —  Bulletin  archéol.  et  histor.  de  la  Société  archéol. 
de  Tarn-et-'jiir onne. 


—  XIX   — 

NANCY.  —  Mémoires  de  la  Société  d'archéologie  lorraine  ci  du 
Musée  historique  lorrain,  t.   LI,   1901. 

Id.  —  Mémoires  de  V Académie  de  Stanislas.  50  série  t.  XVIII, 
1901  ;  t.  XIX,  1902.  —  Ta/, le  alphabétique  des  publications,  1750- 
1900. 

Orléans.  —  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais. 

—  Mémoires,  t.  XXV 11 I.  --Bulletin.  noa  172  à  175. 
Paris.  —  Congrès  archéologiques  de  France. 

Id.  —  Société  de  V Histoire  de  France.  —  Annuaire.  —  Bulletin. 
t.  XXVIII,   1901. 

Id.  —  Bulletin  de  numismatique. 

ROCHECHOUARD.  —  Bulletin  de  la  Société  des  Amis  des  se  une  es 
et  des  arts,  t.  XI,  1901,  nos  2  à  6  :  t.  XII,  nos  1  et  2. 

Romans.  — ■  Bulletin  d'histoire  ecclésiastique  et  d'archéologie  re- 
ligieuse des  diocèses  de  Valence.  Digne.-  Gap,  Grenoble  et  Viviers. 

SaïNT-DiÉ.  --  Société  fhilomatique  vosgienne.  ■ — ■  Bulletin,  27e 
année,   1901-1902. 

Saint-Omer.  —  Société  des  antiquaires  de  la  Morinie.  —  Bulle- 
tin historique,  n°  203,  t.   XVII,   1901-1902. 

Almanach  annuaire  hist.,  admiuisir.  cl  commercial  de  la  Marne, 
de  V Aisne  et  des  A'-dennes. 

SOLESMES.  —  Abbaye  de  Soicsmcs. 

TOULOUSE.  — ■  Société  académique  iranco-hispano-fortugaise.  — 
Bulletin,  n°  28,   1901.  —  Annuaire  et  rapport. 

Id.  —  Société  archéologique  du  Midi  de  la  France.  —  Bulletin. 

—  Mémoires. 

Id.  —  Académie.  —  Rapport  annuel. 

Id.  —  Bulletin  de  V Université .  —  Annuaire. 

§  3.  —  ANGLETERRE. 

Cambridge.  —  Procecdings  of  the  Cambridge  Antiquarian  So- 
ciety. 

Id.  « —  Liste  des  membres  de  la  Société. 

Glasgow.  —  Transactions  of  the  Glasgow  archœlogical  Society; 

New-Séries. 

§  4.  —  HOLLANDE. 

La  Haye.  —  Maandblad  van  het  genealogisch-heraldieh  genoot- 
schap  "De  Nedcrlandsche  Lcemv" . 

Id.  Algemeen  Nederlandsch  Familieblad,  tijdschrift  vc.or  Gv 

schiedenis,  Geslacht-Wapcn-Zegelkunde.   enz. 


—  XX   — 

LEEUWARDEN.  —  Fricsch  Genootschap  van  Geschiedenis,  Oud- 
hcid  en  Taalkunde.  —  Verslag  der  Handclingcn. 

Id.  — Id.  —  De  vrije  Fries. 

Leyde.  — ■  Maatschappij  der  N  ederlandschc  letlerkunde.  --  H  an 
delingen  en  M ededeelingen,  1901-1902.  —  Levensb ericht  der  afges- 
torven  medeleden,  1901-1902. 

MAESTRICHT.  —  Publications  de  la  Société  historique  et  archéolo- 
gique, dans  le  duché  de  Lin/bourg. 

Utrecht.  —  Werken  uitgcgeren  door  het  historisch  genootschap. 
—  Annales. 

Id.  —  Bijdrageu-Mededeelingen,  t.   XXII,   190t. 

§  5.  —  GRAND-DUCHE  DE  LUXEMBOURG. 

LUXEMBOURG.  —  Institut  grand-ducal,  section  historique. 
Id.  —  Ons  Hemecht,  Organ   des    Vereins   fur    Luxemburgcr  Ge- 
schichte,  Litteralur  und  Kunst,  8e  année,  1902,  n03  1  à  2. 

§  6.  —  DANEMARK. 

COPENHAGUE.  —  Tjllacg  til  Aarbogcr  for  nordisk  Oldkyndighcd 
og  Historié  udgivci  af  det  longclige  nordishe  Oldskrift-selshab. 

Id.  —  Mémoires  de  la  Société  royale  des  antiquaires  du  Nord, 
1900-1901. 

§  7.  —  SUEDE  ET  NORWEGE. 

STOCKHOLM.  —  Kongl.  Vitterhets  Historié  oc  h  Antiqvitets  Akade- 
miens  manadsblad    —  Antiqvarisk  Tidskrift  for  Sverige. 

Ups\la.  —  Skrifter  utgifna  af  kongl.  humanistiska  Vetenskaps.  — 
Samfundt,  t.  VI  et  VIL 

§  8.  —  SCHLESVvHG-HOLSTEIN  (PRUSSE) 

Kiel.  —  Zeitschrift  der  Gesellschaft  fiir  Schlcsioig-H  olstein- 
Laucnburgische  Gcschichte.  —  Vol.  XXXII,  1902. 

Id.  —  Rapport  du  Musée  d'antiquités  de  l'Université  de  Kiel. 

Id.  ■ — ■  Mitthcilungen  des  Anthropologischcn  Vereins  in  Schleswig- 
Holstein,  fasc.  15. 

§  9.  —  HANOVRE  (PRUSSE) 

HANOVRE.  —  Zeitschrift  des  historischen  Vereins  fur  Niedersach- 
sen,  1902,  nos  1  à  4. 

Lunedourg.  —  Rapport  annuel  de  la  Société  du  Musée  de  la  prin- 
cipauté, 1899-1901. 

§   10.  —  PRUSSE. 

Aix-la-Chapelle.  —  Zeitschrift  des  Aachencr  Gcschichtsvereins, 
t.  XXIV,  1902. 


—  XXI   — 

Berlin.  —  V erhandlungen  dcr  Berliner  Gesellsckaft  fur  Anthro- 
pologie, Ethnologie  und  Il  r  geschichte,  t.    IX,    1902. 

Bonn.  —  Jahrbùcher  des  Vereins  von  Altertkumsfreunden  iiu 
Rheinlande,  t.   10S-109,  1902. 

DUSSELDORF.  —  Dùsseldorfer  Gcschichtsvercin.  —  Beitrâge  zur 
Geschichte  des  Niederrheins,  Jahrbuch,  t.  XVI,  1901  ;  t.  XVI,  1902. 

Konigsberg.  —  Schrijtcn  dcr  physihalisch-ôkonomtschen  Ge- 
sellsckaft. 42e  année,  1901. 

Mainz.  —  Zeitschrift  des  Vereins  zur  Erforschung  dcr  Rhei- 
nischen  Geschichte  und  Alterthiimer  in  Mainz. 

In.  —  Bericht  ùber  die  V  crmehrung  der  Sammlungen  des 
Vereins  zur  Erforschung  dcr  rheinischen  Geschichte  und  Alterthù- 
mer  zn  Mainz. 

Metz.  —  Mémoires  de  V Académie  de  Metz,  i8çq-iqoo. 

ID.  —  Gesellschaft  fur  loihringische  Geschichte  und  Altcrthums 
kunde.  —  Jahrbuch,  12  et  13e  aimées. 

Posen.  —  Rocznicki  Twarzystwa  Przyjaciol  Nauk  Poznan- 
skie  go. 

Id.  — ■  Zeitchrift  der  historischcn  Gesellschaft  fur  die  Provins 
Posen.  —  16e  année,   1  et  2,   1901  ;  17e  année,    1902,    1. 

Id.  —  Historischc  Monatsblàtter  fiir  die  Provins  Posen,  3e  année, 
1902,  nos  1  à  6.  —  Anzeigen-Amschlag. 

Id.  —  Album  der  im  Muséum  der  Posener  Gesellschaft  der 
Freunden  der  Wisscnschaften  av.fbewahrten  prœhistorischen  Denk- 
m'àler  des  GrossherzogtJiums. 

Sl'ETTIN.  —  Gesellschaft  fur  Pommersche  Geschichte  und  Alter- 
thumskunde. —  Baltische  Studienj  ncv.e  Folge,  t.  V,  1901  ;  t.  VI, 
1902.  —  Table  des  tomes  I  à  XLVI. 

STRASBOURG.  —  Bulletin  de  la  Société  pour  la  conservation  des 
monuments  historiques  d'Alsace,  2e  série,  t.  XX,  n°  2. 

ID.  —  Historisch-litterarischer  Zweigverein  des  Vogescn-Clubs. 
Jahrbuch  fur  Geschichte,  S  proche  und  Litteratur  Elsass-Lothrin- 
gens.  —  Jahrbuch,  t.   XVIII,    1902. 

Trêves.  —  Jahresberichl  der  Gesellschaft  fur  nùtzliche  For- 
schungen  zu  Trier. 

Wernigerode.  —  Zeitschiift  des  Harz-V  ercïns  fiir  Geschichte 
und  Alterthumskunde ,  t.  XXXV,   1902.  n°  2. 

§   11.  —  MECKLEMBOURG  (PRUSSE). 

Schwerin.  —  Jahrbùcher  und  Jahresberichte  des  Vereins  fur 
Mecklemburgische  Geschichte  und  Alterthumskunde ,  67e  année, 
^•902. 


—  XXII   — 

§   i2.  —  SAXE. 

Dresde.  —  Jahresbericht  des  kôniglich.  Sachs.  Altcrthums-V e- 
reins. 

Id.  —  Neues  Archiv  fur  Sachsische  Geschichte  und  Alteilkums- 
kunde.  —  Die  Sammhing  des  Kôniglich-Sàcksischen  Altertkumsve- 
reins  zu  Dresden  in  ihrcn  Hawpiwerken. 

Iéxa.  —  Zeitschrift  des  V éteins  fur  Thuringische  Geschichte  und 

Alterthumskunde . 

§   13.  —  BADE. 

Meidelberg.  —  Historisch-philosophischer  Vcrein  zu  Hcidcl- 
berg.  —  Neue  Hcidelberger  Jahrbùcher,  t.  XI ,  içoi. 

§  14.  —  WURTEMBERG. 

Stuttgart.  —  W  ùrtember  gische  Vierteljahshcftc  fur  Lande  s  ge- 
schichte. Nouv.  série,  10e  année,  1902,  nos  1  à  4. 

Ulm-Oberschwarex.  —  Vcrein  fur  Kunst  und  Alterthum.  — 
Mittheilungen,  fasc.    10,   1902. 

§  15.  —  BAVIERE. 

LlNDAU.  —  Schriften  des  Vereins  fur  Geschichte  des  Bodensees 
und  seiner  Umgcbung.  —  Altbayerische  Forschtmgen  vol.  XXXI, 
1902. 

MUNICH.  —  Monalschrift  des  Historischen  Vereins  von  Ober- 
Bayern.  —  Oberbayerischcs  Archiv  fur  vaterldndische  Geschichte, 
t.  51,  nos  1  et  2. 

In.  —  Id.  —  /ahresbericht. 

Id.  —  Altbayerische  Monalschrift,  3e  année,  nos  3  à  6. 

NUREMBERG.  —  -  Anzeiger  des  germanischen  National  mus.  unis.  — 
1901,  nos  2  à  4. 

Id.  —  Mittheilungen  aus  dem  germanischen  N ationalrauseiim. 

Id.  — •  Katalog  der  im  germanischen  Muséum  vorhandenen,  zum 
Abdruche  bestimmten,  geschnittenen  Holsstùcke,  2e  partie,    1901. 

Ratisbonne.  —  V erhandlungcn  des  Historischen  Vereins  von 
Oberpfalz  und  Regensburg.  —  53e  vol.,   1901. 

§   16.  _  AUTRICHE. 

GRATZ.  —  Historischer  Verein  fur  Steiermark.  —  Mittheilungen. 
—  Beitràge. 

Id.  —  Gratz  Vjesnik  hrvatskogga  arhohcoloskoga  Drustva. 

Id.  —  Beitràge  zur  Kunde  Stciermarkischer  Geschichtsquellen. 

PRAGUE.  —  Verein  fur  Geschichte  der  Deutschen  in  B'ohmcn.  — 
Mittheilungen,  1901,  n08  1  et  2,   1902;  nos  3  et  4. 


—  XXIII   — 

Vienne.  —  Mittkeilungen  der  Anthrapolngischen  Gesellsckaft.  — 
Nouv.   série,  t.   XXXII,  nos   i   à  6. 

Id.  —  Sitsungsberichtc  der  kaiserlichen  Akademie  des  Wissen- 
schaften;  Mathematisch-naiurwissenschaftliche  Classe. 

§   17.   —  AUTRICHE  (HONGRIE). 

Budapesth.  —  Archœologiai  értesitô  (indicateur  archéologique) 
a  M .  Tud.  Akadèmia  arch.  birjotlsâganâk  es  as  Orsz  règèsziii  Stmb. 
târsulatnah  kôz'onye  szcrkeszti  Hempel  Jôzsef.  Budapest,  Kiadja 
a  magyar  Tudomanyos  Akadèmia.  —  T.  XXII,  1902,  nos  1  à  5. 

ID.  —  Rapport  sur  les  travaux  de  V Académie  Hongroise  des  scien- 
ces   en  içoo. 

Id.  —  Archœologiai  Kozlemênyek. 

ID.  —  Ungarische-Revue  mit  Unterstùt::ung  der  Ungarischen 
Akademie  der  Wissenschaften,  publiée  par  P.  Hunfalvy  et  G.  Hein- 
rich.  Rapport. 

Bosnie.  —  Wissenschaftliche  Mittheilungen  ans  Bosnien  und  der 
Hercegcz'ina  herausgegeben  vont  B osnich-H erc e govinischen  Lan- 
desmuseum  in  Sarajevo,  redigirt  von  Dr  Moriz  Hoernes. 

§  18.  —  RUSSIE. 

SAINT-PÉTERSBOURG.   —   Commission   impériale  archéologique. 
Id.  —  Matériaux  pour  servir  à  V archéologie  de  la  Russie. 

§  19.  —  ESPAGNE. 

Madrid.  —  Revista  de  archivos,  bibliotecas  y  museos,  organo 
oficial  del  cuerpo  facultative?  di  l  ramo.  (Tercera  epoca),  aùo  VI, 
nos  1  à  10,  1902. 

Barcelone.  —  Association  calalanista  d 'excursions  cientificas.  — 
V excursionista,  Boletin  mensual. 

Id.  —  Revista  de  la  Associacion  artiste o-ar que ologica  Barcelo- 
nesa,  t.  VI,  n03  30  à  33. 

Id.  —  Boletin  de  la  Centre  Excursionista  Catalana. 

§  20.  —  PORTUGAL. 

Lisbonne.  —  O  archeologo  portuguès;  collecçao  illustrada  de 
materiaes  e  noticias  publicada  pelo  Museu  ethno graphie 0  portu- 
guès. —  T.  VI,  1901,  nOB  8  à  12  ;  t.  VII,  1902,  nos  1  à  12. 

§  21.  —  ITALIE. 

Messine.  —  Rivista  di  scoria  antica  e  scienzic  affini.  —  6e  an- 
née, nos  2  à  4. 


—  XXIV   — 

§  22.  —  ALGERIE. 

Bône.  —  Académie  d'Hippone.  —  Comptes-rendus  des  réunions, 
année  1900.  —  Bulletin. 

§  23.  —  ETATS-UNIS. 

Chicago.  —  Academy  of  sciences.  —  Bulletin,  t.  II,  n°  3.  —  Natu- 
ral  histoiy  survey,  I,  n°  4. 

Washington.  ■ —  Annual  Report  of  the  board  of  Régents  of  th.. 
Smithsonian  Institution. 

Washington.  —  U.  S.  National  Muséum. 

Id.  —  Anthropologie  al  Society.  —  The  American  Anthropologis  t. 

Id.  —  Smithsonian  Institution. 

Philadelphie.  —  Annual  Report  of  the  curator  of  the  Muséum 
of  American  archœology  in  connection  with  the  Université  of 
Pennsylvania. 

Id.  —  Free  Muséum  of  science  and  art.  Department  of  archœlogy 
and  palœontology ;  University  of  Pennsylvania.  Bull.  III,  n°  4. 

Id.  —  The  Canadian  antiquarian  and  numismatic  journal  pu- 
blishcd,  by  the  numismatic  and  antiquarian  Society  of  Montréal. 

MlLWAUKEE.  —  Musée  public,  nos  19  et  20. 

Id.  —  Wisconsin  natural  history  Society.  —  Bulletin,  nouvelle 
série,  t.  Il,   1902,  nos  1  à  3. 

§  24.  —  CANADA. 

MONTRÉAL.  —  The  Canadian  Institute  and  numismatic  journal 
published  by  the  numismatic  and  antiquarian  Society. 

Toronto.  —  Transactions  of  the  Canadian  Institute,  new  séries. 
t.  II,  n°  5. 

§  25.  —  URUGUAY. 

Montevideo.  —  Anales  dcl  museo  nacional  de  Montevideo. 

§  26.  —  BRESIL. 

Rio  DE  JANEIRO.  —  Archivos  do  mus  eu  nacional  do  Rio  de  Ja- 
neiro. 

§  27.  —  REPUBLIQUE  ARGENTINE. 

MONTEVIDEO.  —  Anales  del  museo  nacional  de  Montevideo, 
t.  IV,  n°  1. 

§  28.  —  REPUBLIQUE  DE  COSTA-RICA. 

San  José  de  Costa  Rica.  —  Anales  del  Instituto  fisico-geogra- 
phico  y  del  Museo  nacional. 

Id.  —  Museo  nacional  San  ] osé  Costa  Rica. 


—  XXV 


*        « 

Finances.  —  Si  notre  Société  continue  à  prospérer,  notre 
situation  financière  reste  néanmoins  mauvaise. 

Depuis  plusieurs  années  déjà,  nos  comptes  se  clôturent 
régulièrement  par  des  déficits. 

Au  Ier  janvier  1900,  nous  nous  trouvions  en  présence 
d'un  solde  débiteur  de  fr.  524.97  ;  au  Ier  janvier  1901, 
notre  dette  s'élevait  à  fr.  121.20;  au  Ier  janvier  1902,  elle 
n'était  plus  que  de  fr.  58.15  ;  cette  année,  nous  obtenons  un 
mali  de  fr.  255.15. 

Voici,  d'après  notre  estimé  trésorier,  le  détail  de  nos 
comptes  : 

Exercice  190». 

RECETTES 

Subside    de    l'Etat fr.  i.ooo  » 

Subside  de  la  Province »  500  s 

Subside    de   la   Ville »  500  » 

Cotisations  des  membres »  1,285  B 

Intérêts  chez  le  banquier »  63  50 

Réserve  destinée  au  paiement  de  la  table  du  Bulletin     .  »  200  » 

Total  :  fr.  3.548  50 
DÉPENSES 

Déficit   de    1901 »  58  15 

Achat   d'antiquités »  500  » 

Bibliothèque.  —  Livres.  —  Echange  de  publications.     .  »  47  05 

Bulletin  de  1902  et  son  envoi »  2,393  73 

Solde  du  Bulletin  de    1901 »  290  » 

400  brochures  relatives  à  la  Maison  Porquin.     ...»  87  50 

Assurances        »  96  » 

Bureau.  —  Circulaires.  —  Encaissements.  — ■  Commis- 
sion  de   Banque »  202  57 

Concierge  et  pompiers »  145  » 

Entretien  des   locaux.   —  Chauffage »  52  15 

Entretien    des    collections.    —    Acha.;;  de  vitrines.  — 

Réparations »  131  50 


Total:  fr.  3.803  65 
RÉCAPITULATION 

TJépenses fr.  3,803  65 

Recettes  .     .  »  3,548  50 


Déficit:  fr.      255  15 


—  XXVI   — 

Cette  situation,  je  m'empresse  de  le  proclamer,  n'est  nul- 
lement imputable  à  notre  zélé  trésorier  de  l'an  dernier,  au- 
jourd'hui notre  estimé  vice-président. 

Grâce  à  sa  gestion  prudente  et  à  la  stricte  économie  qu'il 
a  su  faire  régner  dans  nos  différents  services,  il  a  réduit  à 
leur  minimum  nos  dépenses  annuelles. 

Sans  vouloir  émettre  des  considérations  nouvelles  sur 
l'état  de  nos  finances,  que  j'ai  discuté  dans  mon  rapport  de 
l'an  dernier,  je  me  permettrai  cependant  d'attirer  de  rechef 
votre  attention  sur  la  nécessité  qui  s'impose  à  moni  avis,  de 
rechercher  la  possibilité  de  faire  majorer  nos  subsides  an- 
nuels, soit  du  côté  de  la  Province,  soit  du  côté  de  la  Ville. 

Nos  besoins  d'autrefois  ne  sont  plus  ceux  d'aujourd'hui  ; 
à  mesure  qu'elle  s'accroît  et  qu'elle  prospère,  toute  Société 
ne  voit-elle  pas  fatalement  progresser  ses  charges  budgé- 
taires ? 

Je  me  fais,  en  attendant,  un  devoir  de  remercier  en  votre 
nom  les  pouvoirs  publics,  et  notamment  le  Gouvernement, 
des  subsides  qu'ils  ont  bien  voulu,  comme  par  le  passé,  ac- 
corder à  l'Institut. 


En  sa  qualité  de  Société  fédérée,  l'Institut  Archéologique 
Liégeois  a  participé  au  XVIe  Congrès  de  la  Fédération 
historique  et  archéologique  de  Belgique,  tenu  à  Bruges  au 
mois  d'août  dernier. 

Nos  délégués  étaient  MM.  J.  E.  Demarteau  et  E.  Pâques. 

Nous  avons  également  participé  à  l'Exposition  d'art  an- 
cien organisée  à  Bruges  à  l'occasion  du  Congrès  :  nos  col- 
lections y  étaient  représentées  par  un  de  nos  objets  d'orfè- 
vrerie les  plus  rares  :  le  fragment  de  reliquaire  du  XIVe 
siècle  provenant  de  Saint-Jacques. 

Vous  savez,  d'autre  part,  que,  dans  la  section  des  Primi- 
tifs Flamands,  l'un  de  nos  membres  les  plus  distingués, 
M.  Jules  Heilbig,  occupait  une  place  en  vue  ;  son  érudition 
et  sa  compétence  en  matière  picturale  lui  valurent  l'un  des 
fauteuils  de  la  vice-présidence. 


Membres  de  la  Société.  —  Dans  le  cours  de  l'année  1902, 
la  mort  est  venue,  à  cinq  reprises  différentes,  faucher  dans 
nos  rangs. 

En  janvier,  nous  avons  perdu  M.  Emile  Frésart,  l'un  de 


—  XXVII  — 

nos  plus  anciens  membres  associés.  Le  regretté  défunt,  qui 
depuis  plusieurs  années  était  tenu  éloigné  de  nos  réunions, 
faisait  partie  de  notre  Société  depuis  le  28  mai  1880. 

Le  28  mai  suivant,  nous  avons  vu  disparaître  M.  Isidore 
L'Hoest,  chef  honoraire  du  service  central  à  la  Compagnie 
des  Chemins  de  fer  du  Nord,  officier  de  l'Ordre  de  Léo- 
pold  et  membre  correspondant  de  l'Institut  depuis  le  27 
novembre  1901. 

L'aménité  du  caractère  du  défunt,  ainsi  que  sa  grande 
affabilité,  lui  avaient  acquis  notre  entière  sympathie. 

Le  3  juillet  dernier,  la  mort  nous  a  enlevé  un  second 
membre  correspondant,  M.  Alexis  Stasse,  chef  de  divisiom 
au  gouvernement  provincial  de  Liège,  secrétaire  de  la  Com- 
mission des  Bourses  d'études,  décoré  de  l'Ordre  de  Léo- 
pold  et  de  la  Croix  civique  de  ire  classe,  mort  inopinément 
à  Tilff,  à  lage  de  58  ans.  Il  était  entré  dans  nos  rangs  le 
29  mai  1883. 

En  décembre,  enfin,  nous  avons  perdu  deux  de  nos 
membres  honoraires  les  plus  distingués. 

Le  9  décembre  est  décédé  à  Saint-Germain-en-Laye,  près 
du  Musée  dont  il  était  depuis  longtemps  le  conservateur,  M. 
Alexandre  Bertrand,  l'éminent  archéologue  et  membre  de 
l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres  de  France.  Né 
à  Paris  le  28  juin  1820,  il  avait  su  de  bonne  heure  se  créer 
dans  le  monde  scientifique  une  vaste  renommée  ;  aussi 
étions-nous,  à  juste  titre,  fiers  de  compter  parmi  nous  ce 
savant  d'élite. 

Quelques  jours  après,  nous  avons  appris  avec  un  profond 
regret  la  mort  d'un  homme  dont  l'exquise  bonne  grâce  et  l'é- 
rudition ont  laissé  à  Liège  un  souvenir  vivace. 

M.  Antonin  Terme  qui,  depuis  de  longues  années  déjà, 
était  rentré  à  Lyon,  sa  ville  natale ,  y  est  décédé  le  22  dé- 
cembre. 

Les  liens  qui  le  rattachaient  à  l'Institut  étaient  nombreux  : 
Antonin  Terme  ne  fut  pas  seulement,  pendant  plusieurs  an- 
nées, l'un  de  nos  présidents  les  plus  hautement  autorisés  ;  ce 
fut  lui  encore  qui  organisa  notre  Musée  archéologique  et 
l'enrichit  de  multiples  et  précieuses  donations. 

Nous  avons,  d'autre  part,  vu  sortir  de  nos  rangs  cinq  de 
nos  membres  associés  :  MM.  Emile  Digneffe,  Jules  Orban 
de  Xivry,  Joseph  Slegers,  Jacques  Chaudoir  et  Dr  Charles 
Firket. 

Malgré  ces  deuils,  auxquels  vous  vous  êtes  tous  associés, 
et  ces  départs,  l'Institut,  au  31  décembre  1902,  comptait  en- 
core =29  membres  effectifs,  12  membres  honoraires,  42  mem- 
bres correspondants  et  62  membres  effectifs. 


—  XXVIII  — 

Dans  le  cours  de  l'année  écoulée,  MM.  Gust.  Dewalque  et 
Henri  Pirenne  ont  été  élus  membres  honoraires,  tandis  que 
M.  le  baron  Robert  de  Sélys-Fanson  était  admis  au  nombre 
des  membres  effectifs. 

Vous  avez  également  nommé  membres  correspondants 
MM.  Louis  de  Buggenoms,  Jean  Charlier,  Paul  Combien, 
Paul  Jaspar,  l'abbé  Edmond  Van  Wintershoven. 

Vous  avez  enfin  reçu  membres  associés  MM.  Léon  Roland- 
Dumont,  Amédée  Adam-Prost,  Jean  Béchet,  Paul  Forgeur, 
François  Renkin,  Paul  Lhoest- Del  chambre  et  François  Jon- 
gen. 

En  sa  séance  du  28  décembre,  M.  Brahy-Prost  a  été  élu 
vice-président  pour  l'année  1903  ;  en  même  temps,  MM.  Re- 
nard, Alexandre,  Brassinne  et  Servais  ont  été  réélus  respec- 
tivement secrétaire,  conservateur,  bibliothécaire  et  conserva- 
teur-adjoint. 

Quant  aux  fonctions  de  trésorier,  demeurées  vacantes  par 
suite  de  l'élection  de  M.  Brahy-Prost  à  la  vicei- présidence  de 
l'Institut,  elles  ont  été  dévolues  à  l'unanimité  à  notre  sym- 
pathique collègue  M.  G.  Ruhl.  Celui-ci  n'ayant  pas  accepté 
ce  mandat  par  suite  de  raisons  majeures,  c'est  à  M.  E.  Pâ- 
ques, notre  ancienl  bibliothécaire,  que  vous  l'avez  récemment 
confié. 


Le  Secrétaire, 
Lucien  RENARD. 


22  février  1903. 


RUDOLPHE  DE  HABSBOURG 
ET  LA  PRINCIPAUTÉ  DE  LIÈGE 


Rudolphe  de  Habsbourg  fut  élu  à  l'unanimité  roi  des 
Romains.  Cette  élection  eut  lieu  à  Francfort  le  icr  octobre 
1273  ;  le  couronnement  solennel  se  fit  à  Aix-la-Chapelle 
le  24  octobre  de  la  même  année.  Rudolphe  avait  compris 
que  son  premier  devoir  était  de  rétablir  son  autorité 
royale,  profondément  énervée  par  de  longues  années  de 
compétitions  et  de  luttes.  Il  se  dévoua  avec  courage  à 
cette  mission  qui  devait  faire  régner  l'ordre  et  la  justice 
dans  l'Empire  d'Allemagne. 

Nous  ne  voulons  point  refaire  l'histoire  de  son  règne  : 
notre  dessein  est  tout  uniment  de  noter  les  rapports  que 
Rudolphe  eut  avec  la  Principauté  de  Liège,  de  faire  voir 
comment  il  s'y  montra  en  toute  occasion  le  défenseur  des 
droits  acquis  et  des  privilèges  anciens.  Ce  faisant,  nous 
signalerons  les  documents  relatifs  à  ces  rapports  et  dont 
C'ielques-uns  ont  échappé  à  l'œil  de  nos  historiens. 

I 

Il  n'est  point  douteux  que  notre  pnnce-évêque,  Henri 
de  Gueldre,  de  triste  mémoire,  ne  se  soit  empressé  de 
reconnaître  Rudolphe  de  Habsbourg  et  de  lui  faire  hom- 
mage-  Il  ne   se  fit  pas  faute  d'assister  au   couronnement 


—  2  — 

qui  avait  lieu  dans  une  ville  de  son  diocèse.  En  effet,  trois 
jours  après,  le  27  octobre,  sa  présence  y  est  constatée 
par  un  document  officiel. 

11  promet  à  son  parent  le  comte  palatin  du  Rhin  et  duc 
de  Bavière,  Louis,  de  le  patronner  auprès  du  roi  Rudolphe 
et  de  le  soutenir,  par  conseil  et  par  action,  contre  tous 
ceux  qui  attenteraient  à  son  honneur  et  à  ses  droits  (1). 

Le  29  octobre,  il  est  témoin  à  l'acte  par  lequel  le  Roi 
confirme  les  privilèges  de  la  ville  d'Aix-la-Chapelle  (2). 

Le  30  octobre,  il  figure  à  l'acte  par  lequel  le  nouveau 
Roi  approuve  les  privilèges  de  Kaiserwerth  (3). 

A  quelque  temps  de  là,  au  mois  de  février  1274,  nous 
le  voyons  prendre  part  à  un  Conseil  de  l'Empire  qui  se 
tint  à  Hagenau  et  dans  lequel  furent  arrêtées  plusieurs 
décisions  juridiques  importantes  pour  notre   Principauté. 

Le  19  février,  le  Roi  statue  que  nul  ne  peut  exercer  la 
haute  justice  dans  les  limites  du  royaume,  s'il  n'a  obtenu 
ce  pouvoir  de  lui  ou  de  quelqu'un  qui  l'a  reçu  de  lui.  Ce 
décret  visait  manifestement  à  renforcer  l'autorité  des 
Princes,  signifiant  aux  seigneurs  subalternes  qu'ils  n'a- 
vaient pas  par  eux-mêmes  le  droit  d'exercer  la  haute  jus- 
tice, mais  qu'ils  avaient  besoin  de  la  délégation  de  leur 
suzerain  (4). 

Le  même  jour,  dans  un  autre  diplôme,  le  Roi  déclare 
que  nul  prince,  soit  ecclésiastique,  soit  séculier,  ne  peut 
aliéner,    sans   son   autorisation,    les   fiefs   qu'il   détient   de 


(1)  Oswald  Redlich,  Die  Regesten  des  Kaiserreichs  miter  Ru- 
dolph,  Adoîf,  Albrecht,  Heinrich  VII ,  12/j-ijij.  Erste  Abtkeilung, 
n°  15  :  DELESi  LUSE  et  BROUWERS,  Catalogue  des  actes  de  Henri  de 
Gueldre,  n"  412.  publié  par  Winckelmann,     Acta     iwperii     inedita, 

II,  73*- 

(2)  Regesten,  n°  18;  DELESCLUSE,  n°  413. 

(3)  Regesten,   n°  21;  DELESCLUSE,   n°  414. 

(4)  BORMANS  el  ScHOOLMEESTERS,  Cartulaire  de  Saint  Lambert, 
II.  227;  DELESCLUSE,  n°  416;  Regesten,  n"  roi. 


l'Empire  ;  il  ordonne  en  conséquence  à  Henri,  évoque  de 
Liège,  qui  avait  aliéné,  sans  son  consentement,  le  fief  des 
choses  vénales,  feodum  venalium  civitatis  Leodiensis,  de 
se  remettre  en  possession  de  ce  fief  (i). 

Henri  de  Gueldre  figure  parmi  les  signataires  de  ce 
diplôme.  Il  est  dès  lors  permis  de  supposer  que  cette 
décision  a  été  provoquée  par  lui.  Il  se  fait  faire  la  leçon 
pour  pouvoir  d'autant  mieux  la  faire  aux  autres.  Il  avait 
aliéné  ce  fief  des  choses  vénales;  peut-être  se  repentait-il 
de  l'avoir  fait?  Il  trouva  ce  moyen  pour  rentrer  en  posses- 
sion de  ses  droits. 

Qu'est-ce  que  ce  fief  des  choses  vénales  de  la  ville  de 
Liège?  Quand  et  au  profit  de  qui  s'est  faite  cette  aliéna- 
tion ? 

Le  fief  des  choses  vénales  ne  peut  être  que  le  droit  de 
percevoir  une  redevance  sur  les  marchandises  exposées 
en  vente  dans  la  cité. 

Déjà  Robert  de  Thourotte  avait  voulu  exercer  ce  droit 
et  Henri  de  Gueldre  s'était  querellé  avec  le  clergé  et  la 
commune,  parce  qu'il  avait  exigé  d'eux  l'impôt  de  la  fer- 
meté (2). 

Or,  nous  trouvons  que  le  2  août  1249  le  clergé  et  la 
Communauté  de  Liège  s'entendirent  pour  racheter  à 
l'Evêque,  pour  la  somme  de  1,500  marcs,  la  fermeté  des 
choses  vénales  «  pour  le  rachapt  et  la  quictance  de  la 
fermeteit  de  la  citeit  de  Liège  »    (3). 

Il  est  probable  que  c'est  à  cette  aliénation  que  se  réfère 
le  diplôme  royal. 

Le  20  février   1274,   l'Elu  intervient  encore  à  l'acte  par 

(1)  Regesten,  n"  100;  DELESCLUSE,  n°  415.  public  par  Borma\<  ! 
SCHOOLMEESTERS,  Cartîdaire  de  Saint  Lambert.   II.  226. 

(2)  Bormans  et  Schoolmeesters,  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  I. 

559- 

(3)  Bormaxs.   Le  bon  métier  des  Drapiers,  p.    179;  DELESCLUSE, 

n°  64. 


—  4  — 

lequel  le  Roi  fait  droit  aux  plaintes  des  bourgeois  d'Aix- 
la-Chapelle  et  prend  des  mesures  pour  assurer  la  punition 
des  malfaiteurs  (i). 

Le  26  février,  il  figure  comme  témoin  à  une  charte  par 
laquelle  le  Roi  garantit  au  monastère  de  Bebenhausen  une 
exemption  d'impôts  pour  les  propriétés  que  cette  maison 
possède  à  Esslingen  (2). 

Enfin,  le  28  février  1274,  il  assiste  à  un  jugement  du 
tribunal  de  l'Empire,  rendu  par  le  roi  Rudolphe,  décidant 
qu'une  composition  amiable,  prouvée  par  témoins  ou  par 
documents,  doit  être  mviolablement  gardée,  qu'aucune 
des  parties  ne  sera  plus  admise  à  se  plaindre  ou  à  réclamer 
en  justice    (3). 

II 

Rudolphe  de  Habsbourg  avait  pris  pour  notaire  André 
de  Rode  (4)  ;  il  sollicite  pour  lui  une  prébende  dans  l'église 
Saint  Lambert.  Henri  de  Gueldre  promit  aussitôt  de  la  lui 
accorder.  Le  Roi  tint  à  remercier  lui-même  le  Prince- 
Evêque.   Sa  lettre  doit  dater  des  premiers  mois  de   1274. 

«  La  promesse  que  vous  nous  faites  nous  a  été  extrê- 
mement agréable  ;  nous  y  avons  vu  une  preuve  du  dévoue- 
ment que  vous  nourrissez  pour  notre  personne  et  pour 
l'Empire.  Nous  espérons  que  vous  vous  empresserez  de 
réaliser  vos  intentions  généreuses  et  nous  vous  promet- 
tons qu'André,  dès  qu'il  aura  obtenu  sa  prébende,  viendra 

(1)  Regesten,  n"  102;  Delesclusk,  n°  417;  Lacomblet,  Nieder- 
rheinisches  Urkîtudenbuck,  II,  384. 

(2)  Regesten,  n°  110;  Monwnenta   Zolcriana,  II,  -jj. 

(3)  Regesten,  n°  114;  Delescluse,  n°  418;  Ennex,  Quelle//  sur 
Geschichte  von  Kôln,  III,  58. 

(4)  Il  est  cité  comme  notaire,  clans  un  document  à  date  certaine,  la 
première  fois  le  17  août  1274,  et  la  dernière  fois  le  24  août  '.281  :  il 
obtint  plus  tard  la  prévôté  de  l'église  de  Werden.  M.  de  Theux, 
dans  son  ouvrage  sur  le  Chapitre  de  Saint  Lambert  ne  mentionne 
pas  André  de  Rode,  pas  plus  qu'il  ne  cite  un  autre  chanoine,     An- 

-  lui'    de  Porragia.Voir  ROUSSET,  Histoire  de  Verdun,  Preuves,  p.16. 


—  5  — 

faire  sa  résidence,  à  moins  qu'on  ne  préfère  le  laisser  à 
la  cour,  pour  y  promouvoir  les  intérêts  de  l'église  de 
Liège  »   (i). 

Peu  de  temps  après,  et  certainement  avant  le  20  mai 
1274,  Henri  de  Gueldre  est  en  correspondance  avec  le 
même  notaire  royal.  Il  le  remercie  des  soins  qu'il  a  don- 
nés pour  mener  à  bonne  fin  une  affaire  de  grande  impor- 
tance pour  l'église  de  Liège,  pour  empêcher  que  cette 
église  ne  fût  lésée  par  l'attribution  indue  d'un  comté,  ne 
super  collatione  comitatus  indebita  lœderetur.  L'Evêque 
promet  de  récompenser  son  zèle  :  il  le  prie  en  même 
temps  de  bien  vouloir  l'excuser  auprès  du  Roi  et 
de  son  chancelier,  s'il  ne  vient  pas  assister  à  une  diète 
qui  doit  bientôt  être  convoquée  (2),  car  il  est  impliqué 
dans  des  affaires  inextricables  :  cum  simus  quasi  ïnfiriiûs 
et  inextricabilibw;  negotiis  impedïti  (3). 

Quel  est  ce  comté  dont  se  préoccupe  le  Prince-Evêque? 
Nous  ne  croyons  pas  nous  tromper  en  disant  que  c'est  le 
comté  de  Hainaut.  N'était-il  pas  le  fief  le  plus  important 
de  l'évêché  de  Liège,  et,  comme  le  dit  M.  Poncelet,  l'ob- 
jectif des  évêques  de  Liège  ne  fut-il  pas  toujours  d'an- 
nexer cette  belle  contrée  à  leurs  Etats,  en  profitant  de  cet 
article  de  la  coutume  de  l'Empire  qui  proclame  la  réversi- 
bilité des  fiefs  ?  Lorsque  Jeanne  de  Constantinople  mourut 
sans  enfants  en  1244,  sa  sœur  Marguerite,  comtesse  de 
Flandre,  prétendit  s'approprier  le  Hainaut,  mais  Robert  de 
Thourotte  et  Henri  de  Gueldre  s'opposèrent  à  ses  préten- 
tions :  c'est  Jean  d'Avesnes  qu'ils  investirent  de  ce  comté. 
Après  la  mort  de  celui-ci,  en  1257,  c'est  son  fils  aîné  qui 
obtient  les  préférences  de  l'église  de  Liège.  Il  faut  bien  en 
convenir,  elle  avait  un  intérêt  majeur  à  ce  que  ce  fief  n'en- 
trât point    dans  la    famille  des  comtes  de  Flandre  :   leur 

(i)  Voir  aux  annexes,  n"  1. 

(2)  Cette  diète  fut  convoquée  pour  le  24  juin  1274. 

(3)  Voir  aux  annexes,  n°  2. 


—  G  — 

puissance,  par  cette  annexion,  se  serait  accrue  d'une  façon 
inquiétante.  Connue  le  Hainaut  relevait  de  l'Empire,  l'on 
conçoit  que  les  évêques  de  Liège  se  soient  adressés  au  roi 
Rudolphe  pour  se  garantir  contre  les  projets  de  la  cora- 
tesse  <le  Flandre. 

André  de  Rode  répond  à  Henri  de  Gueldre  vers  le  20 
mai  1274.  Lui,  le  dernier  de  ses  clercs,  suorum  humïllï- 
ir.us  clericorum,  le  remercie  des  éloges  dont  il  l'a  daigné 
combler  et  des  récompenses  qu'il  lui  fait  entrevoir.  Il 
promet  de  consacrer  tous  ses  efforts  et  tout  son  dévoue- 
ment à  rehausser  l'honneur  de  son  Evêque  et  la  gloire 
de  sa  mère,  l'église  de  Liège.  Il  excusera  l'absence  de 
l'évêque  à  la  Diète  solennelle  et  il  souhaite,  en  finissant, 
que  Dieu  conserve  longtemps  l'Elu  au  service  de  Notre- 
Dame  (1). 

Ce  vœu  de  voir  Henri  de  Gueldre  gouverner  encore 
longtemps  l'Eglise  de  Notre-Dame  ne  devait  pas  se  réa- 
liser, car  celui-ci  fut  déposé  au  concile  de  Lyon  le  3  juil- 
let  1274. 

Pendant  la  vacance  du  siège  épiscopal,  après  le  4  août 
1274,  André  de  Rode  écrit  au  chapitre  de  St  Lambert.  A 
cause  de  l'encombrement  des  affaires,  à  raison  surtout  de 
l'absence  prolongée  du  chancelier,  Otton  de  S.  Vitton,  qui 
vient  de  mourir  (4  août  1274),  ^  a  été  empêché  de  terminer 
l'a  fia  ire  principale  de  leur  église,  expeditionem  negotiï 
prïncïpalis  eccles'uxc  nostrae  hactenus  impedivit,  mais  il  es- 
père qu'à  l'arrivée  de  N...  (Lacune).  Il  aurait  voulu  se  ren- 
dre à  Liège  pour  la  fête  prochaine  (l'Assomption  de  la  Ste 
Vierge^),  afin  d'y  accomplir  le  devoir  de  sa  première  rési- 
dence, mais  il  a  dû  renoncer  à  ce  projet  pour  ne  pas  com- 
promettre, par  son  absence,  les  négociations  commen- 
ce L'affaire  capitale  dont  se  préoccupait  le  Chapi- 
tre, c'est  la  succession  au  comté  de  Hainaut. 

f  1)  Voir  aux  annexes,  n"  3. 
(2)  Voir  aux  annexes,  n°  4. 


Un  peu  plus  tard,  André  de  Rode  écrit  derechef  au  cha- 
pitre de  Liège.  L'anonyme  qu'il  attendait  est  arrivé  venant 
de  la  Cour  Romaine  ;  l'opposition  factieuse  des  adversaires 
de  leur  église  («  ecclesiae  nostrae  intentatio  factiosa  jam  pc- 
riitus  qitievïtf))  s'est  calmée  et  l'affaire  importante  s'est  ter- 
minée d'une  manière  favorable  à  leur  église  (i).  Il  recom- 
mande à  l'indulgence  de  ses  confrères  le  messager  qu'ils 
avaient  dépêché  à  la  cour  pour  s'informer  de  l'état  des 
négociations.  A  cause  de  la  maladie  du  Roi,  il  a  dû  se 
rendre  dans  l'Allemagne  du  Nord,  et  ce  voyage  a  notable- 
ment retardé  son  retour  (2). 

André  de  Rode  n'était  pas  encore  venu  à  Liège  pour  y 
faire,  comme  chanoine,  sa  première  résidence.  Dans  les 
premiers  mois  de  1275,  il  parvient  à  trouver  le  loisir  d'ac- 
complir ce  voyage.  Le  roi  Rudolphe  lui  remet  une  lettre  de 
recommandation  pour  le  chapitre  de  St  Lambert.  Il  prie 
les  chanoines  de  ne  point  le  retenir  trop  longtemps,  parce 
qu'il  peut  leur  être  plus  utile  à  la  cour  que  dans  sa 
stalle  (3). 

André  ne  tardera  pas  de  donner  la  preuve  de  son  zèle 
et  de  son  influence. 

Le  15  février  1275,  le  pape  Grégoire  X  avait  annoncé  à 
tous  les  princes  ecclésiastiques  et  séculiers  que  le  couron- 
nement du  roi  Rudolphe  aurait  lieu  à  Rome,  dans  l'église 
de  S.  Pierre,  le  Ier  novembre  prochain  :  il  leur  avait  enjoint 
de  venir  y  assister  (4). 

Le  nouvel  évêque  de  Liège,  Jean  d'Enghien,  ayant  reçu 
cette  invitation,  s'excusa  auprès  du  Roi  :  «  Quand  je  suis 
arrivé  récemment  dans  le  diocèse  qui  venait  de  m'être 
conféré,   je  me   suis  trouvé  en  présence  d'une  masse  de 

(1)  Le  29  mai  1275  le  Roi  se  prononça  en  faveur  de  Jean  d'Avesnes 
contre  le  comte  de  Flandre  et  lui  adjugea  le  comté  de  Hainaut.  Re- 
gesten,  n°  381  ;  Wouters,  Table  des  di-plômes,  V,  562. 

(2)  Voir  aux  annexes,  n°  5. 

(3)  Voir  aux  annexes,  n°  6. 

(4)  Regesten,  n°  327;  Potthast,  Reg.  Rom.  Pont.,  n°  20989. 


—  8  — 

dettes  et  d'une  foule  de  créanciers  qui  ne  me  laissent  ni 
trêve  ni  merci  ;  à  peine  puis-je  trouver  les  revenus  suffi- 
sants pour  satisfaire  leur  avidité.  Les  princes  du  voisinage 
attentent  à  l'envie  à  mes  droits,  m'empêchent  d'exercer 
ma  juridiction  et  essayent  de  la  renverser  de  fond  en 
comble.  Ils  pourraient  causer  le  plus  grand  dommage,  s'il 
n'y  avait  personne  pour  leur  résister.  Mes  ressources 
financières  sont  épuisées  ;  une  infirmité  corporelle  bien 
fâcheuse  ne  cesse  de  me  faire  souffrir.  Je  supplie  dès  lors 
le  Roi  de  m'exempter  du  voyage  à  Rome.  Quand  le  Roi 
reviendra  avec  la  couronne  triomphale,  j'irai  personnelle- 
ment le  voir,  le  remercier,  et  je  tâcherai  de  regagner  le 
temps  perdu  »  (i)- 

Rudolphe  répond  à  l'Evêque  que  son  notaire  André  de 
Rode  l'a  informé  des  tribulations  qui  l'affligent  ;  il  recon- 
naît qu'elles  l'empêchent  de  se  mettre  au  service  du  Roi 
et  lui  promet  assistance  (2). 


III 


Rudolphe  avait  parfaitement  compris  que  l'Eglise  est 
le  plus  solide  soutien  du  trône,  qu'il  devait,  s'il  voulait 
efficacement  rétablir  l'ordre  dans  l'Empire,  s'appuyer  sur 
elle-  D'autre  part,  les  princes  ecclésiastiques  lui  offraient 
des  garanties  de  fidélité  et  de  dévouement  qu'il  ne  rencon- 
trait pas  ailleurs.  Comme  le  principe  de  l'hérédité  n'exis- 
t.nt  pas  pour  eux,  il  les  tenait  plus  sous  la  main  et  pouvait 
davantage  compter  sur  leur  attachement  et  sur  leur  appui. 

Rudolphe  abandonna  donc  immédiatement  la  politique 
persécutrice  de  Frédéric  II,  bien  qu'il  eût  combattu,  pour 
soutenir  par  les  armes,  la  cause  de  l'Empereur,  même 
après  son  excommunication  et  sa  déposition  par  le  Pape. 

(1)  Voir  aux  annexes,  n°  7. 

(2)  Voir  aux  annexes,  n°  8. 


—  9  — 

Aussitôt  après  son  couronnement,  il  sollicita  donc  de  Gré- 
goire X  la  confirmation  de  son  élection;  il  lui  envoya  son 
chancelier  Otton  pour  lui  donner  les  plus  amples  assuran- 
ces (avril  1274).  Ce  qu'il  fit  pour  le  Chef  de  l'Eglise,  il  le 
renouvela  pour  les  princes  ecclésiastiques. 

Le  21  novembre  1274,  voulant  reconnaître,  dit-il,  leur  fi- 
délité et  leur  dévouement  sincères,  il  sanctionne  toutes  les 
libertés,  donations,  privilèges  qui  leur  avaient  été  octroyés 
par  l'empereur  Frédéric  avant  sa  déposition  et  par  ses 
prédécesseurs.  Cette  confirmation  générale  ne  satisfit 
point  les  seigneurs  tréfonciers  de  St  Lambert.  Probable- 
ment parce  que  leurs  privilèges  étaient  plus  contestés  et 
plus  souvent  violés,  ils  tenaient  à  obtenir  une  approba- 
tion spéciale  ;  c'est  dans  ce  dessein  qu'ils  se  servirent  de 
l'entremise  de  leur  confrère  André  de  Rode. 

Le  5  août  1275,  ils  envoyèrent  au  Roi  copie  authentique 
des  six  diplômes  par  lesquels  le  roi  Guillaume  avait  sanc- 
tionné leurs  immunités  et  le  prièrent  de  daigner  les  confir- 
mer (  1). 

La  lettre  qui  accompagnait  cet  envoi  nous  a  été  conser- 
vée. 

Les  prévôts  et  les  doyens  des  églises  de  Liège  rappellent 
au  Roi  la  protection  dont  ils  ont  toujours  bénéficié  de  la 
part  de  l'empereur  Henri  V  et  de  ses  successeurs.  Ils  se 
prévalent  de  ce  que  leur  église  est  une  chapelle  (capella) 
de  l'Empire  et  qu'ils  sont  ses  chapelains  ;  ils  le  supplient 
de  confirmer  leurs  privilèges  et  notamment  l'immunité  que 
Henri  V  avait  octroyée  aux  serviteurs  de  leurs  églises.  Le 
chanoine  Alexandre  de  Bruneshorne  est  député  pour  por- 
ter cette  supplique  au  Roi  et  lui  donner  de  vive  voix  toutes 
les  explications  désirables  (2). 


(1)  Cartulaire  de  Saint   Lambert,    II,  237. 

(2)  Voir  aux  annexes,  n°  9.  Il  est  à  remarquer  que  plusieurs  pas- 
sages de  cette  supplique  sont  reproduits  dans  le  diplôme  royal. 


—  10  — 

La  ratification  désirée  ne  se  fit  pas  attendre. 

Le  10  septembre  suivant  (1275),  le  roi  Rudolphe,  dans 
une  séance  solennelle  du  tribunal  de  l'Empire,  tenue  à 
Oppenheim,  proclame  qu'aucune  juridiction  inférieure  ne 
peut  prononcer  des  sentences  contraires  aux  privilèges 
octroyés  aux  églises  par  les  Empereurs.  Puis,  sur  le  réqui- 
sitoire du  chanoine  de  Liège,  Alexandre  de  Bruneshorne, 
il  décide  que  le  mayeur  et  les  échevins  de  Liège  sont  sans 
pouvoir  pour  violer  les  immunités  du  clergé  liégeois.  Il  leur 
défend  d'aller  à  l'encontre  de  ces  privilèges  :  toute  tenta- 
tive dans  ce  sens  serait  de  nulle  valeur.  Si  quelque  membre 
de  la  famille  ecclésiastique  se  rend  coupable  de  quelque 
méfait,  il  devra  être  poursuivi  et  jugé  par  ses  supérieurs 
légitimes  (1). 

Par  un  deuxième  diplôme  de  la  même  date,  il  renou- 
velle et  sanctionne  les  privilèges  accordés  au  clergé  par 
les  Empereurs,  ses  prédécesseurs,  et  notamment  par 
Henri  V,  l'an  1 107.  Si  le  serviteur  d'un  chanoine  commet 
un  méfait,  il  sera  exempt  des  tribunaux  séculiers,  à  moins 
qu'il  ne  soit  marchand  public  ;  mais  il  sera  jugé  par  ses 
pairs  claustraux  dans  le  réfectoire  de  St  Lambert,  sur  la 
réquisition  du  mayeur  de  la  prévôté  :  en  cas  de  condamna- 
tion, il  sera  livré  au  bras  séculier  pour  subir  sa  peine. 

Ceux  qui  gardent  le  chœur  et  le  chapitre  des  églises, 
la  fierté  de  Saint  Lamûert  et  le  trésor  de  la  Cathédrale,  les 
boulangers  et  ceux  qui  préparent  les  vins  et  ceux  qui  rem- 
plissent de  semblables  offices  dans  les  églises  seront  assi- 
miles aux  claustraux  et  exempts  de  la  juridiction  sécu- 
lière (2) . 

L'empereur  ordonne,  en  conséquence,  au  mayeur  et  aux 
échevins  de  Liège  de  respecter  ces  privilèges  et  de  laisser 


(1)  Regesten,  n°  427;  Cartulaire  de  Suint  Lambert,  II,  241. 

(2)  De  Ches  1  RET  :  Les  reliait  es  de  Suint  Lambert  et  les  sept  fiévés 
dans  !<•  Bulletin  de  V Institut  archéologique  liégeois,  t.  XXIV,  p.  31. 


Il 

le  clergé  jouir  de  ses  franchises,  sous  peine  d'une  amende 
de  ioo  marcs  d'or  (i). 

Le  chapitre  triomphant  s'empressa  de  faire  promulguer 
ces  diplômes  royaux  :  pas  n'est  besoin  de  dire  qu'ils  su 
terent  grande  émotion  dans  la  cité.  Les  magistrats  et  les 
échevins  se  réunirent  et  envoyèrent  au  Roi  une  vive  pro- 
testation. 

«Des  limites  extrêmes  de  l'Empire,  nous  axons  recours  à 
votre  justice.  Le  clergé  de  Liège,  que  nous  entourons  de 
nos  respects,  à  un  moment  où  nous  n'attendions  de  sa  part 
aucun  acte  d'hostilité,  a  tait  promulguer  un  privilège  inouï 
jusqu'alors  qu'il  prétend  avoir  obtenu  de  votre  Magni- 
ficence. Cette  promulgation  a  éclaté  comme  un  coup  de 
tonnerre  en  un  ciel  serein  et  troublé  la  cité  entière.  A  rai- 
son de  la  révérence  que  nous  vous  devons,  nous  l'avons 
accueilli  avec  respect  ;  mais  après  en  avoir  reçu  copie  et 
avoir  délibéré  mûrement,  nous  devons  déclarer  qu'il  est 
contraire  à  toute  la  législation  de  la  cité  et  de  la  patrie 
Liégeoise  et  qu'il  bouleverse  l'ordre  du  pays,  tel  qu'il  avait 
été  établi  par  vos  prédécesseurs  depuis  les  temps  anciens. 
Après  avoir  pris  conseil  d'hommes  sages,  et  après  plu- 
sieurs délibérations  communes,  nous  avons  décidé  de  re- 
courir à  Votre  Majesté,  qui  certes  a  été  circonvenue  par 
l'astuce  de  ceux  qui  l'ont  obtenu  et  à  laquelle  il  ap- 
partient de  l'amender  et  de  l'interpréter.  Nous  en  avons 
confiance,  lorsque  vous  connaîtrez  les  inconvénients  et 
les  dangers  qui  en  doivent  résulter,  votre  sagesse  ne 
refusera  pas  d'y  porter  remède,  d'amputer  ces  innovations, 
de  mettre  fin  à  ce  qui  bouleverse  et  tourmente  la  patrie 
entière  et  de  ramener  la  paix  avec  l'ordre  des  choses  tel 
qu'il  existait  depuis  longtemps  ». 

Ils  exposent  alors  en  détail  combien  les  articles  de  ce 
privilège  sont  contraires  à  la  saine  raison  et  au  bien 
public.  Puis  ils  supplient  le  Roi  de  le  révoquer,  parce  qu'il 

(')  Regesten,  n°  426;  Cartulaire  de  Suint  Lambert,  II,  23S. 


—  12  — 

viole  les  droits  de  l'évêque  de  Liège  et  qu'il  diminue  le 
fief  qu'il  détient  de  l'Empire,  parce  qu'il  lèse  le  droit  pu- 
blic de  la  patrie  liégeoise,  et  qu'il  amène  la  perturbation 
dans  tout  le  peuple  :  tantae  midtiludinis  populoruiu. 

Que  du  moins  il  daigne  charger  un  homme  prudent  et 
iitni  suspect,  aimant  la  justice  et  craignant  Dieu,  de 
venir  connaître  sur  place  de  cette  affaire  et  pourvoir  à  la 
tranquillité  et  à  la  paix  publiques   (i). 

Evidemment,  les  magistrats  liégeois  forcent  quelque 
peu  la  note  et  exagèrent  les  conséquences  de  la  confirma- 
tion royale.  Les  serviteurs  des  chanoines  étaient  depuis 
longtemps  affranchis  de  la  juridiction  séculière:  si  on  assi- 
mile à  ces  sept  serviteurs  les  sept  fiévés  de  Saint  Lambert 
et  quelques  artisans  employés  subalternes,  ce  n'était 
qu'une  interprétation  équitable  de  la  loi.  Déjà,  le  3  décem- 
bre 1271,  le  Doyen  Gilles  de  Lageri  et  le  chevalier  délie 
Wege,  nommés  par  l'évêque  pour  faire  enquête,  avaient 
déclaré  que  «  les  fiévés  ne  doient  ne  tailhe,  ne  escot,  ne 
ost,  ne  chevauchie  »  (2).  La  patrie  est-elle  en  danger  et 
la  justice  compromise  parce  que  ces  quelques  personnes 
échappaient  à  l'autorité  des  échevins  pour  les  rares  mé- 
faits qu'elles  pouvaient  commettre?  Nous  ne  le  croyons 
pas. 

Ce  qui  est  à  retenir  de  cette  réclamation,  c'est  le  souci 
que  manifestent  les  magistrats  Liégeois  de  l'autorité  du 
Prince.  Vraiment,  on  ne  leur  connaissait  pas  cette  sollici- 
tud  -.  S'ils  prennent  tant  à  cœur  les  droits  du  Prince,  ne 
serait-ce  pas  parce  que  Jean  d'Enghien  avait  délaissé  la 
cause  du  chapitre  et  marchait  d'accord  avec  eux?  Nous  en 
aurons  la  preuve  plus  loin. 

IV 

Jean  d'Enghien  s'était  rendu  à  Lausanne  pour  assister 
à  l'entrevue  du  Pape  Grégoire  X  et  du  Roi  Rudolphe. 

(1)  Voir  aux  annexeSj  n°  10. 

(2)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  p.  214. 


—  13  — 

Le  Roi  était  accompagné  de  toute  sa  famille  et  d'une 
suite  nombreuse.  Quand,  le  20  octobre  1275,  le  Pape  dai- 
gna consacrer  lui-même  à  Lausanne  l'église  Notre- 
Dame,  l'évêque  de  Liège  assista  à  cette  imposante  céré- 
monie. En  cette  circonstance  et  devant  une  assemblée  au- 
guste de  cardinaux,  d'évêques  et  de  seigneurs,  le  Roi  jura 
de  protéger  et  de  défendre  les  possessions,  l'honneur  et 
les  droits  de  l'Eglise  romaine.  Par  un  second  diplôme,  le 
Roi  garantit  au  Souverain-Pontife  et  à  ses  successeurs  la 
liberté  des  élections  épiscopales  par  les  chapitres,  le  droit 
d'appel  au  Saint-Siège,  la  suppression  du  &jus  spolii»,  la 
proscription  des  hérétiques,  la  possession  et  la  restitution 
de  tous  les  domaines  de  l'Eglise  Romaine.  Il  lui  promit  as- 
sistance en  particulier  pour  conserver  le  royaume  de  Sicile, 
la  Corse  et  la  Sardaigne. 

Enfin,  par  un  troisième  diplôme,  il  ratifie  tout  ce  que 
son  ambassadeur  Otton  de  S.  Widon  avait  promis  à  Lyon 
en  faveur  de  l'Eglise  Romaine.  Ces  trois  diplômes  portent 
la  signature  de  l'évêque  de  Liège  (1). 

Se  trouvant  à  Lausanne,  Jean  d'Enghien  profita  de  l'oc- 
casion pour  exposer  au  Pape  une  querelle  qui  menaçait  de 
le  brouiller  avec  les  chapitres  de  Liège.  Grégoire  X  com- 
mit le  cardinal  Ubert  de  Saint  Eustache  pour  en  connaître. 

L'évêque  comparut  devant  ce  Commissaire  pontifical 
avec  les  délégués  des  chapitres,  les  chanoines  de  S.  Lam- 
bert Sclatta  et  maître  Beauduin,  et  Godefroid,  chanoine  de 
S.  Jean.  Il  déclara  vouloir  respecter  les  franchises  des 
églises  et  en  particulier  celle  qui  exemptait  de  la  juridic- 
tion séculière  les  serviteurs  des  chanoines  ;  il  ajouta  qu'il 
avait  fait  un  édit  sur  ce  point,  pour  régler  l'arrestation  et 
l'emprisonnement  de  ces  serviteurs,  lorsqu'ils  commet- 
traient un  délit  ;  qu'il  espérait  bien  le  faire  adopter  par  les 
chanoines  et  promit  d'exiger  du  mayeur  et  des  échevins 

(1)  Regesten,  n°  440-442. 


—  14  — 

le  serment  de  ne  point  enfreindre  les  immunités  des  cha- 
pitres. Le  Légat  donne  une  déclaration  authentique  de 
cette  promesse  (i). 

V 

Malgré  les  confirmations  solennelles  que  le  clergé  avait 
nues,  les  magistrats  liégeois  s'entêtaient  à  vouloir  le 
soumettre  à  l'impôt  de  la  fermeté.  Le  clergé  prit  un  re- 
cours auprès  du  Roi  des  Romains  et  du  Pape.  Rudolphe  de 
Habsbourg  s'empressa  de  faire  droit  à  cette  requête  par 
une  lettre  datée  d'Augsbourg,  le  Ier  mars  1276,  et  adressée 
au  mayeur,  aux  échevins,  aux  jurés,  aux  bourgmestres  et 
à  tous  les  bourgeois  de  Liège. 

«  L'Eglise  de  Liège  s'est  plainte  à  nous  de  ce  que  vous 
continuez  à  vous  opposer  à  ses  privilèges  :  c'est  pourquoi 
considérez  quelle  folie  ce  serait  de  vouloir  renverser  des 
droits  qui  ont  été  sanctionnés  par  l'autorité  royale  ;  n'in- 
quiétez plus  dorénavant  les  églises  dans  la  jouissance  de 
leurs  exemptions:  vous  vous  exposeriez  à  encourir  les 
peines  qui  sont  comminées  contre  les  perturbateurs. 

Nous  sommes  bien  loin  de  vous  fermer  les  voies  juridi- 
ques :  nous  vous  envoyons  l'archevêque  de  Trêves  pour 
entendre  les  raisons  des  deux  parties  et  les  soumettre  à 
notre  jugement.  Dans  Tentretemps,  lesdits  privilèges  res- 
teront en  pleine  vigueur   »  (2). 

Par  une  lettre  de  la  même  date,  le  Roi  des  Romains 
charge  l'archevêque  de  Trêves,  si  les  magistrats  liégeois 
veulent  recourir  à  la  voie  judiciaire,  de  citer  les  deux  par- 
ties à  comparoir,  d'entendre  leurs  raisons  et  d'en  faire  au 
Roi  un  rapport  fidèle  (3). 

(1)  Cartulairc  de  Suint  Lambert,  II,  243.  M.  Dans,  dan-,  son  His- 
toire du  diocèse  et  de  la  -princi-pautè  de  Liège  fendant  le  XIIIe  et 
le  XIVe  siècle,  écrit  que  ce  Légat  aurait  accompagné  l'Evêque  à 
Liège.   Le  document  cité  n'en  dit  rien. 

(2)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II.  247  :  Regesten,  n°  526. 

(3)  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.    11.  246;  Regesten,  n°  527. 


—  15  — 

De  son  côté,  Grégoire  X  chargea  le  Doyen  de  Laon  de 
prendre  en  mains  la  défense  des  églises  à  l'encontre  des 
exigences  de  la  Commune  Liégeoise.  Les  actes  de  cette 
procédure  se  trouvent  dans  le  Cartulaire  de  Saint  Lam- 
bert ;  ils  se  succédèrent  depuis  le  10  juillet  1276  jusqu'au 
4  mars   1277   (1). 


VI 


Durant  ces  procédures,  la  guerre  induement  nommée 
«  de  la  Vache  »  était  déchaînée  sur  le  pays  de  Liège.  Jean 
d'Enghien  avait  à  résister  aux  forces  réunies  de  Gui  de 
iJampierre,  de  Henri,  comte  de  Luxembourg,  de  Gérard 
de  Luxembourg,  sire  de  Ûurbuy,  auxquelles  vinrent  même 
se  joindre,  à  certains  moments,  les  troupes  du  duc  de  Bra- 
bant. 

Les  hostilités  et  les  violences  qui  avaient  commencé  au 
mois  de  septembre  1275,  se  continuèrent  pendant  l'année 
1276  et  ne  prirent  fin  qu'en  1277.  Les  magistrats  et  le  cha- 
pitre oublièrent  un  instant  leurs  querelles  pour  soutenir  la 
cause  de  leur  Prince,  qui  était  celle  de  la  Patrie  Liégeoise; 
ils  marchèrent  de  front  contre  ses  ennemis. 

Le  7  mars  1277,  ils  souscrivirent  un  accord  relativement 
à  l'i — pot  de  la  fermeté.  Ils  reconnaissaient  que  c'est  con- 
traints par  une  nécessité  pressante  qu'ils  ont  levé  cet 
impôt,  qu'ils  n'ont  aucun  droit  de  le  faire  et  qu'ils  rendront 
au  clergé  ce  qu'ils  ont  indûment  perçu.  Ils  jureront  que 
dorénavant,  ils  ne  lèveront  jamais  plus  cet  impôt  à  Liège 
et  qu'ils  s'opposeront  à  tous  ceux  qui  prétendraient  l'exi- 
ger. Pour  réparer  les  chaussées,  les  ponts,  les  portes  et 
les  murs,  il  sera  fait  une  assise  sur  les  bières,  dont  le  taux 


(1)   Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II.  pp.  251-278. 


—  16  — 

sera  fixé  de  commun  accord  par  les  délégués  des  deux  par- 
ues contractantes  (i). 

L'Evêque,  assailli  de  toutes  parts,  se  trouvait  dans  une 
situation  pleine  d'angoisses.  Il  avait  fait  appel  à  la  protec- 
tion du  Roi  ;  mais  celui-ci  était  lui-même  impliqué  dans 
une  guerre  contre  le  roi  de  Bohême,  Ottokar  (septembre 
[276).  Obligé  de  résider  à  Vienne,  il  ne  pouvait  rien  faire 
pour  venir  en  aide  à  la  Principauté.  Jean  d'Enghien  en  fut 
réduit  à  invoquer  la  médiation  du  Roi  de  France. 

Le  Codex  epistoLiris  de  Rudolphe  nous  a  conservé  une 
lettre  curieuse  qui  rend  bien  compte  de  cette  situation. 

Elle  émane  d'un  prince  de  nos  contrées,  dévoué  à  l'Em- 
pire, probablement  du  comte  de  Hainaut,  Jean  d'Avesnes, 
comme  l'a  conjecturé  avec  beaucoup  de  raison  Oswald 
Redlich. 

Ecrivant  au  Roi,  il  lui  dit   : 

«  Je  suis  accablé  par  un  amer  chagrin  en  voyant  com- 
ment la  France  (Gallia  garriens  aliarum  insultatrix  iin- 
proba  nationum)  la  bavarde,  qui,  dans  sa  méchanceté,  se 
plaît  à  insulter  les  autres  nations,  s'efforce  de  miner  la 
considération  du  Roi  de  la  manière  la  plus  impudente  ;  elle 
se  prévaut  de  ce  que  le  glaive  de  l'empire, dans  ces  contrées 
néerlandaises,  est  honteusement  émoussé.  En  effet,  le 
comte  de  Flandre,  Guy,  refuse  toute  obéissance  aux  or- 
dres du  Roi  ;  il  s'est  mis  en  campagne  avec  des  soldats 
nombreux  qu'il  a  levés  en  France,  à  la  honte  et  au  dom- 
mage de  l'Empire  et  il  a  forcé  l'Evêque  de  Liège,  opprimé 
et  serré  de  toutes  parts,  à  s'adresser  au  Roi  de  France, 
sans  égard  pour  vous.  Puisque  certains  grands  seigneurs 
de  ces  contrées  cherchent  à  secouer  l'autorité  de  l'Empire, 
il  est  urgent  que  le  Roi  prenne  au  plus  tôt  des  mesures 


(1)  Cartulaire  de  Saint  Lambert^  II.  27(1. 


—  17  — 

pour  éloigner  ce  préjudice.  Je  prie  le  roi  d'excuser  mon 
absence;  je  retournerai  bientôt  à  la  Cour  »  (i). 

Rudolphe,  ainsi  sollicité  par  Jean  d'Avesnes  et  par 
l'Evêque  de  Liège,  si  désireux  qu'il  fût  d  agir,  se  trouvait 
dans  l'impuissance  de  le  faire;  il  prit  donc  le  parti  de  ré- 
clamer l'intervention  du  Souverain-Pontife,  Jean  XXI,  el 
lui  écrivit  en  ces  termes  (2)  : 

«  La  noble  Eglise  de  Liège,  cette  fille  si  dévouée  de 
lEglise  Romaine,  est  cruellement  pressurée  par  le  comte 
de  Handre  et  ses  complices.  Mon  âme  en  est  amèrement 
affligée.  L'évêque  que  le  Saint-Siège  lui  a  donné  comme 
prince  nous  avait  proposé  de  laisser  s'assoupir  le  litige 
quant  à  son  premier  objet  (3),  mais  le  comte  de  Flandre  n'a 
point  voulu  se  rendre  à  nos  ordres  ;  avec  des  troupes  le- 
vées en  France,  il  s'est  mis  à  dévaster  les  terres  apparte- 
nant à  la  maison  de  Dieu.  C'est  pourquoi,  de  peur  que  ces 
méfaits,  s'ils  restaient  impunis,  ne  portent  d'autres  à  les 
renouveler,  nous  vous  prions,  l'évêque  de  Liège  et  moi, 
de  sévir  contre  les  auteurs  de  ces  rapines  et  de  les  frapper 
du  glaive  des  censures  ecclésiastiques  »  (4)- 

Nous  ne  savons  pas  si  Jean  XXI  eut  le  temps  d'inter- 
venir; les  hostilités  cessèrent  au  mois  d'avril  1277  et  lui- 
même  mourut  le  20  mai  suivant. 

VII 

La  paix  n'était  pas  sitôt  conclue  avec  le  comte  de  Na- 
mur,  qu'une  nouvelle  dissension  intestine  éclatait  à  Liège 

(1)  Voir  aux  annexes,  n°  11.  Cette  lettre  doit  dater  des  premiers 
mois  de  l'année  1277,  car  le  Roi  de  France  termina  ic  conflit  er.  avril 
1277. 

(2)  Cette  lettre  se  réfère  évidemment  à  la  lettre  précédente  :  elle 
est  certes  antérieure  à  la  conclusion  de  la  paix  avec  le  comte  de  Na- 
mur.  Le  Pape  auquel  elle  fut  envoyée  est  donc  Jean  xxi  qui  régnait 
à  cette  époque  (8  septembre  1276-20  mai  1277). 

(3)  En  effet,  l'évêque  avait  tout  fait  pour  apaiser  le  premier  con- 
flit par  une  transaction. 

(4)  Voir  aux  annexes  le  n°  12. 

2 


—  18  — 

a  propos  de  la  Sauvenière.  Ce  quartier  était  sous  la  juri- 
diction spéciale  du  Chapitre  Cathédral  ;  les  habitants  de 
ce  minuscule  territoire  n'étaient  justiciables  que  de  la 
Cour  du  Grand  Prévôt;  ce  n'est  que  pour  les  cas  de  vol, 
de  fausses  mesures  et  de  violences  qu'ils  pouvaient  être 
jugés  par  les  échevins. 

Le  Chapitre  prétendait  que  nul  ne  pouvait  les  soumettre 
à  l'impôt  sans  son  consentement.  Déjà  une  contestation 
à  ce  sujet  avait  divisé  Henri  de  Gueldre  et  son  Chapitre 
(1273).  La  comtesse  de  Flandre  avait  même  été  choisie 
pour  arbitre  (28  juin  1273)  (1).  La  question  fut  rouverte 
sous  l'épiscopat  de  Jean  d'Lnghien,  mais  cette  fois,  le 
Chapitre  fut  en  conflit  avec  les  échevins  et  les  magistrats 
de  la  Cité,  et  ceux-ci  obtinrent  l'appui  de  l'évêque.  Le  dif- 
férend fut  déféré  au  tribunal  de  l'Empire,  et  le  Roi  commit 
les  évoques  de  Ratisbonne  et  de  Chiemsée,  avec  le  comte 
H.  de  Wilnove,  pour  entendre  les  parties. 

Les  juges  royaux  constatèrent  que  les  magistrats  de  la 
Commune  liégeoise  avaient  manifestement  violé  les  im- 
munités de  l'Eglise  de  Liège,  et  que,  partant,  ils  avaient 
encouru  la  peine  comminée  contre  ces  violences.  Us  com- 
muniquèrent leur  sentence  au  Roi  Rudolphe,  lequel,  par 
un  premier  diplôme,  daté  de  Vienne  le  28  mai  1277,  char- 
gea le  duc  de  Brabant,  Jean,  de  l'exécution  de  ce  juge- 
ment   (2), 

Cette  commission  fut-elle  révoquée,  parce  que  le  duc 
Jean  se  trouvait  être  une  personne  fort  mal  choisie  pour 
agir  contre  les  Liégeois  qu'il  venait  de  combattre  sur  le 
champ  de  bataille?  Nous  ne  le  savons  pas:  toujours  est-il 
que,  le  2  juin,  une  mission  semblable,  conçue  dans  les 
mêmes  termes,  fut  confiée  à  Waléran  de  Fauquemont  (3). 


(1)  Cartvlanrc  de  Saint  Lambert,  II,  223. 

(2)  Regesten,  n°  779;  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  292. 

(3)  Regesten,  n°  785  ;  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  293. 


—  19  — 

Il  est  possible  que  le  duc  Jean  et  Waleran  aient  été 
choisis  conjointement  pour  appliquer  la  sentence. 

Nous  ignorons  si  ces  deux  commissaires  firent  mine 
d'exécuter  la  Commune  liégeoise;  quoi  qu'il  en  soit, 
les  Magistrats  continuèrent  à  imposer  les  taxes  tant  aux 
névés  et  serviteurs  des  chapitres  qu'aux  habitants  de  la 
Sauvenière.  L'évêque,  bien  loin  de  s'opposer  à  ces  exac- 
tions, prit  fait  et  cause  pour  les  échevins  et  les  maîtres  de 
la  Cité.  Jean  Hocsem  l'affirme  positivement,  et  nous  ap- 
prenons, par  une  lettre  du  23  décembre  1278,  que  le 
clergé,  ne  pouvant  obtenir  justice,  se  mit  en  grève  et  sus- 
pendit tous  les  offices  divins. 

L'évêque  revendiquait  le  droit  de  punir  les  chanoines  de 
la  cathédrale  et  des  collégiales  de  Liège,  lorsqu'ils  se 
rendaient  coupables  de  quelque  crime,  tandis  que  les 
chapitres  se  prétendaient  exempts,  sous  ce  rapport,  de  la 
juridiction  épiscopale. 

A  la  demande  de  l'évêque  et  dans  l'espoir  de  voir  la 
bourgeoisie  renoncer  à  ses  empiétements,  ils  consentirent 
à  reprendre  provisoirement  la  célébration  du  culte  dans  la 
cité  (1)  ;  mais  à  une  condition  :  si  la  convention  faite 
entre  les  chapitres  et  les  bourgeois  n'est  pas  confirmée 
par  ceux-ci  à  la  fête  prochaine  de  S.  Michel  (29  septem- 
bre), les  églises  suspendront  de  nouveau  la  célébration 
des  offices  quinze  jours  après. 

Cette  trêve  ne  fut  que  momentanée  :  la  célébration  du 

culte  fut  de  nouveau  interrompue  et  l'évêque,  pour  amener 

les   chapitres   à  composition,  menaça  de  fulminer   contre 


(1)  BORMANS,  Cartulaire  du  clergé  secondaire,  n°  25,  p.  16.  Ce  do- 
cument ne  serait-il  pas  plutôt  du  mois  de  septembre  et  non  du  mois 
de  décembre  ?  C'était  un  laps  de  temps  bien  long  que  la  fête  de  Saint 
Michel  de  l'année  suivante  1279.  Déjà  au  mois  q\c  mars  127g,  la 
brouille  était  complète. 


—  20  — 

eux  l'excommunication,  s'ils  osaient  encore  chanter  l'an- 
tienne Media  vita  (i)-  Le  chant  de  cette  antienne  était  le 
signal  de  la  cessation  des  offices  religieux;  bien  plus,  on 
descendait  alors  de  leurs  piédestaux  et  de  leurs  autels  les 
statues  des  saints  et  on  les  exposait  dans  l'église,  sur  un 
lit  d'épines,  comme  pour  forcer  en  quelque  sorte  le  ciel 
de  faire  justice  et  de  châtier  les  coupables. 

Le  clergé,  pour  se  couvrir,  se  pourvut  en  appel  auprès 
du  S*  Siège  et  suspendit  le  chant  des  orgues  et  la  célébra- 
tion du  culte  ;  Jean  d'Enghien  prononça  l'excommunica- 
tion contre  tous  les  clercs,  chapelains  et  chanoines  des 
églises  cathédrale  et  collégiales  de  Liège. 

Les  magistrats  liégeois  promulguèrent  un  statut  véri- 
tablement inique,  par  lequel  ils  s'engagèrent  à  ne  plus 
poursuivre,  ni  condamner  les  délits  et  les  méfaits  commis 
envers  le  clergé  et  leur  famille.  Le  clergé  des  églises  pri- 
maire et  secondaire  se  réunit  pour  parer  au  danger  dont 
tous  ses  membres  étaient  menacés  dans  leurs  personnes 
et  dans  leurs  biens. 

Ils  constituèrent  un  comité  de  défense  composé  de  qua- 
tre membres  :  Me  Jean  de  Canges,  officiai  de  Liège  ;  Gui, 
chanoine  de  S.  Lambert  ;  Rigald  de  Jeneffe,  chanoine  de 
S.  Jean  ;  Me  Arnould  de  Stavelot,  chanoine  de  S.  Denis. 
Ils  leur  adjoignirent  comme  conseillers  :  l'écolâtre  de 
Mayence,  Henri  de  Halois  ;  le  doyen  de  S.  Pierre,  Jean  de 
Restées  et  Pierre  de  Changes  (Colard  de  Psalmis  rempla- 
cera le  doyen  en  cas  d'absence)  ;  le  doyen  de  S.  Martin, 
Frédéric  et  le  chanoine  Jean  d'Ottoncourt  ;  les  chanoines 
de  S.  Paul,  Gilles  et  Gérard  dit  Chanteraz  ;  les  chanoines 
de  S.  Croix,  Henri  dOutremeuse  et  Tilman  de  Rosoux  ;  le 


(i)  Voici  le  texte  de  cette  fameuse  antienne  empruntée  à  un  chant 
de  Notker  de  S.  Gall  :  Media  vita  i>i  morte  sianiisj  quem  quaerïmus 
adjutorem  nisi  te  Domine,  qui  firo  -peccatis  nostris  juste  irasceris? 
Sinicte  Deus,  sancte  /"/fis,  sa>icte  et  misericors  Salvator,  amarae 
vioiti  ne  tradas  nus. 


—  21  — 

doyen  de  S.  Jean  (Jean  Eure?)  et  Jean  de  fiollogne  (le  cha 
noine  Louis  remplacera  le  Doyen)  ;  le  doyen  de  S.  Déni  i, 
Amcl  et  le  chanoine  Jean  de  Heppegnis  ;  le  chantre  de 
S.  Barthélemi  et  Arnould  d'Awans.  Ils  promettent  de 
ratifier  tout  ce  qu'ils  décideront  et  de  les  indemniser  pour 
tous  les  dommages  qu'ils  pourraient  subir  à  l'occasion  de 
leur  mission.  S'ils  décident  qu'il  faut  sortir  de  la  Cité, 
aucun  chanoine  n'osera  y  rentrer  sans  leur  permission  et 
aucun  ne  pourra  acheter  des  vêtements  ni  d'autres  mar- 
chandises à  un  bourgeois  de  Liège. 

Cette  pièce  est  datée  du  21  mars  127g  (1). 

Le  23  janvier  1281,  le  Doyen  et  le  chapitre  de  S.  Lam- 
bert, réunis  au  palais,  constituèrent  Guillaume  de  Bettin- 
court  comme  leur  procureur  pour  aller  en  appel  auprès  du 
Roi  et  se  prémunir  contre  les  exactions  que  l'évêque  et  les 
magistrats  de  la  Cité  exerçaient  contre  eux.  L'appel  fut 
interjeté  le  même  jour  et  le  mayeur,  les  échevins  et  les 
magistrats  furent  sommés  de  comparaître  au  tribunal 
royal  le  21  avril  suivant   (2). 

Le  Pape  intervint-il  pour  arrêter  les  désordres  qui  déso- 
laient la  cité  liégeoise  ?  Nous  l'ignorons-  Mais  le  Roi  ne 
fit  point  la  sourde  oreille  :  par  un  décret,  daté  de  Ge- 
mùnde,  le  3  septembre  1281,  il  expédie  au  bailli  du  Cha- 
pitre, par  son  fidèle  chapelain,  Werner  de  Lapide,  archi- 
diacre de  Liège,  le  ban  royal,  avec  plein  pouvoir  de  juger 
les  causes  criminelles  dans  les  domaines  de  l'église  et 
d'exercer  tous  les  autres  pouvoirs  qu'il  y  a  lieu  d'y  accom- 
plir (3).  C'était  une  ratification  plénière  des  droits  que  la 
cathédrale  revendiquait  sur  son  domaine  de  la  Sauvenière. 

Par  un  second  diplôme  du  4  septembre,  il  charge  l'abbé 
de  Priim  et  Henri  de  Gaesbeeck  d'examiner  les  plaintes 


(1)  Cartulaire  du  Clergé  secondaire,  n°  26,  p.  17. 

(2)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  324. 

(3)  Ibid.,  II,  339  ;  Regesten,  n°  1387. 


formulées  par  le  chapitre  contre  «  1  evêque,  les  échevins 
et  les  magistrats  de  Liège  »  et  de  décider  selon  le 
droit   (i). 

Dans  l' entretemps,  Jean  d'Enghien  était  mort,  victime 
de  la  vengeance  de  Henri  de  Gueldre. 

Dans  les  derniers  jours  de  sa  vie,  il  avait  soumis  au  roi 
Rudolphe  une  question  de  droit  qui  ne  fut  résolue  qu'après 
sa  mort  et  qui  nous  prouve  que  le  duel  judiciaire  était  en- 
core pratiqué  à  cette  époque  au  pays  de  Liège. 

Le  6  décembre  1281,  en  séance  du  tribunal  de  l'Empire, 
tenue  a  Mayence,  Rudolphe  décide  que  tout  prince  investi 
d'une  juridiction  séculière,  devant  qui  les  duels  judiciaires 
avaient  coutume  de  se  faire,  peut,  sans  déni  de  justice, 
différer  le  jour  fixé  pour  ces  duels  judiciaires,  quand  des 
raisons  urgentes  l'empêchent  d'être  présent  à  la  date  con- 
venue. Il  ordonne  ensuite  à  tous  les  nobles,  ministériels, 
vassaux  et  autres  sujets  du  pays  de  Liège  d'obéir  à  l'Evê- 
que,  lorsqu'il  a  prononcé  la  remise  d'un  duel  judiciaire  (2). 


VIII 


Après  la  mort  de  Jean  d'Enghien  (24  août  1281),  le 
conflit  semble  s'être  apaisé. 

Le  18  septembre  suivant  (3) ,  le  Chapitre  de  S1  Lambert, 
comme  préliminaire  à  l'élection  d'un  nouvel  évêque,  affirme 
nettement  ses  immunités  :  il  proclame  que  de  temps  im- 
mémorial et  pour  toute  espèce  de  méfaits,  les  chanoines 
de  Liège  ne  sont  justiciables  que  de  leur  Doyen  et  de  leur 


(1)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  340  ;  Regesteu,  n°  1388. 

(2)  Regesten,  n°  1428.  Voir  aux  annexes,  n°  13. 

(3)  Le  document  est  daté  de  l'année  1282.  Il  doit  y  avoir  une  er- 
reur de  transcription  :  Car,  en  1282,  l'élection  était  faite  et  dès  le 
9  juin  1282,  le  pape  Martin  IV  avait  approuvé  l'élection  de  Jean  de 
Flandre. 


—  23  — 

Chapitre.    Il  fixe  l'élection   au   30  septembre  prochain   et 
airête   les    articles   d'une    capitulation   que   tous   les    1  ha 
noines   s'engagent   par    serment   à   garder   inviolablemenl 
si  l'un  d'eux  était  promu  au  siège  épiscopal  (1). 

Le  27  décembre  1281,  le  prieur  des  Dominicains  et  le 
prieur  des  Frères  Mineurs  spécifient,  d'après  le  témoi- 
gnage des  anciens  échevins,  les  droits  qu'exercent  le  Cha- 
pitre de  S.  Lambert  et  le  Roi  des  Romains  pendant  la 
vacance  du  siège  épiscopal  (2). 

Jean  de  Flandre  fut  nommé  évêque  de  Liège  par  le  pape 
Martin  IV  le  9  juin  1282  et  inauguré  à  Liège  le  31  octobre 
suivanc.  Les  débuts  de  son  gouvernement  furent  paci- 
fiques. 

Le  9  mars  1283,  l'evêque  fait  examiner  la  validité  de  la 
sentence  d'excommunication  prononcée  par  Jean  d'En- 
ghien  contre  le  clergé  (3).  Le  10  mars,  elle  est  déclarée 
nulle,  comme  contraire  à  l  exemption  dont  les  chapitres 
ont  toujours  joui,  même  en  regard  de  l'autorité  épisco- 
pale  (4). 

Le  26  mars  1284,  des  arbitres  sont  désignés  pour  régler 
toutes  les  questions  pendantes  qui  avaient  si  douloureuse- 
ment divisé  le  clergé  et  la  Cité  (5).  La  sentence  arbitrale 
est  publiée  le  jour  de  Pâques,  mais  elle  ne  doit  avoir  satis- 
fait personne,  puisqu'il  n'en  est  point  resté  de  trace. 

Le  5  mai  1284,  le  roi  Rudolphe  se  voit  amené  à  inter- 
venir. Dans  uns  missive  datée  de  Fribourg,  il  rappelle  la 
sentence  qu'il  avait  précédemment  prononcée  et  charge 
le  comte  de  Looz  de  faire  payer  par  les  échevins  et  les 
magistrats   l'amende   qu'ils    avaient    encourue    pour   avoir 


(1)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  348. 

(2)  Ibid.,  II,  344. 
(3)Ibid.,  11,355. 

(4)  BORMANS,  Cartulaire  du  clergé  secondaire,  n°  29. 

(5)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  3jy. 


—  24  — 

violé  les  droits  de  l'église  S.  Lambert  sur  la  Sauve- 
nière  (i).  La  brouille  avait  donc  recommencé  et  elle  s'ag- 
grava  au  point  que  les  chanoines  ne  turent  plus  en  sûreté 
dans  la  Cité.  Le  3  juillet  1284,  l'évêque  les  autorise  à  quit- 
ter la  ville  à  cause  des  voies  de  fait  auxquelles  les  bour- 
geois se  livraient  contre  eux  (2). 

Vers  cette  époque,  le  roi  Rudolphe  écrivit  à  l'évêque  de 
Liège  pour  lui  communiquer  une  décision  juridique  prise 
à  Mayence,  mais  qui  ne  se  rapporte  nullement  aux  diffi- 
cultés intestines  de  la  principauté.  Elle  décide  que  les 
taux  monnayeurs  doivent  être  punis  de  mort  ;  celui  qui 
se  sert  sciemment  de  fausse  monnaie  doit  avoir  la  main 
tranchée  ;  celui  qui  abrite  un  faux  monnayeur  dans  son 
château  doit  être  assimilé  à  ces  malfaiteurs  et  puni  comme 
eux.  Cette  lettre  porte  la  date  du  13  juillet  1285  (3)-  Nous 
remarquons  que,  dans  l'inventaire  des  chartes  rendues  à 
la  ville  de  Liège  en  1409,  figurait  «  une  lettre  en  romans, 
soûls  le  seel  de  Jehan  evesque  de  Liège,  de  certaines 
ordonnances  par  lui  faictes  sur  le  fait  des  monnaies,  en 
l'an  mil  CCLXXX  et  VIII  ».  Ces  ordonnances  étaient-elles 
la  suite  de  la  lettre  royale? 

L'évêque  et  le  clergé  quittèrent  la  ville  au  mois  d'octo- 
bre 1285  et  se  retirèrent  à  Huy.  Déjà  la  charte  du  5  oc- 
tobre, par  laquelle  Jean  de  Flandre  confirme  les  privilèges 
accordés  à  la  Léproserie  de  Cornillon,  est  datée  de  cette 
ville  (4). 

L'évêque  ne  tarda  guère  de  lancer  l'interdit  sur  la  Cité. 


(1)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  381. 

(2)  Ibidem,  TI.  384. 

(3)  Rtgesten,  n°a  10,24  et  1025  ;  Pertz,  Monum.  Germ.  Legum 
II,  |>.  446.  Voir  le  texte  aux  annexes  n"  14,  avec  les  corrections  de 
Lacomblet,  Niederrheinisches  Urkundenbuch,  II,  5^4.  La  peine  pro- 
noncée  contre  les  faux  monnayeurs  était  l'immersion  dans  une  cuve 
d'eau  bouillante. 

(4)  Cartulaire  de  S, tint  Lambert,  II,  397. 


—  2ô  — 

Les  magistrats  eurent  alors  recours  au   Saint-Siège   pour 
faire  lever  les  censures. 

Dans  l'entretemps,  le  5  août  [286,  ils  conclurenl  une 
alliance  avec  Jean,  duc  de  Brabant,  en  vertu  de  laquelle 
le  dur  promet  d'aider  la  cité  à  conserver  ses  privil 
contre  l'évêque  et  le  clergé  :  les  magistrats  lui  promettent 
en  retour  la  haute  avouerie  de  la  Cité  à  la  mort  du  titu- 
laire, et,  en  attendant,  une  pension  de  300  livres  tour- 
nois (1). 

Le  5  décembre  1280,  le  Pape  Honorius  IV  répondit  à  la 
requête  de  la  Cité  :  il  maintint  l'interdit,  mais  il  déclare 
qu'on  ne  pouvait  refuser  de  conférer  le  baptême  aux  en- 
fants, le  sacrement  de  pénitence  aux  adultes  et  le  saint: 
Viatique  aux  moribonds.  En  conséquence,  il  mande  à 
l'Evêque  de  Liège  de  modérer  l'interdit  en  ces  points  (2). 
Le  duc  de  Brabant,  cependant,  avait  abandonné  le  parti 
des  Liégeois,  et  conclut  une  alliance  avec  l'Evêque  le  15 
avril  1287  (3).  Le  7  août  1287,  grâce  à  sa  médiation,  la 
paix  fut  conclue  et  le  clergé  rentra  dans  ses  foyers  le  14 
août.  Cette  paix  s'appelle  la  Paix  des  Clercs  (4). 

IX 

Le  conflit  entre  Gui,  comte  de  Elandre,  et  Jean  d'Aves- 
nes  continuait  :  sur  la  requête  de  celui-ci,  le  Roi  Rudolphe 
mit  le  comte  de  Flandre  au  ban  de  l'Empire;  Gui  persista, 
malgré  cela,  dans  son  opposition  aux  décisions  impériales. 
Le  Roi  déclare  alors  que,  conformément  à  la  sentence  des 
princes,  nobles  et  seigneurs  réunis  autour  de  lui,  il  mérite 
d'être  frappé  d'excommunication.  En  conséquence,  il  or- 
donne aux  évêques  de  Liège,  d'Utrecht  et  de  Cambrai  de 

(1)  Vax  Heelu,   Codex  Diflomaticus,   p.  441. 

(2)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,   II,  pp.  400  et  402. 

(3)  Ibidem   II,  p.  403. 

(4)  Ibidem    II,  p.  409. 


—  20  — 

fulminer  cette  censure  contre    le    prince    contumace.  Cet 
ordre  est  daté  de  Wurzbourg,  le  27  mars  1287  (1). 

Le  14  avril  1287,  Jean,  évêque  de  Tusculum,  légat  du 
Saint-Siège,  enjoint  aux  partisans  du  comte  de  Flandre, 
sous  peine  d'excommunication,  de  cesser  endéans  les  deux 
mois  leur  rébellion  contre  le  comte  de  Hainaut  (2). 

Un  dernier  différend  entre  la  Cité  et  le  clergé  se  produi- 
sit en  128g.  Avec  le  consentement  de  Jean  de  Flandre,  les 
magistrats  se  mirent  à  exiger  un  droit  de  péage  sur  les 
sommiers,  chars,  bêtes  de  somme  et  bateaux  amenant  à 
Liège  des  vins,  du  grain  et  d'autres  victuailles. 

Le  Chapitre  de  Saint-Lambert  protesta  contre  ces  im- 
positions ;  les  arbitres  nommés  de  part  et  d'autre  décidè- 
rent que  le  prince  ne  pouvait  pas  autoriser  la  perception 
de  ce  droit  d'octroi  sans  le  consentement  du  Chapitre.  L'af- 
faire fut  déférée  au  tribunal  de  l'Empire  ;  les  chanoines 
de  Saint  Lambert,  Adolphe  de  Waldeck,  prévôt  d'Utrecht, 
et  Louis  d'Isenbourg,  prévôt  de  Wetzlar,  allèrent  plaider 
la  cause  du  Chapitre- 
Le  Roi  Rudolphe  notifia  à  l'évêque  de  Liège  la  sentence 
rendue  à  Erfurt  le  20  janvier  1290. 

Aucun  droit  de  péage  ni  aucun  impôt  ne  peut  être 
établi  dans  l'Empire,  si  ce  n'est  avec  l'autorisation  du 
Roi.  C'est  ce  qui  avait  déjà  précédemment  été  statué, 
dans  la  paix  générale  que  l'empereur  Frédéric  avait  pro- 
clamée  et  dans  celle  que  le  Roi  Rudolphe  avait  publiée 
dans  la  Diète  de  Wurzbourg.  En  conséquence,  il  décide 
que  le  droit  d'octroi,  que  les  magistrats  de  Liège  avaient 
imposé  sur  les  chariots  et  les  bateaux  transportant  des 
victuailles  à  Liège,  ne  pouvait  être  maintenu. 


(1)  Regesten,  n°  207S  ;  Winckelmaxx.  Acta  Imperii   'médita.    II. 
125  ;  Wauters,  Table  des  diplômes,  VII,   1123. 

(2)  WAUTERS,   Table  des  diplômes,   VI,   204. 


—  27  — 

Il  leur  enjoint  de  suspendre  immédiatement  la  perception 
de  cet  impôt  de  chausséage  (i). 

Par  une  lettre  de  la  même  date,  il  ordonne  à  Jean  de 
Flandre  de  retirer  le  consentement  qu'il  a  donné  à  cette 
imposition  illicite  (2). 

Le  même  jour,  à  la  demande  des  mêmes  procureurs  du 
Chapitre,  le  roi  Rudolphe,  en  séance  solennelle  du  tri- 
bunal de  l'Empire,  décidé  que,  pour  être  admis  comme 
bourgeois  et  jouir  des  privilèges  de  la  bourgeoisie,  il  faut 
résider  dans  la  cité  ;  que  le  droit  de  bourgeoisie  se  perd 
quand  on  cesse  d'y  demeurer,  que  cela  résulte  de  la  paix 
générale  promulguée  par  l'empereur  Frédéric  et  par  celle 
que  Rudolphe  a  proclamée  lui-même  à  Wurzbourg  et  qu'il 
vient  de  renouveler  à  Erfurt  (3). 

Le  17  mai  1290,  à  Erfurt  ,  le  Roi  ,  sur  la  demande  de 
l'abbé  et  du  couvent  de  Beaurepaire,  approuve  les  deux 
chartes  par  lesquelles  Jean  de  Flandre,  évêque  de  Liège, 
avait  autorisé  le  transfert  des  Prémontrés  du  Mont-Cornil- 
lon  au  couvent  du  Beaurepaire,  situé  dans  l'Ile,  à  Liè- 
ge (4). 

Enfin,  le  23  mai  1291,  le  pape  Nicolas  IV,  en  considéra- 
tion du  Roi,  roi  des  Romains,  charge  l'évêque  de  Liège, 
Jean,  de  dispenser  sur  le  défaut  de  légitimité,  defectus 
natalium,  en  faveur  du  clerc  Jean  de  Niele  (5). 

Dans  le  Codex  epistolaris  Rudolfi  Régis,  édité  par  Bod- 
mann  se  trouve  (t.  II,  n°  XIII,  p.  159)  une  lettre  par  la- 
quelle un  chapitre  notifie  au  Roi  l'élection  d'un  nouveau 
Doyen.  Bodmann  conjecture  qu'il  s'agit  du  Chapitre  de 
Saint  Lambert  (6).  Ce  qui  donne  crédit  à  cette  hypothèse, 

(1)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  II,  458  ;  Regesten,  nos  2268. 

(2)  Cartulaire  de  Sai>it  Lambert,  II,  460;  Regesten,  n°  226g. 

(3)  Cartulaire  de  Saint  Lambert,   II,  461    ;  Regesten,  n°  2270. 

(4)  HUGO,  Ann.  Prœmonst.,  I.  prob.it..  281  ;  Regesten.  n°  2314. 

(5)  Langlois,  Reg.  de    Nicolas  IV,  n"  5228;  Regesten,  n°  245S. 

(6)  Voir  aux  annexes,  n°  15. 


—  28  — 

c'est  la  phrase  où  les  chanoines  se  prévalent  de  ce  que 
leur  église  est  la  chapelle  spéciale  de  l'Empereur,  quae 
uestra  spéciales  Capella  dignoscitu?,  Or,  nous  savons,  par 
une  autre  lettre,  que  le  Chapitre  de  Saint  Lambert  se  van- 
tait d'avoir  cette  prérogative. 

Le  décanat  de  Saint  Lambert  fut  vacant  sous  le  règne 
de  Rudolphe,  une  première  fois  par  le  décès  de  Gilles  de 
Lageri,  mort  le  15  février  1274,  puis  une  seconde  fois  par 
celui  de  son  successeur,  Francon  de  Lowaige,  décédé 
entre  le  7  mars  127g  et  le  10  avril  1281  :  Jean  des  Canges 
lui  succéda. 

Nous  devons  cependant  faire  observer  que  l'église  collé- 
giale d'Aix-la-Chapelle  avait  aussi  le  privilège  de  s'appeler 
la   chapelle  impériale. 

(  (  INCLUSION 

Telles  sont  les  relations  que  la  principauté  eut  avec 
Rudolphe  de  Habsbourg  et  sa  chancellerie.  Il  n'y  a  pas  à  le 
contester  :  elles  furent  marquées  au  coin  de  la  sagesse  et 
de  la  justice.  Le  roi  se  montra  ici,  comme  ailleurs  dans 
l'Empire,  le  défenseur  des  droits  acquis  et  le  gardien  de 
l'ordre  et  de  la  paix  publiques.  Il  maintint  et  garantit 
loyalement  les  franchises  que  ses  prédécesseurs  avaient 
octroyées  au  Chapitre  de  S.  Lambert  et  aux  églises  collé- 
giales de  la  Cté  •  tout  en  laissant  aux  magistrats  commu- 
naux les  voies  judiciaires  ouvertes  pour  démontrer  leurs 
prétentions,  v  n'entendit  pas  que  la  violence  l'emportât 
sur  le  droit.  Il  est  à  regretter  qu'il  n'ait  pas  eu  à  sa  dispo- 
sition une  puissance  coercitive  suffisante  pour  faire  pré- 
valoir ses  volontés. 

E.  SCHOOLMEESTERS. 


DOCUMENTS. 

Plusieurs  collections  de  lettres  appartenant  à  la  chan- 
cellerie de  Rudolphe  de  Habsbourg  ont  été  conservées 
dans  les  manuscrits  et  successivement  publiées.  Voici, 
d'après  Oswald  Redlich,  les  principales  sources  impri- 
mées (i). 

i°  CENNI,  Monumenta  dominationis  Pontificae.  Codex 
epistolaris  Rudolf i  (1761),  réédité  par  Migne,  Palrologia 
Latina,  98,  701. 

20  GERBERT,  Codex  epistolaris  Rudolf  i  I  (1772). 

30  BODMANN,   Codex  epistolaris  Rudolf  1  1  (1806). 

40  STOBBE  im  Archiv  fur    Osterreichische  Geschichte, 

XIV  305-385- 

Dans  beaucoup  de  manuscrits,  les  lettres  sont  conser- 
vées à  l'état  de  formules  ;  souvent  les  noms  propres  ont 
été  omis,  les  dates  ont  disparu,  de  sorte  que  M.  Oswald 
Redlich  a  dû  se  livrer  à  un  travail  de  bénédictin  pour 
parvenir  à  les  dater,  à  les  coordonner  et  à  découvrir  les 
auteurs  ou  les  destinataires.  Nous  avons  profité  de  ses  re- 
cherches pour  rédiger  notre  travail. 


(1)  Die  Regesten  des  Kaiscrreichs  unter  Rudolf,  A'dolf,  Allure  ht. 
Heinrich  VII,   1273-1313.  Erste  Abtheilung.    Innsbruck,   1898. 


ANNEXES. 


Lettre  de  Rudolphe  de  Habsbourg  à  Vèvêque  de  Liège 
Henri  de  Gneldre. 

Commencement  de  1274. 

In  tuas  devotionis  exliibitione  gratuita  plurimum  delectati,  pro 
eo  quod  nos  et  Romanum  imperium  purge  fidei  stabilitate  reveri- 
tus,  provido  viro  N.  dilecto  notario  nostro.  11110  potius  nobis  in 
ecclesia  tua  provisionis  suas  tam  Iaudabiliter  spsm  dedisti,  tanto  fe- 
cundius  tibi  ad  grates  assurgimus,  quanto  per  amplius  et  perfectius 
te  in  nostri  cultura  dominii  per  hoc  excitari  perpendimus,  quanto- 
que  votivius  ad  ipsius  profectum,  in  cujus  utique  fructuosis  obsequiis 
nobis  bene  complacuit,  anhelamus.  Et  certe  sic  gratum,  sic  pla- 
cidum  per  promotionem  ipsius  serenitati  nostras  scrvitium  exhibebis, 
quod  tibi  et  eidem  ecclesiae  tuas  in  cunctis  opportunitatibus  inc  e 
ter  adesse  concepimus,  et  favorabilibus  desideriis  aspirare.  Ut  igitur 
quas  circa  promissa  tua  laudabilis  prasconcepit  intentio.  animo  studii 
promptioris  adimpleas  et  habiliori  benevolentia  prosequaris,  since- 
ritati  tuas  libenter  annuiimus,  quod  cum  dictus  N.  prasbendam,  divi- 
na  favente  clementia,  fuerit  a^secutus,  in  ccclesias  praenotatas  plan- 
tario,  velut  fructifera  plantula.  residentias  fructum  faciat  exoptatum, 
nisi  fortassis  quoque  contingat  eumdem  pro  tui^  et  ecclesiae  tuas 
negotiis  procurandis  in  nostra  curia  te  jubente  utilius  occupai 

(1)   Regesten,   n°  182;  Cenxi,   Lié.    III.   n°  44:    MlGNE,  98,   S39; 
Sl'OBBE,  353,  n°  212  ;  GERBERT,  58. 


N°   2. 

Lettre  de  VEvêque  de  Liège,  Henri  de  Gueldre,  au  notaire 
-/  .  1  ndré  de  Rode.    ■ 

Avant  le  20  mai  1274. 

Ex  sincerae  fidelitatis  constantia  proccssisse  dignoscimus  illam 
mentis  ingenuae  legalitatem  conspicuam,  quae  in  matris  suas  Aidcli- 
cet  X.  Ecclesiae  gremium  vidons  et  perspiciens  venenoso  quorum- 
dam  detrahentium  spicula  quasi  lethaliter  fulminari,  pro  ca  ipsis 
se  murum  defensionis  apposant,  et  pro  v.ribus  studiosae  perspicaci- 
tatis  ingenio  ipsorum  violentiam  commendabili  patricinio  munivit 
In  hoc  enim,  quo  ejus  honori,  ne  super  collationc  Comitatus  indebi- 
ta  laedcretur,  vigilanti  diligentia  insudastis,  devotionis  vos  ostendis- 
tis  filium,  et  ipsius  felicitatis  et  commodi  zelatorem,  legemque 
verse  charitatis  in  hoc  adimplevit  filialis  dilectio,  quae  ad  matris 
erubescit  opprobria,  et  ejus  periculis  semper  studet  oportunis  reme- 
diis  obviare,  Sane  apud  Deum  et  homines,  et  sj3ecialitcr  apud  illam 
i  erni  Régis  gloriae  Genitricem,  cujus  dictus  Comitatus  est  dema- 
nium  (legc  :  dominium)  spéciale,  hoc  factum  laudabile  gratiam 
vobis,  ut  credimus,  comparavit  ;  cjuod  nichilominus  in  nostras  libro 
mémorise  consignandum  censuimus,  dignis  favoribus  et  gratia  opor- 
tunis temporibus  compensandum.  Hortamur  autem)  monemus  et 
rogamu-  vestrse  fidei  sinceritatem,  ut  continuatis  processibus  stu- 
deat  indefesse,  sic  directo  tramite,  nostro  nostraeque  N.  Ecclesiae. 
honori  et  defensioni  jurium  intendere,  ut  actis  prioribus  posteriora 
consonent,  et  -emper  probatae  legalitatis  redoleant  puritatem.  Quod 
si  forte  post  Augustum  affuturum  (1)  proximo  Alemaniae  principes 
contingat  de  mandato  regio  convocari,  vos  una  cum  Cancellario,  nos 
tram  non  obmittatis  absentiam  efficaciter  excusare,  aut  nostram  sal- 
tem  excusationem  in  conspectu  serenitatis  Regiae  cum  omni  modes- 
ti.i  pra'-cntarc.  pnecipue  cum  nos  simus  quasi  infmitis  et  inextrica- 
bilibus  negotiis  impediti  (2). 

Cette  lettre  ne  nous  a  été  conservée  qu'à  l'état  de  formule;  mais  il 

ressort  de  son  texte  qu'elle  émane  d'un  êvêque  écrivant  à  un  de  ses 
chanoines  qui  est  attaché  et  la  cour  royale.  Il  lui  écrit  à  -propos  d'un 
comté  qui  est  un  domaine  spécial  de  l'église  cathédrale  dédiée    à 

(1)  Lisez    :  po-^t  X.  festum  nunc  futurum  proximo. 

(2)  BODMANN,    1.    n"   42. 


—  33  — 

Notre-Dame.  Or,  nous  savons  qu'André  de  Rode,  notaire  royal,  était 
chanoine  de  St-Lambert  ci  que  l'église  cathédrale,  dont  relevait  le 
comté  de  Hainaut,  avait  pour  patron  Notre-Dame  et  St'Lambert. 

(Neues  Archiv ,  t.  26,  p.  220). 


N°  3. 


Lettre   d'André  de  Rode   à    l'évêque   de   Liège ,    Henri 
de  Gueldre. 

Vers  le  20  mai  1274. 

Reverendo  in  Christo  patri  et  Domino  suo,  Domino...  divina  pro- 
videntia  N.  Episcopo  suus  A.  regalis  aulae  Notarius,  suorum  humil- 
limus  clericorum,id  modicum  quod  est, in  omnibus  et  per  omnia  quid- 
quid  potest.  Tantae  pneeminentiae  scribere  super  me  fore  cognoscens, 
tremens  factus  sum  ego  et  timeo,  dura  devotionis  meae  signa  permo- 
dica  vestrse  Magnitudini  modicus  praesentare  prassumo.  Vereor  autem 
contra  me  esse,  si  tacens  silentii  fila  non  rumperem,  et  sub  dissimula- 
tions prseteriens  possem  notabilis  fieri  de  contemptu.  O  humilis  al- 
titudo  et  alta  vere  humilitas,  quse  non  dedignata  est  mibi  pusillo 
congratulationis  exhibere  mamillam,  ubera  liquoribus  lacteis  porri- 
gere,  meliora  vino,  melle  quolibet  dulciora,  pignus  resonantia  gra- 
tiam,  pignus  benevolentiae  redolentia  singularis.  O  mira  gratitu- 
do  favoris  et  stupenda  paternae  dilectionis  affectio,  quae  sic  allectivis 
apicibus  filium  et  scriptorem  elegit  dulcedine  praevenire  subjectum. 
Quis  enim  tam  inconditus  et  asper,  tam  expers  omnis  intelligentias 
animus,  qui  de  dulcifluo  vestrœ  salutationis  affamine,  de  regratia- 
tione  tam  humili,  tam  benigna,  de  pollicitatione  tam  acceptabili. 
tam  serena,  non  fieret  lsetabundus  ?  Porro,  si  super  his  ad  gratiarum 
actionem  (solutionem  tempto)  prorumpere  insuff.cientem  me  pror- 
sus  invenio,  si  ad  laudis  et  gloriœ  vestras  praeconium  labia  solvere 
cogito,  imperfectum  me  penitus  recognosco,  dum  conor  syderibus 
addere  sydera,  dum  diurnae  lucis  nuntium,  luminoso  jubare  chorus- 
cantem,  per  inextinguibilem  faculam  velle  videor  adaugere.  Us 
praemissis  igitur  matutino  Lucifero  vespertinae  lastitiae  tribuente  fi 
duciam,  in  hoc  immobilier  voti  mei  finalis  intentio  vertitur,  in  hoc 
propositi  summa  versatur,quod  scire  velle  ac  possc,  si  quid  in  me  est 
totaliter  totis   viribus,    et   jocundis   affectibus,     fideique     devotione 

3 


—  34  — 

promptissima,  fervidus  exercebo  ad  singula  quas  decus  vestri  nomi- 
nis  sapiunt  et  honoris  aimas  matris  Ecclesias  N.  respiciant  incremcn- 
tum.  In  sollempni  curia  spccialiter  etiam  per  me  ipsum  ac  alios  Do- 
minos et  amicos.  vestras  Paternitati,  absentiam,  ut  mandastis,  excu- 
satione  pervigili  supportabo.Valeat  vestra  reverenda  paternitas  nunc 
et  semper.  Conservet  ves  Dominus  ministerio  suas  gloriosissimas 
Genitricis  in  tempora  diuturna  (i). 

N°  4. 

Lettre  d' André  de  Rode  au  Chapitre  de  Saint  Lambert. 

Entre  le  4  et  le  15  août  1274. 

Multorum  emergentium  negotiosa  congeries  ,  aures  regias  crebro 
pulsans,  regalium  agendorum  maturitas,  n;*  dicam  morositas,  nec- 
non  pias  memorias  Canccllarii  diuturna  absentia,  proh  dolor  ! 
mortis  interitu  jam  conclusa,  expeditioncm  negotii  principalis  ec- 
clesias nostras  hactenus  impedivit  ;propter  quod  ejus  dilatio  meas  non 
est  inertias  vel  incurias  irripingenda  ;  sed  spero  quod  in  adventu  N... 
etc.  Licct  igitur  in  instanti  festo  N.  vobis  concepissem  meam  of ferre 
prassentiam,  residentiam  debitam  peracturus,  quia  tamen  sine  negotii 
inchoati  periculo  me  non  possem  ad  prassens  a  curia  aliqualiter  ab- 
sentare,  adhuc  necessariam  traho  moram,  dévote  deposcens  quatenus 
apud  vos  mea  laboriosa  non  generet  mihi  dispendium,  ex  qua  gratiam 
merito  mereor  invenirc     (2). 

N°  5. 

Lettre  d'André  de  Rode  ait    Chapitre  de  Saint  Lambert. 

Septembre  1274. 

Quiescant  amodo  patrum  corda  fklelium,  quia  honorabili  viro  .\". 
nuper  veniente  de  curia.  ejus  aspirante  clementia,  qui  justas  dirigit 
causas  et  detestatur  iniquàs3  asmulorum  Ecclesias  nostras  intentatio 
factiosa  jam  penitus  conquievit;  quantumlibet  enim  nocendi  genus 
acerrimum  et  nocivas  insidiandi  machinas  instaurarit,  nunc  ultro,  la- 
queo  tamen  contrito  venantium.scmpiternum  hujusmodi  silentium  est 
indictum.  Valeat  semper  et  pie  proficiat  honorabilis  castus  vester,  qui 

(1)  BODMANN,   I.  n°  42,  j).  43  ;  N'eues  Archiv,  26,  220. 

(2)  BodmanNj  I,  n"  82,  ]>.  22s;  Neues  Archiv,  26,  221. 


—  35  — 

demea  semper  parvitate  confidere  plene  potest.  Placeat  autem  vestrœ 
prudentiae;  portitorem  praesentium  qui  ob  aegritudinem  Domini  nos- 
tri  ad  superiores  Alamaniœ  partes  fuit  compulsus  accedere,  super 
fnora  contracta  benignius  excusatum   habere   (i). 

N°  6. 
Lettre  du  Roi  Rudolphe  au  Chapitre  de  Saint  Lambert. 

Première  moitié  1275. 

Insigne  spéculum  rcgni  Germanise,  nobilis  illa  ecclesia.  quae  in 
oculis  nostrae  benevolae  gratiae  et  benevolentiae  gratiosae  continue 
collocatur,  sic  animum  nostrum  suo  praeclaro  candore  gratificat.  sic 
splendoris  sui  lumine  intima  nostrae  mentis  illustrât,  quod  nimirum 
in  sua?  suavitatis  fragantia,  velut  in  agri  pleni  odore,  cui  Dominus 
benedixit,  potissime  delectamur.  Idcirco  non  immerito  promptum 
in  nobis  est,  commoditatibus  suis  libenter  intendere,  ac  honoribus 
ampliandis  in  omni  promptitudine  spiritus  aspirare.  Sane  licet  ho- 
nestus  vir  A.,  qui.  praeclaris  suis  exigentibus  meritis.  in  conspectu 
regio  valde  gratiosus  assurgit,  de  nostra  licentia  ad  praesentiam  ves- 
tram  accédât,  ad  primae  suae  residentiae  ministerium  in  ecclesia  ves- 
tra,  devotione  qua  convenit  offerendum,  quia  tamen  conditionis  et 
status  ejusdem  ecclesiae  circumstantiis  provide  trutinatis.  et  nobis 
utilius  et  ecclesiae  vestrae  longe  consultius  arbitramur,  quod  adhuc 
eidem  ecclesiae  vestrae  in  curia  nostra  deserviat  quam  in  choro  ; 
prudentiam  vestram  rogamus  affectu  quo  possumus  ampliori.  qua- 
tenus  super  eadem  residentia  pro  nostra  reverentia  et  utilitatc  pro- 
pria, congrua  ipsum  gratia  prosequentes,  eumdem  ad  curiam  no-tram 
quantocius  studeatis  remittere,  vestris  et  ecclesiae  praenotatis  servi 
tiis,  inibi  fructuosius  institurum,  scituri  certissime,  quod  propter 
commodorum  augmenta,  quae  vobis  exinde  provenient,  no-  in  vestris 
agendis  quibuslibet   semper  experiemini   promptiores    (2). 

N°  7. 

Lettre  de  l'évêque  de  Liège,     Jean  d' Enghien,     au  Roi 
Rudolphe. 

Après  le  15  février  1275. 

Serenissimo  Domino  N.  episcopus  salutem  cum  obedicntia.  omni 
reverentia  et  honore.   De  regalis  abundantia  largitatis  confiteor  me 

(1)  BODMANN,  II,  n°  81,  p.  221. 

(2)  Migne,  98,  815;  Gerisert,  57;  Stobbe,  364,  n"  266;  Regesten, 
n°  397. 


—  36  — 

quamplures  gratias  et  concessiones  datas  liberaliter  récépissé,  quœ 
me  adeo  sui  efficacia  convicerunt,  ut  quamquam  ex  debito 
subjectionis  de  fidolitate  majestati  regiae  astrictus  tenear,  in 
hoc  tamen  dilatata  voluntas  debitum  superat,  et  ejusdem  res- 
pectu  debitum  ipsum,  licet  in  se  grande  sit.  pêne  nullius  est 
momenti.  Propter  quod  me  et  mea  ac  quidquid  sum  excellentia; 
vestrae  totaliter  offero  ;  non  desperans  apud  Deum  reperire  gratiam, 
apud  quem  largitionum  atque  gratiarum  abyssus  altissima  sibi  sedem 
aptissimam  collocavit.  Postulo  igitur  humiliter,  ut  patienter  atten- 
dens  regia  serenitas  quae  hic  styli  officio  designantur,  ex  his  me  excu- 
satum  habeat,  michi  parcat  et  déférât,  suam  mihi  nihilhominus  gra- 
tiam conservando.  Sane  cum  ad  creditum  mihi  episcopatum  de  novo 
personaliter  advenissem,  in  novo  adventu  novum  debitorum  ingres- 
sus  labyrinthum,a  furore  creditorum  adeo  undequaque  sum  oppres- 
sus,  importune  lacessitus,  ut  vix  sufficiant  tempora  consiliis,  vix  rc- 
ditus  suppetant,  quibus  fauces  inhiantium  compescere  valeam,quibus 
possem  clamores  pestiferos  reprimere  creditorum.  Hisque  accedit 
in f ortuniis,  quod  nobiles  circumvicini  episcopatus  mei  violenter 
jura  ccrtatim  occupant,  juridictionem  meam  non  solum  impediunt, 
sed  quantum  in  ipsis  est,  ipsam  enervare  funditus  moliuntur.  Qui 
mihi  et  Romano  imperio  quotidie  multam  possent  generare 
molestiam,  si  non  esset  qui  conatibus  resisteret  eorumdem.  Quibus 
etiam  cedit  in  mei  adjutorium  nocumenti  quod,  etc.  Propter  qua2 
et  alia  sic  pecunia  exhaustus  sum,  sic  faculta'ibus  denudatus, 
ut  ad  praesens  reddar  immobilis  ad  prosequenda  promissa  , 
caeteris  insolubilibus  alligatus,  infirmitate  corporis,  quae  mihi 
licet  odiosa,  indefessa  tamen  cornes  efficitur.  his  importunita- 
tubus  scrupulosis  perturbationis  et  molcstiae  oumulum  adjungente. 
Propter  quae  regia  majestas  in  his  mihi  compatiens  a  via  pro  coro- 
natione  sua  agenda  me  misericorditur  eximat,  et  meas  discat  impo- 
tentiae  misereri.  Quoniam  in  felici  regressu  cum  assumpta  triom- 
phali  corona  redierit,  vos  visitabo  personaliter,  et  grati  impensa  ser- 
vùtii,  praeteriti  temporis  profecto  non  omittam  redimere  tardita- 
tem  (i). 

Cette  lettre,  conservée  à  Vêtat  de  formule,  avait  été  attribuée    à 
.ne  de  Trente,  mais  M .   Oswald  Redlich  pense  qu'il  y  a  plus 
de  raisons  de  V attribuer  à  Vêvêque  de  Liège,  d'autant  plus  que  la  ré- 
ponse qui  suit  ne  peut  guère  s'adapter  qu'à  ce  dernier. 

(i)     MlGNE,  98,  col.  807;  Gerbert,  40;  Regesien,  n"  367. 


—  37  — 

N°  8. 

Lettre  du  Roi  Rudolphe  à  Jean  d'Enghien,  èvêque  de 
Liège. 

1275 

Exposuit  nobis  honorabilis  vir  X.   dilectus  notarius  nostei    fervi 

dus  tui  zelator  honoris,  pressuras  immensas  et  varias  persecutionum 
angustias,  quibus  utique  his  diebus  tempestuosi  temporis  procello 
sus  te  turbo  turbavit.  Super  quibus  internas  rêvera  compassionis  in- 
commoda non  sentire  ncquivimus,  utpote  pacem  tuam  et  tranquilli- 
tatem  votivis  affectibus  expectantes.  Ex  his  igitur  quadam  verisi- 
mili  conjectura  perpendimus,  quod  non  potes,  ut  cupis,  hac  vice 
te  nostris  habilitare  servitiis  et  necessitatibus  commodare.  Sciât 
itaque  tua  sinceritas  pro  constanti,  quod  tuo  disponimus  aspirare 
levamini  et  inquitudini  tuae,  prout  poterimus,  bono  modo  dé- 
ferre (1). 

Cette  lettre  est  conservée  à  l'état  de  formule  ;  mais  la  mention 
du  notaire  André  de  Rode  montre  qu'elle  fut  adressée  à  Vévëque  de 
Liège;  elle  doit  dater  de  l'année  12/j  ;  elle  est  certainement  posté- 
rieure à  l'invitation  du  Pape  (15  février  1275)  et  antérieure  à  la  date 
fixée  pour  le  couronnement.  André  est  venu  à  Liège  pour  sa  pre- 
micre  résidence  :  il  a  pu  se  rendre  compte  de  visu  de  V état  troublé 
du  pays.  A  ce  moment,  les  seigneurs  des  Goesnes  et  de  Beauforl 
fesaient  des  tentatives  pour  se  dégager  de  la  suzeraineté  du  Priucr- 
Evêquc ;  bientôt  cette  hostilité  va  dégénérer  en  guerre  ouverte. 

N°  y. 

Les  Prévôts  et  les  Doyens  des  églises  cathédrale  et  collé- 
giales de  Liège  au.  Roi  Rudolphe. 

4  août   1275. 

Excellentissimo  Régi  Romanorum  Praepositi,  Decani  Leodien. 
Ecclesiarum.  Omnipotenti  Deo  per  quem  reges  régnant,  et  principes, 
optimates  principantur,  ex  cujus  solo  munere  defluunt  bonitate-. 
Nos  universi  et  singuli  pronis  vultibus  tôt  corde  gratias  agimus, 
offerentes  sacrificium  laudis,  ac  immolantes  hostiam  gratiarum,  ut 

(1)  Rcgesten,  n°  423;  MlGNE,  98,  827. 


—  38  — 

vestra  gloriosa  Majestas  toti  raundo  necessaria  sospitate  desidera- 
bili  potiatur  ,  et  succedentibus  prosperis  feliciora  vobis  tempora 
dirigantur.  et  per  virtutem,  quam  accepistis  ex  alto,  et  sapientiae 
plenitudinem,  quâ  jam  prae  cunctis  principibus  terras  magnificamini, 
benignitatis  coopérante  gratia,  ponentes  aspera  in  vias  planas,  et 
tam  diversa,  quam  adversa  sic  possitis  regulariter  adaequare,  ut  nustro 
felici  tempore  proveniat  quies  regnis.  pax  Ecclesiis,  concordia  plebi- 
bus  et  moribus  disciplina.  Sane,  cum  sub  umbra  respiramus  protec- 
tionis  Regiae  magestatis,  Celsitudini  vestrse  cum  omni  attentione,  quâ 
possumus,  humillimc  supplicamus,  quatinus  ad  imitationem  clarae 
recordationis  H.  quinti  quondam  Romanorum  Régis,  ac  aliorum  Im- 
peratorum  Roman,  et  Regum,  praedecessorum  vestrorum,  qui  fide 
praeclari,  caritate  ferventes,  devotione  sinceri,  sibi  subditis  proficien- 
tes  verbo  pariter  et  excmplo  Leodien.  Ecclesiam,utpote  Capellam  Im- 
perii,  adeoque  vestram,  multis  libertatum  privilegiis  muniverunt, 
multarumque  largitionum  liberalitate  ditarunt,  Ecclesiam  ipsam. 
et  nos  Capellanos  vestros  dévote  altissimo  famulantes  in  ipsâ,  sub 
vestram  et  Imperii  protectionem  suscipientes  bénigne,  omnia  privi- 
légia nobis  et  eidem  Eccle-ia?  al)  eisdem  praedecessoribus  vestris  pie 
indulta,  et  spécial iter  privilegium  ejusdem  H.  quinti,  nobis  et  eidem 
Ecclesiae  auctoritate  régal is  culminis  de  solita  et  innata  vobis  cle- 
mentia  innovare  dignemini,  et  etiam  confirmant  quendam  articu- 
lum  in  privilegio  ejusdem  H.  contentum,  praesertim  cum  illius  sit  in- 
terpretari.cujus  est  condere,  de  vestra  speciali  munificencia  déclaran- 
te^, videlicet  (i).  ut,  si  alicujus  Canonici  serviens,qui  in  convictu  suo 
aliquid  peccaverit  in  emunitate.  nullum  forense  judicium  sustinebit, 

(i)  I.e  texte  de  la  lettre  e^t  ici  fort  altéré  :  voici  en  quels  termes 
re  pacage  est  reproduit  clans  le  diplôme  de  Rudolphe  :  Videlicet  ut 
si  alicujus  canonici  serviens  qui  in  convictu  suo  sit  aliquid.  in  ci- 
vitate  -peccaverit,  nullum  forense  judicium  sustinebit,  nisi  publicus 
mercator  existât,  sed  in  refectorio  sancti  Lamberti,  scilicct  majoris 
ecclesie  forensi  potestati  vel  quicunque  reus  guérit,  domini  sui  con- 
iluctu  cujus  cliens  est  judicio  parium  suorum  claustralium  servien- 
tium,  puta  ut  sunt  claustrarii,  custodientes  chorum  et  capitulum 
ecclesiarum  ci  feretrum  sancti  Lamberti  ac  thesaurum  ecclesie, 
pistores,  pincerne  et  hujusmodi  alii  in  ipsis  ecclesiis  specialia  offi- 
cia obtinentes.  monente  et  mandante  villico  prepositi  ecclesie  majo- 
ris. secundum  perpetratum  maleficium  satisfaciat  compétente),  et 
cum  per  hujusmodi  pares  suos  rite  condemnati  fuerint  malefactores 
predicti,  judicio  seculari  tradantur  pro  meritis  recepturi. 


—  39  — 

nisi  publicus  raercator  fucrit,  sed  in  refectorio  sam  ti  I  amberti,  vide 
licct  majoris  Ecclesiae  forensi  potestati,  vel  quicunque  reus  fuerh 
Domini  sui  conductû  cum  clericus  est,  judicio  ]>'t  vim  suorum  simi- 
lium  servientum,  puta  ut  sicut  claustrarii,  custodientes  chorum  et 
Capitulum  Ecclesiarum,  et  feretrum  sancti  Lamberti,  ac  thesaurum 
Ecclesiae,  pistores,  pincernse,  hujusmodi  et  alii  in  ipsis  Ecclesiis 
specialia  officia  obtinentes,monente  et  mandante  villico  praepositi  ma 
joris  Ecclesiae  Leodien,  qui  inibi  ab  antiquo  temporalem  jurisdii 
tionem  exercer,  secundum  perpe...  satisfaciet  competenter,  et  cum 
per  hujusmodi  pares  suos  condempnat....  malefactores  hujusmodi 
judicio  f...  pro  meritis  recepturi.  Ne  igitur  fastidium  vobis  generet 
lectio  litterarum,  dilecto  concanocico  nostro  (i)  credentiam,  etc.  (2) 


N°  10. 

Lettre  des  magistrats  de  Liège  au  Roi  Rudolphe. 

Vers  la  fin  de  1275. 

Quia  Dei,  à   quo   omnis   potestas  conceditur,    ordinationo,    summa 
reipublicae   potentia   vestrae   clementiae   dinoscitur   attributa,      ut   per 
vestrae  magnitudinis  vigorem   conservetur  justifia,    et   injurias  extir- 
pentur,    fidelium   débilitas    relevetur,     et     fortium   rebcllio    compri- 
matur,   omniaque  justo  legum   libramine  in   Salvatoris  servitio  diri- 
gantur,   ad   Afajestatis   vestrae  clementiam   de   penultimis  Rom.    Im 
perii  finibus  récurrentes,  sub  vestrae  gratiae  confidentia  spécial  i,  Celsi 
tudini  Kegiae  duximus  non  absejue  dolore  et  perturbatione  cordium 
ihtimandum,  quod  honorabiles  viri  Clerus  Leodien,  licet  ipsum  omni, 
quâ  possumus,  veneratione  colamus,  civitatis  tamen,  et  totius  patriœ 
nostrae  quietis  et  pacis  impatientes,   cum  de  ipsis  nil   suspicaremur 
adversi,   quoddam  privilegium  hactenus  inauditum  â  vestra  magni 
ficeritia  sibi,   ut  asserunt,   indultum,   confirmatum,   seu   etiam   decla- 
ratum  nuper  apud  nos  fecit  in  multorum  praesentia  publicari.  Quod 
perceptum  et  in  publicationem  deductum,    c|uamvis  tanquam  impro 
visi  tonitrui   ictibus  et    fulminibus   terrorc   attonitam   turbam   turba- 
verit  universam,  ipsum  tamen  propter  vestri  venerationem  felicis  no 
minis  audivimus   reverenter,    ipsiusque   receptâ   copia,    deliberatione 

(1)  Fuit  Alexander  de  Brunshorn. 

(2)  BODMANN,  II,  261  ;  Regesten,  n°  427. 


—  40  - 

super  hoc  matura  praehabita,  quia  per  idem,   si  dici  débet,   privile- 
gium tota  lex  Civitatis  et  nostra?  provincial  p^'ne  penitus  absorbe- 
tur.  et  decoleratur  status  nostras  patrias  generalis,  ab  antiquis  tem- 
poribus  à  vestris  divis  praedecessoribus  ordinatus,  post  diversa  con- 
cilia habita  cum   sapientibus   et  colloquia  in  communi,   nostfa  deli- 
beratio  tandem  in  hoc  resedit  quod,  quia  ejus  est  legem  interpretari 
vel  emendare,  cujus  est  concedere,  ad  Vestrae  Majestatis  audientiam. 
quam  in  hac  parte  calliditate  impetrantium  credimus  circumventam, 
sub   certâ   forma   duximus   communiter   et   sollempniter   proclaman- 
dum   et   provocandum,    sperantes,    et    in   altissimi   misericordiâ   con- 
fidentes,   (juod.     cum    vobis    patuerint    inconvenientia    et    pericula 
ex  tali  privilegio  proventura,  vestra  provida  et  benivola  provideniia 
remediis  fidelium  subjectorum  invigilans,  a  tantis  nos  turbationibus 
et  totius  patrise  gravaminibus  relevabit,   et  ad  statum  {>acificum  et 
actiquurn,  amputatis  noxiis  novitatibus,  salubriter  omnia  reformabit. 
Nunc  autem  vestras  liqueat  per  singula...  qualiter  et  in...  si  memora- 
tum  privilegium  dici  débet,  quod  a  vobis  innovatum  dicitur,   obviât 
rationi,  publicasque  saluti,  et  communi  utilitati.  Ecce  enucleatim  per 
-ingulos  ipsius  articulos  prassentibus  interclusos  demonstrat.   Quocir- 
ca  vestras  serenitatis  Clémentine  cum  summâ  devotione  instantissime 
supplicamus,   quatinus  ipsum  taie  quale  privilegium,   quod  in   gra- 
vamen   jurium   reverendi    patris    Domini    nostri    Episcopi    Lcodien. 
vestri  fidelis  principis  et  feudi,  quod  a  vobis  obtinet,  defalcationem. 
nec  non  juris  et  legis  publici  patrias  enormem  lassionem  redundat,  et 
tantas    multitudinis    populorum    gravissimam   turbationem    inducit, 
vestra   regia    clementia   dignetur   quantocyus    revocare,    vel    saltem 
alicui  viro  idoneo,  non  suspecto,  prudenti,  Dominum  timenti  et  justi- 
tiam  diligenti,  in  nostris  partibus  hoc  negotium  velitis  committerc. 
per  cujus  industriam  auctoritate  regia  paci  et  tranquillitati  publica^ 
consoletur.   et    imminentibus    periculis    salubriter    obvietur  ;    taliter 
nobis  civitati  ac  patrise  nostra?  in  hoc  parte  de  pietatis  vestrae  ha- 
bundatia  providentes,  ut  se  apud  vos  invenisse  justitiam,    et    ves- 
tram  gratiam   sibi  affuisse  ac  benevolentiam   gaudeat  universitatis 
nostras  fidelis  Imperio  tam  praesens  populus  quam  futurus  ;  postremo 
ne  per  obliquorum  detractionem  malivolam,  vestrae  Celsitudinis  in 
dignatio  contra  nostram  innocentiam  provocetur,  humillime  suppli- 
camus, quatinus  nobis  vel  nostris  nuntiis  inauditis,   sinistris  adver- 
-u-  nos  relatibus  aliquorum  credere  non  velitis  (i). 


(i)  BODMANN,  11,  p.  262;  MlGXE,  98,  804;  Regesten,  n°  484. 


—  41 

N°  il. 

Lettre  du  comte  de  Hainaut  au  roi  Rudolphe, 

Commencement  1277. 

Sevus  angor  me  angit  intrinsecus,  eoquod  GalLa  garriens,  alia 
rum  insultatrix  improba  nationum,  in  vestre  majestatis  iiifann.nn 
quadam  subsanatione  tam  impudenter  invehitur,  gladium  in  infe 
rioribus  partibus  asserens  hebetatum,  pro  eo  quod  cornes  Flandrie 
mandatis  vestris  irreverenter  obtemperare  recusans,  ad  exterminium 
aime  ecclesie,  in  comptemptum  vestrum  et  satis  intollerabile  detri- 
mentum  educta  de  regno  Francie  manu  milicie  copiosa  processif, 
his  non  contentus  injuriis  et  contemptu,quinimo  reverendum  patrem 
Ludg.  (1)  Episcopum  gravium  tribulationum  exagitatum  angustiis 
et  levium  prosecutionum  molestiis  lacessitum,  ad  tribunal  régis 
Francie  sub  spe  pacis  future  coegit  accedere,  nullo  prorsus  habito  ad 
vos  directe  respectu.  Hactenus  igitur  Iaboravi  pro  movenda  tyrannide 
prenotate  persecutorum  Ecclesie,  cjui  in  eam  tam  graviter  intumes- 
cunt.  Et  quia  nonnulli  magnâtes  inferioris  Germanie,  propter  diu- 
turnitatem  vestre  absencie,  jam  a  jugo  vestri  dominii  humeros  suos 
excuciunt,  valde,  si  esset  possibile,  videretur  expediens,  quod  re- 
d.ntegrandis  ipsius  terre  scissuris  intendere  curaretis.  Nunc  autem 
quibusdam  negociis  propriis  immorari  compellor  utiliter,  ad  presen- 
tiam  Régie  Majestatis  in  proximo,  duce  altissimo.  reversurus,  prop- 
ter quod  peto  apud  Régie  puritatis.  super  more  diutina,  solita  boni- 
tate  benignius  excusari  (2). 

N°  12. 
Lettre  du  Roi  Rudolphe  au  -pape  Jean  XXI. 


1277. 


Improbe  persecutionis  insidie  ac  immense  tribulacionis  incursus, 
quibus  adversus  nobilem  illam  Leodiensem  Ecclesiam  devotissimam 
sacrosancte  Romane  Ecclesie  filiam,  N.  Comitis  Flandrie  suorumque 
complicium  rabies  inconsulta  proterviens,  Dei  timoré  postposito  et 

(1)  Lisez   :  Leodietisem. 

(2)  Regesteu,  n°  752;  STOBBE,  362,  n°  255. 


.10    __ 

Romani  Imperii  revercntia  ultrojecta,  fortiter  (i)  exardescit,  grandia 
pectori  nostro  nimirum  compassionis  infundunt  incommoda  et  ama- 
ritudinis  pocula  subministrant.  Cum  enim  N.  venerabilis  Leodiensis 
Episcopus,  quem  Romana  Ecclesia  nobis  et  Imperio  delegavit  in 
principem,  primitive  questionis  materiam  nobis  obtulisset  relinquerc 
sopiendam,  predictus  Cornes,  nobis  a  finibus  il  lis  longe  sepositis  et 
in  redintegràndis  Imperii  praenotati  scissuris  utiliter  alias  occupatis, 
prohibitionibus  nostris  pariter  et  mandatis  irreverenter  obtempé- 
rais recusans,  ad  exterminum  dicte  Ecclesie  et  contemptum  nos- 
trum  et  memorati  Imperii  evidens  nocumentum,  educta  de  Gallie 
finibus  manu  copiose  milicie,  truculenter  et  temerarie  insurrexit,  de- 
vastans  terras  ipsius  ad  sanctuarium  domini  deputatas  incendiis  et 
rapinis.  Cum  igitur  tanti  sceleris  patratares,  ne  tam  nephandi  exces- 
sus  impuniti  aliis  impendant  (2)  audaciam  committendi  similia 
et  pejora,  merito  Sedis  apostolicc  animadversionis  aculeo  sunt  pun- 
gendi,  una  cum  ipso  episcopo  et  pro  ipso  vestre  piissime  sanctitati 
affectuosissime  supplicamus,  quatenus  ob  honorem  Dei  et  sacri  Im- 
perii, cujus  causa  nunc  agitur,  contra  malefactores  hujusmodi  re- 
medio  tempestivo,  dignemini  gladium  congrue  correpcionis  exerere, 
prout  expedire  videritis,  et  predicti  Episcopi  racionabilis  vobis  por- 
rigenda  petitio  continebit  (3). 

N°  13. 

Lettre  du  Roi  Rudolphe  aux  nobles,  ministériels,  vassaux 
et  hommes  du  pays  de  Liège. 

6  décembre  1281. 

Rex...  egregiis  viris  nobilibus,  ministerialibus,  vassallis  et  homi- 
nibus  univërsis  Leodiensi  episcopatui  subditis  gratiam,  etc.  Pne- 
sentibus  nobis  nuper  in  civitate  nostra  Maguntina  pro  tribunali  sol- 
lempniter  die  sabbati  ante  fesfum  Lucie...  interfuerunt  etc.  et  procu- 
ratore  venerabilis  Leodiensis  episcopi  principis  nostri  charissimi 
inibi  comparante,  ad  reciuisitionem  et  justitiam  personae  ejusdem. 
omnium  circunstantium  applaudente  caterva,  et  etiam  approbante, 
sententialiter  extitit  judicatum.quod  quilibet  princeps  Imperii  juridic- 
tionem  obtinens  temporalem  cujuscunque  conditionis  existât,  coram 

(1)  Fcro<  iter. 
1)  Variante  fandant. 
(3)  Regesten,  n°  759;  Stobbe,  361,  n°  254;  Bodmann,  II,  p.  264. 


—  i:; 

quo  cpmmitti  consuevere     certamina     duellorum  (i),     si  die  praefixo 
sive  statuto  pugilibus  ad  conflictum;  ex  causis  necessarii     el   ; 
tis,  duelli  hujus  pugnae  non  valeat  personaliter  interesse,  oppoi 
et  ut 1 1  i  mutabilitate  consilii,  sine  ulla  injuria  partium,  idem  princeps 
alium  licite  possit  diem  pro  sua  commoditate  praefigere  pugnaturis, 
ipsiusque  duelli  conflictum   usque    in     tempus    habilius  prorogare. 
lliiu    est  quod  nos  auctoritate  Regia  dictam  sententiam,  utpote    rite 
latam,  solemniter  approbantes,  universitati  vestrœ  edicto  destrictius 
duximus  injungendum,     quatenus     super     hujusmodi     prorogatione 
conflictuum  duellorum,  quam  per  venerabilem  N.  prsenotatum  Epis- 
copum  hactenus  fieri  contigerit  aut  contingeret   imposterum,  ei   pa 
reatis  humiliter  et  devotione  qua  convenit  intendatis  (2). 

N°  14. 
Statut  pénal  contre  les  faux  monnayeurs  (3). 

13  juillet  1285. 

Rudolfus  Dei  gratia  Romanorum  rex  semper  augustus  universis 
sacri  imperii  Romani  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis,  gra- 
tiam  suam  et  omne  bonum. 

Presidentibus  nobis  judicio  in  die  béate  Margarete  virginis  pro- 
xime  nunc  preterito  apud  Maguntiam,  quesitum  fuit  per  sententiam 
piincipibus,  comitibus,  nobilibus,  ministerialibus  et  aliis  nostris 
fidelibus  universis  qui  présentes  aderant,  qua  pena  puniri  debeant 
falsarii  qui-falsam  monetam  cudunt  et  faciunt  ;  et  hii  qui  per  ean- 
dem  monetam  exercent  commercia,  vel  ipsam  ex  certa  scientia  con- 
servant ;  vel  domini  per  quos  predicti  in  munitionibus  suis  confo- 
ventur  ?  Et  sententiatum  extitit,  eorumden  principum  tam  spiritua- 
lium   quam  secularium,   comitum.   nobilium   ac   omnium    nostrorum 

(1)  Causa  certaminis  suscifiendi  crat  :  si  guis  famam  et  existima- 
tionem  suam  judicarit  lœsam  ah  altero,  ut  cam  Victoria  de  ipso  mn~ 
dïcaret,  vel  ut  uterque  vel  alteruter  sua  m  innocentiam  sic  demous - 
traret.  Sed  tempus  semel  condictum  ad  certamen  mutare  aut  prola- 
tare  vetitum  crat  (Note  de  GERBERT). 

(2)  GERBERT,  III,  36;  STOBBE,  364,  n°  267;  MlGNE,  98,  815;  Re- 
gesten,  1428. 

(3)  Une  expédition  de  ce  statut  adressée  à  l'évêque  de   Liég 
trouve  dans  les  archives  de  l'archevêché  de  Cologne. 


—  44  — 

fidelium  qui  ibidem  fuerunt  applaudente  consensu,  quod  falsarius 
falsam  monetam  cudens  vel  fabricans,  si  deprehensus  fuerit,  sit 
tionis  pena  plectendus,  et  illi  qui  cum  cadem  monda  scicn- 
ter  i  xiTcet  commercia,  vel  ipsam  conservât  ex  certa  scientia,  manus 
debeat  amputari  ;  dominus  vero  hujusmodi  falsarios  in  suis  muni- 
tionibus  confovens  vel  conservans,  sicut  ipse  falsarius  débet  con- 
simili  pena  puniri.  Xos  autem  ipsam  sententiam  approbantes  vobis 
universis  et  singulis  damus  hoc  edicto  regio  firmiter  in  preceptis, 
quatenus  eandem  sententiam  inviolabiliter  observetis.  In  cujus  rei 
testimonium,  prescns  scriptum  majestatis  nostre  sigillé,  fecimus 
communiri. 

Datum  Magunie  die  predicto,   anno  Domini  1285,  regni  vero  nostri 
anno    12    (1). 

X"   15. 

Le  Chapitre  demande  au  Roi  d'approuver  l'élection  d'un 
nouveau  Doyen. 

[llustri  et  magnifico  Principi,  canonici  Ecclesia3  X.  salutem  et 
orationes  in  Christo  devotas.  Cum  nuper  ecclesia  nostra  per  mortem 
pie  recordationis  X.  tune  nostri  et  ecclesie  nostre  Decani  fuisset 
viduata  pastore.  nos  unanimiter  et  concordi  consensu  fratrum,  N. 
diem  collegimus,  ad  substituendum  idoneum  successorem  ;  qua 
quidem  die  convenientes  in  unum  qui  voluimus  et  potuimus  inter- 
esse, virum  X.  virum  utique  ]>rovidum  et  discretum,  et  ad  hujus 
dignitatis  officium  habilem,  ut  speramus  et  credimus,  nominavimus 
et  elegimus  in  Droanum,  quibusdam  paucis  exceptis  et  infra  sacros 
ordines  constitutis,  qui  vocem  in  capitule  juxta  Canonum  décréta 
non  habent.  Hune  igitur  nostrum  electum  Dominationi  vestre  pre- 
sentium  série  présentantes,  humiliter  supplicamus,  quatenus  pre- 
notate  ecclesie  nostre.  que  vestra  specialis  Capella  d.gnoscitur.  ex 
interno  compatientes  affectu,  ejusdemque  tranquillitati  provisione 
propitia  consulentes,  predictum  electum  nostrum  dignemini,  prout 
ad  vos  spectat,  gratioso  admissionis  débite  beneficio  prevenire.  Da- 
tum   _-  . 

(1)  Regesten,  noa  1^24  et  10.25  ;  Monumenta  Germ.,  Leges,  11.  44C. 

!'.oiiM.\\  \.    1 1.  n°  \m.  p.   150. 


Coup-d'œil 

sur    les    anciens    ouvrages    fortifiés 
des  villes   de   la   Belgique 


Dès  le  commencement  de  notre  histoire,  rappelons-le, 
on  constate  l'existence  de  places  de  refuge,  sises  sur  quel- 
que hauteur  abrupte,  en  plein  bois  ;  l'instinct  de  la  défense 
a  fait  renforcer  de  certains  travaux  les  avantages  natu- 
rels du  terrain.  La  position  choisie  étant  généralement  au 
confluent  de  deux  cours  d'eau  protecteurs,  on  coupait  en 
arrière  tout  accès  par  un  fossé  et  un  rempart  de  pierres 
sèches.  Le  mur  fut  parfois  plus  étendu  et  servit  alors  de 
circonvallation.  Le  type  varie  peu,  et  telles  sont  les  retrai- 
tes ménagées  par  nos  anciennes  peuplades,  à  Vielsalm  au 
dessus  des  Ardoisières,  à  ivlodave  entre  l'Lau-Bonne  et  le 
Hoyoux,  à  Maquenoise  dans  la  Thiérache  par  delà  Chimai, 
à  Hastédon,  près  de  Namur,  et  à  Namur  même  l'éperon  qui 
sert  d'assiette  à  la  Citadelle,  où  plusieurs  écrivains  onl 
placé  l'oppidum  des  Aduatiques.  Ces  places,  dans  le  Nord 
de  la  Gaule,  ont  donné  rarement  naissance  à  des  villes,  à 
cause  de  leur  situation  même,  vu  la  difficulté  que  pré- 
sentent leurs  abords  ;  elles  sont  restées  aussi  un  sujet 
d'études  particulier. 

Considérons  donc  les  monuments  dont  nous  pouvons,  à 
notre  époque,  plus  sûrement  évoquer  les  souvenirs  et  ad- 
mirer les  vestiges. 


—  46  — 

La  Belgique  est,  entre  tous,  un  pays  des  plus  riches  au 
p>nnt  de  vue  architectural.  Ses  églises  et  monastères,  con- 
servés pour  la  plupart,  par  leur  masse  imposante,  ses  bâti- 
ments civils,  ses  vieilles  maisons  de  corporations  dont 
plusieurs  ont  malheureusement  été,  sinon  détruites,  au 
moins  détériorées  par  l'ignorance  ou  la  cupidité  des  occu- 
pants, tout  cela  nous  donne  encore  des  spécimens  de  di- 
verses époques,  tels  que  les  plus  grandes  nations  civili- 
sées peuvent  à  bon  droit  nous  les  envier. 

Quant  à  l'architecture  militaire  de  la  Belgique,  elle  peut 
se  diviser  en  plusieurs  parties  : 

i)  Abbayes  plus  ou  moins  forti-   iSt"Gllles-  à  Ué^- 
fiées,  comme  St-Laurent,  à  Liège. 

'  Villers-la-Ville,    etc. 
/Flandres      (entourés 

2)  Châteaux-forts  seigneuriaux      '      deau). 

I  Mosans  (sur  des  ro- 
chers escarpés). 
Limbourg. 

3)  Eglises  fortifiées  donnant  dans  i  Theux. 

l'enceinte  de  la  ville,  soit  par  la  tour   )  Plusieurs   églises   de 
ou  le  chœur,  et  même  par  un  côté    )      Liège, 
de  la  nef  I  Bouvignes. 

\  Visé,  etc. 

4)  Les  villes,  dont  nous  niions  parler  et  où  l'on  remar- 
que : 

a)  Murs  et  remparts  d'enceinte   défendus  par  des  tours. 

b)  Portes-castels  formant  tours  et  souvent  flanquées  de 
tourelles. 

c)  Châteaux  urbains  qui  devinrent  ensuite  citadelles, 
comme  Namur,  Limbourg,  le  château  du  Ram  à  Luxem- 
bourg, le  château  des  Comtes  à  Gand,  Bouillon,  Dalhem, 
i'-  i  hâteau  de  Mons,  le  Steen  à  Anvers,  Huy,  Dînant,  etc. 

d )  Les  grosses  tours  urbaines  qui  concouraient  à  la  dé- 


—  47  — 

fense  des  places,  tout  en  ayant  une  destination  spéciale, 
telles  par  exemple,  la  tour  Henri  VIII,  à  Tournai,  les  tours 
en  Bêche  et  des  Croisiers,  à  Liège,  la  tour  du  Stordoir,  à 
Namur,  la  tour  Bleue,  à  Anvers,  la  plupart  ayant  servi 
d'arsenal. 

e)  Les  moulins  à  vent  fortifiés,  dont  on  voit  encore  des 
spécimens  à  Bruges,  campés  sur  les  remparts,  mais  dé- 
pourvus de  leurs  ouvrages  de  défense. 

f)  Les  moulins  à  eau  fortifiés,  se  trouvant  souvent  aux 
entrées  des  rivières  dans  les  villes  situées  sur  les  deux 
rives,  comme  on  pouvait  jadis  en  voir  à  Liège,  aux  mou- 
lins de  Saulcy  et  de  Gravioule  ;  à  Huy,  au  pont  des  Mail- 
lets ;  à  Louvain,  à  ceux  des  grandes  et  petites  écluses  ;  à 
Tournai,  au  Pont  des  Chauffours. 

g)  Les  ponts  fortifiés,  dont  nous  avons  encore  :  le  pont 
des  Trous,  à  Tournai,  celui  des  Broelen  Toren,  à  Cour- 
trai,  les  tours  du  Rabot,  à  Gand  (à  l'instar  de  celui  de 
l'Alzette,  à  Luxembourg,  et  des  deux  beaux  ouvrages  je- 
tés sur  la  Peignitz,  à  Nuremberg). 

Dans  la  Wallonie  mosane,  nous  avons  eu  trois  spéci- 
mens divers  et  des  plus  curieux,  malheureusement  dis- 
parus, de  ces  systèmes  de  ponts  fortifiés  :  à  Liège,  le 
Pont  d'Amercœur,  lequel  avait  sa  défense  à  l'entrée  de  la 
Cité.  Un  autre  au  Pont  des  Arches:  «  la  Dardanelle  »,  de 
1685,  qui  se  dressait  ici  au  milieu  du  passage.  A  Namur, 
la  Vieille  Porte  de  Jambes  se  trouvait  au  faubourg  exté- 
rieur, se  composant  d'une  double  courtine  flanquée  de 
deux  tours  rondes. 

L'architecture  militaire  de  nos  vieilles  cités,  sans  avoir 
la  grandeur  monumentale  des  Halles,  Hôtels-de-ville  et 
Beffrois,  ne  manquait  ni  d'ornements,  ni  de  pittoresque 
et  surtout  de  majesté  ;  c'est  malheureusement  ce  dont  il 
reste  le  moins  de  souvenirs,  nos  ascendants  n'y  ayant  plus 
vu,  à  un  moment  donné,  la  moindre  utilité. 

Que  dire  de  ces  générations  ingrates!  Jadis,  un  des  plus 


—  48  — 

grands  privilèges  des  villes  n'était-il  pas  celui  d'avoir  des 
remparts,  privilège  estimé  à  l'égal  de  celui  du  beffroi?  Et 
si  dans  le  haut  moyen-âge,  tous  nos  centres  habités  eurent 
des  clôtures  pour  résister  à  un  coup  de  main,  les  cités, 
dans  la  suite,  enregistraient  avec  orgueil  quelque  octroi 
princier  leur  accordant  l'enceinte  urbaine.  Par  contre,  leur 
plus  grande  humiliation  n'était-elle  pas  de  la  voir  rasée 
par  un  conquérant  implacable?  L'histoire  de  la  ville  de 
Liège  a-t-elle,  en  effet,  assez  relaté  les  sentences  cruelles 
lui  infligées  par  Charles-le-'féméraire,  qui  non  seulement 
enleva  à  la  noble  cité  le  Perron,  symbole  de  ses  privilèges, 
mais  exigea  le  démantèlement  de  son  enceinte  de  murail- 
les !  D'un  autre  côté,  la  remise  des  clefs  d'une  ville  était 
le  véritable  et  complet  hommage  que  celle-ci  faisait  à  son 
souverain  au  jour  de  la  joyeuse  entrée. 

Plusieurs  anciennes  communes  belges  ont  conservé 
comme  pièces  de  leur  blason  des  tours  ou  châteaux-forts, 
comme  on  le  voit  à  Huy,  à  Mons,  à  Anvers,  à  Limbourg. 
Ostende  porte  trois  clefs  rappelant  ses  trois  entrées  for- 
tifiées. N'oublions  pas  enfin  la  couronne  murale  dont 
toutes  les  villes,  jadis  forteresses,  sont  si  fières  de  tim- 
brer leurs  armes. 

Les  fortifications  des  cités  de  la  Belgique  étaient  restées 
assez  bien  conservées  jusqu'au  commencement  du  XVIIe 
siècle;  dès  cette  époque,  surgirent  pour  elles  quatre  ad- 
versaires redoutables  : 

i)  L'occupation  de  notre  territoire  par  les  armées  de 
Louis  XIV  et  le  maréchal  de  Vauban,  qui,  d'après  son  sys- 
tème de  stratégie,  fit  terrasser  nos  anciennes  défenses, 
murailles  et  tours.  Il  a,  au  surplus,  agi  de  même  dans 
toutes  les  régions  soumises  au  «  Grand  Roy  ».  C'est  lui 
également  qui  a  détérioré  les  plus  beaux  châteaux  féo- 
daux de  l'Ouest  de  la  France,  tels  ceux  de  Saumur,  An- 
gers, Nantes,  Concarneaux,  Dinan  et  Saint-Malo.  Le 
«  Grand  Roy  »,  a,  au  reste,  fait  démolir  pas  mal  de  restes 
féodaux  en  notre  pays  belge. 


—  49  — 

2)  L'empereur  Joseph  II,  qui,  par  un  rescrit  de  1781, 
ordonna  le  démantèlement  des  places  fortes  des  1' 
Bas,  à  l'exception  d'Anvers.  Il  fit,  par  ce  fait,  tomber  suc- 
cessivement les  enceintes  de  Mons,  Ath,  Namur  et  Ma- 
rines. Celles  de  Louvain,  Ypres  et  Tournai  survécurent  à 
cette  hécatombe 

3)  Le  génie  militaire  hollandais,  qui,  après  les  cam- 
pagnes de  Napoléon  Ier,  voulut  fortifier  son  territoire,  mais 
nous  créa,  vers  18 16,  les  enceintes,  sans  caractère,  de 
Mons,  Namur,  Ath,  Charleroi,  Philippeville,  Diest,  Ter- 
monde,  Ostende,  où  subsistaient  encore,  en  certaines  de 
ces  villes,  des  constructions  anciennes  qu'on  appropria  à 
la  défense  des  places.  Ces  travaux,  d'un  style  peu  archi- 
tectural s'il  en  fut,  ont  modernisé  les  châteaux  de  Bouillon 
et  de  Namur,  et  nous  ont  édifié  les  forts  de  Dinant,  de 
Huy  et  les  deux  citadelles  de  Liège,  au  Péry  et  à  la  Char- 
treuse, sur  d'anciennes  bases,  il  est  vrai;  en  plus,  celles 
de  Gand  et  de  Tournai. 

4)  Enfin  l'esprit  d'innovation  qui  s'empara  des  popula- 
tions après  la  désaffectation  des  places  fortes  en  1862  et 
l'abolition  des  octrois. 

Toutes  les  villes  murées  à  cette  époque  eurent  l'ambi- 
tion d'avoir  des  promenades  arborées  et  s'imaginèrent 
aisément  voir  leurs  anciens  glacis  transformés  en  un 
«  Boulevard  des  Italiens  »  à  l'instar  de  Pans.  On  voulait 
de  l'air  et  se  débarrasser  des  «horreurs»  du  moyen-âge. 
Passe  encore  si  l'élargissement  de  ces  villes  de  province 
s'était  imposé,  mais  ce  n'était  rien  moins  que  cela.  Ces 
idées  avaient  pris  de  telles  proportions  que  celui  qui  aurait 
alors  osé  protester  pour  conserver  le  moindre  vestige 
archéologique  eût  été  traité  d'insensé. 

Bref,  on  détruisit  avec  des  enceintes  certainement  sans 
intérêt,  malheureusement  aussi  des  souvenirs  de  tout  pre- 
mier   ordre,    entre    autres    la    belle    muraille    féodale    de 

4 


—  50  — 

Tournai,  les  portes  d'Anvers  et  sa  tour  Bleue,  ainsi  que 
la  porte  de  fer,  à  Namur  (i). 

A  Tongres  et  à  Louvain,  villes  qui  n'étaient  plus  des 
forteresses,  on  n'avait  pas  attendu  ce  temps  pour  dé- 
truire des  vestiges  intéressants.  On  a,  en  un  mot,  taillé 
en  plein  drap,  se  pressant  outre  mesure,  sans  donner  prise 
à  la  moindre  réflexion.  La  spéculation  a  eu  aussi  son  mot 
à  dire  lors  de  ces  travaux  et  plus  d'un  novateur  a  dû  re- 
gretter, au  point  de  vue  financier,  ce  que  nous  déplorons 
aujourd'hui  pour  l'archéologie. 

On  peut  l'affirmer  hautement  :  ce  qui  a  pu  résister  à 
l'ignorance,  au  vandalisme  et  au  lucre,  n'a  échappé  que 
par  miracle  à  la  pioche  des  démolisseurs. 

Les  enceintes  des  villes  successivement  élevées  comme 
abris,  fortifications  et  enfin  conservées  pour  le  service  des 
octrois  ont  éprouvé  de  telles  vicissitudes  dans  la  suite  des 
âges  qu'il  faudrait  faire,  pour  ainsi  dire,  une  étude  locale 
de  chaque  agglomération,  de  chaque  commune  pour  éta- 
blir les  motifs  si  divers  qui  ont  occasionné  leur  disparition. 

Un  simple  coup  d'œil  nous  permettra  d'exposer  rapide- 
ment ce  qui  reste  de  notre  vieil  art  militaire  en  Belgique. 

A  Liège,  à  défaut  d'édifices  militaires  tout-à-fait  conser- 
vés, il  ne  manque  pas  de  restes  intéressants. 

De  l'enceinte  dite  Notgérienne,  il  subsiste  des  murailles 
en  blocage  dont  l'appareil,  en  grès  houiller  de  Vivegnis, 
rappelle  celui  des  tours  des  Xe  et  XIe  siècles  des  églises  de 
la  cité.  Ces  murs  se  voient  encore  au  Mont  Saint-Martin 
et  dans  les  environs  de  Sainte-Croix  et  de  la  Basse-Pier- 
reuse. 

Quant  à  la  seconde  enceinte,  qui  est  restée  conservée 
jusqu'à  la  fin  de    l'ancien    régime,   elle    fut    élevée    sous 

(i)  Les  anciens  avaient,  au  reste,  déjà  agi  en  ce  sens  en  démolis- 
sant les  premières  enceintes  au  fur  et  à  mesure  qu'ils  en  élevaient 
des  nouvelles.  Toutefois,  ces  faits  ne  résuit  aient  pas  du  parti  pris. 

Les  démolitions  se  faisaient  alors  suivant  les  nécessités  du  temps. 


—  51  — 

Hugues  de  Pierpont,  au  commencement  du  XIII0  siècle, 
après  le  sac  par  le  duc  Henri  I  de  Brabant.  L'appareil  du 
mur  était  en  bossage,  flanqué  de  tours  semi-circulaires. 
De  grands  restes  de  cette  époque  sont  encore  visibles  rue 
Montagne-St6-Walburge  (le  revêtement  extérieur  est  enle- 
vé) et  surtout  aux  Degrés  dits  «  des  Franchimontois  », 
entre  la  Citadelle  et  le  poste  de  la  porte  de  Vivegms  (près 
la  Prison  Saint-Léonard  actuelle). 

Le  beau  plan  de  J.  Blaeu  (i)  du  XVIIe  siècle  donne  par- 
faitement la  vue  de  ces  fortifications,  ainsi  que  des  deux 
enceintes  successives  d'Outremeuse,  dont  la  première 
s'arrêtait  au  pont  Saint-Nicolas  et  la  seconde  à  la  porte 
d'Amercceur. 

Le  quartier  de  l'Ile  était  également  fortifié  par  un  mur 
d'enceinte  baignant  dans  le  canal  de  la  Sauvenière  et 
d'Avroy.  Il  serait  surperflu  d'insister  sur  les  remparts  de 
la  cité;  plusieurs  auteurs  ont  publié  à  ce  sujet  des  tra- 
vaux très  documentés  (2). 

Après  la  prise  de  Liège  par  Charles  le  Téméraire,  on  ré- 
fectionna  les  défenses  et  ces  travaux  furent  exécutés  sous 
le  règne  de  Jean  de  Hornes  et  d'Erard  de  la  Marck,  puis 


(1)  J.  Blaeu,  dans  son  Novum  ac  magnum  Theatrum  urbium  Bel- 
gicœ  foederatœ  (Amsterdam,  1649)  donne  les  vues  et  plans  des  villes 
belges.  Le  deuxième  volume  est  consacré  aux  villes  des  Pays-Bas. 

(2)  Stanislas  Bormans  :  Recherches  sur  l'ancienne  -paroisse  de 
Saint  André  à  Liège  (Bulletin  de  la  Société  liégeoise  de  littérature 
"wallonne.  9e  année,  2e  livraison.  Liège,  1867)  ;  Léon  Béthune  : 
Le  Vieux  Liège.  —  Portes  et  Remparts  de  la  Cité.  —  La  Meuse  (t 
VOurthe.  Texte  et  dessins  inédits  (Liège,  1888,  1890,  1892)  ;  Théo- 
dore Gobert,  archiviste  provincial  :  Les  Rues  de  Liège  (Liège,  1891- 
1903)  ;  Auguste  Hock  :  Liège  au  XVe  et  au  XIXe  siècle  (Liège,  1881- 
1882)  ;  G.-E.  Brixhe  :  Documents  judiciaires  et  historiques  concer- 
nant les  droits  de  la  cité  de  Liège  sur  les  anciens  remparts  et  sur  Le 
canal  de  la  Sauvenière    (Liège,  1S4O. 


—  52  — 

consolidés  sous  celui  de  leurs  successeurs.  C'est  de  leur 
règne  que  datent  le  grand  bastion  de  Hocheporte  et  les 
derniers  restes  des  remparts  d'Outremeuse,  ainsi  que  le 
Balloir,  qui  va  disparaître,  à  la  limite  de  l'ancienne  pro- 
priété de  Hasse. 

Déplorons  en  tout  cas  la  disparition  de  la  belle  tour  en 
Bêche;  de  la  porte  S^Léonard,  superbe  arc  italien  de  la 
moitié  du  XVIe  siècle,  témoin  de  la  Joyeuse  Entrée  du 
prince  Ernest  de  Bavière  ;  de  la  porte  de  Vivegnis  et  de 
celle  d'Amercœur  réédifiée  en  1550  et  flanquée  de  mas- 
sives tours  rondes.  Leur  crime  a  été  de  se  trouver  sur 
des  voies  de  grande  communication. 

11  reste  heureusement  la  belle  porte  ogivale  de  l'abbaye 
de  Saint-Laurent,  construite  en  1439  par  l'abbé  Henri 
délie  Cheraux. 

Waremme  n'a  rien  conservé  de  ses  anciennes  construc- 
ti<  ms  militaires. 

A  Tongres,  ceux  qui  se  sont  rendus  au  Congrès  archéo- 
logique du  mois  d'août  1901,  ont  pu  étudier  les  enceintes 
dites  d'Auguste  ou  de  Tibère,  et  celle  de  Dioclétien.  Ce 
sont  des  circonvallations  où  domine  l'appareil  en  silex, 
mais  qui,  tous  les  jours,  tendent  à  disparaître  de  plus  en 
plus.  La  ville  romaine  a  dû  avoir  4  portes  principales  au 
Ier  siècle  de  notre  ère. 

La  clôture  du  moyen-âge  datait  en  partie  du  XIIIe  siè- 
cle et  fut  réfectionnée  par  le  prince-évêque  Jean  de  Hor- 
nes  après  son  démantèlement  par  Charles  le  Téméraire. 
Beaucoup  moins  vaste  que  l'enceinte  romaine,  elle  existe 
en  partie,  ainsi  que  la  porte  de  Visé,  actuellement  en  voie 
de  restauration.  Celle-ci  forme  une  tour  carrée  du 
XIVe  siècle,  ornée  jadis  de  quatre  échauguettes  (1). 


(1)   Compte-rendu  dît  Congrès  archéologique  et  historique  de  Ton- 
gres en  zçoi. 


—  53  — 

Saint-Trond  ne  nous  offre  plus  rien  de  militaire  et  on 
aurait  perdu  tout  souvenir  de  son  enceinte  polygonale  des 
XIIe,  XIIIe  et  XIVe  siècles,  percée  de  six  portes,  si  l'un  de 
nos  plus  érudits  membres  de  l'Institut  n'avait  publié  un 
travail  à  ce  sujet,  illustré  de  vues  et  d'un  plan  de  la 
ville  (i). 

A  Hasselt,  plus  rien  (si  ce  n'est  un  reste  informe  ap 
Mciilenspoorf) ,  pas  plus  qu'à  Tirlemont. 

Diest  possède  encore  sa  forteresse  intacte,  mais  <  e  1 
du  pur  Hollandais  de  1820. 

A  Hérenthals,  on  remarque  deux  portes  assez  basses 
comme  constructions,  la  Zandpoort,  du  XVIIIe  siècle,  et  la 
Hoogepoort,  avec  une  belle  ogive  du  XVe  siècle  et  une 
charpente  assez  élégante. 

A  Aerschôt,  les  ruines  de  la  porte  de  Diest. 

Arrivons  à  Louvain  (2),  où  de  la  première  enceinte,  da- 
tant de  11  50,  sous  le  duc  Godefroid  III,  il  ne  reste  qu'une 
tour  au  milieu  du  parc  ;  en  1874,  on  voyait  encore  à  ses 
côtés  un  grand  pan  du  mur  d'enceinte.  De  cette  épo- 
que, la  porte  dite  Mont  César  s'y  trouve  encore,  mais 
complètement  modernisée.  Faut-il  y  ajouter  les  substruc- 
tions  de  la  tour  dite  de  Jansénius  aux  bords  de  la  Dyle? 

De  la  seconde  enceinte  octroyée  par  le  duc  Jean  III  en 
1340  et  qu'on  appelait,  à  l'instar  de  celle  d'Aix-la-Cha- 
pelle, «  la  Cuve  d'abondance  »,  à  cause  de  sa  forme  circu- 
laire, on  voit  encore  les  ruines  de  la  porte  de  Bruxelles, 
ainsi  que  celles  de  deux  ponts  et  moulins  fortifiés,  nom- 
més les  Grande  et  Petite  Ecluses,  qui  défendaient  l'en- 
trée et  la  sortie  de  la  Dyle.  Sauf  cela,  plus  rien  de  cette 
belle    enceinte   que    le    rescrit    de   Joseph    II    n'avait    pas 


(1)  Les  Remparts  de  Saint-Trond.  —  Bulletin  de  V Institut  ar- 
chéologique liégeois,  t.  XXII,  pn.  4S7  et  suiv..  par  J.  E.  Demar- 
teau,  professeur  à  l'Université  de  Liège. 

(2)  Voir  l'ouvrage  "Louvain  monumental"  de  M.  Van  Even 
(Louvain  1860). 


—  54  — 

atteinte  et  qui  était  encore  bien  conservée  au  commence- 
ment du  XIXe  siècle,  avec  ses  six  belles  portes  monumen- 
tales. 

Cinq  d'entre  elles  furent  démolies  de  1807  à  182g. 
Quant  à  la  plus  belle,  la  porte  de  Diest  de  1364,  restaurée 
en  1526,  elle  subit  la  destinée  commune  en  1873.  C'est 
vraiment  impardonnable. 

A  Bruxelles  (1),  la  clôture  définitive  du  XIe  siècle  enser- 
rait le  quartier  de  Saint-Géry  et  remontait  dans  la  partie 
haute  vers  Sainte-Gudule  en  une  bande  assez  étroite.  On 
peut  voir  encore  des  restes  de  ces  murailles  dans  le  jardin 
du  Doyenné  de  la  Collégiale,  ainsi  que  la  Steenpoort  ou 
Treurenberg  aux  dépendances  de  la  salle  Marugg.  De  la 
seconde  enceinte  de  la  fin  du  XIIe  siècle,  nous  avons  la 
Tour  noire,  non  loin  des  Halles  Centrales,  conservée  et 
restaurée  grâce  à  M.  Buis,  ancien  bourgmestre  de  Bru- 
xelles, qui  a  su,  en  sa  belle  capitale,  allier  l'esthétique  et 
l'utilité  moderne  aux  souvenirs  du  passé. 

Si  toutes  nos  cités  belges  avaient  eu  le  bonheur  de  pos- 
séder semblables  magistrats,  on  aurait  moins  à  déplorer 
des  disparitions  malheureuses  à  tous  points  de  vue. 

La  troisième  enceinte  (les  boulevards  actuels)  n'a  laissé 
que  la  porte  de  Hal,  bâtiment  imposant  de  1391  ;  l'appro- 
priation qui  l'a  sauvée  des  démolisseurs  ne  lui  a  malheu- 
reusement plus  laissé  son  caractère  de  porte  de  ville,  du 
côté  intérieur.  En  1888,  on  apercevait  encore  une  partie 
du  mur  de  cette  troisième  enceinte  à  l'endroit  où  la  rue 
du  Congrès  rejoint  le  boulevard  près  de  l'emplacement  de 
l'ancienne  porte  de  Louvain. 

Les  remparts  bien  conservés  de  Matines  (même  des 
deux  enceintes)  furent  enlevés  par  le  rescrit  de  Joseph  II. 
Il  ne  reste  que  la  porte  de  Bruxelles  ou  «  Overste  Poort  » 
du    XIVe    siècle,    comportant  une  haute  entrée  à  hourds 

(1)  Voir  le  beau  travail  "  Bruxelles  à  travers  les  âges'',  de 
M.   Louis  Hymans   (Bruxelles,    1882). 


—  55  — 

flanquée  de  deux  belles  tours  en  poivrières  à  campaniles, 
et  qui  est  une  des  curiosités  de  la  ville. 

En  entrant  à  Anvers  (i),  on  doit  reconnaître  que  la  fa- 
meuse place  de  guerre  ne  rappelle  plus  grand  souvenir 
de  son  ancienne  splendeur  militaire.  Sept  enceintes  dé- 
fensives doivent  s'être  succédé  là-bas  jusqu'à  notre 
époque;  et  la  primitive,  l'antique  «bourg»,  n'a  laissé  que 
son  château  du  Steen,  lequel,  malgré  le  haut  intérêt  qu'il 
comporte,  se  trouve  bien  mal  placé  au  milieu  des  docks  ; 
mais  cet  état  de  choses  vaut  évidemment  mieux  que  la 
disparition  d'un  beau  spécimen  du  moyen-âge,  dont  la 
destruction  n'a  été  arrêtée  que  par  suite  des  démarches 
des  archéologues  anversois,à  la  tête  desquels  on  doit  citer 
M.  de  Burbure. 

La  tour  Bleue  de  la  troisième  muraille  datait  de  13 13  et 
fut  restaurée  au  XVIe  siècle,  puis  enclavée  dans  les  forti- 
fications espagnoles.  Conservée  lors  du  démantèlement  de 
la  place,  elle  faisait  très  bel  effet  au  milieu  du  boulevard  : 
cela  n'a  pas  empêché  les  pouvoirs  publics  de  la  suppri- 
mer en  1880. 

L'enceinte  espagnole  bastionnée  que  nous  avons  con- 
nue fut  inaugurée  en  1543,  consolidée  par  Vauban  en  1701, 
puis  par  les  Hollandais. 

L'influence  méridionale  y  fit  construire  de  belles  portes 
dans  le  style  italien.  Lors  de  la  suppression  des  anciennes 
fortifications,  en  1864,  on  vit  disparaître  successivement 
les  portes  de  Kïpdcrp,  de  M  aimes  et  de  Saint-Georges  ; 
cette  dernière  avait  vu  l'entrée  de  Charles-Quint  en  1545 
et  portait  en  mémoire  de  ce  fait  une  inscription  commémo- . 
rative.  Les  Anversois  ont  été  réduits  à  la  reconstituer  en 


(1)  A  consulter  "  Anvers  à  travers  les  âges",  par  M.  Génard 
(Bruxelles,   1892). 

Cf.  aussi  plusieurs  travaux  intéressants  de  M.  le  général  Wau- 
wermans,  notamment  "Les  Citadelles  du  Sud  et  du  Nord  d'Anvers'7 
(Bruxelles,  1880). 


—  50  —       . 

staff  à  l'entrée  de  leur  «  Vieil  Anvers  »,  lors  de  l'Exposition 
universelle  de  1894. 

Napoléon  Ier  avait  formé  de  grands  projets  de  défense 
autour  d'Anvers  ;  il  voulait  même  créer  une  ville  à  la  Tête 
de  Flandre. 

En  1848,  un  autre  projet  d'agrandissement  conservait 
toutefois  les  citadelles  du  Sud  et  du  Nord,  ainsi  qu'une 
partie  de  la  vieille  enceinte.  Enfin,  les  nouvelles  défenses 
dites  «  du  général  Brialmont  »,  furent  décrétées  le  8  sep- 
tembre 1859.  M.  Van  Bève  ,  ingénieur  ,  dressa  un  plan 
d'aménagement  de  la  nouvelle  ville  qui  fut  présenté  au 
Collège  le  9  juillet  1864;  et  le  16  août  suivant,  le  Con- 
seil communal  arrêta  en  principe  la  reprise  des  terrains 
militaires.  L'accord  entre  le  gouvernement  et  la  ville  fut 
signé  le  10  septembre  1864  et  le  17  du  même  mois  eut  lieu 
la  première  brèche  qui  entama  pour  jamais  le  vieux  rem- 
part de  Charles-Quint.  Il  faut  reconnaître  que  les  Anver- 
sois  étaient,  pour  agir  aussi  rapidement,  bien  jaloux  des 
boulevards  de  Paris. 

La  citadelle  du  Sud,  dite  «  du  duc  d'Albe  )),  qui  fut  en 
maintes  circonstances  la  terreur  des  Anversois,  avait  été 
projetée  par  le  grand  empereur  dès  1540,  à  l'emplacement 
du  couvent  des  Chartreux.  Edifié  à  l'extrémité  méridio- 
nale de  l'enceinte  espagnole,  cet  ouvrage  pentagonal  à 
cinq  redans  fut  construit  en  1567,  d'après  les  plans  d'un 
ingénieur  italien  appelé  Marchi.  Il  survécut  à  la  vieille 
clôture  urbaine  et  ne  disparut  qu'en  1875.  C'est  sur  son 
emplacement  que  s'élève  aujourd'hui  le  nouveau  palais 
•  des  Beaux-Arts  et  que  se  trouvaient  les  deux  dernières 
Expositions  universelles  de  la  métropole  commerciale 
belge. 

La  citadelle  du  Nord,  qui  défendait  les  bassins,  près 
l'ancienne  Maison  Hanséatique,  était  contemporaine  de 
la  précédente;  elle  a  disparu  en  1860. 

De  toutes  ces  formidables  défenses,  il  ne  reste  que  la 


-     57  — 

forte  de  l'Escaut,  rebâtie  assez  loin  de  son  emplacemenl 
primitif  et  qui  offre  l'aspect  le  plus  pacifique  aux  pro- 
meneurs des  quais. 

Termonde  est  encore  une  forteresse  en  état,  mais  re- 
présentant, comme  à  Diest,  l'appareil  hollandais. 

A  Ninove,  on  remarque  la  belle  porte  aux  Vaches  ci  im- 
portant un  bâtiment  central,  à  pignon  crénelé,  où  se 
trouve  la  baie,  flanqué  de  deux  tours  pentagonales  coif- 
fées de  toits  en  ardoises. 

La  ville  de  Gond  a  possédé  quatre  enceintes  dont  les 
restes  ruinés  sont  encore  çà  et  là  visibles.  Mais  un  mo- 
nument d'intérêt  primordial,  véritable  bijou  féodal,  se 
dresse  encore  au  centre  de  la  ville:  le  Château  des  Comtes, 
dit  le  «S'Graven  Steen»,  fondé  au  IXe  siècle.  Sa  porte  d'en- 
trée, avec  ses  deux  belles  tours  à  encorbellements,  date 
de  117S  et  fut  bâtie  par  Philippe  d'Alsace.  On  en  a  res- 
tauré, en  ces  dernières  années,  l'enceinte  murale  et  les 
travaux  continuent  pour  la  réfection  du  donjon,  où  se 
voient  des  couloirs  à  galeries  possédant  d'admirables 
arcatures  et  colonnettes  romanes  de  la  seconde  époque. 
Il  y  a  quelque  quinze  ans,  le  tout  était  affecté  à  l'usage 
d'une  usine  dite  linière.  Quelle  déchéance  en  plein 
XIXe  siècle  !  Heureusement  le  gouvernement  a  eu  à  cœur 
de  conserver  ce  grand  souvenir  du  passé.  Nos  meilleurs 
architectes  y  ont  mis  tous  leurs  talents. 

Une  autre  attraction  de  la  cité  des  Artevelde  est  la 
porte  au  pont  du  Rabot,  superbe  spécimen  de  pont  for- 
tifié du  XIVe  siècle,  mais  malheureusement  un  peu 
enterré  par  suite  de  l'exhaussement  des  berges  du  canal. 

Bruges  eut,  indépendamment  du  bourg  de  Saint-Donat, 
deux  enceintes  murales.  De  la  seconde,  il  ne  reste  rien 
de  la  muraille,  mais,  en  deçà  du  vieux  fossé,  on  voit 
encore  quelques  moulins  à  vent,  jadis  munis  de  défenses 
et  surtout  les  majestueuses  entrées  dites  les  portes  Ste- 
Croix,   d'Ostende,   Maréchale,   de   G  and,    sans    compter   la 


—  58  — 

jolie  tour  du  lac  (F Amour,  le  tout  du  commencement  du 
XIVe  siècle,  en  appareil  semi-pierre  en  bossage  et  en 
briques. 

C'est  un  ensemble  bien  conservé  qui  contribue  à  l'as- 
pect à  peu  près  unique  que  présente  la  pittoresque  capi- 
tale de  la  West-Flandre.  On  doit  regretter  que  les 
créneaux  manquent  à  ces  édifices. 

11  serait  superflu  de  parler  d' Os tende  au  point  de  vue 
archéologique  ;  ses  fortifications  hollandaises  sont  dé- 
truites, et  elles  ne  rappelaient,  au  reste,  en  rien  les  redou- 
tables retranchements  qui  l'illustrèrent  jadis.  Il  serait  dif- 
ficile de  retrouver  dans  cette  ville  l'aspect  d'une  ancienne 
place  forte.  Seules,  ses  armes  portant  3  clefs  de  sable 
sur  champ  or,  rappellent  sa  gloire  militaire  d'antan. 

La  petite  ville  de  Loo  possède  une  ancienne  entrée, 
simple  arc  accolé  de  deux  tourelles. 

Y  près  conserve  encore  ses  murailles,  mais  bien  abîmées 
par  Vauban.  De  grosses  tours  s'y  voient  de  distance  en 
distance  et  la  porte  de  Lille  a  encore  un  certain  cachet. 
Le  tout  date  de  Philippe  le  Hardi  et  pourrait  être  facile- 
ment remis  dans  l'état  primitif. 

A  Courtrai,  on  peut  admirer  un  très  beau  spécimen  de 
pont  fortifié,  celui  de  la  Lys  avec  ses  deux  massives  tours 
dites  les  «  Broelen  Thoren  ». 

Tournai  (1),  la  ville  Gallo-Romaine  a  conservé  de  ces 
temps  reculés  deux  tours  intactes  et  un  fragment  de  mu- 
raille de  la  première  et  de  la  seconde  enceinte  (enlevées  au 
XVIe  siècle),  situés  dans  le  jardin  de  l'hôtel  du  comte  Du 
Mortier  (Grand'Place)  ;  la  seconde  enceinte  datait  des  rois 
Francs  et  possédait  un  pont  fortifié  à  l'entrée  de  l'Escaut, 
dit  l'Arche,  démoli  en  1860. 

La  troisième  clôture  fut  édifiée  en  1295,  sous  Philippe 
le  Hardi;  Vauban  la  terrassa  et  en  rasa  les  portes  jadis 

(1)  Voir  "  Tournai  ancien  et  madone,"  par  A.-F.-J.  Bozièrc.  — 
Tournai,  1864  (Ouvrage  orne  de  plans  et  vues   de  la  ville). 


—  59 

très  élevées.  Le  tout  était  cependant    digne    d'être    res- 
tauré, ce  qui  eût  pu  rire  effectué  à  peu  de  frais  lors  du 
déclassement  de  la  place,   et  eût  fait  un   cadre   su] 
à  l'antique  cité. 

Rien  n'empêchait  de  créer  le  boulevard  à  l'extérieui  à 
l'instar  de  ce  qu'on  a  réalisé  à  Nuremberg.  On  a  tout  dé- 
moli sans  même  discuter  la  chose.  Toutefois,  le  Pont  des 
Irons  est  resté,  probablement  à  cause  du  voisinage  de  Ta 
gare  qui  le  joignait  à  l'époque  du  démantèlement.  Son 
pendant  était  à  l'Est  :  le  pont  avec  le  moulin  des  Chauf- 
fours    qui  a  été  sacrifié. 

On  voit  à  peu  de  distance  les  tours  de  Marvis  réunies  par 
une  courtine,  derniers  restes  de  l'enceinte  murale  du  XIV0 
siècle  ;  échapperont-elles  ? 

Quant  au  vieux  château  Saint-Nicolas,  il  ne  nous  offre 
plus  que  la  grosse  tour  de  la  3e  enceinte  de  1343,  appelée 
dans  la  suite  tour  Henri  VIII,  après  que  le  roi  d'Angle- 
terre  eût  établi  dans  la  forteresse  le  siège  de  sa  domina- 
tion à  Tournai.  Cet  imposant  donjon  rappelle  quant  à  la 
forme  la  «tour  de  Constance»,  à  Aiguës-Mortes,  dans  le 
Midi  de  la  France,  quoique  celle-ci  soit  de  loin  sa  sœur 
cadette.  Elle  est  actuellement  dépourvue  de  ses  crénaux  et 
de  sa  haute  toiture. 

Atli  ne  montre  plus  à  l'emplacement  de  son  vieux  châ- 
teau que  la  tour  de  Burbant,  qu'on  prétend  dater  de  Bau- 
doin le  Bâtisseur;  ses  remparts,  défigurés  par  Vauban. 
furent  détruits  par  Joseph  II,  puis  réédifiés  par  le  gouver- 
nement du  roi  Guillaume. 

L'enceinte  de  Mous  fut  enlevée  sous  Joseph  II,  puis 
replacée  après  1816  ;  actuellement  il  n'y  subsiste  que 
les  restes  du  château  des  comtes  de  Hainaut,  sur  la  col- 
line dite  «Château  César»,  où  se  dresse  le  Beffroi.  L'en- 
ceinte murale  montre  ses  vestiges,  sans  compter  sa  belle 
porte  romane  de  Baudoin  le  Bâtisseur  ;  --  c'est  relative- 
ment pauvre  au  point  de  vue  des  défenses  historiques, 
pour  l'ancienne  et  illustre  capitale  du  comté  de  Hainaut. 


—  GO  — 

Baudoin  le  Bâtisseur  a  laissé  plus  de  souvenirs  à 
Binche,  car  une  muraille  complète  s'y  voit  encore.  On  y 
remarque,  hélas!  les  traces  du  grand  stratégiste  de  Louis 
XIV.  Espérons  que  le  gouvernement  donnera  suite  au  pro- 
jet qu'il  a  conçu  de  restaurer  ces  remparts  ;  la  ville  de 
Binche  deviendrait  un  point  d'attraction  pour  le  touriste, 
si  cette  idée  se  réalisait.  Nivelle  a  encore  quelques  restes 
de  rempart.  Thuin,  une  des  bonnes  villes  de  notre  an- 
cienne principauté,  fut  fortifiée  par  Notger  ;  on  y  voit 
encore  la  tour  qui  porte  son  nom,  dans  des  fragments  de 
murailles. 

L'héroïque  ville  de  Nàmur  (i),  chantée  par  le  grand 
poète  du  Roi-Soleil,  est  misérable  au  point  de  vue  de  ses 
vestiges  militaires. 

On  y  voit  toutefois,  de  la  troisième  enceinte,  le  Beffroi 
«  Vancienne  tour  Saint-] acques  »  du  commencement  du 
XIIIe  siècle.  La  quatrième  enceinte  démantelée  par 
Joseph  II  et  réfectionnée  par  le  roi  des  Pays-Bas  après 
1815,  conservait  encore  la  porte  de  Fer  ou  de  Samson,  et 
la  Tour  Dalila,  le  tout  de  1390,  ainsi  que  la  Grosse  Tour 
sur  Sambre  ou  Stordoir  du  XVe  siècle.  Malgré  les  efforts 
de  quelques  archéologues  à  la  tête  desquels  était  feu 
Jules  Borgnet,  on  a  détruit  ces  imposants  restes  féodaux 
en  1863  et  1867. 

Quelques  parties  de  l'ancien  mur  d'enceinte  se  voient 
encore  derrière  les  maisons  qui  se  trouvent  en  face  de  la 
gare.  Le  soubassement  du  rempart  Ad  aquam  existe  avec 
ses  deux  balloirs,  en  contrebas  de  la  promenade  de  ce 
nom.  La  porte  de  Jambes,  de  1448,  défendait  le  vieux  pont 


(1)  Le  plus  bel  ouvrage  relativement  à  cette  ville  au  peint  de  vus 
de  l'histoire  militaire  esl  certainement  le  tiavail  des  "Promenades 
Vamur  ".  par  M.  Jules  Jîorgnet  (Namur  185 1-1859).  ^es  phases 
diverses  du  château  et  de  la  ville  y  sont  décrites  d'une  façon  supé- 
rieure,  et  le  premier  volume  (le  seul  paru  malheureusement,  par 
suite  de  la  mort  de  l'auteur);  est  enrichi  de  plans  très  intéressants. 


—  Gi- 
de Meuse;  elle  se  composait  d'une  double  courtine 
quée  de  deux  grosses  tours.  Elle  a  disparu  en   1885. 

Eu  un  mot,  Namur  ne  rappellerait  en  rien  son  glorieux 
passé  de  place  de  guerre,  ni  ses  nombreux  sièges,  si  sa 
Citadelle  ne  la  dominait  majestueusement  au  confluent  de 
la  Meuse  et  de  la  Sambre. 

Digne  pendant  de  la  forteresse  d'Ehrenbreitstein  à  <  o- 
blence,  le  fort  de  Namur  se  dresse  semblable  à  une  Acro- 
polis  et,  quoique  abîmé  par  Vauban  et  les  travaux  de 
1816,  il  a  conservé  un  cachet  des  plus  imposants,  grâce 
à  son  appareil  de  calcaire  et  à  son  assiette  unique,  mon- 
tant en  amphithéâtre.  La  ville  de  Namur  a  acheté  la  cita- 
delle au  gouvernement  militaire  et  celle-ci  aura  heureuse- 
ment la  chance  d'être  conservée. 

Il  existe  actuellement  trois  parties  dans  la  forteresse  : 

1)  le  Donjon,  emplacement  du  château  des  comtes  de 
Namur  au  Moyen-Age  et  dont  il  ne  reste  qu'un  long  bâti- 
ment et  les  deux  tours  du  XIP  siècle,  jadis  défendant 
l'entrée,  en  appareil  de  bossage  et  actuellement  formant 
le  réduit  de  la  porte  extérieure  du  fossé  du  Donjon  ; 

2)  la  Médiane,  ouvrage  établi  par  l'empereur  Maximi- 
hen  Ier,   mais  transformé  par  les  stratégistes  modernes  , 

3)  Terra  Nova  des  Espagnols,  de  1640. 
Indépendamment  de   ces  ouvrages   se  voyaient  encore, 

naguère,  l'ancien  fort  Cohorn,  puis  d'Urange,  actuellement 
disparu.  En  plus,  quatre  lunettes  hollandaises  de    1816. 

Le  Grand  Hôtel  est  installé  sur  les  fondations  de  celle 
qui  était  la  plus  rapprochée  de  la  Meuse. 

N'oublions  pas,  comme  restes  existants,  les  tours 
Joyeuse  et  César  datant  du  Moyen-Age  et  qui  reliaient, 
par  trois  courtines,  le  château  des  Comtes  au  pont  de 
Meuse.  A  noter  aussi,  aux  confins  de  la  forêt  de  Mar- 
lagne,  la  circonvallation  qui  relie  le  défilé  de  la  Gueule  du 
Loup  (côté  de  la  Sambre)  au  village  de  la  Plante  (côté  de  la 
Meuse).    Cet    appareil    très    curieux   dénote    une    enceinte 


—  62  — 

antique  et  serait,  d'après  les  partisans  de  l'opinion  soute- 
nue, le  rempart  de  X oppidum  des  Aduatiques.  Quoi  qu'il 
en  soit,  ce  retranchement  est  vulgairement  connu  sous  la 
dénomination  de  Vieux  Murs  de  V  au  ban,  par  la  raison  que 
ce  maréchal  utilisa  également  cet  ouvrage  pour  la  défense 
avancée  de  la  place. 

A  Dînant,  nous  ne  parlerons  pas  de  la  citadelle,  bien 
placée  cependant.  Que  n'existe-t-il  là  encore  le  vieux 
château  que  l'on  peut  admirer  sur  les  anciennes  vues  de 
la  ville  des  «Copères»!  Quelques  pans  de  murs  descendant 
du  fort  sont  tout  ce  qui  reste  des  fortifications  de  la  se- 
conde ville  de  notre  principauté. 

Par  contre,  Bouvignes  possède  une  entrée  de  ville  inté- 
ressante, de  gros  appareil  en  bossage,  qui  fait  corps  avec 
le  chœur  occidental  de  l'église  (chœur  fortifié)  et  qui  se 
relie  par  un  long  mur  aux  ruines  du  château  de  Crève- 
cœur  (i).  C'est  la  porte  de  le  Val. 

A  Bastogne,  on  trouve  encore  une  ancienne  porte  à  mâ- 
chicoulis, dite  porte  de  Trêves,  avec  une  toiture  à  pans 
coupés,  facture  Louis  XIV. 

Bouillon  ,  jadis  ville  murée  ,  conserve  encore  des 
pans  de  ses  remparts  flanqués  de  quatre  tours  relative- 
ment modernes,  le  long  de  la  Semois.  Ses  portes  ont  été 
enlevées.  Quant  au  beau  château,  remarquable  par  son 
assiette,  il  fut  conservé,  mais  assez  modernisé.  Heureuse- 
ment, les  travaux  projetés  par  le  gouvernement  belge 
vont  enfin  nous  rendre  cette  superbe  forteresse  dans  son 
état  primitif  (2). 

La  ville  â'Arlon,  qui  se  présente  toute  moderne,  fut 
cependant    anciennement    un    centre    important  ;    station 

(1)  Le  tout  a  beaucoup  d'analogie  avec  la  ville  de  Bacharach 
sur  le  Rhin, reliée  à  peu  près  de  la  sorte  avec  les  ruines  du  château 
de  Stahleck. 

(2)  Les  travaux  de  restauration  sont  commencés  sous  l  habile  di- 
rection de  M.  Ferdinand  Lohest,  architecte  à  Liég<\ 


—  63  — 

romaine,  elle  conserve,  mais  cachés,  des  pans  de  murs 
considérables  de  son  enceinte  de  cette  époque,  qui  enser- 
rait la  ville  haute,  ainsi  que  de  la  cité  du  Moyen-Age,  la- 
quelle s'était  étendue  du  côté  du  Sud  dans  la  vallée. 

A  propos  de  Huy,  nous  ne  parlerons  pas  plus  de  sa  cita- 
delle du  roi  Guillaume  que  de  celle  de  Dinant.  Il  y  existe 
encore  des  fragments  de  murs  avec  tours  et,  autrefois, 
cette  ville  possédait  un  curieux  spécimen  de  pont  fortifié, 
dit  le  pont  des  Maillets,  qui  défendait  le  passage  du  Hoyoux 
L'ouvrage  est  aux  trois  quarts  détruit,  mais  pourrait  être 
facilement  reconstitué  d'après  les  anciennes  vues  qu'on  en 
connaît. 

Theux  eut  jadis  deux  portes,  dont  l'une  est  parfaitement 
visible  du  côté  de  la  route  venant  de  Spa,  sur  les  ancien- 
nes vues  de  ce  bourg  du  milieu  du  XVIIIe  siècle.  N'ou- 
blions pas  sa  curieuse  église  avec  ses  ouvertures  étroites 
et  surélevées  et  la  tour  forte  munie  de  hourds  qui  repré- 
sentent un  véritable  donjon. 

A  noter,  à  Marché,  l'ancienne  maison  fortifiée  d'Engle  - 
bert  de  Presseux-La  Marck. 

La  ville  de  Verviers,  relativement  moderne,  fut  fortifiée 
après  l'octroi  qui  l' élevait  au  rang  de  Bonne  Ville,  octroi 
lui  donné  par  Maximilien-Henri  de  Bavière  en  165 1.  Ces 
défenses  n'eurent  qu'une  durée  éphémère  par  suite  de 
l'occupation  de  Limbourg  par  les  troupes  de  Louis  XIV. 
Cependant,  la  plupart  des  portes  avaient  survécu  et  la 
dernière,  la  porte  de  H  eus  y,  a  été  enlevée  sans  le 
moindre  scrupule  en  1863.  Sans  être  un  monument  du 
moyen-âge,  elle  représentait  une  construction  imposante 
du  XVIIe  siècle  (1655)  et  les  souvenirs  qu'elle  rappelait 
militaient  pour  sa  conservation.  Une  première  clôture  doit 
avoir  existé  à  Verviers  dans  des  temps  très  anciens,  com- 
prenant la  partie  supérieure  de  la  ville  où  se  trouvaient 
l'église  Saint-Remacle,  le  vieil  Hôtel-de-Ville  et  les  vieux 
quartiers  avoisinants,  ainsi  que  le  moulin  banal.  Certains 


—  G4  — 

restes  de  murailles  peuvent  corroborer  cette  manière  de 
voir  (i). 

A  côté  de  la  ville  moderne  se  trouve,  à  peu  de  distance, 
la  vieille  capitale  d'un  puissant  duché  au  moyen-âge,  dont 
les  sièges  ont  eu  leurs  fastes  dans  l'histoire  :  Limbourg, 
bien  déchu  de  son  antique  splendeur,  ne  présente  plus  aux 
regards  des  visiteurs  que  l'aspect  le  plus  paisible. 

Les  restes  des  remparts  sont  bien  clairsemés  et  on  n'y 
remarque  plus  que  les  tours  extérieures  du  château  avec 
deux  tours  semi-circulaires,  restes  qui  sont  loin  de  rap- 
peler l'illustre  Donjon  des  Valeran. 

Quelques  débris  de  casemates  du  temps  de  Louis  XIV, 
les  restes  du  rempart  et  de  la  porte  d'en  haut  du 
XIIIe  siècle,  avec  deux  tronçons  de  tours,  et  les  bastions 
détachés  dits  les  «  forts  Patrick  et  Monterrey  »,  voilà  tout 
ce  qui  reste  dune  forteresse  formidable.  Signalons  tou- 
tefois l'assiette  du  chœur  de  l'église,  situé  dans  l'axe  du 
rempart  oriental.  Placé  sur  un  haut  soubassement  à  con- 
treforts, il  représente  un  type  de  chœur  fortifié  probable- 
ment plus  stratégique  encore  dans  le  haut  moyen-âge, 
avant  l'invention  de  l'artillerie. 

A  Lier  mont,  on  a  eu  le  bon  esprit  de  restaurer  une 
ancienne  porte,  dont  la  partie  supérieure  forme  l'Hôtel-de- 
Ville. 

Dalhem  a  conservé  un  grand  pan  de  mur  de  son 
donjon  «castrai»  et  quelques  débris  de  son  ancienne  en- 
ceinte ;  mais  le  tout  est  bien  en  ruines. 

La.  ville  de  Visé,  si  fréquentée  par  les  touristes,  au- 
rait eu  tout  intérêt  à  restaurer  certains  vestiges  qu'on  y 
voyait  il  y  a  quelque  vingt  ans.  Elle  fut  démantelée  par 
Louis  XIV,  mais  possédait  une  vieille  porte  très  caracté- 
ristique qui  avait  encore  ses  courtines,  la  porte  de  Lorette. 

(i)  Voir  l'intéressant  travail  de  M.  le  Dr  J.  Lejaer,  dans  le  Bul- 
letin de  la  Société  verviétoise  à* Archéologie  et  d'Histoire,  vol.  II, 
p.   loi .  —  Verviers,   1 899. 


—  65  — 

On  a  trouvé  bon  de  la  supprimer!  A  Visé  on  voit  encore 
des  restes  de  remparts  et  d'un  bastion  près  de  L'église  (ja- 
dis fortifiée),  les  soubassements  portant  du  côté  de  la 
Meuse,  l'Hôtel-de-Ville  et  quelques  curieuses  construc- 
tions. 

Après  avoir  parcouru  les  villes  belges  et  leurs  vieilles 
défenses,  ce  serait  une  lacune  d'omettre  dans  cet  expo  é 
deux  anciens  chefs-lieux  de  nos  provinces  d'autrefois  : 

Luxembourg,  la  plus  importante  forteresse  connue 
avant  18C6,  est  bâti  sur  un  rocher  pittoresque  sur  lequel 
on  vit  toutes  les  phases  de  l'art  militaire  se  succéder  depuis 
le  moyen-âge.  Le  démantèlement  de  la  place  en  1877,  tout 
en  enlevant  les  redans  et  les  bastions  de  Vauban  du  côté 
des  terres  a  eu,  pour  l'archéologie,  le  grand  tort  de  dé- 
truire la  porte  d" en  Bas  et  le  Château  du  Ram,  dont  il  ne 
reste  que  quelques  tours. 

Les  exigences  de  puissants  voisins  ont  à  peine  toléré 
la  restauration  de  la  porte  dite  Drei  TJiùrme  et  la  conserva- 
tion du  font  fortifié  de  VAlzette.  Toutefois,  l'aspect  de 
l'ancienne  capitale  est  superbe  et  les  murs  de  soutène- 
ment sur  lesquels  se  trouve  la  ville  lui  ont  encore  conservé 
une  véritable  assiette  stratégique  qu'on  ne  peut  lui 
enlever. 

Maestricht  a  eu  aussi  son  déclassement  qui  n'a  donné, 
jisqu'ici,  aucun  boulevard  à  la  ville,  mais  bien  une  plaine 
aride.  Toutefois,  la  ville  a  restauré  la  Porte  de  l'Enfer  ou 
de  Notre-Dame,  de  la  première  enceinte.  Divers  fragments 
du  mur  contemporain  se  voient  encore  près  de  la  rue  des 
Tables  et  entre  l'Hôtel-de-Ville  et  Saint-Servais.  De  la  se- 
conde enceinte  du  XVIe  siècle,  qui  avait  été  terrassée  par 
Vauban,  il  ne  reste  que  les  deux  grosses  tours  avec 
encorbellements  en  ogives,  dites  «  d'Alexandre  Farnèse  », 
au  bord  du  canal  venant  de  Liège.  On  y  a  rétabli,  il  y  a 
deux  ans,  la  courtine  avec  la  «  porte  du  bord  de  l'Eau  ». 
On  aurait  pu  la  rebâtir  d'une  façon  plus  architecturale  ; 

5 


—  G6  — 

ce    qui    n'empêche    que    cette    entrée    de    Maestricht    est 

tout  simplement  grandiose.  Elle  rappelle  assez  bien  la 
porte  de  Lille,  à  Ypres.  Sur  la  hauteur  se  voient  les  restes 
du  fort  Saint-Pierre,  ouvrage  du  roi  Guillaume  I. 

En  son  faubourg  «  d'Outre-Meuse  »,  se  trouvait  jadis  la 
forte  de  Wyck.  Quand  la  forteresse  fut  déclassée,  ce  mo- 
nument devait  être  conservé,  mais  les  habitants  se  concer- 
tèrent et  la  démolirent  en  une  nuit.  L'affaire  n'eut  pas  de 
suites,  et  les  restes  mutilés  d'un  spécimen  intéressant 
furent  enlevés  peu  de  jours  après.  Un  pan  de  mur  flanqué 
d  une  tour  se  voit  encore  au  bord  de  la  Meuse. 

II  nous  reste  quelques  mots  à  dire  de  nos  voisins  à  pro- 
pos de  régions  qui  ont  eu  jadis  avec  nous  des  destinées 
communes. 

En  FRANCE,  on  a  déclassé  les  places  fortes  qui  avoi- 
sinent  nos  frontières  ;  cette  décision  a  été  prise,  il  y  a  une 
dizaine  d'années,  et  il  est  fortement  à  regretter  que  des 
ordres  supérieurs  n'aient  pas  empêché  la  démolition  de 
maintes  constructions  intéressantes. 

En  ALLEMAGNE,  il  en  a  été  tout  autrement  :  Aix-la- 
Chapelle  a  restauré  ses  belles  portes  du  Marschierthor  et 
du  Ponttkor ;  Niedeggen  et  Zulpich,  aux  confins  de  l'Eifel, 
possèdent  des  enceintes  murales  en  voie  de  restauration, 
qui  font  l'admiration  des  étrangers.  Il  serait  superflu  de 
parler  des  jolies  cités  féodales  qui  s'élèvent  aux  bords  du 
Rhin  et  de  la  Moselle.  Quant  à  Cologne,  où  les  anciennes 
et  pittoresques  fortifications  ont  été  déclassées  en  1 88 1 , 
s'il  est  regrettable  de  ne  plus  y  voir  en  entier  l'imposante 
muraille  du  XIIe  siècle  (à  peu  près  unique  au  monde),  les 
pouvoirs  publics  ont,  là-bas,  réalisé  du  grandiose  ;  portes 
de  ville,  moulins  fortifiés,  tours  pittoresques,  fragments 
considérables  du  mur  d'enceinte,  tout  cela  existe,  rehaus- 
sant les  jolies  promenades  d'un  Ring  ou  Boulevard  su- 
perbe, dans  lequel  on  a  eu  l'intelligence  de  conserver  les 
anciens  arbres  qui,  jadis,  entouraient  les  glacis  des  forti- 
fications. 


—  67  — 

Quelle  leçon  pour  nous,  qui  avons  tani  détruit!  Tâchons 
au  moins  d'employer  tous  nos  efforts  pour  faire  cla  ei 
comme  monuments  le  [jeu  qui  reste  des  souvenirs  mili- 
taires de  notre  pays,  et,  tout  d'abord,  les  enceintes  de 
Tongres,  qui  sont  bien  menacées.  Un  mouvement  spon- 
tané de  nos  Cercles  archéologiques  pourrait  peut-être,  en 
remuant  l'opinion  publique,  obtenir  de  certaines  adminis- 
trations un  appui  efficace  qu'elles  n'ont  pas  cru,  jusqu'à 
présent,  devoir  accorder  à  des  vestiges  dont  les  souvenirs 
et  la  grandeur  plaident  le  maintien  et  la  restauration. 

Ce  desideratum  doit  être  non  seulement  celui  de  l'ar- 
chéologue amateur  des  vieux  souvenirs,  mais  aussi  de  tout 
citoyen  belge  possédant,  au  fond  du  cœur,  des  sentiments 
vraiment  patriotiques. 

Gustave  RUHL. 
Liège,  le  15  mai  1902. 


DOCUMENTS 
RELATIFS   A    LA   MATRICULE 

DU 

DUCHÉ  DE  LIMBOURG  EN  1705 


La  seconde  moitié  du  XVIIe  siècle  avait  été  pour  notre 
pays,  une  période  de  désastres,  surtout  pour  les  cam- 
pagnes :  les  armées  françaises  et  hollandaises,  espa- 
gnoles et  autrichiennes  avaient  soumis  à  des  réquisitions 
continuelles  les  populations  d'Outre-Meuse.  Celles-ci  se 
composaient,  on  le  sait,  de  l'ancien  Limbourg,  ainsi  que 
du  comté  de  Daîhem  et  des  pays  de  Fauquemont  et 
Rolduc  (1).  Les  registres  des  États  du  duché  de  Limbourg 
fourmillent  de  suppliques  et  de  réclamations  contre  les 
pillages  commis  par  les  troupes  étrangères. 

Le  calme  s'était  quelque  peu  rétabli  depuis  le  traité  de 
Ryswyck  du  20  septembre  1697,  quand  la  mort  de  Charles 
II,  roi  d'Espagne,  survenue  le  Ier  novembre  i/OO,  vint  ral- 
lumer la  guerre  et  jeter  sur  notre  pays  les  bandes  dévasta- 
trices des  puissances  européennes.  Les  Etats  Généraux 
des  Provinces  Unies  et  le  roi  d'Angleterre,  qui  avaient  tout 

(1)  Le  pays  de  Liège  eut  beaucoup  à  souffrir  des  gens  de  guerre. 
Cf.  Daris,  Histoire  du  diocèse  et  de  la  principauté  de  Liège  pen- 
dant le  XVIIe  siècle,  t.  II,  passim. 


—  70  — 

d'abord  reconnu  Philippe  V  comme  héritier  du  trône  d'Es- 
pagne, ne  tardèrent  pas  à  s'unir  à  l'empereur  Léopold 
pour  disputer  cette  succession  au  petit-fils  de  Louis  XIV. 
Après  les  premiers  succès  des  armées  françaises,  les 
alliés,  sous  la  conduite  de  Marlborough,  n'avaient  pas 
tardé  à  reprendre  l'offensive,  et,  au  mois  de  septembre 
1703,  Limbourg  et  le  duché  retombaient  en  leur  pou- 
voir (1).  Cette  conquête  faillit  susciter  des  divisions  entre 
les  alliés  :  les  Etats  Généraux  ne  voulaient  pas  la  restituer 
au  représentant  du  roi  Charles  III,  le  comte  de  Sinzen- 
dorff.  Grâce  à  l'intervention  du  général  anglais,  des  négo- 
ciations s'engagèrent  à  La  Haye  ;  un  accord  fut  conclu 
qui  laissait  au  roi  l'administration  civile  de  cette  province 
et  ce  dernier  désigna  le  comte  de  Sinzendorff  pour  l'y  re- 
présenter. Le  nouveau  gouverneur  arriva  le  Ier  décembre 
1703  à  Aix-la-Chapelle  et  y  convoqua  les  Etats  du  duché 
de  Limbourg  et  des  pays  d'Outre-Meuse;  le  G,  l'inaugura- 
tion du  nouveau  souverain  avait  lieu  à  Limbourg  même. 
On  y  organisa  un  gouvernement,  une  cour  de  justice,  une 
administration  des  domaines  et  des  finances  distincts. 

Cette  question  des  finances  avait  déjà  suscité  bien  des 
difficultés  aux  gouverneurs  du  pays  sous  la  domination 
espagnole.  Les  États  du  duché  votaient  chaque  année  une 
«  aide  »,  c'est  à  dire  un  subside  important,  qui  était 
réparti,  au  moyen  du  cadastre  ou  matricule,  entre  les  di- 
verses unités  administratives  supérieures,  les  bans  et  sei- 
gneuries. Les  officiers  de  celles-ci  procédaient  à  une  sous- 
répartition  entre  les  divers  villages  compris  dans  leur 
ressort  (2). 

Il  est  clair  que,  dans  ce  cas,  il  fallait  de  bonnes  matri- 
cules  cadastrales,    sinon   les   représentants   du    gouverne- 

(1)  Gachardj  Histoire  de  la  Belgique  au  commencement  du  XVIIIe 
siècle,  chap.   VI I. 

(2)  Bigwoodj  Les  impôts  généraux  dans  les  Pays-Bas  autrichiens. 
(Bruxelles;    1900J,   pp.  93  et  suiv. 


—  71  — 

ment   central  recevaient   des  plaintes  el   des   requêtes  de 

toute  espèce  pour  obtenir  des  diminutions. 

Les  plus  anciens  cadastres  du  duché  de  Limbourg  re- 
montent au  XVe  siècle  ;  ils  furent  remaniés,  même  com- 
plètement refaits,  pendant  les  siècles  suivants.  Le  dernier 
dénombrement  pour  le  Limbourg  datait:  de  1685  et  avait 
suscité,  depuis  son  établissement,  des  réclamations  conti- 
nuelles de  la  part  de  l'état  ecclésiastique  du  pays  (  1  ».  l)'un 
autre  coté,  les  guerres  continuelles  du  XVII''  siècle  axaient 
causé  une  profonde  confusion  dans  le  mode  de  percevoir 
les  impôts  :  les  conquérants  qui  s'étaient  succédé  sur 
notre  sol  avaient  voulu  les  lever  à  leur  profit  et  de  là  des 
exactions  et  les  plaintes  des  populations  accablées  et 
ruinées  par  les  tailles  et  les  aides. 

L'un  des  principaux  soucis  du  nouveau  gouverneur,  le 
liante  de  Sinzendorff.fut  de  rétablir  l'ordre  dans  les  finan- 
ces et  de  faire  cesser  les  plaintes  des  habitants  du  duché  : 
il  convia  les  Etats  ecclésiastique  et  noble  à  se  mettre  d'ac- 
cord avec  les  députés  du  Tiers  Etat  afin  d'établir  une  nou- 
velle matricule.  Ces  corps  nommèrent  alors  des  députés  : 
pour  l'Etat  ecclésiastique,  J.  Bock,  abbé  de  Rolduc  ;  pour 
l'Etat  noble,  G.  B.  d'Eynatten,  baron  de  Remersdacl,  el 
MM.  Harcking  et  Nicolaï  pour  le  Tiers  Etat.  Le  15  janvier 
1705,  ces  commissaires  firent  savoir  que  «  dorénavant,  les 
aides,  subsides  et  autres  charges-réelles  esquelles  chaque 
membre  de  l'Etat  contribue,  seront  repartis  sur  le  pied 
suivant,  savoir  les  Eccl.  et  Nob.  y  compris  les  Seigneuries 
paieront  a  proportion  de  30  fi.  10  sols  dans  cent,  le  Ban  de 
Baelen,  15  fi.  10  sols,  le  ban  de  Walhorn,  huit  florins  5  sols, 
le  ban  de  Montzen,  11  fi.  lô  sols,  et  le  Wallon  quartier, 
34  fi.,  laquelle  matricule  tiendra  lieu  incontestablement  du 
moins  pour  le  terme  de  50  ans...  »  (2).  Le  18  mars  suivant, 

(1)  Matricules  et  cadastres,  par  G.  Bigwood,  dans  les  Annal 
la  Sue/été  d'archéologie  de  Bruxelles,  t.  XII  (1898),  p.  388. 

(2)  Registre  anc.  n"  272,  des  Archives  du  Duché  de  Limbourg,  aux 
archives  ds  l'Etat,  à  Liège. 


—  72  — 

les  députés  procédaient  à  la  subrépartition  de  la  quote- 
part  de  chaque  commune  et,  le  22  avril,  remettaient  au 
gouverneur  du  Limbourg  un  projet  de  matricule  qui  fut 
adopté  dans  son  ensemble.  Cependant,  il  fut  jugé  imparfait 
lors  de  son  application;  en  effet  des  procès  surgirent  entre 
les  ecclésiastiques  et  les  nobles,  entre  les  quatre  bans  du 
duché,  même  entre  les  quartiers  et  les  particuliers,  tant 
au  sujet  de  la  jouissance  des  biens  communaux  que  con- 
cernant les  taxes  des  fermiers  des  biens  des  ordres  privi- 
légiés. Aussi,  en  1707,  ces  mêmes  commissaires  furent-ils 
chargés  de  procéder  à  une  correction  du  projet  présenté 
deux  ans  auparavant,  et,  le  14  novembre,  ils  produisaient 
un  long  règlement  expliquant  la  manière  dont  devaient 
être  entendues  les  bases  établies  en  1705  et  traitant  sur- 
tout les  droits  d'usage  des  habitants  vis-à-vis  des  biens 
communaux  des  différentes  localités  (1). 

De  nouveau,  en  17 12,  en  présence  des  conflits  suscités 
entre  les  deux  états  privilégiés  à  cause  de  la  répartition 
des  aides,  le  gouverneur  général  de  la  province  de  Lim- 
bourg ordonna  à  ces  corps  de  nommer  une  Commission 
qui  serait  composée  d'un  membre  de  l'Etat  ecclésiastique, 
deux  de  l'Etat  noble  et  un  député  de  la  part  des  seigneu- 
ries «  qui  observeroit  leurs  intérêts  ».  Ce  furent  l'abbé 
Heyendal  de  Rolduc,  le  baron  de  Woelmont,  seigneur  de 
Soiron,  le  comte  d'Eynatten  ;  MM.  de  Latour  et  le  baron 
de  Walle  furent  invités  aux  conférences  qui  durèrent  long- 
temps. Nous  résumons  ici  le  mémoire  qu'ils  présentèrent 
au  gouverneur  le  9  avril  17 14  (2). 

1.  On  commença  le  travail  par  les  seigneuries  de  Spn- 
mont,  Esneux,  la  Chapelle,  Villers-aux-Tours,  Tavier,  Wo- 
démont  et  Lontzen,  et,  sauf  cette  dernière,  on  diminua 
considérablement    les   autres   qui   possédaient   beaucoup    de 

(1)  Registre  anc.  n°  272  des  Archives  du  duché  de  Limbourg,  aux 
archives  de  l'Etat,  à  Liège. 

(2)  Ibidem. 


—  73  — 

terrains  vagues,   taxés  en    1705   comme  des  prairies.   Les 
pâturages,  les  terres,  les  bois,  les  trixhes  en  ont  été  t; 
séparément  selon  leurs  qualités.  On  a  aussi  taxé  les  sei- 
gneuries sur  leurs  bedrifs  ou  trafics. 

2.  Dans  la  taxe  des  biens  et  revenus  des  particuliers,  on 
a  surtout  considéré  la  qualité  de  ces  biens,  et  on  les  a 
frappés  selon  le  produit  présuma ble  du  bonnier. 

Pour  exciter  les  cultivateurs  à  mieux  soigner  leurs 
terres,  les  commissaires  ont  imposé  celles-ci  en  prenant 
pour  base  ce  qu'elles  pourraient  rapporter  au  moyen  d'une 
culture  convenable. 

3.  On  a  taxé  à  la  charge  des  nobles  et  fieffés  leur 
exemption  de  dîme  et  leurs  rentes  seigneuriales,  mais  non 
leurs  rentes  roturières. 

4.  On  n'a  pas  taxé  les  capitaux  niis  à  intérêts  parce  que 
leur  taxe  était  comprise  dans  celle  des  hypothèques  ;  il  en 
a  été  de  même  de  la  chasse,  de  la  pêche,  des  amendes  et 
autres  émoluments  accidentels  des  seigneurs. 

5.  On  a  déduit  de  l'estimation  des  biens  nobles  les  ren- 
tes ecclésiastiques  et  seigneuriales  y  affectées  et  les  re- 
venus dus  à  S.  M. 

6.  Pour  ce  qui  est  des  revenus  ecclésiastiques,  on  n'a 
pas  taxé  leurs  accidents,  ni  leurs  capitaux  mis  à  intérêt 
soit  pour  des  anniversaires,  messes  fondées,  chapelles  ou 
cures. 

7.  Les  muids  ecclésiastiques  provenant  des  dîmes  et 
rentes  foncières  ont  été  taxés  à  6  sols  et  demi  chacun  dans 
une  aide  et  ceux  des  nobles  à  6  sols. 

En  même  temps  que  ce  mémoire,  les  seigneurs  députés 
des  deux  Etats  adressèrent  au  gouverneur  un  plan  détaillé 
de  toutes  les  corrections  à  faire  à  la  matricule  de  I7°5> 
amendée  en  1707  (1).  Le  5  mai  1714,  le  comte  de  Valsas- 
sines,  gouverneur  du  duché,  autorisait  les  Etats  à  se  ser- 

(1)  Registre  anc.  n"  272  des  Archives  du  duché  de  Limbourg.  aux 
archives  de  l'Etat,  à  Liège. 


—  74  — 

vir  de  la  matricule  corrigée,  en  vue  de  répartir  une  aide 
et  &emie  pour  les  nécessités  publiques. 

A  partir  de  cette  époque,  la  matricule  resta  telle  jusqu'à 
l'ordonnance  du  4  avril  1770,  qui  indiquait  les  principes  à 
suivre  pour  créer  un  cadastre  exact  et  proportionné  aux 
forces  de  chaque  partie  du  pays  et  de  chaque  commu- 
nauté :  le  résultat  en  fut  le  grand  cadastre  de  1787,  con- 
servé au  complet  dans  le  dépôt  des  archives  de  l'Etat  à 
Liège. 

Les  documents  que  nous  publions  ici  sont  de  la  plus 
grande  importance  pour  l'étude  de  l'histoire  financière  et 
économique  du  duché  :  c'est  ce  qui  nous  a  déterminé  à  les 
faire  connaître. 

D.  BROUWERS 

Conservateur-adjoint  des  archives  de  l'Etat 
à  Liège. 


ANNEXES. 


I 

Jouvelle  matricule  dressée  par  le  Révérend  abbé  de  Rolduc,  le  seigneur  baron  de 
Remersdael,  le  Sr  Harcking  et  le  S1  Nicolaï  sur  le  rapport  général  fait  entre  leurs 
mains  en  vertu  de  la  Commission  de   S.    E.   de  Sintzendorff,  etc.,  l'an   1705. 


m 

REVENUS 

PORT 

< 

ANNUELS 

EN 

TOTAL 

DANS 

SUBRI  PARTITION 

- 

FLS   COURS 

LE   CENT 

Ecclésiastiques 

5S667         3/4 

Ecclésiastique? 

6 

Nobles .     . 

1 36 164         3/4 

278833  3/4 

3o.io 

Noble; 

14. II   29 

Seigneuries    . 

84OOI              !/4 

Seigneuries   .     .     . 

9  10 

H 

3o.io 

CD 

Baelen       .          .     . 

76289 

Baelen 

17. 1 

3j    5d 

«m 

3i5gg 

i3go24 

i5.io 

3i 

Eupen  

7-i 

Henri-Chapelle.     . 

3n36 

Henri-Chapelle.     . 

6.18 

'w 

Walhorn   .... 

7006.2 

Walhorn  .... 

3i 
416  1/4 

Merols  .     .     . 

3047.16  V4 

Merols  .     . 

2.2 

g 

Rebotraet 

1689. S 

Rebotraet 

1  7    lk 

O 

Kettenis    .     . 

14663.17  i/a 

Kettenis    . 

10.1 

rt^ 

Astenet.     . 

4787 

72918 

Astenet 

3.5     V2 

ra^ 

Hergenraet   . 

6048.18  V4 

8.5 

5o 

Hergenraet 

4.3 

Eynatten 

10714-1     3/4 

Eynatten  . 

7-7 

CD 

Holset  .     . 

5998.16 

Holset  .     . 

4-2     *U 

Raeren . 

n834.3    3/4 

Raeren . 

8.2     '  , 

Nudorp     .     .     . 

6827.16  V2 

Nudorp     .... 

4-13  Va 

5o 

ti 

Montzen   .... 

234*6 

Montzen    ... 

3 

CD 

Gemmenich  .     .     . 

16635 

Gemmenich  .     .     . 

2.1 

&  "S 

Moresnet  et  Kelmis 

i233o 

Moi  esnet  et  Kelmis 

iii 

ca  0 

Hombourg     .     .     . 
Teuven.     .          .     . 

31477 
11428 

102435 

11. i5 

i3 

Hombourg     .     .     . 
Teuven 

4 
I.g 

CD 

Beusdael  et  Sippe- 

Beusdael  et  Sippe- 

" 

naken     .     . 

7129 

naken     .... 

0.19 

O 

Hervé,  Charneux, 

Hervé,  Charneux. 

i3 

Thimister  .     .     . 

144625 

Thimister  .     .     . 

34 

Oî 

Clermont       .     .     . 

5 1200 

Clermont  .... 

10  14 

Grand-Rechain 

27227 

Grand-Rechain 

4.19    X\i. 

CD 

Petit-Rechain 

24879 

289793 

34 

Petit-Rechain    .     . 

4l8    1/2 

£ 

Soiron  .     .     . 

27752 

<)242 

Soiron 

5. 11  1/2 

ei 

Julémont  .... 

Julémont        ... 

1.16  1/2 

Ci 

Mortroux  .     . 

4868 

Mortroux  .... 

1 

883oo3  5/4 

100 

(Extrait  d'un  registre  du  duché  de  Limbourg,  anc  n°  272,  aux  archive; 
de  l'Etat  à  Liège  ) 


—  76  — 


il 


Requête  adressée  par  le  ban  de  Montzen   au  Tribunal  Souverain, 
vers  1705,  pour  obtenir  le  redressement  de  la  matricule  (1). 

Au  Roy,   en  son  tribunal   suprême  de   la  province  de 
Limbourg 

Remontrent  très  humblement  les  communautés  du  ban  de  Mont- 
zen que  le  rapport  ordonné  par  Son  Excellence  le  comte  de  Sin- 
zendorff  étant  dilayé  par  les  continuels  obstacles  que  Ton  y  apporte, 
les  remontrants  qui  sont  non  seulement  surchargés  près  de  la  moi- 
tié de  leur  juste  quote  dans  la  quantité  des  bonniers  mais  encor  très 
grièvement  dans  la  qualité  se  trouvent  tellement  accablés  par  les 
grandes  et  excessives  charges  qu'ils  ont  du  porter  depuis  un  si  long 
tems,  et  doivent  encore  continuer  pendant  le  cours  de  cette  guerre, 
qu'ils  -ont  réduits  clans  les  dernières  extrémités,  et  entre  autres  les 
communautés  de  Gemcnich  et  Homborch  qui  souffrent  le  plus  dans 
la  quantité,  ont  été  surchargés  d'une  manière  si  horrible  qu'une 
bonne  partie  de  leurs  mannans  ont  dû  abandonner  leur  fond  qu'on 
loue  au  plus  offrant,  dont  on  ne  peut  tirer  à  beaucoup  près  l'import 
des  tailles  qui  s'assoient  à  présent,  ce  qui  retombant  à  charge  des 
autres  mannants,  que  l'espoir  d'avoir  un  just  redressement  de  la 
susdite   surcharge   fait  encor  rester  dans  leurs  maisons  et  biens. 

Il  doit  en  arriver,  si  ce  remède  si  necessair  à  leur  conservation 
devoit  être  différé  ultérieurement,  que  ces  pou  de  mannans  devront 
suivre  le  sort  malheureux  des  autres  et  ensuitte  les  autres  commu- 
nautés formant  le  susdit  banc  de  Montzen,  qui  sont  d'ailleurs  aussy 
énormément  lésés  et  dans  la  quantité  et  qualité  des  fonds  envers 
les  autres  bans  et  notamment  du  Wallon  quartier,  pour  leur  mieux 
vaille  ^e  voiront  encore  rechargés  de  la  quote  des  dites  communau- 
tés, comme  on  vient  de  dire,  et  en  peu  de  tems  ils  seront  entièrement 
désolés  au  très  grand  interest  mesme  de  Sa  Majesté,  qui  par  ce 
moyen  ne  pourra  plus  recouvrir  d'eux  leur  quote  en  aydes  et  autres 
deniers  publicques,  et  afin  de  faire  connoitre  à  vos  seigneuries  la 
justice  de  cette  plainte  et  remontrance,   Ton  a  joint  un  extrait    du 

1  e   document  est  intéressant,  parce  qu'il    indique  les   valeurs  des  termes   à  cette 
1    dans  les  différentes  parties  du  duché,  ainsi  que  la  situation  misérable  du  pays. 


—  77  — 

billet  d'exhibition  et  employ  que  les  régleurs  et  inhabitants  du  ban 
de  Baelen  et  Montzen  ont  servy  contre  le  quartier  Wallon  au  procès 
ventillant  au  Conseil  de  Brabant  à  Bruxelles,  hors  duquel  on  peut 

découvrir  en  abrégé  la  véritable  valeur  et  rapport  des  biens  et  heri 
tages  scitués  dans  l'un  et  l'autre  endroit. 

Car  en  premier  lieu  l'on  y  voit  qu'au  banc  de  Hervé,  Charneux 
et  Thimister  (ce  paradis  terrestre),  un  bonnier  d'héritage  y  est 
communément  apprécié,  partagé  et  vendu  au  prix  de  septante, 
quatre-vingt,  nonante  et  nonante  cincq  dallers  de  rente,  et  quoy- 
qu'ordinairement  un  fond  rend  beaucoup  moins  par  louages  que 
par  une  rente,  cependant  les  louages  sont  fort  proportionnés  à  la 
vente  audit  ban  de  Hervé,  Charneux  et  Thimister,  veu  qu'ensuitte 
des  acts  judiciels  et  notariaux  designés  par  ledit  billet  d'exhibition 
et  d'employ  un  bonnier  d'héritage  s'y  loue  communément  à  cinc- 
quante,  septante  et  même  jusque  a  quatre  vingt  dallers  faisants  cent 
et  trent  florins  brabants  courants,  en  sorte  qu'avec  les  fruits  eu 
revenu  d'un  an  d'un  seul  bonnier  situé  au  dit  banc,  l'on  pourroit 
achapter  deux  bonniers  et  davantage  au  ban  de  Montzen,  a  quoy  si 
l'on  ajoute  le  grand  util  que  les  houilleries  rapportent  a  Hervé, 
Charneux  et  Thimister,  l'on  serat  persuadé  de  cette  vérité  qu'il  n'y 
at  aucune  comparaison  d'un  endroit  à  l'autre.  Il  est  vrai  que  le  ban 
de  Hervé,  Charneux  et  Thimister  est  la  fleur  du  pays,  mais  cepen- 
dant les  autres  membres  du  quartier  Wallon  sont  fort  approchants 
en  bonté  et  en  valeur,  car  (ensuite  des  aets  judiciels  qu'on  at  produit 
à  Bruxelles  avec  ledit  billet  d'exhibition)  l'on  découvre  qu'au  quar- 
tier de  Clermont  le  bonnier  de  fond  s'y  vend  soixante,  septante, 
septante  cineque  et  mêmes  jusques  a  quatre  vingt  dallers  de  rente, 
et  que  même  les  régleurs  et  justiciers  dudit  quartier  ont,  dans  la 
taxe  qu'ils  ont  fait  et  qui  s'observe  encore  aujourd'huy,  estimé  et 
apprécié  le  bonnier  de  leur  fond  à  cinquante  deux  dallers  de  rente, 
et  cju'au  quartier  du  Petit  Rechain,  les  régleurs  ont  eux  mesmes 
tauxé  leur  fond  a  quarante,  cinquante,  soixante  et  jusques  a  sep- 
tante cineque  daller  de  rente,  et  pour  ce  qui  est  du  Grand  Richain 
l'ont  at  fait  voir  par  les  transports  joints  au  dit  libel  d'exhibition, 
que  dans  quantité  de  ventes  le  prix  a  porté  à  rate  de  trente  deux  et 
demy  sols  par  verges,  ayants  les  justiciers  et  régleurs  illecque  dans 
leur  pied  de  taille  apprécié  un  bonnier  de  leur  fond  a  trente  six 
dallers  de  rente,  et  au  quartier  de  Julémont,  les  justiciers  et  bour- 
gemaîtres  ont  taxé  dans  leur  lit  de  tailles  le  bonnier  de  leur  fond 
jusques  a  quarante  sept  et  demy  dallers  de  rente,  et  quartier  de  Soi- 
ron  a  quarante  dallers  de  rente  le  bonnier.  On  at  de  plus  fait  voir 
qu'au  quartier  de  Mortroux  le  fond  se  vente  a  rate  de  trente  deux 


—  78  — 

dallers  de  rente,  et  riiesmes  jusques  a  mille  et  soixante  florins  bra- 
bants  le  bonnier;  et  si  l'on  jette  la  veue  au  contraire  sur  les  prix  des 
ventes  et  louages  qui  se  font  au  ban  de  Montzen,  l'on  s'étonnerait  que 
dan-,  un  même  pays  les  fonds  sont  si  différents  en  bonté  et  en  va- 
leur, vcu  qu'en  commençant  par  le  quartier  de  Montzen  cm  y  trouve 
des  bonniers  communément  a  vendre  pour  huit  et  six  dallers  de 
rente,  et  la  verge  petite  a  rate-  de  neuf  sols  brabant  courant,  et  mes- 
mes  (pie  les  principaux  et  considérables  biens  comprins  les  maison- 
et  estableries  s'y  louent  à  cineque  et  a  quattre  pattacons  par 
bonnier.  comme  on  at  montré  par  les  transports  et  louages  authen- 
tiques joints  audit  billet  d'exhibition  et  d'employ,  par  lequel  on 
at  aussi  vérifié  qu'au  quartier  de  Gemenich,  le  bonnier  de  fond 
s'y  vend  à  six,  cinq  et  quattre  dallers  de  rente  et  a  quarante  cincq 
trente  huit  et  trente  deux  et  vingt  quattre  pattacons,  et  la  verge 
petite  a  dix,  neuf  et  mêmes  a  5  sols  brabants  courant,  et  que  les 
louages  s'y  font  aussi  à  fort  vil  prix,  puisqu'on  y  donne  un  bonnier 
a  louage  pour  cineque  et  mesmes  pour  quattre  pattacons,  et  plus 
de  74  bonniers  sont  abandonnés  et  se  louent  au  plus  offrant  à  vil 
prix,  qui  retombe  à  charge  des  autres  manants.  Les  pièces  qu'on 
at  produit  avec  ledit  libel  d'exhibition  et  d'employ,  ont  aussy  mis 
hors  de  contest  qu'au  quartier  de  Morcsnet  et  Kelmis  on  at  vendu  le 
bonnier  d'héritage  petite  à  dix,  à  six  et  mesmes  à  deux  sols  et  demy,  et 
que  le  louage  d'un  bonnier  s'y  fait  a  rate  de  douze  et  d'onze  dallers 
une  fois. 

Et  passant  aux  autres  quartiers  du  dit  ban  de  Montzen,  scavoir 
celuy  de  Homborch  les  actes  joints  audit  billet  d'exhibition  ont  fait 
foy  que  le  bonnier  de  fond  s'y  vend  a  douze  dallers  de  rente  com- 
prins les  bâtiments,  à  onze,  à  dix,  à  neuf,  à  six  et  à  cincq  et  que  la 
verge  petite  y  at  été  vendue  à  quinze,  à  sept  et  à  six  sols,  même  que 
le  plus  grand  et  le  plus  apparent  bien  qui  est  sous  la  collecte  dudit 
Homborch,  scavoir  le  bien  de  Braesbergh,  consistant  dans  septante 
quattre  bonniers  et  demy,  et  davantage  a  été  vendu  à- trente  patta- 
cons par  bonnier,  et  loué  par  an  parmy  deux  pattacons  pour  chaque 
bonnier,  et  le  reste  des  autres  biens  à  rate  de  douze  et  même  de 
quatre  florins  brabants  le  bonnier.  Et  pour  ce  que  regarde  les  deux 
autres  parties  restantes  du  ban  de  Montzen,  scavoir  Teuven  et 
Beusdael,  l'on  at  pareillement  vérifié  par  les  transports  que  l'on  at 
produit  avec  le  souvent  dit  billet  d'exhibition  et  d'employ,  que  le 
fond  s'y  vend  à  rate  de  sept  et  de  six  dallers  de  rente  et  mesmes  de 
vingt  misérables  pattacons  par  bonnier,  et  que  l'on  y  donne  pour 
louage  d'un  bonnier  douze  florins  brabants.  Enfin,  la  différence 
entre   les    héritages    du    quartier   Wallon    et    ceux    des    remontrants 


—  79  — 

saute  aux  yeux,  et  un  pied  de  l'un  on  vaut  plus  de  vingt  de  l'au- 
tre, etc. 

Ce  pourquoi  les  remontrants  se  retirent  vers  ce  Tribunal  suprême, 
le  suppliant  très  humblement  d'être  servy  de  vouloir  déclare] 
qu'attendu  la  grande  inégalité  et  différence  que  les  remontrants 
souffrent  visiblement  tant  au  regard  de  la  quantité  que  qualité  de 
leur  fond,  ils  passeront  parmy  payant  neuf  florins  onze  et  demy 
sols  dans  nonante  au  lieu  de  vingt  qu'ils  payent  à  présent,  et  ce  pro- 
visionnellement  et  jusques  a  ce  qu'il  leur  puisse  être  fait  ultérieu- 
rement justice  par  le  nouveau  rapport  et  matricule  ordonné  à 
laquelle  ils  ont  aspiré  depuis  si  longtems. 

Ce  faisant,  etc. 

Extrait  d'un  registre  anc.  n°  271  des  Archi- 
ves du  Duché  de  Limbourg,  aux  Archi- 
ves de  l'Etat,  à  Liège. 


—  80  — 
ni 

Répartition  d'une  aide  des  Ecclésiastiques,  Nobles 
et  Seigneuries  en  1705. 

I.  -   ECCLÉSIASTIQUES. 


BAN    DE    BAELEN 

Le   curé   de    Baelen    

L'église   de    Baelen    

Le    curé    d'Eupen    

L'Eglise    d'Eupen      

L'abbé   de   Rolduc   pour   ses   dîmes    à 

Baelen        

L'abbé    de    Saint-Jacques    à   Bilstain... 

Le  prévôt   de  Limbourg   

Rentes  de  l'église  de  Limboure-   

L'église    de    Goé    

Le  curé  de  Henri-Chapelle   

L'église  de  Henri-Chapelle   

L'autel  N.-D.    à  Henri-Chapelle   

L'autel    Ste-Anne    à    Henri-Chapelle... 
La   confrérie   N.-D.    à   Henri-Chapelle 

L'abbaye   de   Stavelot    

L'abbaye    de    Luxembourg    

BAN    DE  WALHORN 

Le  chapitre  de  N.-D.  à  Aix-la-Cha- 
pelle   

Le    prévôt    d'Aix-la-Chapelle    

Le  doyen  d'Aix-la-Chapelle  

I.e  monastère  de  Malmedy  pour  ses 
dîmes   à    Raeren    et    Neudorf,    etc.... 

Le    curé    de    Walhorn    

La   confrérie    de    Walhorn    

L'autel    Sainte-Croix    à    Walhorn    

Le   curé   d'Eynatten    

La    chapelle    d'Eynatten    

Le   chapelain    d'Eynatten    

Le    curé   de    Kettenis    

La  chapelle  de  Kettenis    

Le  curé  de   Lonzen   


Revenu  annuel 

Taxe 

fl. 

s. 

fl. 

s. 

1036. 

38. 

17- 

97- 

6. 

M 

3- 

12. 

% 

435- 

5- 

7- 

0. 

u 

630. 

2. 

H 

23- 

12. 

y2 

20. 

2. 

0. 

15. 

I723- 

17- 

T4 

66. 

13- 

283. 

18. 

u 

10. 

13. 

iqô. 

12. 

u 

7- 

7- 

H 

638. 

0. 

H 

23- 

18. 

% 

148. 

9- 

Va 

5- 

1 1. 

% 

1 10. 

10. 

3- 

16. 

138. 

17- 

5- 

1. 

u 

25- 

9- 

% 

0. 

19. 

250. 

9- 

7- 

H 

76. 

2 , 

V* 

2. 

17- 

1799. 

247- 
234- 

268. 
689. 
7- 

69. 
172. 

95- 

15. 
160. 

30. 
956. 


5- 
o.    % 


15.  Va 
1.  % 


67. 10. 
9.     5- 

15- 


2.  U 

17- 
S-   % 

12.   % 

9.  v* 

u.  % 

11.  % 

6. 

i-     3- 

35-    17. 


81 


BAN    DE   WALHORN    (suite) 

La  confrérie  N.-I).  à  Lonzen  .  ... 
L'autel   Saint-Hubert    à    Lonzen 
L'autel   N.-D.    ;i   Cornelimunster 


Revenu   annuel 


fl. 

s. 

fl. 

s. 

134- 

[9. 

5- 

1.    ' 

182. 

6. 

16.  y 

16. 

12. 

BAN    DE    MOSMTZEN 


Le  chapitre  d'Aix-la-Chapelle    

Le    curé    de    Montzen    

I. 'autel    Sainte-Anne    à    Montzen    

La  confrérie  N.-D.   à  Montzen  

L'autel   Saint-Antoine   à    Montzen    

L'église   de    Montzen    

Le   curé    de   Moresnet    

L'église    de    Moresnet    

Le    doyen    d'Aix    

Le   curé   de    Gemmenich    

L'église   de   Gemmenich    

La  confrérie   Ste-Anne   à   Gemmenich 

L'autel   St-Hubert   à   Gemmenich    

L'écolâtre    d'Aix-la-Chapelle    pour    ses 

dîmes    à    Gemmenich    

Le  curé  de   Hombourg   

L'autel    Ste-Catherine    à    Hombourg... 

L'église    de    Hombourg    

L'autel  de  Remersdael  

Le  seigneur  de  Beusdael  à  cause  des 

chanoines     de     la     petite     table     de 

Liège        

Le  chaoitre  de  St-Pierre  de  Liège   ... 

Le   curé   de    Teuven    

Le  chapitre  noble  de  Sinnich  

Le    comte    de    Gronsfelt    

L'église    et    la    confrérie    de    N.-I).    à 

Teuven         

L'autel    Saint-Nicolas    à    Teuven    

Les  représentants  de  Mérode  de  Cler- 

niont         

Le   curé   de    Sippenaken    

L'église   de    Sippenaken    

Le  curé  et  l'église  d'Aubel  pour  leurs 

rentes  à  Montzen  et  Clermont   


95  '  • 
282. 

13- 

70. 

50. 

13- 

274- 

M- 

Va 

402. 

2 . 

i^ 

117. 

5- 

254- 

454. 

8. 

137. 

6. 

60. 

5- 

7?- 

12. 

H 

400. 

197. 

1 1. 

60. 

5- 

131. 

6. 

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79- 

15- 

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10. 

12. 

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1 

12. 
17- 

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8. 

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17 

0. 

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3- 

5.  u 

14.  lA 


640. 

1 1. 

Va 

24. 

0. 

1,. 

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122. 

15- 

56S. 

16. 

2 1 . 

6. 

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6. 

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129. 

0. 

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23- 

2. 

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Va 

267. 

8. 

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m. 

0. 

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33- 

1. 

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161 

6. 

0. 

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223. 

12. 

y 

8. 

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87. 

15. 

3- 

5- 

Va 

26.  17.  y* 


I.       O.    >4 


82  — 


QUARTIER    WALLON 


Revenu  annuel 


fl.        s. 

L'abbaye    de    Val-Dieu    4576.     1. 

Le   curé   de    Hervé    1064.     7. 

L 'autel   St-Roch   et   Ste-Anne  à  Hervé  45. 

I. 'autel   Saint-Nicolas  à  Hervé    170.    io. 

L'autel  Sainte-Catherine  à  Hervé   84. 

L'autel  Saint-Gilles  à  Hervé  97. 

L'autel    Sainte-Croix    à    Hervé    397.    10 

L'autel  Saint-P^rançois    à   Hervé 435.    10 

Les  rentes  de  l'église  à  Hervé  529.    10 

Le   curé  de   Charneux    918.    15 

Le  chapelain  de  Charneux  24.    17 

Les  rentes  d'égriise   à  Charneux  539.    14. 

Le  curé  de  Thimister   378. 

L'église  de   Thimister   110. 

Le    chapelain    de    Thimister    15. 

Les  Dames   de  Vivegnis   m.      1.   % 

Le  cloître  de  St-Antoine  à  Maestricht  190.     6 

Le  chapitre  de  St-Denis  de  Liège   ...  4100.    15 

Les  chapelains  de  St-Denis  de  Liège  m.    15 

L'autel  Saint-Paul  de  Liège   50. 

Le   curé   de   Julémont    352.    17 

L'église    de    Julémont    122.     5 

Le   comte    de   Lannoy    413.    15 

Le   curé   de   Soiron    738.     5 

L'église    de    Soiron    141.    10 

La   dîme    de    chapitre    de    St-Adalbert 

d'Aix-la-Chapelle  à  Soiron   50. 

Le  chapitre  de  St-Pierre  de  Liège  ...  194.     5.   Vi 

Le   prince-évêque   de   Liège    640. 

L'abbé  de  Saint-Gilles  de  Liège   5=52. 

Le  curé  des  Rechains       1464.    15. 

L'église   de   Petit-Rechain        34. 

Le  prieuré  d'Aywaille        168. 

Revenus  de  Raes  de  Saint-Lambert...  184. 
Le  chapitre   N.-D.    d'Aix-la-Chapelle  245. 
Le     bénéficier     de     Hasque     d'Aix-la- 
Chapelle        127.    if). 

Le  chapitre   de   St-Lambert   de   Liège  368. 

L'abbé  de  Saint- Jacques  de  Liège   ...  156. 
Le    curé    d'Ensival    pour    sa    dîme    à 

Wegnez       200. 


Taxe 

ri. 

s. 

179. 

2 

39- 
1. 

l8 
16. 

6. 

7- 

H 

3- 

3 

3- 

12. 

u 

M. 

18. 

16. 

6. 

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19. 

17- 

34- 

9- 

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18. 

H 

14. 

3- 

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3. 

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7- 

2. 

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4- 

4- 

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13- 

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4- 

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15- 

10. 

% 

27- 

13- 

% 

S- 

6. 

1. 

17. 

% 

7- 

5- 

% 

24. 

13- 

4- 

54- 

18. 

H 

1 . 

S- 

% 

13- 

16. 

6. 

8. 

9- 

3- 

u 

4- 

'5- 

y 

13- 

16. 

5- 

17- 

83 


QUARTIER   WALLON    (suite)  Revenu   annuel 

fl.        s. 

Le  cuir  et   l'église   de   Stembert   41.   13 

I. 'autel    Sfce-Catherine   aux    Rechains  194.    15. 

Notre-Dame  de  Verviers       16. 

Le  curé  de  Verviers  40. 

Les  héritiers  Florence,  à  Mortroux  ...  92.     7     '; 

L'abbé    de    St-Cornel    à    Mortroux.  ..  .  Q40.     o.    "t 

le   curé   de    Clermont    qoj.     1      \ 

L'église   de   Clermont    508.     8.    % 

L'autel   Ste-Catherine   à   Mortroux    ...  q8. 

La  chapelle   d'Odemont        92.    15. 

Le  curé   de    Clermont        go7.     6.   % 

L'église  de  Clermont          508.     8.   J/û 

L'autel  Ste-Catherinc  à  Clermont       ...  [66. 

L'autel  St- Jacques  à  Clermont   168.     3     '4 

L'autel  Ste-Croix  à  Clermont  82. 

L'autel   N.-D.    à   Clermont    ioo. 

L'autel    St-Paul    à    Clermont    101. 

I"n   bénéficier  de   St- Jacques    à   Liège 

sur  ses  rentes  à  Grand-Rcchain 160. 

L'église    d'Ensival 8. 

Les     Croisiers     de     Maestricht     pour 

leurs  rentes   à   Mortroux   50. 

La  chapelle  de  Xhoffray  (Mortroux)...  40.    13.    '- 
Le   curé     et     la    chapelle    d'Aubin    sur 
leurs   rentes   à   Odémont    et   ban    de 

Hervé               12. 

Le  chapitre  de  Visé   (Odémont)    20. 

L'église    de    Mortier    (Mortroux)    7.      5. 

Le  curé  de  Mortier  (Mortroux)   8. 

Le  curé,  église  et  chapelain  de  Bolland  65.    17.    '_: 

Le  curé  de  Mouland       14. 

Le   curé   de   Visé   à   Mortroux    11.      5. 

L'église    de    Lléron    (Hervé)    5.     0.    îo  dcn. 

M.    Thisquen   a  du   seigneur  de   Ros- 

mel       84. 

Le    bénéfice   de   Laurent   Sauremont. . .  10. 

Le  curé  de   Sart   (Hervé)    40. 

Les  Carmes  de  Liège  (Hervé)    19. 

Le  curé  de  Saint- Jean  Sart  (Hervé)...  12. 

SEIGNEURIES 

Le  chapitre  de  Saint-Lambert  pour  la 

dîme  de  Fontin,  Méry,   Dolembreux  1561. 


Taxe 

fl. 

s. 

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.    il. 

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7 

1 

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12. 
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34 

0. 

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9. 

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34 

0. 

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19. 

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6 

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6. 

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1.    12. 


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15. 

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1. 

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11  '. 

14. 

Va 

M. 

58.  II. 


84 


SEIGNEURIES   < suite  )  Revenu  annuel 

fl.       s. 

Idem   pour   la  dîme  à   Hony    330. 

Le  curé  de  Sprimont   794- 

Le  bénéfice  de  Fontin   209.    13. 

L'abbé    de    Stavelot    1105.    15. 

L'abbé  de   Beaufays    1 54-    10. 

Le  curé   d'Esneux   }37-     9-    H 

L'église    d'Esneux    118.      2.    '4 

La  dîme  du  chapitre  Saint-Lambert   à 

Esneux        ?20.    11. 

L'abbé  du  Yal-Saint-Lambert    (La   Ri- 

mière)          1738.     7-    T4 

Le  curé  de  Tavier  7Z2-    1^>- 

Le   curé   de   Sougnez    

L'église  de   Tavier   126.      5. 

Le    chapitre    Ste-Croix    pour    Tavier...  706.    15. 

La  chapelle   de   Poulseur    12.    10. 

Les  frères  Guillemites  à  Florzé  24. 

Le  curé  de  Hocly  à  Florzé  8. 


Taxe 

fl. 

12. 

29.  15. 

7.  17. 

44.  16. 

5.  16 


65. 

3 

28. 

19 

48. 

6. 

4 

26. 

10 

9- 

18. 

6. 

IL 


NOBLES. 


BAN    DE    BAELEN 


Cour   de    Membach    1245.  2 

Cour  de   Frambach    600.  10 

Cour  de  Muschemen   701.  4 

Cour   de    Stockem    3132. 

Le  fief  de  Daem  Rave  122.  18 

Le  fief  de   Peter   Cool   229.  15 

Le  fief  de  Hersterboom  73.  15 

Le  fief  de  Jan  Schoppe  337.  8 

Vroichem        602.  7 

Ee  fief  de  Jean  Clocker  318.  10 

Le   fief  d'Arnold  Hoofman    165.  5 

Le   fief   de   Grasse   42".  13 

Le  fief  de  Croppe  1225.  5 

Brunsaer        320. 

La  carte  du   vicomte  de  Bilstain  

La  dîme  de  Borlet  à  Bilstain  160. 

Bougnoux         106.  10. 

Groulle        104.  7 


H 


49 

•  M- 

22 

10. 

26 

6. 

117 

9- 

4 

12. 

8 

12. 

2 

M- 

12 

13- 

20 

1. 

1 1 

19. 

6 

4- 

15 

15- 

45 

19. 

12 

17 

M- 

6 

3 

19. 

1 

18. 

—  85 


BAN    DE   BAELEN   (suit, ■■  )  Revenu  annuel 

fl. 

Les  bkns  de  J.   de  Schwarzenberg. . .  1567 

Le  fief  de  la  cour  de   Neret   68 

Beucken  et    Lauwenhoff    3543 

Bergh          1594 

Le    fief   de    Tersillien 1260 

Croonenbergh   à   Ruyft    2152 

M.  Thisquen  à  Ruyft  84. 

Bertholf    à    Ruyft    1641) 

Willer  van  den   Worm    224 

Mutzhagen          1722 

La  cour   de   Wyer   iqo8 

Les     biens     allemands     du     seigneur 
d'Opsinnich       


fl. 

s 

58. 

'5 

2. 

1  1 

Va 

32. 

17 

% 

59- 

16 

47- 

S 

% 

80. 

M 

V* 

3- 

3 

61. 

17 

8. 

8 

64- 

1 1 

V* 

/i- 

1 1 

BAN    DE    WALHORN 

Schenkenleen        

Ruyschenbergh         

Willem    Crummel         

Simon  Crummel       

Philippe    Loomont         

Weems        

Willem   Haghen,   puis   M.    de   Trips   ... 
Thierry  van  der  Rothen,  puis  Crapoel 
Louis  Bertrand  et  Maximilien  Hubert 

Eléonore   de  Waldenborch 

La  veuve  von  Hagen     

J.    Lamboy   (Kalkhoven)    

J.     Mulstro    (Geulhof)    

J.    Lamboy    (Raven)    

George   van   Sand    (Crapoel)    

La    cour    de    Houzet    

Binsfelt  à  Rabotraet   

Le  fief  de   Belven   

Le    fief    de    Crapoel    

Jeanne    Bertholf   à    Hergenraet    

Prêter   Bock   à    Rabotraet    

Le  fief  de   Mutzhoff   

Eynenbourg 

Panhuys    d'Astenet      

Gillis  Stickelman  à  Hergenraet  

Ausem    de    Rabotraet    

Libermë         


1304. 

3- 

48. 

18 

1556. 

58. 

7 

142. 

5. 

M 

852. 

S. 

31- 

19 

Va 

292. 

10. 

10. 

19 

759- 

3- 

28. 

9 

Va 

738 

10 

27 

M 

Va 

?74- 

17- 

% 

10. 

6 

Va 

281. 

5- 

10. 

1  1 

98. 

8. 

3- 

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7  ' 
1 

53- 

2. 

1. 

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377- 

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2 

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363- 

7- 

13- 

12 

% 

313- 

18. 

14 

1 1 . 

15 

% 

291 . 

M- 

10. 

[8 

Va 

708. 

10. 

26. 

1 1 

% 

391- 

12. 

14. 

13 

Va 

115. 

6 

Va 

[498. 

M- 

H 

56. 

4 

231- 

16. 

% 

8. 

13 

Va 

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5- 

42. 

9 

% 

380. 

6. 

15 

2466. 

5- 

A 

107. 

9 

887. 

10. 

J-2 

33- 

S 

% 

39- 

9- 

1. 

9 

285. 

8. 

10. 

M 

992. 

18. 

1  ; 

/2 

37- 

4 

h 

86  — 


BAN    DE   WALHORN   (suih  ) 


Revenu  annuel 

fl.        s. 


Schwarzenberg  de  Raeren   i  S  5  -  •  ' 

Le  fief  de  Lanscroone    562.  13 

J.    Schwarzenberg-        13—  TO 

Le  monastère  de  Brandenborch  1337.  9 

Hens    d'Astenet    7/6.  12 

Le    village    de    Walhorn    887.  10 

Merols        640.  12 

Rabotraot     126.  12 

Raeren         S26.  17 

Neudorf        2374.  17 

L'avoué    de    Lonzen    2415.  15 

Le  fief  Hupsch   à  Lonzen    U74-  M 

Le  fief  des  enfants  Joosten  à  Lonzen  280.  10 

BAN    DE    MONTZEN 


Streversdorf    et    Eschen    

Fiefs   sous   Montzen    

Broeck         

Belderbusch    (Caille,    etc.)        

La   nouvelle    Maison   à   Belderbusch... 

Pierre   Gulpen,   H.    Pirnay   

Jean  Van  der  Heyden   

Viljaeren  

Vogelsanck  

Xheneumont  

La  carte  de  Lichtenberg  

La  carte  ter  Eycken  

Overste   Viljaeren    

Le  fief  du   Rouchende   Gracht   

Le    bien    dit    Ten    Eycken    

Alensberg  

Schimper 

Om  sassen  

Riddersassen         

La  carte  de   Palant  sous   Gemmenich 
La  Cour  den  Mergel  à  Riddersassen. 

Oversassen         

Le   seigneur   de   Remcrsdael    

Warrimont  pour  le  seigneur  d'Eynatten 

Le   seigneur  de  Merode  pour    sa    cour 

à    Remcrsdael    


4 


Taxe 

fl.  s. 

24.  o.    Va 

21.  12. 

4.  19.    '4 

5°-  3- 

2g.  2.       l/2 


l8. 

o. 
15- 


24- 

4- 
3i- 

89.  1 

go.  11 

44-  1 

10.  10 


1 236. 

8 

51 

g- 

% 

1517. 

17 

56 

18. 

y 

2143- 

3 

H 

So 

1 . 

626. 

10 

23 

10. 

822. 

9 

y 

30 

16. 

Va 

53- 

7 

y 

2 

1,27. 

18 

H 

34 

16. 

igo2. 

15 

1/ 

71 

7- 

Va 

1627. 

14 

U 

60 

13- 

3QÔ- 

16 

y 

1 1 

2 

H 

iS. 

3 

y 

13- 

y 

10. 

3 

H 

7- 

y 

go6. 

4 

% 

33 

19. 

y 

Si. 

5 

3 

1. 

982. 

7 

14 

36 

16. 

Va 

2367. 

5 

% 

88 

15- 

y 

1917. 

;.  y 

7 

.    18 

475- 

n 

y 

17 

16. 

y 

1  105. 

16 

4i 

9- 

y 

168. 

'5 

<) 

6. 

y 

566. 

5 

21 

4- 

H 

1  194. 

M 

\ 

44 

16. 

M\i/>. 

12 

H 

149 

17- 

% 

)247. 

1: 

.  y 

l( 

>.    15 

Va 

1064. 

10 

% 

73 

13- 

y 

-  87 


BAN    DE    MONTZEN    fsitili  ) 

Le  vieux  moulin  de   Braesberg  

Boenraedt  

Le  seigneur  d'Opsinnich   (Boenraedt). 
Le  seigneur  d'Opsimiich   (Opsinnich). 

Middelhof         

Beucken  

Le  fief  de  Medael  

Ursule  Dobbelstein  à  Hagelstein  

Henri   Hagelstein    

Keerst   Snoeck   

Willem    Hagelstein    

Les   héritiers   de   Pierre   Crutzen    

Bcrlieren  

Mabroeck         

I  e  seigneur  de  Beusdael  

M.   de  Draeck,   seigneur  de  Teuven... 


Revenu   annuel 

fi.  S. 

n.  M 

12. 


Taxe 


2>  i(  i 
l  1/S 
I  I  Jl  > 

2327 
46g 

7- 

17 

921 

557 

23 

4 

103 

1667 

1187 

3743 

11 79 


19. 


11. 
7 
44 
43 
*7 
17 

2 

6 

34 
20 


s 

10 

4 
17 

5 
1 1 

M 
10 
1  1 
18 

17 

3 

3-    17 

62.    10 

44.    10 

140.      7 

44-     4 


QUARTIER    WALLON 

Le  seigneur  d'Odémont   2419.     6. 

Les  héritiers   du   sieur   Cortils    102.     3. 

Le  fief  de  Xheneumont    79 

Rosmiel         23.q6 

Hautregard  (censé  de  Rosmel)   84 

Le  baron  de  Surlet  pour  une  fosse  à 

Rosmel 

Les  héritiers  Pauquay  214. 

Les  héritiers  Pauquay  pour  une  dîme  24. 

Le   fief   de   Woestenraedt   à   Charneux  164.      1. 

Meckelbach  à  Stockis 1169.     8. 

Le  seigneur  de  Soiron  2^2.     7. 

La  dîme  des  Ecoliers  (J.  Spirlet) 

Le  fief  du  Thier  à  Soiron 1233.    4- 

La  dame  de  Clermont  377.   10. 

Les     religieuses     du     St-Sépulchre     à 

Clermont          96.    10. 

Le  fief  de   Couve    16. 

Les    comtes     de    Woestenraedt     pour 

leurs  rentes  , 873.     8. 

LES     SEIGNEURIES 


'7. 


90. 

M- 

3- 

16. 

2. 

9- 

89. 

17- 

3i- 

12. 

39- 

4- 

8. 

2. 

18. 

6. 

3- 

43- 

'/• 

12. 

4- 

3. 

6. 

46. 

5- 

M- 

3- 

3- 

12. 

1 2. 

32.    15- 


Le  comté  d'Esneux  (Florzé,  etc.)  3257.   10.   % 

Les  églises   du  comté   d'Esneux   217.    17. 


3- 
3-   H 


—  88  — 

LES   SEIGNEURIES  f suite  /  Revenu  annuel 

fl.  S. 

Dame  Jenne  et   Dolembreux   1262.    11.   V? 

Jaspar    Stassar    (Dame   Anne)    41)6.    10. 

Robert    Crassier    (Dame   Anne    85.    18. 

Ev.    Delcommune    (Dame  Anne)    24.    13.   % 

Dame    Barbe    796.     G. 

Le  seigneur  de  Baugnée  1301. 

La  dame  Hodaige  155.     2. 

Le    seigneur    de   Tavier    2174.    15.    % 

Le  seigneur  de   la  Chapelle    3397-      9-   /= 

Le  seigneur  de  Villers-aux-Tours    33jh.   17. 

Le  voué  d'Anthisnes   104g.     8.   % 

Le    fief   Delvaux    755.    10. 

Le  fief  de  Many  32.     8.  ' 

Le   fief  de   Poulseur   60. 

Le  fief  de  Loneux    840.     8. 

III.   —   SEIGNEURIES 

La  franchise  de  Hervé  20365.    11. 

Odémont       3381.      5. 

Lontzen      7°97-     2.   % 

Esneux       15160.    13. 

La    Chapelle    ?>ljj-    l5-    U 

Tavier       M51)-    M- 

Baugnée      863.      1. 

Yillers-aux-Tours       868.    15. 

Ce  tableau  a  été  fait  au  moyen  des  registres  anciens  n08  272  et 
164  des  Archives  du  Duché  de  Limbourg  et  pour  la  répartition  d'une 
aide  de  10468  florins  2  deniers  J-2  (Archives  de  l'Etat  à  Liège). 


Taxe 

fl. 

S, 

47. 

7- 

18. 

12. 

Vi 

31 

4- 
18. 

V2 

29. 

17- 

M 

48. 

15. 

H 

1. 

16. 

H 

81. 

1 1 . 

127. 

8. 

125. 

2. 

U 

39- 

7. 

28. 

6. 

V2 

1 . 

4- 

Va 

2  # 

5- 

763. 

H- 

126. 

16. 

288. 

'3- 

56S. 

10. 

% 

117. 

10. 

% 

54- 

M- 

H 

32- 

7- 

H 

32- 

1 1. 

% 

RAPPORT 


SUR  LES  RECHERCHES  ET  LES  FOUILLES 

EXÉCUTÉES  EN  igo3 
PAR  L'INSTITUT  ARCHÉOLOGIQUE  LIÉGEOIS 


UInstitut  archéologique  liégeois  a  entrepris,  dans  le 
courant  de  cette  année  1903,  une  double  campagne  de 
fouilles,  en  explorant  simultanément  la  Hesbaye  et  le 
Condroz. 

Si  cette  campagne  n'a  pas  produit  un  très  grand  nombre 
d'objets  ((  de  vitrine  »,  les  résultats  obtenus  n'en  sont  pas 
moins  très  satisfaisants.  Indépendamment  d'une  demi- 
douzaine  de  sigles  figulms  (marques  de  potier),  dont  deux 
sont  nouveaux  pour  nos  contrées,  et  d'un  grand  nombre  de 
fragments  de  poteries  de  tout  type,  il  convient  d'enregis- 
trer la  découverte  d'un  excellent  morceau  de  sculpture 
romaine  et  d'une  série  de  petits  monuments  épigraphiques 
des  plus  intéressants. 


I 


EXPLORATION    D'UNE    VILLA   BELGO-ROMAINE 
A  LATINNE. 

Grâce  au   concours  dévoué  de  M.   E.   Davin-Rigot,   qui 
s'est  déjà  signalé  comme  habile  explorateur  de  fonds  de 


—  90  — 

cabanes  néolithiques,  des  fouilles  ont  pu  être  pratiquées 
dans  les  substructions  d'une  très  importante  villa  belgo- 
romaine  sise  à  Latinne,  au  lieu  dit  «Aux  Grandes  Pièces». 
A  cet  emplacement,  le  sol  se  trouve  jonché  de  débris  de  tout 
genre  :  fragments  de  tuiles,  tessons  de  poteries,  morceaux 
de  verre,  etc. 


Extrait  de  la  feuille  XLI,  planchette  n°  6  de  la  carte  topographique 
au    i /20,000e. 

A  om/0  environ  de  profondeur,  on  a  mis  à  découvert  un 
corps  de  bâtiments  s'étendant  sur  une  distance  d'une  cin- 
quantaine de  mètres  et  se  composant  d'une  suite  d'apparte- 
ments de  huit  mètres  de  longueur. 

L'un  de  ces  appartement  était  large  de  cinq  mètres,  un 
autre  de  neuf  mètres.  L'épaisseur  du  mur  extérieur  de  la 
façade  était  de  deux  mètres,  dont  un  bloc  central  de  béton 
d'un  mètre,  renforcé  de  chaque  côté  par  un  revêtement  en 
pierres  de  Om5o;  par  contre,  le  mur  extérieur  de  la  façade 
postérieure  n'était  épais  que  d'un  mètre.  Chaque  apparte- 
ment était  séparé  par  un  mur  en  pierres  de  om50. 

Deux  places  ont  pu  être  fouillées  ;  le  parquet  supérieur 
avait  disparu,  laissant  à  nu  celui  des  hypocaustes,  dallé  de 
ciment,  sur  un  lit  de  pierres  placées  sur  champ.Chaque  pièce 
contenait  encore  intactes  six  colonnettes  en  terre  cuite  (deux 
rangées  de  trois)  ;  dans  la  première  place,  les  piliers  étaient 


—  91  — 

ronds  (formés  de  rondelles  empilées);  dans  la  seconde,  ils 
étaient  carres  .composés  ^e  carreaux  superposés). 

Contre  les  murs  existait,  en  parfail  étal  de  conservation, 
une  conduite  de  forme  carrée  dont  le  fond  était  construit 
au  moyen  de  grandes  tuiles  emboîtées  et  posées  à  plat, 
tandis  que  la  paroi  extérieure  était  en  maçonnerie;  la  partie 
supérieure  avait  une  couverture  en  pierres. 

Aucun  objet  n'a  été  recueilli  dans  les  hypocaustes 
mêmes  ;  en  déblayant  les  terres,  on  a  retrouvé  un  très 
grand  nombre  de  tessons  de  vases  en  terre  dite  samienne 
(patères,  patelles,  etc.)  et  en  terre  plus  commune  (cruches 
à  anse,  petite  olla  en  terre  noire  fine,  etc.),  une  énorme 
i  ::  ntité  de  clous  et  autres  ferrailles,  le  tout  mélangé  de 
charbon  de  bois.  A  signaler  également  deux  morceaux 
d'un  grand  vase  (espèce  de  dolhmi)  de  forte  épaisseur, 
dont  la  panse  est  ornée  de  quatre  grosses  côtes  parallèles. 
les  déblais  n'ont  pas  été  poussés  plus  loin  ;  on  s'est  borné 
En  présence  du  résultat  presque  négatif  de  ces  fouilles, 
à  mettre  à  nu,  sur  une  certaine  longueur,  le  mur  extérieur 
du  bâtiment,  afin  d'en  déterminer  la  direction. 

En  opérant  des  sondages,  on  a  découvert  les  substruc- 
tions  d'une  seconde  bâtisse,  beaucoup  plus  petite  que  la  pré- 
cédente et  située  à  une  quinzaine  de  mètres  de  distance  de 
celle-ci  ;  toutes  deux  affectaient  une  forme  polygonale  et 
paraissaient  concentriques  l'une  par  rapport  à  l'autre. 

Ce  second  bâtiment  avait  primitivement  un  pavé  en 
marbre,  formé  de  dalles  rouges  et  blanches  posées  en  da- 
mier ;  en  dessous  de  ce  parquet,  établi  sur  une  aire  de 
ciment,  se  trouvait  l'hypocauste  dans  lequel  existaient 
encore  en  place  six  colonnettes  formées  de  rondelles  de 
terre  cuite  (dix  rondelles  par  pilier). 

Les  terres  retirées  de  ces  substructions  ont  fourni  une 
certaine    quantité    de    tessons    de    poteries    en    terre    dite 
samienne   et  de  vases  plus   communs,   le  bord  d'un  vas 
en    bronze,     un    morceau    d'ardoise,     une    tuile    (legîda) 


—  92  — 

entière  et  plusieurs  autres  fragmentées,  dont  deux  avec 
marque  NEH  et  ...H  ([Ne]  H)  (i). 

Il  n'a  pas  paru  utile  de  continuer  des  recherches  aussi  peu 
fructueuses. 

* 

*       * 

La  villa  qui  s'élevait  jadis  au  lieu  dit  «  aux  Grandes 
Pièces»  doit  avoir  eu  une  grande  importance;  ses  substruc- 
tions  couvrent  tout  le  plateau  et  s'étendent  sur  plusieurs 
centaines  de  mètres  carrés. 

Aujourd'hui  encore  sa  situation  est  admirable,  car  elle 
commande  la  majeure  partie  de  la  contrée  avoismante  et  a 
vue  sur  les  principaux  centres  romains  des  environs. 

En  se  plaçant  au  milieu  des  substructions,  on  voit,  à 
une  distance  d'un  millier  de  mètres  et  vers  le  Nord,  la 
chaussée  romaine  de  Tongres  à  Bavay  (traverse  de 
Tourinne  à  Vieux- Waleff es)  ;  au  Nord-Est,  les  tombes 
d'Omal,  éloignées  de  5  kilomètres;  à  l'Est,  celles  de  Long- 
champs;  au  Sud-Ouest,  les  tumuli  de  Vissoul  ;  au  Sud-Est, 
la  tombe  de  Vaux;  enfin,  à  l'Ouest,  celle  d'Avennes. 

On  se  trouve  donc,  à  Latinne,  en  plein  centre  romain. 

L'importance  de  la  villa  se  trouve,  au  surplus,  confirmée 

(1)  Cette  marque  est  répandue  dans  toute  la  Hesbaye  ;  on  l'a 
retrouvée  à  Bertrée  (2  exemplaires)  (Bulletin  de  V Institut  archéolo- 
gique liégeois,  t.  XII,  p.  12,  pi.  I,  fig.  11)  ;  à  Landen  (Betzveld) 
(ibid.);  à  Braives  (Rapport  sur  les  travaux  de  V Institut  archéo- 
logique liégeois  pendant  l'année  1888,  p.  5)  ;  à  Tavier  (Limont) 
(ibid.,  année  i88ç,  p.  8)  ;  à  Walsbetz  (Bulletin  des  Commissions 
royales  d'art  et  d'archéologie,  t.  V,  p.  176)  ;  à  Petit-Fresin  (Weyer- 
bampt)  (ibid.,  t.  V,  p.   176)  ;  à  Montenaken  (ibid.,  t.  V,  p.  434). 

On  l'a  signalée  également  à  Tongres  (Bulletin  de  Ta  Société  scien- 
tifique et  littéraire  du  Limbourg,  t.  VIII,  p.  57  ;  DE  MEESTER  DE  Ra- 
vesteix,  Catalogue  descriptif,  t.  II,  p.  136,  n°  1766),  ainsi  que  dans 
le  Condroz,  à  Survillers  (Modave)  (Bulletin  de  l'Institut  archéolo- 
gique liégeois,  t.  XXV,  p.  189)  et  aux  Avins  (Musée  de  Liège  ; 
Rapport  sur  les  travaux  de  i8çj,  p.   xxvi). 


—  93  — 

par   la   découverte,   relativement   ancienne   déjà,    d'un    gise- 
ment considérable  de  scories  de   fer   («crahiats   de  Sarra- 
sins »),     faite     à     quelque     distance     des     substrud 
preuve  évidente  qu'un  établissement  sidérurgique  était   an- 
nexé à  la  villa  (i). 

Celle-ci   était,   en   outre,   pourvue   d'un    moulin,    donl 
substructions  ont  été  mises  à  nu  vers    1897   et   ont    fourni 
une  grande  meule  trusatile  à  bras,    en   tuf,  et  différents 
fragments  d'autres  meules     (2). 

* 

*        * 

La  villa  «  des  Grandes  Pièces  »  doit  avoir  subsisté 
jusqu'au  milieu  du  IVe  siècle,  car  ses  substructions  ont 
révélé,  il  y  a  quelques  années,  deux  petits  bronzes  parais- 
sant se  rapporter  à  l'époque  des  Constantins. 

Comme  l'établissement  voisin  de  Braives  (3),  elle  aura 
été  pillée  et  incendiée  par  les  Barbares  qui,  dans  la 
seconde  moitié  du  IVe  siècle  notamment,  envahirent,  à 
différentes  reprises,  et  ravagèrent  les   Gaules  (4). 

Il  est  probable  que  la  villa  de  Latinne  date  du  Haut 
Empire,  qu'elle  fut  détruite  une  première  fois  au  IIIe  siècle 
et  reconstruite  postérieurement. 

(1)  Des  constatations  identiques  ont  été  faites  à  Lovegnée,  où  le 
prince  Camille  de  Looz  fouilla  jadis,  joignant  une  villa  romaine, 
une  usine  à  réduire  le  minerai  de  fer  (Bulletin  des  Commissions 
royales  d'art  et  d'archéologie,  t.  XV,  pp.  196-213).  —  Xos  grandes 
villas  belgo-romaines  avaient,  du  reste,  groupés  autour  d'elles,  pn  - 
que  tous  les  corps  de  métier.  Cf.  notamment,  au  sujet  de  la  villa 
d'Anthée,  les  Annales  de  la  Société  arclu  Cologique  de  NamUr,  t.  XV, 
pp.  35  et  suivantes. 

(2)  Musée  de  Liège.  Cette  année  encore,  M.  Davin-Rigot  a  offert 
à  l'Institut  un  nouveau  fragment  de  meule  de  même  provenance. 

(3).  Bulletin  des  Commissions  loyales  d'art  et  d'archéologie, 
t.  XXVII,  p.  418. 

(4)  Adrien  Blanchet,  Les  trésors  de  monnaies  romaines  et  li  s 
invasions  germaniques  en  Gaule,  pp.  20  et  suivantes. 


—  94  — 

Il  est  certain,  d'autre  part,  que  ses  substructions  ont 
été  saccagées  à  une  époque  relativement  moderne. 

II 

FOUILLES  OPÉRÉES 
DANS  LE  CIMETIÈRE  FRANC  DE  LATINNE. 

M.  E.  Davin-Rigot  a  bien  voulu  se  charger  également 
de  terminer  les  fouilles  que,  depuis  iqoi,  l'Institut  a  fait 
opérer  sur  l'emplacement  d'un  cimetière  franc,  à  Latinne, 
au  lieu  dit  «  Chapelle  Saint-Maur  ». 

De  premières  recherches  ont  été  commencées  dans  le 
courant  du  mois  de  février  et  ont  amené  la  découverte 
d'une  tombe  dallée,  avec  mobilier. 

En  septembre  enfin,  de  nouvelles  fouilles  n'ont  abouti 
qu'à  la  mise  à  jour  d'une  petite  tombe  contenant  un  sque- 
lette d'enfant,  sans  mobilier. 

Vu  le  caractère  spécial  de  ce  cimetière,  une  notice  dé- 
taillée sera  consacrée  à  l'ensemble  de  ces  fouilles. 

III 

EXPLORATION  D'UNE  VILLA   BELGO-ROMAINE 
A  OCQUIER. 

Sur  le  territoire  de  la  commune  d'Ocquier  existait,  jadis, 
une  villa  romaine  très  importante,  coupée  aujourd'hui  par 
la  route  de  Vervoz  (Clavier)  à  Ocquier.  Ses  substructions 
s'étendent  sur  une  longueur  d'environ   1,700  mètres. 

Des  fouilles  pratiquées  en  quatre  endroits  différents 
ont  fourni  l'occasion  d'étudier  de  près  la  façon  dont  les 
Belgo-Romains  établissaient  les  parquets  de  leurs  villas. 

A  Ocquier,  la  constatation  est  d'autant  plus  intéres- 
sante que  le  sol  sur  lequel  avait  été  édifiée  la  villa  était 
anciennement  très  marécageux  et  avait  nécessité,   de  la 


—  95  — 

part  des  constructeurs,   dos   précaution     multiple     de  ti- 
nées  à  empêcher  l'infiltration  des  eaux  dans  les  bâtiments. 


-^é<^:l 


Extrait  de  la  feuille  XLYI11.  planchette  n"  8    de   la   carte 
topographique   au    1/20. 000e. 

La   coupe   suivante    donnera    une    idée  parfaite    de    l'ou- 
vrage mis  à  découvert. 


Terre  végétale . 


Dallage  en  marbre  «bleu belge,»  plaques 
de  o  m.  5o  X  om-  3o  environ,  sciées  des 

deux  eôtés. 

Couche  d'un  mortier  spécial  très  fin,  de; 
couleur  rougeatre  mélange  de  chaux 
et  (lr  miles  pi 

Double  rangée  de  tuiles  de  rebut,  mises 
.1  plat  et  superposées. 

Couche  d'une  espèce  de  «bi 
de  cailloutis  et  de  fragments  de  tuiles 
et  de  briques  mélanges  de  chaux. 

es,  réu- 
nies  entre  elles  par    un    mêlai 
sable  et  de  chaux. 


Terre  vierge. 

L'épaisseur  de  ce  parquet  était  d'environ  Om55. 

Vu  l'étendue  considérable  de  cette  villa,  l'on  ne  pouvait 
senger  à  la  fouiller  méthodiquement  ;  on  a  donc  dû  se 
borner  à  ouvrir  des  tranchées  sur  une  longueur  d  une  cin- 
quantaine de  mètres  et  à  faire  des  sondages  de  distance 
en  distance.  Les  résultats  obtenus  ont  été  identiques  par- 


—  96  — 

tout  :  à  une  profondeur  d'environ  om6o,  on  a  rencontré  ou 
des  murs  ou  des  parquets  d'appartements  uniformément 
dallés. 

Ces  déblais  n'ont  révélé  ni  fragments  de  poteries,  ni 
débris  d'objets  quelconques,  ni  monnaies  ;  on  a  seulement 
recueilli  un  morceau  de   fer   (gond   de  porte?). 

Il  convient  toutefois  de  signaler  qu'anciennement  des 
inhumations  ont  été  faites  dans  les  ruines  de  la  villa.  Cinq 
squelettes,  parfaitement  conservés,  ont  été  découverts, 
déposés  tout  simplement  sur  les  dalles  de  marbre,  sans  mobi- 
lier funéraire;  ils  étaient  tous  orientés  la  tête  vers  le  Levant, 
contrairement  à  l'usage. 

Cette  découverte  n'a  rien  de  surprenant  et  il  est  pro- 
bable qu'en  continuant  les  déblais,  on  aurait  mis  au  jour 
d'autres  squelettes  encore. 

C'est,  en  effet,  un  fait  presque  constant  de  retrouver, 
dans  les  substructions  des  villas  romaines  du  Condroz, 
des  squelettes  humains  enterrés  sans  le  moindre  mobilier. 

Des  sépultures  de  ce  genre  ont  notamment  été  mises  au 
jour  dans  la  villa  du  Thier  Laurent,  à  Borsu  (i);  d'autres 
ont  été  signalées  dans  la  villa  de  Maffe  (2)  et  ailleurs. 


A  proximité  de  la  villa,  dont  les  murs,  à  certains 
endroits    et    il    y    a    une    cinquantaine    d'années    à    peine, 

(1)  M.  Firmin  Hénaux,  qui  a  fouillé,  dans  le  courant  de  Tannée 
1897,  une  notable  partie  de  cette  villa,  a  découvert,  au  milieu  des 
débris  romains,  un  assez  grand  nombre  de  sépultures.  Une  seule 
tombe  renfermait  un  mobilier  ;  près  d'un  squelette,  furent  recueillis 
une  petite  coupe  en  bronze,  un  bracelet  et  une  bague  en  bronze,  une 
boucle  de  ceinturon  en  fer  et  une  dague  de  même  métal  entourée  de 
résidus  de  toile. 

Un  autre  cadavre  portait  une  bague  en  bronze. 

(2)  Les  substructions  de  la  villa  de  Maffe  renferment  encore  des 
centaines  de  ces  sépultures.  M.  Firmin  Hénaux,  qui  a  également 
dirigé  les  fouilles  de  Maffe,  a  exploré  un  certain  nombre  de  ces 
tombes  sans  y  recueillir  le  moindre  objet  antique. 


—  97  — 

dépassaient  encore  de  près  d'un  mètre  la  surface  du  sol, 
se  trouvait,  prétend-on,  un  immense  aqueduc  soutei 
dont  on  pouvait,  jadis,  suivre  le  couloir  sur  une  longueur 
de  plusieurs  mètres.  C'est  en  vain  qu'on  a  tenté  d'en  retrou- 
ver des  traces.  Par  contre,  près  du  <<  ruisseau  de  1  ervoz  », 
on  a  mis  au  jour  une  espèce  de  canal  cimenté  qui  déversait 
dans  le  dit  ruisseau  les  eaux  provenant  du  plateau  ou 
d'une  source  voisine.  Ce  canal  fonctionne  encore  aujour- 
d'hui. 

IV 
FOUILLES  ET  SONDAGES  A  VERVOZ  (CLAVIER). 

Bien  que  des  fouilles  eussent  déjà  été  entreprises  en 
igoi  sur  l'emplacement  présumé  du  «  monument  de  Ver- 
voz»  (i),  de  nouvelles  recherches,  plus  étendues  cette  fois, 
ont  été  opérées,  au  même  endroit,  dans  le  but  de  déterminer 
l'étendue  du  gisement  des  débris  provenant  du  susdit  mo- 
nument. 

Les  nombreuses  tranchées  qui  ont  été  ouvertes  à  cet 
effet  n'ont  fourni  que  deux  sculptures  mutilées  : 

Une  moitié  de  rosace  d'un  bon  travail  (0ml3  de  dia- 
mètre) ; 

Un  fragment  de  statue  de  lion,  dont  il  n'a  été  conservé 
qu'une  partie  du  socle  rectangulaire,  et,  y  attenant,  un 
morceau  de  patte  avec  griffes  (dimensions:  o™40    x    om22). 


(i)  Par  «monument  de  Vervoz,»  nous  entendons  désigner  certain 
édicule  sépulcral,  non  exempt,  scmble-t-il,  d'une  certaine  décora- 
tion architecturale,  qui  aurait  existé  jadis  à  Vervoz  et  dont  le  Musi 
archéologique  de  Liège  possède  aujourd'hui  plusieurs  centaines  de- 
fragments,  consistant  en  débris  d'entablements  de  corniche,  frag- 
ments de  bas-reliefs,  tambour  de  colonne  avec  représentation  d'At- 
tis,  etc. 


—  98  — 

Par  contre,  on  a  rencontré,  sur  une  surface  de  plus 
de  500  mètres  carrés  et  à  une  profondeur  de  om5o  à 
peine,  une  couche  d'éclats  de  pierre  de  Longwy  (1),  d'une 
vingtaine  de  centimètres  d'épaisseur.  Cette  couche  est 
continue  et  a  été  constatée  partout  où  des  sondages  ont 
été  faits. 

Il  résulte,  d'autre  part,  de  l'examen  de  ces  éclats  que 
ceux-ci  ne  peuvent  pas  provenir  d'un  monument  qui  aurait 
été  saccagé  :  leurs  sections  sont  caractéristiques  et  prou- 
vent  à  toute  évidence  qu'il  s'agit  de  déchets  de  taille. 

Il  suffira,  au  surplus,  de  faire  remarquer  qu'aucun  des 
fragments  sculptés  ne  porte  de  traces  quelconques  de 
mortier  ou  de  ciment  :  tel  est  notamment  le  cas  pour  la 
rosace  précitée  et  dont  l'envers,  bien  que  pourvu  de  pro- 
fondes rainures  parallèles  destinées  à  faire  adhérer  le 
mortier,  n'a  pas  conservé  le  moindre  vestige  de  ce  dernier. 

Signalons  enfin  qu'en  déblayant  tout  le  plateau,  on  a 
mis  à  découvert  les  substructions  de  trois  petits  bâtiments 
distincts,  tous  de  forme  rectangulaire  et  situés  à  proximité 
l'un  de  l'autre.  Leurs  fondations  étaient  grossièrement 
construites  au  moyen  de  moellons  non  dégrossis  et  jetés 
pêle-mêle  sans  mortier. 

Il  ne  paraît  guère  possible  de  déterminer  la  destination 
de  ces  bâtiments,  dont  les  substructions  n'ont  révélé  aucun 
objet  antique. 

A  considérer  cette  immense  couche  de  déchets  de 
taille,  y  aurait-il  invraisemblance  à  conjecturer  que  l'em- 
placement était  jadis  occupé  par  une  équipe  de  tail- 
leurs de  pierre  qui  y  auraient  façonné,  au  moyen  de  blocs 
venant   de  Longwy,   les  sculptures  et  autres  pierres  néces- 


(1)  C'est  ce  qui  résulte  de  l'examen  qu'ont  fait  de  cette  pierre  MM. 
Max  Lohest  et  Henri  Forir  (Bulletin  de  l'Institut  niche 'logique 
liégeois,  t.  XXIX,  p.  66.  note  1). 


—  99  — 

saires  aux  villas  et  aux  monuments  funéraires  ou  commé- 
moratifs  de  la  région  (i)  ? 

V 

EXPLORATION  DE  SUBSTRUCTIONS  ROMAINES 
A  VERVOZ  (CLAVIER). 

A  500  mètres  environ  de  l'endroit  présumé  où  devait 
s'élever  le  monument  funéraire,  le  sol  est  jonché  de  débris 
romains  de  tout  genre:  fragments  de  tuiles,  tessons  de 
poteries,  éclats  de  verre,  etc.  C'est  au  lieu  dit  «  au  four 
à  c liait x  ». 


Extrait  de  la  feuille  XLVIII,  planchette  n°  8 
de  la  carte  topographique  au  1/20.000°. 

Il  y  a  deux  ans   fut  découvert,  en  cet  endroit,  un  petit 


(1)  Il  convient  de  signaler  ici  que  la  même  pierre  que  celle  qui 
fut  utilisée  pour  le  ((monument  deVervoz»  s'est  retrouvée  parmi  les 
matériaux  retirés  des  substructions  de  la  grande  villa  du  Thier  Lau- 
rent, à  Borsu,  distante  à  vol  d'oiseau  de  3  kilomètres  environ.  Le 
Musée  archéologique  possède,  notamment,  de  cette  provenance,  un 


—  100  — 

trésor  monétaire  formé  de  98  pièces  d'Auguste  à  Arca- 
dius   (1). 

Les  premières  tranchées  ont  été  ouvertes  aux  abords 
des  lieux  de  la  trouvaille;  elles  révélèrent,  à  on'5o  de  pro- 
fondeur, de  nombreuses  substructions.  Il  ne  s'agissait, 
toutefois,  que  de  petits  arrière-bâtiments  grossièrement 
construits  et  dont  le  parquet  était  formé  de  glaise 
battue  ;  c'étaient  probablement  des  locaux  servant  de 
remises  ou  d'étables  et  faisant  partie  des  dépendances 
d'une  villa  agricole. 

Aucun  objet  n'a  été  recueilli  au  cours  de  ces  déblais. 

Des  fouilles  ont  été  pratiquées  ensuite  de  l'autre  côté 
de  la  route  de  Vervoz  à  Bois  qui  coupe  le  terrain.  Elles 
ont  également  amené  la  découverte  de  substructions  et 
d'un  important  gisement  de  tuiles  (tegulae  et  imbrices); 
celles-ci  provenaient,  sans  nul  doute,  d'une  toiture  effon- 
drée, car  elles  se  trouvaient  mêlées  à  de  nombreux  clous 
et  recouvraient  une  aire  assez  étendue  de  charbon  de  bois, 
preuve  évidente  que  le  bâtiment  périt  par  le  feu. 

Sous  ces  débris  existait  encore,  en  parfait  état  de 
conservation,  un  parquet  formé  d'une  couche  de  ciment 
et  de  briquaillons  d'environ  omi5  d'épaisseur  et  que  limi- 
taient aux  deux  bouts,  à  l'instar  de  rebords  protecteurs, 
deux  énormes  pierres  à  peine  dégrossies  et  posées  à  sec. 

Ce  parquet,  de  forme  courbe,  était  traversé  par  une 
rigole  soigneusement  creusée  et  cimentée,   large   d'environ 

important  fragment  de  socle  de  colonne  en  pierre  de  Longwy  (Bul- 
letin de  V Institut  archéologique  liégeois,  t.  XXX,  p.  xn). 

Parmi  les  sculptures  provenant  de  Vervoz  et  présentées  comme 
faisant  partie  de  l'édiculc  sépulcral  auquel  appartenait  le  bel  Attis 
déjà  cité,  figurent,  du  reste,  des  débris  si  peu  en  rapport,  par  le  sujet 
de  leur  décoration,  avec  le  caractère  funéraire  de  ce  monument, 
qu'on  peut  se  demander  s'ils  ont  réellement  quelque  affinité  entre 
eux;  une  étude  approfondie  de  ces  nombreuses  pierres  sculptées 
s'impose. 

(1)   Revue  belge  de  numismatique,  année  1902,  pp.  21-22. 


—  101  — 

om20  et  mesurant,  à  ses  extrémités,  respectivement  om3o 
et  o'"i5  de  profondeur.  Nous  ignorons  la  destination  de 
cette  singulière  construction. 

Ce  parquet  lui-même  était  établi  sur  un  remblai  exécuté 
au-dessus  d'une  espèce  de  poche  creusée  dans  l'argile  et 
bourrée  de  débris  de  tous  genres  ;  c'était,  à  n'en  pas  dou- 
ter, le  fumier  d'une  importante  villa  bel  go-romaine  dé- 
truite au  second  siècle  et  sur  les  ruines  de  laquelle  furent 
édifiées  ultérieurement  de  nouvelles  constructions.  Cette 
poche,  profonde  de  2^50  à  3miO,  a  pu  être  fouillée  pen- 
dant plusieurs  jours  et  a  fourni  des  centaines  d'objets, 
presque  tous  fragmentés,  malheureusement. 

Les  poteries  étaient  particulièrement  nombreuses  et 
variées  ;  on  peut  évaluer  à  une  cinquantaine  environ  celles 
dont  le  type  a  pu  être  reconstitué. 

Parmi  les  objets  recueillis  au  cours  de  ces  fouilles,  nous 
pouvons  mentionner  les  suivants  : 

CÉRAMIQUE 

Fragment  important  d'un  grand  bol  en  terre  dite 
«samienne»,  richement  décoré;  sous  une  frise  ornée  d'un 
rang  d'oves  se  trouvent  reproduits  en  relief  une  série  de 
rinceaux  de  feuillage  et  d'enroulements  en  spirale  des 
plus  variés,  séparés  les  uns  des  autres  par  des  bandes 
hachurées. 

Le  diamètre  supérieur  du  vase  entier  devait  mesurer 
plus  de  om2  5. 

Tessons  d'un  vase  du  même  genre  avec  frise  d'oves  et 
décoré  de  médaillons. 

Débris  d'un  troisième  vase  de  même  type,  mais  en 
terre  moins  fine.  Sous  une  frise  d'oves  sont  figurées 
des  arcatures,  sous  lesquelles  se  tient  debout  un  person- 
nage nu,  armé  d'un  arc.  Des  personnages,  dans  la  même  atti- 
tude, sont  reproduits  entre  chaque  arcature. 

Plusieurs  centaines  de  tessons  appartenant  à  des  vases 


—  102  — 

de  type  connu  :  patelles  bilobées,  patères  (plateaux)  à 
rebord  droit,  patines,  jattes  de  forme  conique,  etc.,   etc. 

Quelques-uns  de  ces  tessons  portent  la  marque  du 
potier  : 

ATTILLV,  sigle  déjà  signalé  sous  cette  forme  à  Hed- 
dernheim  ( i  )  et  retrouvé  avec  la  variante  [ATT]ILLVS  à 
Juslenville  (2). 

CATVS...  sans  doute  CATVSF,  marque  déjà  découverte 
à  Juslenville  (3),  à  Houthem-S'-Gerlach  (4)  et  à  Ton- 
gres  (5);  en  cette  dernière  localité,  on  l'a  encore  rencon- 
trée sous  les  formes  CATV  (  ?)  et  OF.  CATV  (6). 


(1)  Mittheilungen  an  die  Mitglieder  des  Frankfurter  Vereins, 
t.  VI   (  1 SS 1  ) ,  p.  397;  t.  VII   (1882),  p.  206. 

(2)  Bulletin  de  l'Institut  archéologique  liégeois,  t.  X,  p.  7^. 

Cette  marque,  assez  répandue,  est  également  connue  sous  les  for- 
mes suivantes  :  ATTILLVS  F  (Heddernheim,  Friedberg,  Bonn, 
Darmstadt,  Spire)  ;  ATTILLVS  (Kesselstadt)  ;  ATTILLI  (Trion)  ; 
ATTILI    (Bordeaux,   Montans)   ;    ATTILLIM    (York)    ;  ATTILLI 

MA  (Vienne),  SVAAITTA  (Friedberg),  etc. 

Cf.  à  ce  sujet  Jahrbùcher  des  Vereins  von  AltertJiumsfrettnden  im 
RJiciulande,  t.  XCIX,  p.  62. — SCHUERMANS,  Sigles  figulins,  nos  612- 
613. 

(3)  Musée  de  Liège.  ■ —  Bulletin  de  V Institut  archéologique  lié- 
geois, t.    IX,  p.  441. 

(4)  Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéologie,  t.  VI, 
p.   156,  pi.   IV,  fig.   10;  SCHUERMANS,  op.  cit..  n°  1180 

(5)  DE  Meester  de  Ravestein,  Catalogue  descriptif  du  Musée 
de  Ravestein,  t.   II,  p.    136,  n°  1768. 

(6)  Ibidem,  p.  136,  n°  1768.  —  Le  potier  Catus  a  marqué  ses  pro- 
duits indifféremment  :  ^ISVTAC  (Friedberg)  (Bonncr  Jahrbùcher, 
t  LX,  pp.  60,  77);  "42VTAO  (Friedberg);  CATVSF  (Heddernheim, 
Saalburg)  ;  CATVS  F  (Bonn)  (Sonner  Jahrbùcher,  t.  LXXXIX, 
p.  8),  (Monterberg)  (ibid.,  t.  XCIX,  p.  71  ;  t.  CIV,  p.  114,  n°  22)  ; 
CATVSF  (Londres)  (C.LL.,VII,  1336,  268)  ;  CATVS. FEC  (Vienne) 
(C.I.L.,  XII,  5686,  206)  ;  CATVSI.  C.  (Bonn)  (collections  de  l'Uni- 
versité) ;  CAT  (Dié)  (C.  I.  L.,  XII,  5686,  200)  ;  CATVS  (St-Xicolas 
près  Nancy)  (Grivaud  de  LA  VlNCELLE.,1?  ecueils  de  monuments  an- 
tiques dans  V ancienne  Gaule,  p.   164)  ;  CATV  (Voorburg,  Tongres) 


—  103  — 

CINJT...  probablement  identique  à  [c]INTVGNATVS, 
sigle  qui  n'avait  été  signalé  que  deux  fois  en  Belgique, 
à  Theux  et  à  Izier  (i),  alors  qu'il  est  commun  en  Alle- 
magne et  en  Hollande   (2). 

ID...NI  (lecture  douteuse),  marque  inconnue. 

ORCiO.  F,  marque  connue  en  Hollande  (3). 

VINDVS,  sigle  rencontré  à  VVancennes  (4)  et  très  fré- 
quent sur  les  bords  du  Rhin   (5). 

(SCHUERMANS,  Sigles  figulins,  n°  1165);  CATI  (Limoges)  [ibid., 
n°  1149);  OFICCATI  (Bari)  (C.I.L.,  XII,  5686..  206);  OF.  CAT, 
OF  CAT  (Ste-Colombe,  Fins  d'Annecy)  (C.  I.  L  ,  XII,  5686,  20); 
OFCATVS  (Vienne)  (C.I.L.,  XII,  56S6,  207)  ;  OU.  CATI  (St-Ger- 
main)  ;  CATVOS  (Le  Châtelet)  (SCHUERMANS,  op.  cit.,  n°  1178); 
CATVS  (Tongres)  (Bulletin  de  la  Société  scientifique  et  littéraire 
du  Limbourg,  t.  XVII,  p.  36)  ;  CATIO  (Allier)  (Tudot,  Collection 
de  figurines  en  argile,  œuvres  premières  de  l'art  gaulois,    p.   71). 

(1)  Musée  de  Liège  (inédits). 

(2)  CINTV...  (Heddernheim),  CINTVGNA  (Heddernheim, 
Mayence)  (SCHUERMANS,  op.  cit.,  n°  1395),  CINTVGNATV  (Hed- 
dernheim, Saalburg.  Gellep)  {Donner  /arbiiclier,  t.  XXXVIII, 
p.  166),  (Nimègue)  (ibid.,  t.XLIX,  pp.  422-423),  (Munich)  (C.I.L., 
III,  6010,  62), (Rheinzabern)  (Schuermans,  op.  czï.,1397),  CINTV... 
(Londres)  (C.I.L.,  VU, 1336,  3n),CINTVCN  (Voorburg)  (Schuer- 
mans, op.  cit.,  n°  1390),  CINTVGNATI  (Mayence)  (SCHUERMANS, 
op.  cit.,  n°  1396),  CINTVGNATV  (Reims)  (Bulletin  de  la  Société 
des  Antiquaires  de  France,  1881,  p.  245),  CINTVGNATVS  (Vech- 
ten)  (Donner  Jahrbiicher,  t.  IX,  p.  29  ;  t.  XLVI,  p.  116),  (Le 
Châtelet  (Schuermans.  op.  cit.,  n°  1398),  CINTVGNATVS  (Voor- 
burg) (ibid.,  n°  1391),  CINTVCNV...  (Rossum)  (Ibid.,  n°  1392), 
CINTVCIVATVS  (Vechten)  (Donner  Jarhbùcher,  t.  IX,  p.  29). 
Les  produits  de  ce  potier  (sigle  :  CINTVGNATV)  ont  été  retrouvés 
jusqu'en  Autriche  (Archœlogisch-epigraphische  Mitïheilungen  ans 
Oesterrcicli,  1890,  p.  198  ;  Revue  WcTtéologique,  3e  série,  t.  XVI 
(1890),  p.   435,  n°   103). 

(3)  SCHUERMANS,  op.  cit.,  n°  4037  :  ORCIO,  Voorburg,  ORCI  (us) 
et  ORC  (i)  O  (F)  ;  STEINER,  Codex  lnscriptionum  Rheni,  t.  II,  293. 

(4)  Annales  de  la  Société  archéologique  de  Namur,  t.  XVI,  p.  368. 

(5)  A  Neuwied  :  VINDVS  (collections  de  l'Université  de  Bonn), 
à  Trêves   (Musée  de  Trêves),  à  Nimègue  (Donner  Jahrb.,   t.  VII, 


—  104  — 

Deux  tessons,  enfin,  portent  des  estampilles  entière- 
ment frustes. 

Fragments  d'un  grand  plateau  à  bords  droits,  en  fine 
terre  rouge  recouverte  d'un  vernis  brun-rouge. 

Morceau  de  vase  «  à  dépressions  longitudinales  »,  en 
fine  terre  blanche,  à  couverte  brune  et  panse  rugueuse 
parsemée  de  grains  de  sable  (i). 

Tessons  de  poterie  en  terre  blanche  à  couverte  noire, 
portant  en  relief,  à  la  barbotme,  la  représentation  d'une 
scène  de  chasse  (cervidé  au  galop).  Le  Musée  de  Liège 
possède  deux  vases  du  même  genre  provenant  des  fouilles 
de  juslenvilh   (2). 

Débris  de  trois  vases  de  dimensions  différentes,  en  terre 
blanche  avec  engobe  brune  et  panse  sablée  (3). 

Petit  vase  en  forme  de  gobelet,  à  panse  renflée,  en 
terre  grise  fine.  Hauteur  :  omo8  ;  diamètre  à  l'orifice  : 
omc>7    (4). 


p.  63)3  à  Brohl,  à  Xanten  (Lersch,  Central  Muséum,  t.  III.  pp.  82 
et  107)  ;  YIXDY...   à  Wiesbaden   (SCHUERMAXS,  op.  cit.,   n°   5763)  ; 
VINDVSF.à  Bonn  (Sonner  J  ahrbùcher  ,\.  LXXXIX.p.  45)  et  à  V001 
burg  (Schuermans,  op.  cit.,  n°  5764)  ;  VINDVSF.  à  Bonn  (Bonner 
Jahrbùcher,   t.    LXXXIX,   p.    45). 

(1)  Un  exemplaire  du  même  type  figurait  dans  la  collection  Char- 
vet   (Du  CLKUZIor,  La  Poterie  Gauloise,  p.   244,   fig.    178). 

(2)  Bulletin  de  VInstitut  archéologique  liégeois,  t.  IX,  p.  447, 
pi.  V,  fig.  1  ;  pi.  VII,  fig.  3.  —  Cf.  aussi  DU  CLEUZIOU,  op.  cit., 
p.  241,  fig.  173.  Les  poteries  de  ce  genre  ont  été  retrouvées  à  dif- 
férentes reprises  en  Belgique  :  cimetière  de  Frégivau  (Annales  de 
la  Société  archéologique  de  Namur,  t.  IV,  p.  91,  pi.  1,  fig.  c  et 
c  bis);  cimetière  de  Flavion  (ibid.,  t.  VII,  pi.  I,  fig.  2  et  zbis);  villa 
de  Reckheim  (Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéo- 
logie, t.  XXVII,  p.  355,  pi.  IV,  fig.   18),  etc.,  etc. 

(3)  Voyez,  au  sujet  de  ce  genre  de  vases  très  communs  dans  le-; 
fouilles,  Bulletin  de  VInstitut  archéologique  liégeois,  t.  XXIX, 
p.  268,  note  3. 

(4)  Collection  Charvet  (n°  99  du  catalogue)  (DU  Cleuziou,  op. 
cit.,  p.  98,  fig.  69). 


—  105  — 

Fragment  d'un  très  petit  vase  à  boire  en  terre  noire 
extra-fine. 

Six  goulots,  morceaux  de  panse  et  trois  fonds  de  cruches 
avec  anse  (type  «epichysis»)  en  terre  blanchâtre. 

Nombreux  débris  d'énormes  récipients  en  terre  très 
grossière  et  très  épaisse  (20  m/m). 

L'un  de  ces  vases  (genre  de  doliiim),  à  larges  bords 
repliés  à  plat,  ne  mesure  pas  moins  de  om3  5  d'ouver- 
ture et  devait  avoir  une  circonférence  d'environ  im50  ;  il 
présente  certaines  analogies  avec  celui  de  la  tombe 
d'Avennes-  (1)  et  certain  autre  provenant  de  l'un  des  tu- 
muli  du  bois  de  Buis-lez-Grand-Leez  (2). 

VERRE 

Partie  supérieure  dune  élégante  petite  ampoule  en 
verre  verdâtre,  munie  de  deux  oreillettes  (3). 

Bord  d'une  grande  coupe  en  verre  verdâtre. 

Fragment  d'anse  plate  et  «  filamenteuse  »  et  débris  du 
fond  d'un  flacon  carré  en  verre  verdâtre.  Ce  flacon,  du 
genre  de  ceux  de  la  tombe  d'FIerstal,  avait  le  fond  orné 
de  cercles  concentriques  (4). 

Morceau  d'anse  plate  d'un  grand  flacon  en  verre  jaune 
foncé. 

Débris  d'une  soucoupe  en  verre  verdâtre,  avec  panse 
ornée  d'une  ligne  de  fortes  côtes  saillantes  ou  cannelures. 

Le  Musée  de  Liège  possède  un  fragment  à  peu  près 
analogue,  provenant  des  fouilles  de  Fallais;  au  Musée 
de  Namur  existe  un  exemplaire  intact  de  ce  genre  de 
coupes,  recueilli  dans  l'un  des  tumuli  de  Séron  (5). 

(1)  Bulletin  de  l'Institut  archéologique  liégeois,  t.  XII,  pp.  205- 
206,  pi.  VI,  fig.   11. 

(2)  Annales  de  la  Société  archéologique  de  Namur,  t.  XXI  Y.  p.  48. 

(3)  Cf.  au  sujet  d'ampoules  du  même  genre  le  Bulletin  de  V Insti- 
tut archéologique  liégeois,  t.  XXVIII,  p.  266. 

(4)  Ibid.,  t.  XXIX,  p.  198,  pi.   F,  fig.  2  et  4*"- 

(5)  Annales  de  la  Société  archéologique  de  Namur :  t.  IV,  pp.  15- 
16,  pi.  I,  fig.   1. 


—  106  — 

Eclats  d'une  petite  bouteille  en  verre  verdâtre. 
Fragment  d'un  plateau  en  verre  blanc. 

OBJETS  EN  MÉTAL 

Moyen  bronze  portant  à  l'avers  une  tête  laurée  à  droite. 
Revers  entièrement  truste. 

Le  profil  de  la  tête  rappelle  le  masque  de  l'empereur 
Domitien. 

Série  d'ustensiles  en  fer,  affectant  la  forme  d'une  tige 
effilée  à  l'un  des  bouts  et  terminée,  à  l'extrémité  opposée, 
par  une  tête  aplatie  en  amande.  Ces  instruments  sont  de 
longueurs  variées  ;  les  uns  mesurent:  130  m/m,  135  m/m  ; 
d'autres,  165  m/m,  176  m/m,  184  m/m.  Trois  exemplaires 
atteignent  respectivement  310  m/m,  392  m/ra  et  540  m/ra. 

Il  ne  paraît  guère  possible  de  déterminer  la  destination 
exacte  de  ces  ustensiles,  à  défaut  d'analogues  annotés 
dans  des  publications  archéologiques.  Peut-être  pour- 
rait-on y  voir  des  «  mèches  »  à  l'usage  d'un  potier,  si  la 
quantité  relativement  énorme  de  ces  objets  ne  rendait  pas 
semblable  attribution  quelque  peu  invraisemblable. 

Les  substructions  de  la  villa  de  Braives  ont  fourni  un 
objet  en  fer  se  rapprochant,  comme  forme,  de  ceux  de 
Vervoz  et  dont  la  destination  a  également  échappé  à  feu 
le  comte  Georges  de  Looz  (1). 

Un  lot  considérable  de  ferrailles  de  tout  genre  : 
plaque  carrée  de  om095><om095,  percée  d'un  orifice  de 
o°'02  x  om02  ;  anneau  de  Om045  de  diamètre  ;  débris  de 
couteau;  tige  torse;   fragment  de  gond   de  porte,  etc.,  etc. 

Un  objet  indéterminable,  en  forme  de  fuseau  (longueur: 
omo8)  et  pourvu  au  milieu  d'une  fente  rectangulaire  de 
24  m/m  de  longueur. 

(1)  Bulletin  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archcol.,  t.  XXVII,  p.  416, 
pi.  IV,  fig.  68. 


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BILLES    EN    TERRE    CUITE    TROUVÉES    A    VERVOZ    (CLAVIER) 

Grandeur  réelle) 


—  107  — 


OBJETS   DIVERS 

Série  de  dix-sept  billes  en  terre  cuite,  façonnées  à  la 
main  et  marquées  de  chiffres  romains  : 

I   (terre  blanche  ;   diamètre:    15   m/m  environ). 

I   (terre  blanche  ;   diamètre  :    14  m/m  environ). 

I   (terre  blanche  ;  diamètre  :    14  m/m  environ). 

XIII  (terre  grise  ;  diamètre  :   12  m/m  environ). 

XVII  (terre  grise  ;  diamètre  :  16  m/m  environ). 

XX  (terre  grise  ;  diamètre  :   17  m/m  environ). 

XXX  (terre  blanche  rougeâtre  ;  diamètre  :  13  m/m  environ). 

XXXVII  (terre  brune  ;  diamètre  :  14  m/m  environ). 

XXXVIII  (terre  blanche  ;  diamètre  :    17  m/m  environ). 
XXXXI  (terre  grise  ;  diamètre  :   17  m/m  environ). 

LX  (terre  grise  ;  diamètre  :  16  m/m  environ). 
LXV   (terre  blanche;   diamètre  :    16  m/m  environ). 
LXVI  (terre  blanche  ;  diamètre  :   17  m/m  environ). 
LXXX  (terre  rouge  ;  diamètre  :  13  m/'m  environ). 
LXXXIIII  (terre  noire  ;  diamètre  :  20  m/m  environ). 
LXXXXV  (terre  rouge  ;  diamètre  :  16  m/m  environ). 
LXXXXVI  (terre  rouge  ;  diamètre  :  16  m/m  environ). 

A  ces  dix-sept  billes,  il  convient  d'en  ajouter  une  dix- 
huitième  anépigraphe,  qui  a  été  intentionnellement  coupée 
en  deux  avant  la  cuisson;  une  moitié  manque. 

Plusieurs  de  ces  billes  sont  grossièrement  marquées; 
les  unes  ont  été  numérotées  au  moyen  d'un  poinçon;  les 
autres  simplement  à  la  main,  c'est  à  dire  à  la  pointe  (voir 
planche  A). 

A  notre  connaissance,  tout  au  moins,  c'est  la  première 
fois  que  des  objets  de   ce   genre   sont   signalés   en   Bel- 


—  108  — 

gique  (i)  ;  au  surplus,  à  l'étranger,  ils  ne  paraissent  guère 
être  communs. 

Le  Musée  de  Bonn  possède  une  collection  de  douze  bil- 
les du  même  genre  que  celles  de  Vervoz  et  provenant  de 
Pommern  sur  la  Moselle.  Ces  billes,  de  diverses  grosseurs 
(12  m/m  —  20  m/m),  portant  les  marques  suivantes  :  II,  VII, 
XII,  XVI,  XXX,  XXXVÏII,  XXXX,  XXXXI,  XXXXVI1, 
LIIII,  LXI,  LXXXXIIII  (2). 

Il  ne  peut  évidemment  s'agir  de  voir,  dans  ces  billes, 
des  poids,  encore  moins  des  projectiles  (3),  mais  bien  des 
calculi,  des  lapilli,  c'est  à  dire  de  petites  boules  ayant 
servi,  soit  à  calculer  sur  une  abaque  (abacus),  soit  à  inter- 
venir dans  un  jeu. 

Les  tables  de  jeu  (tabulae  lusoriae)  sont  suffisamment 
connues  par  leurs  inscriptions  suggestives  (4)  et  telle 
d'entre  elles,  découverte  à  Cherchel  (Algérie),  présente 
même  cette  particularité  qu'elle  est  pourvue  de  vingt-neuf 
cavités  circulaires  de  diamètre  inégal,  destinées  à  recevoir 
des  boules  à  l'instar  d'un  billard  anglais  moderne  (5). 

Si   l'on  admettait  que   les  billes   de  Vervoz   proviennent 

(1)  On  a,  à  différentes  reprises,  signalé  la  découverte  de  billes  en 
terre  cuite  anépigraphes,  notamment  clans  la  villa  de  Bas-Oha  (Bull, 
des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archéol.,  t.  XIV,  p.  197,  pi.  III,  fig.  68). 

(2)  Joseph  Klein,  Die  kleineren  inschriftlichen  Denkmàler 
des  Bonner  Provinsialmuseums  dans  les  Bonncr  JahrbùcJter  , 
t.  LXXXVIII,  p.   115.  —  Cf.  encore  ibid.,  t.  CI,  p.   115,  fig.  9. 

(3)  Schaves,  La  Belgique  et  les  Pays-Bas  avant  et  durant  la  do- 
mination romaine,  t.  I,  p.  80. 

(4)  Voyez  au  sujet  des  tabulée  htsoriœ  :  Bonncr  Studien.  —  Auf- 
sàtze  ans  der  Alterthumswissenschaft  Reinhard  Kekulê  gewidmet 
von  seinen  Schùlern,  Berlin,  iSço,  pp.  323  et  suiv.  ;  Max  Ihm, 
Délie  tavole  lusorie  romane,  clans  les  Mittheilungen  des  kaiserlich- 
deutschen  Instituts  (Rome),  t. VI,  pp.  208-220;  Bonner  /ahrbùcher, 
t.  LXXXXII,  pp.  259-260. 

(5)  Comptes-rendus  de  V Académie  des  inscriptions  et  belles-let- 
tres de  France,  t.   XXI,  pp.  402-403. 


—  109  — 

d'une  petite  tabula  iusoria  du  genre  de  cette  dernière,  pour- 
rait-on expliquer  le  numérotage  élevé  (LXXXXVI)  de  ces 
<(  mailles  »  --  numérotage  qui  impliquerait  l'existence  d'un 
très  grand  nombre  de  cavités  --et  justifier,  d'autre  part, 
le  numérotage  même  de  ces  billes,  puisque  la  table  de  Cher- 
che], qui  est  prise  comme  type,  ne  porte  aucune  inscription 
gravée  au-dessus  des  cavités  ? 

Puisque  c'est  à  un  jeu  qu'il  faut,  semble-t-il,  rattacher 
les  billes  de  Vervoz,  n'est-il  pas  plus  rationnel  de  conjecturer 
qu'elles  ont  appartenu  à  un  jeu  de  hasard  quelconque,  tel 
que  l'un  de  nos  lotos  ? 

Les  billes,  après  avoir  été  mélangées,  étaient  renfermées 
sans  doute  dans  une  bourse,  où  venaient  puiser  les  joueurs  ; 
à  celui  d'entre  eux  qui  obtenait  le  plus  grand  nombre  de 
points,  revenait  l'honneur  de  la  partie... 

—  Instrument  en  silex,  à  talon  arrondi,  ayant  l'aspect 
d'un  ciseau  ;  fbrmé  d'une  lame  épaisse,  longue  de  Omo6, 
l'outil  se  termine  par  une  espèce  de  tranchant  large  de 
omo5  et  poli  intentionnellement  sur  les  deux  faces  et  sur 
les  côtés. 

Aucune  pièce  semblable  n'a  jusqu'ici  été  signalée  dans 
les  gisements  néolithiques  de  la  région. 

Ce  pourrait  être  aussi  une  sorte  de  lissoir  de  l'âge  de 
la  pierre,  conservé  ou  même  encore  utilisé  à  l'époque 
romaine  (i). 

Il  est  peu  probable  qu'un  silex  ait  été  taillé  à  cette  der- 
nière période  (2). 

(1)  A  différentes  reprises,  des  haches  en  silex  ont  été  retrouvées 
dans  les  substructions  des  villas  bclgo-romaines  de  la  Hesbaye, 
notamment  dans  la  villa  de  la  Bruyère,  à  Landen  (Bull,  de  l'Inst. 
archèol.  liég.,  t.  XX,  p.  6),  dans  celle  du  Wingsveld  (ibid.,  t.  XX, 
p.  11).  —  En  1871,  fut  découverte  dans  le  coin  d'une  des  salles  de 
la  villa  du  Bctzveld  une  hache  en  silex  bien  caractéristique  (ibid., 
t.  XX,  p.  6). 

(2)  Mr  M.  De  Puydt  a  bien  voulu  nous  transmettre  sur  le  silex 
de  Vervoz  la  note  ci-dessus  ;  qu'il  nous  permette  ici  de  l'en  remer- 
cier sincèrement. 


—  110  — 

Objet  indéterminé,  de  forme  conique,  en  lave  de  Nieder- 
mendig  (?).  Peut-être  convient-il  d'y  voir  un  débris  de 
meule. 

MATÉRIAUX  DE  CONSTRUCTION 

Nombreux  débris  de  tuiles  romaines  (tegulae  et  imbrices) 
ne  portant  aucune  marque  de  fabricant  ;  l'un  d'eux 
conserve  l'empreinte  de  deux  doigts  humains. 

Plusieurs  morceaux  de  grosses  ardoises  ;  un  fragment 
est  encore  percé  du  trou  par  lequel  passait  le  clou  mainte- 
nant l'ardoise  à  la  toiture. 

Cette  trouvaille  d'ardoises  —  signalée  aussi  à  la  villa  de 
Latinne  —  vient  confirmer  la  découverte  du  même  genre 
qui  a  été  faite  au  cours  des  fouilles  pratiquées  à  Vervoz 
au  lieu  dit  «  Chambre  la  Ruine  ». 

On  peut  en  conclure  que  l'emploi  des  ardoises  comme 
matériaux  de  couverture  était  déjà  généralisé  dans  le 
Condroz  à  l'époque  belgo-romaine  (i). 

OSSEMENTS 

Un  grand  nombre  d'ossements  ont  été  retirés  du  fumier 
de  la  villa  de  Vervoz  (2). 

Il  convient  de  signaler  parmi  ceux-ci  une  grande  quan- 
tité de  canines  inférieures  et  d'incisives  de  sanglier  (Sus 
scrofa)  ou  de  porc  (Sus  scrofa,  domesticus),  une  molaire  de 
mouton  (Ovis  aries),  un  crâne  et  des  ossements  de  chien 
(Canis  familiaris),  des  vertèbres  de  cheval  (Equus  c  a  bal  lus) 


(1)  Voyez  au  sujet  de  l'emploi  de  l'ardoise  comme  mode  de  cou- 
verture .1  l'époque  belgo-romaine,  la  notice  insérée  dans  les  Annales 
de  la  Société  &  archéologie  de  Bruxelles,  t.  XV,  pp.  365-372. 

(?.)  Ces  différents  ossements  ont  été  identifiés  par  M.  Hamoir, 
vétérinaire  à  Bois-Borsu  ;  ils  ont  également  été  examinés  par  M. 
fulien  Fraipont,  professeur  à  l'Université  de  Liège. 


—  111  — 

et  de  bœuf  (Bos  taurus),   ainsi   qu'un   fragment   de  tarso- 
métatarsien   de   faisan     (Phasianus   colchicus)    ou    d( 

(Gallus  domesticus). 

* 

#  * 

A  en  juger  par  le  grand  nombre  et  la  variété  des  objets 
qui  ont  été  exhumés  du  fumier  de  la  villa  de  Vervoz, 
celle-ci  a  dû  être  très  importante  et  abriter  une  population 
initiée  à  tous  les  raffinements  de  la  civilisation  romaine. 

Il  est  probable  qu'on  y  fabriquait  sur  place  la  poterie 
grossière  d'usage  domestique  ;  une  certaine  quantité  de 
terre  plastique  recueillie  au  milieu  des  débris  du  fumier 
rend  cette  supposition  très  vraisemblable.  On  rappro- 
chera, au  surplus,  de  cette  trouvaille,  le  lissoir  en  silex 
et  les  instruments  en  fer  décrits  ci-dessus. 

Du  reste,  de  par  sa  situation  aux  abords  d'une  route 
romaine  de  grande  communication  (route  militaire  de 
Tongres  à  Arlon),  la  localité  de  Clavier,  dont  Vervoz  n'est 
qu'un  hameau,  doit  de  bonne  heure  avoir  été  un  endroit 
fréquenté  par  les  Belgo-Romams. 

Une  luxueuse  villa  y  a  été  déblayée,  en  1893,  pour 
compte  du  Gouvernement  Belge  et  sous  la  surveillance  de 
M.  Schuermans  (1)  ;  ces  fouilles  ont  fourni  des  antiquités 
remarquables  déposées  aujourd'hui  aux  Musées  royaux  du 
Cinquantenaire,   à  Bruxelles. 

Des  découvertes  non  moins  importantes  ont  été  signa- 
lées dans  les  environs,  à  Bois-Borsu  notamment  (2). 

* 

*  * 

Les  fouillés  qui  y  ont  été  exécutées  dans  le  courant  de 

(1)  Cf.  au  sujet  de  ces  fouilles,  VExfress  du  19  octobre  1893,  la 
Chronique  du  20  dito,  la  Meuse  des  20  et  21  dito,  le  Messager  de 
Gand,  189,3,  P-  5°3-  —  Westdcutsche  Zeitschrift  fur  Geschichte  und 
Kunst,  XIII,  p.  323. 

(2)  Voir  notamment  au  sujet  de  la  découverte  d'un  trépied  et  d'un 
candélabre  en  bronze  le  Bulletin  de  l'Institut  archéologique  lié- 
geois, t.   XXXII,  pp.  335-348. 


—  112  — 

cette  année  à  Vervoz  et  à  Ocquier  par  Y  Institut  archéolo- 
gique liégeois  viennent  confirmer  des  constatations  anté- 
rieures et  établir  plus  nettement  la  réalité  de  l'occupation 
romaine  dans  cette  partie  du  Condroz  ;  il  appartient  aux 
recherches  complémentaires  qui  y  seront  entreprises  Tannée 
prochaine  d'en  apporter  de  nouvelles  preuves. 


VI 


RECHERCHES  ET  ENQUETES  A  BORSU, 
LES  AVINS,  RAMELOT  ET  BUSIN. 

Enfin,  en  vue  des  fouilles  de  l'année  prochaine,  l'Institut 
s'est  occupé  de  faire  certaines  enquêtes  et  de  pratiquer 
quelques  sondages  aux  abords  des  tumuli  de  Fontenoy, 
des  Avins,  de  Ramelot  et  de  Busm. 


VII 


Il  convient,  avant  de  terminer  ce  rapport,  de  rendre  un 
juste  tribut  de  reconnaissance  à  ceux  qui  ont  facilité  la 
tâche  de  l'Institut. 

Nos  premiers  remerciements  iront  à  Mme  la  comtesse 
de  Borchgrave  d'Altena,  douairière  de  M.  le  baron  Camille 
de  Tornaco,  ainsi  qu'à  M.  le  baron  François  de  Tornaco, 
qui  ont  daigné  accorder  l'autorisation  de  fouiller  leurs 
propriétés  de  Vervoz  et  d'Ocquier,  puis  au  Conseil  fabri- 
cien  de  Latinne  qui,  de  son  côté,  a  bien  voulu,  pendant 
deux  ans,  octroyer  les  permissions  nécessaires  pour  explo- 
rer le  cimetière  franc  de  cette  commune. 

Nous  exprimons,  d'autre  part,  de  vifs  sentiments  de  recon- 
naissance à  MM.  Rosoux,  médecin-vétérinaire  à  Hannut, 
et   Collard-Larock,   propriétaire   à   Latinne,    qui   ont   obli- 


—  113  — 

geamment  laissé  déblayer  sur  leurs  terres  les  substructions 
de  la  villa  de  Latinne. 

Des  remerciements  sont  dus  enfin  à  MM.  E.  Davin- 
Rigot  et  Firmin  Hénatfx,  tous  deux  membres  correspon- 
dants de  la  Société  et  qui,  avec  un  désintéressement  et 
un  zèle  auxquels  il  importe  de  rendre  ici  un  hommage 
mérité,  ont  bien  voulu  se  charger  de  l'organisation  et  de- 
là surveillance  des  fouilles. 

L.  RENARD. 
Liège,   23   octobre   1903. 


ANTHISNES 
Une  seigneurie  ecclésiastique  sous  l'ancien  régime 


LA  SEIGNEURIE  DE  VIEN 


— *• 


Le  présent  travail  a  été  entrepris  pour  sauver  de  l'oubli 
les  précieux  matériaux  fournis  par  les  archives  du  château 
d'Ouhar,  à  Anthisnes,  les  seuls  à  peu  près  qui  puissent 
donner  une  idée  exacte  de  ce  qu'était  ce  village  avant  la 
révolution  française.  Nous  n'étonnerons  personne  en  disant 
que  bon  nombre  de  ces  documents  —  copies  authentiques 
pour  la  plupart  —  sont  relatifs  à  des  procès,  ce  qui  prouve 
une  fois  de  plus  que  nous  devons  à  l'esprit  chicanier  de  nos 
pères  une  mine,  encore  peu  explorée,  de  renseignements 
puisés  à  des  sources  aujourd'hui  perdues. 

Cela  dit,  on  nous  dispensera  de  multiplier  nos  références, 
et  l'on  saura  que  nous  avons  utilisé  les  archives  locales,  y 
compris  les  registres  paroissiaux,  chaque  fois  qu'une  autre 
source  ne  sera  pas  indiquée. 


APERÇU  HISTORIQUE. 

Sur  les  hauteurs  de  la  rive  gauche  de  l'Ourthe,  à  28  kilo- 
mètres de  Liège,  la  route  de  Gomblain-au-Pont  à  Ouffet 
côtoie  le  village  d'Anthisnes,  qui,  avec  le  hameau  de  Vien 
et  d'autres  dépendances,  s'étend  sur  1 ,442  hectares  28  ares 
et  compte  1 ,585  habitants  (1). 

Son  existence  semble  remonter  à  une  haute  antiquité. 
Sans  parler  de  quatre  petites  élévations  «  en  forme  de  forts  » 
qu'on  remarque  à  l'endroit  dit  les  Stepennes,  et  des  mon- 
naies romaines  qu'on  y  a  trouvées  (2),  il  convient  de  dire 
un  mot  d'une  autre  découverte,  faite  en  i836,  dans  la  cam- 
pagne du  Chènay,  et  dont  le  docteur  Bovy  (3)  nous  a  con- 
servé le  souvenir  : 

«  Il  y  a  trois  ans,  »  dit-il,  «  que  MM. les  barons  de  Waha 
»  d'Ouhar,  dont  le  château  est  à  proximité,  faisant  extraire 
»  du  sable  d'une  fosse  qui  en  est  voisine,  les  ouvriers 
»  découvrirent,  à  la  profondeur  de  quatre  pieds,  une  caisse 
»  de  forme  oblongue.  Le  bois  en  était  pourri  :  il  tomba  en 
»  poussière  au  premier  choc.  Un  vase  s'offrit  à  leurs  yeux; 
»  ils  s'en  saisirent  avec  l'avidité  d'hommes  qui  pensent 
»  trouver  un  trésor.  Jugeant,  au  poids,  qu'il  devait  contenir 
»  de  l'or,  et  ne  pouvant  s'en  assurer  à  cause  des  incrusta- 
»  tions  qui  en  bouchaient  l'orifice,  ils  le  brisèrent  impi- 
»  toyablement  à  coups  de  pioche,  mais  leur  attente  fut 
»  bien  déçue,   lorsqu'ils  n'en  virent  sortir  que  du  sable. 

(i)  Recensement  du  3i  décembre  1902. 

(2)  Voy.  Dkl  Vaux,  Dictionnaire  géographique  de  la  province  de 
Liège,  2"  édit.,  iie  partie,  p.  i5. 

(3)  Promenades   historiques  dans  le  pays  de  Liège,  t.  II  (1839), 
p.  1  53  et  planche. 


—  117  — 

»  Ils  en  ramassèrent  néanmoins  les  fragments,  ainsi  que 
»  d'autres  débris,  et  les  rapportèrent  au  château  où  ils 
»  furent  jetés  élans  un  grenier,  à  l'exception  de  plusieurs 
»  patères  en  terre  cuite  que  les  gens  de  la  basse-cour  firent 
»  servir  à  divers  usages  domestiques;  il  en  fut  conservé 
»  deux.  Le  cercueil  paraissait  être  en  bois  de  chêne,  comme 
»  on  pouvait  le  reconnaître  aux  quatre  angles  qu'une  gar- 
»  niture  de  fer  battu  avait  protégés  contre  les  ravages  du 
»  temps,  et  qui  se  trouvaient  très-bien  conservés.  Malheu- 
»  reusementon  ne  sait  ce  que  ces  fragments  sont  devenus. 
»  Les  autres  objets  étaient  aussi  complètement  oubliés, 
»  quand  le  hasard  me  procura  l'occasion  d'en  parler  à 
»  MM.  de  Waha,  qui  voulurent  bien  me  les  envoyer.  Je 
»  fus  frappé  de  l'élégance  et  des  formes  gracieuses  du  vase, 
»  de  la  belle  ciselure  de  son  anse,  et  de  la  perfection  avec 
»  laquelle  l'artiste  en  avait  traité  les  moindres  détails.  » 

Et  en  effet,  ce  vase,  qui  est  en  bronze  et  accompagné 
d'une  cuvette  à  oreilles  ornées  de  lévriers,  est  particulière- 
ment intéressant  par  les  figures  en  relief  et  les  scènes 
diverses  que  l'artiste  a  représentées  sur  son  anse,  et  cela 
antérieurement  à  l'époque  où  se  manifeste  la  décadence 
complète  de  l'art  chez  les  Romains.  Ajoutons  que  ces 
objets,  après  avoir  passé  dans  les  collections  de  M.  Charles 
Davreux,  ont  été  cédés  par  ses  héritiers  à  l'Institut  archéo- 
logique liégeois. 

Situé  à  l'extrémité  orientale  de  la  partie  de  la  Belgique 
lotharingienne  qui  était  échue  au  roi  Charles  le  Chauve,  le 
village  d'Anthisnes  passa  à  son  fils  Louis  le  Bègue,  sous 
lequel  on  le  trouve  mentionné  pour  la  première  fois.  Le 
4  avril  879,  six  jours  avant  sa  mort,  ce  prince  fit  à  un  de 
ses  fidèles  nommé  Ebroïn  une  donation  comprenant  le 
village  d'Anthisnes,  Antina,  dans  le  pagus  de  Condroz,  et 
celui  d'Heure  en  Famenne,  avec  leurs  serfs  et  toutes  leurs 
appartenances  (1). 

En  946,  ces  deux  terres  faisaient  partie  des  biens  qu'Eil- 

(i)  Galliot,  Histoire  de  la  ville  et  province  de  Namur,  t.   V, 

p.  274. 


—   118  — 

bert,  seigneur  de  Florennes  (i),  et  sa  femme  Héresinde 
avaient  donnés  aux  bénédictins  du  monastère  de  Waulsort 
qu'ils  venaient  de  fonder.  Le  diplôme  du  19  septembre  de 
cette  année,  par  lequel  Otton  Ier,  roi  de  Germanie,  à  la 
prière  de  l'archevêque  de  Mayence  et  de  l'évêque  de  Liège, 
ratine  cette  fondation,  nous  apprend  qu'il  y  avait  alors  à 
Anthisnes  une  église  dédiée  à  saint  Maximin  et  un  manse 
seigneurial  dont  relevaient  trente  et  un  manses  exploités  par 
des  tenanciers,  deux  brasseries  et  un  moulin  (2). 

A  partir  de  cette  époque  l'abbé  de  Waulsort  exerça  les 
droits  seigneuriaux  à  Anthisnes.  Mais  cette  possession  loin- 
taine étant  naturellement  exposée  à  toutes  sortes  de  convoi- 
tises, il  eut  à  la  défendre  maintes  fois  contre  des  tentatives 
d'oppression.  Tantôt  c'est  Lambert,  comte  de  Montaigu, 
qui  prétend  lever  une  imposition  sur  les  dîmes  novales  de 
l'endroit  (3),  et  qui  ne  renonce  à  ses  prétentions  qu'après 
avoir  été  convaincu  d'injustice  par  les  comtes  de  Namur 
et  de  Looz,  le  jour  même  où  il  était  menacé  de  compa- 
raître en  pleine  cour  impériale  à  Liège  (3o  mars  11 25)  (4). 
Tantôt  ce  sont  des  «  malfaiteurs  »  qui  s'ingèrent  dans  les 
affaires  de  la  justice,  s'arrogent  le  droit  de  gîte  et  oppriment 
les  habitants  d'Heure  et  d' Anthisnes,  au  point  que  l'abbé 
est  obligé  d'implorer  la  protection  du    roi   Conrad    III. 

(1)  Improprement  appelé  comte  de  Florennes.  Voy.  Roland,  Hist. 
généal.  de  la  maison  de  Rumi  gny-Florennes ,  dans  Ann.  de  la  Soc. 
arch.  de  Namur,  t.  XIX. 

(2)  Monumenta  Germaniae  historica,  DD.,  t.  I,  p.  160.  Le  manse 
était  une  petite  ferme  qui  comprenait  des  bâtiments  d'habitation  et 
une  étendue  de  terre  variable,  mais  toujours  mesurée,  suivant  les  ter- 
roirs, de  manière  à  suffire  à  la  subsistance  d'une  famille.  En  partant 
de  cette  donnée,  on  peut  estimer  à  environ  200  habitants  la  population 
d'Anthisnes  au  xe  siècle. 

(3)  On  nommait  novale  la  dîme  qui  était  perçue  sur  des  terrains 
nouvellement  acquis  à  la  culture.  Signalons  comme  existant  alors  à 
Anthisnes  la  dîme  du  lin,  qui  servait  à  confectionner  le  linge  des  reli- 
gieux, et  que  l'abbé  Godescalc  aliéna  vers  la  fin  du  xie  siècle  (Historia 
Walciodorensis  monasterii,  dans  Mon.  Germ.  hist.,  SS.,  t.  XIV, 
p.  53i  . 

(4)  Lahayk,  Etude  sur  l'abbaye  de  Waulsort,  annexe  III,  dans 
Bull,  de  la  Soc.  d'art  et  d'hist.  du  diocèse  de  Liège,  t.  V,  p.  q53. 


—  119  — 

Celui-ci,  par  un  diplôme  daté  d'Aix-la-Chapelle  le  rr  jan- 
vier 1146,  reconnut  que  ces  deux  villages  avaient  été 
donnés  à  l'église  de  Waulsort  libres  de  toute  imposition, 
témoin  le  privilège  de  l'empereur  Otton  qu'il  avait  sous  les 
yeux;  en  conséquence,  il  abolit  les  mauvaises  coutumes  qui 
s'y  étaient  introduites  et  rétablit  les  libertés  dont  ils  jouis- 
saient du  temps  de  ses  prédécesseurs,  Louis  et  Otton  (1). 

Au  xve  siècle,  ces  privilèges  furent  confirmés  par  les 
princes  évêques  de  Liège,  qui  ordonnèrent  à  leurs  baillis 
du  Condroz  de  n'exiger  des  habitants  d'Anthisnes  ni  tailles, 
ni  crenées,  ni  impositions  (2).  Cependant  des  cotisations 
extraordinaires  furent  payées  plus  tard  au  receveur  de  son 
altesse,  notamment  sous  le  règne  d'Ernest  de  Bavière,  mais 
non  sans  protestation  du  seigneur  abbé. 

Il  fallut,  pour  faire  table  rase  de  ces  exemptions  sécu- 
laires, l'impérieuse  nécessité  de  pourvoir  aux  énormes  dé- 
penses occasionnées  par  les  discordes  civiles  et  le  séjour  des 
armées  étrangères  dans  la  principauté  pendant  les  guerres 
de  Louis  XIV.  On  voit  bien  encore  le  baron  de  Haute- 
penne,  bailli  du  Condroz,  attester,  le  2  mars  i685,  que  le 
village  d'Anthisnes  n'est  pas  dans  la  matricule  des  tailles  de 
son  quartier;  mais  déjà  les  états  du  pays  ont  pris  la  réso- 
lution de  ne  pas  s'arrêter  à  de  pareilles  protestations,  et 
bientôt  un  mandement  de  Maximilien-Henri  de  Bavière, 
publié  le  6  avril  1686,  vient  apprendre  aux  intéressés  que 
«  tous  les  villages  de  notre  pays  de  Liège  et  comté  de 
»  Looz  sans  aucune  réserve,  qui  ont  ci-devant  prétendu 
»  quelque  exemption,  devront  aussi  payer  toutes  tailles  et 
»  impôts  accordés  et  à  accorder  par  nos  états  (3).  »  C'en 
était  fait  des  franchises  d'Anthisnes,  et  dans  un  tableau  des 
communautés  liégeoises  imposées  au  xvme  siècle,  on  trouve 
le  nom  de  ce  village  avec  sa  quote-part  dans  la  taille  (i). 

(1)  Martene  et  Durand,  Amplissima  collectio,  t.  I,  col.  7111. 

(2)  Daris,  Extraits  du  cartulaire  de  Saint-Laurent,  dans  Bull. 
précité,  t.  II,  p.  184.  A  remarquer  toutefois  que  l'auteur  se  trompe  de 
dates  ou  de  noms,  en  citant  les  lettres  coniîrmatives  des  évêques  Je 
Liège. 

(3)  Ordonnances  de  la  principauté  de  Liège,  3e  série,  t.  I,  p.  54. 

(4)  Bull,  de  l'Inst.  arch.  liégeois,  t.  XV,  p.  470. 


—  120  — 

L'affection  témoignée  par  Eilbert  aux  moines  de  Waul- 
sort  ne  devait  pas  rester  sans  imitateurs.  En  n33,  grâce  à 
la  générosité  de  deux  hommes  libres,  l'abbaye  put  ajouter 
à  son  domaine  l'alleu  de  Vien  (Vilenq),  contigu  à  Anthisnes  : 
de  Godefroid  de  Rachamps  et  de  son  épouse  Gerberge,  elle 
reçut  le  manoir  seigneurial  et  la  moitié  de  l'église  de  l'en- 
droit ;  de  Nicolas  de  Hérock  et  de  sa  femme  Osilie,  les  trois 
quarts  de  l'autre  moitié  (très  partes  alie  medietatis),  avec 
terres,  prés  et  bois.  Cette  libéralité  se  fit  par  l'entremise  du 
comte  Godefroid  de  Namur,  comme  avoué  principal  de 
Waulsort,  et  de  Lambert  de  Montaigu,  dans  le  comté  du- 
quel se  trouvait  la  terre  de  Vien  (i). 

Bien  que  ratifiée  plusieurs  fois  par  les  évêques  de 
Liège  (2),  la  donation  de  Vien  fut  cause  d'un  long  procès 
que  l'église  de  Waulsort  eut  à  soutenir,  après  avoir  joui 
paisiblement  de  son  bien  durant  plus  de  soixante  ans.  Un 
nommé  Conon  Spiruet  et  sa  femme  Aelide,  se  disant  héri- 
tiers de  la  dame  Osilie,  en  chassèrent  les  gens  de  l'abbaye. 
L'abbé  eut  recours  au  haut  avoué  de  son  église,  le  comte 
de  Luxembourg,  qui  chargea  le  prévôt  de  Durbuy  de  con- 
voquer les  parties  à  Sény  (1221).  Spiruet  étant  mort,  sa 
veuve  comparut  seule,  mais  elle  refusa  de  s'expliquer,  allé- 
guant que  l'alleu  de  Vien  se  trouvait  dans  le  comté  de 
Montaigu  et  ressorti ssait  à  la  cour  de  ce  comté  (3). 

Les  plaideurs  finirent  cependant  par  s'accorder  :  le 
27  mai  1235,  en  présence d'Ermesinde,  comtesse  de  Luxem- 
bourg, Aelide  et  ses  enfants  confessèrent  leurs  torts  et 
renoncèrent  à  leurs  prétentions;  de  son  côté,  l'abbé  de 
Waulsort,  Henri  de  Graux,  leva  l'excommunication  pro- 
noncée contre  eux,  puis  il  consentit  à  convertir  en  un  fief 
héréditaire,  au  profit  des  fils  d'Aelide  et  pour  être  tenus  à 
perpétuité  de  son  église,  le  manoir  et  la  terre  de  Vien,  à  la 
réserve  de  la  grosse  et  de  la  menue  dîme,  de  la  Commine 
quœ  est  rétro  Segetum  et  de  quelques  redevances  (4). 

1 1  .  Analectes  pour  servir  h  l'histoire  ecclésiastique  de  Belgique, 
t.  XVI,  p.  36.  Cf.  Lahaye,  ouvi  .  cité,  annexes  III  et  XIV. 

12)  Analectes,  loc.  cit.;   Martkne  et   Durand,   Ampl.  coll.,  t.  I, 

Col  .    i|I  I  . 

(3)  Lahaye,  ouvr.  cité,  annexe  XIV. 
(4;  Ibidem,  annexe  XXIII. 


—  121   — 

Durant  plus  de  sept  siècles,  la  congrégation  de  Waul- 
sort  resta  en  possession  de  la  seigneurie  d'Anthisnes. 
Après  l'avoir  engagée  plusieurs  fois  pour  subvenir  aux 
dépenses  que  lui  occasionnaient  ses  propriétés  de  la 
frontière,  sans  cesse  dévastées  par  les  armées,  elle  se  vit 
obligée  de  vendre  tous  ses  biens  du  Condroz,  savoir  :  la 
seigneurie  et  la  ferme  d'Anthisnes,  avec  la  cour  censale  et 
la  cour  féodale,  la  ferme  de  Vien,  la  collation  des  cures 
de  ces  deux  villages,  les  dimes,  cens,  rentes  et  générale- 
ment tous  les  droits  appartenant  à  l'abbaye.  L'acquéreur 
fut  l'avoué  même  d'Anthisnes,  Conrard  de  Crisgnée 
(12  mars  i663);  mais  comme  il  ne  réussit  pas  à  obtenir 
l'agrément  du  saint-siège,  le  contrat  fut  déclaré  nul  et  non 
avenu.  Les  mêmes  biens,  remis  en  vente,  furent  défini- 
tivement achetés,  le  i5  décembre  1664,  par  Guillaume 
Natalis,  abbé  de  Saint-Laurent,  moyennant  la  somme  de 
16,000  patacons,  outre  les  charges  (1).  Ils  restèrent  ainsi 
la  propriété  de  l'ordre  de  Saint-Benoît,  qui  les  conserva 
jusqu'à  la  révolution  française. 

Depuis  un  temps  immémorial,  Anthisnes  et  Vien  fai- 
saient partie  de  la  principauté  de  Liège  (2),  et  leurs  cours 
de  justice  ressortissaient  en  appel  à  celle  des  échevins  de 
Liège  (3).  Par  un  contrat  d'échange  du  23  avril  176S,  le 
prince  évèque  d'Oultremont  céda  ces  deux  villages  à 
Jacques  de  Hubin,  prince  abbé  de  Stavelot,  dont  les  terres 
étaient  voisines.  Conséquemment  à  cette  convention,  le 
ressort  ordinaire  de  la  cour  d'Anthisnes,  tant  au  civil  qu'au 
criminel,  fut  transféré  à  la  cour  haute  et  féodale  de  Stave- 
lot, et  celui  de  la  cour  de  Vien  à  celle  de  Malmedy  (6  octobre 
1769)  (4). 

(  1)  Cartulaire  de  Saint-Laurent,  au  séminaire  épiscopal  de  Liège, 
t.  VI;  copie  dans  Le  Fort,  3e  partie,  aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 
La  valeur  intrinsèque  du  patacon  est  d'environ  5  fr.  47. 

(2)  Il  y  a  donc  lieu  de  s'étonner  que  parmi  les  seigneuries  relevées 
à  la  cour  féodale  de  Liège  par  les  abbés  de  Waulsort,  on  ne  rencontre 
pas  Anthisnes.  Voy.  Poncelet,  Le  livre  des  fiefs  de  l'église  de  Liège 
sous  Adolphe  de  la  Marck,  p.  lviii. 

(3)  Grand  greffe  A, n°  3  1  cS,  fol.  177,  aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 

(4)  Polain,  Recueil  des  ordonnances  de  la  principauté  de  Stave- 


—  122  — 

Le  changement  qui  venait  de  s'opérer  ne  rendit  pas  à 
Anthisnes  ses  anciens  privilèges  en  matière  d'impôts.  En 
effet,  le  contrat  d'échange  portait  que  dorénavant  les  habi- 
tants des  deux  communautés  contribueraient  aux  charges 
publiques  comme  les  autres  sujets  du  prince  de  Stavelot. 
Aussi,  malgré  la  protestation  de  l'abbé  de  Saint- Laurent 
et  la  réclamation  de  leurs  députés,  les  deux  villages  furent- 
ils  taxés  au  trente-troisième  des  charges  de  la  généralité, 
dans  la  proportion  de  38  pour  Anthisnes  et  de  14  pour 
Vien  (1). 

Il  restait  à  régler  la  situation  des  deux  communautés  au 
point  de  vue  militaire.  C'est  ce  que  l'abbé  Gélestin  Thys 
fit  par  un  mandement  du  27  juin  1787,  statuant  que  les 
habitants  d'Anthisnes  et  de  Vien  formeraient  une  compa- 
gnie dans  le  régiment  de  Logne  aux  ordres  de  son  châte- 
lain (2). 

LA  SEIGNEURIE   D'ANTHISNES. 

LA  COUR  DE  JUSTICE.   -   LES   PLAIDS. 

LA  COUR   EÉODALE. 

Un  record  de  l'an  i5o,3  (3)  constitue,  avec  une  quin- 
zaine de  procès-verbaux  des  plaids  de  la  communauté 
(1532-1780),  la  source  principale  à  consulter  sur  les  reve- 
nus et  les  droits  du  seigneur  d'Anthisnes. 

Voyons  d'abord  comment,  en  1743,  Saumery  décrit  sa 
maison  ou  plutôt  l'édifice  qui  servait  à  l'exploitation  des 
terres  qu'il  avait  en  propre  (4)  :  «  C'est,  »  dit-il,  «  un  amas 
»  de  plusieurs  gros  bàtimens  construits  en  diférens  tems, 

lot,  pp.  327  et  433.  Cf.  J.  Halkin,  Invent,  des  arch.  de  ïabbaye  de 
Stavelot-Malmedy ,  dans  Bull,  de  la  Comm.  roy .  d'histoire,  5e  série, 
t.  VII,  p.  378. 

(  1  )  Villkrs,  Histoire  chronologique  des  abbés-princes  de  Stavelot 
et  Malmedy,  t.  1,  p.  n;  t.  III,  pp.  270-282.  En  1769,  Anthisnes  fut 
imposé  à  38o  florins,  et  Vien  à  140. 

(2)  Polain,  ouvr.  cité,  p.  371. 

(3)  Pièces  justificatives,  n°  V. 

(4)  Les  Délices  du  pais  de  Liège,  t.  III,  p.  190,  avec  planche. 


—  123  — 

»  mais  tous  avec  beaucoup  de  solidité.  Le  premier  qui  se 
»  présente,  est  un  1410s  pavillon  bâti  Tan  i683,  qui  soutient 
»  un  portail  où  l'architecture  étale  ce  qu'elle  a  de  plus 
»  majestueux.  On  remarque  entre  ses  divers  ornemens 
»  une  statue  de  saint  Laurent,  travaillée  avec  beaucoup 
»  d'art.  Ce  portail  qui  est  détendu  par  une  tour  isolée, 
»  sert  d'entrée  à  une  vaste  basse-cour,  où  rien  ne  manque 
»  de  ce  qui  fait  les  richesses  de  l'économie  rustique. 
»  L'église  paroissiale  qui  la  borde  au  midi,  et  deux  belles 
»  fontaines  ne  contribuent  pas  peu  à  l'embélissement  de 
»  cette  superbe  basse-cour.  Le  côté  occidental  est  bordé 
»  par  un  mur  à  hauteur  d'apui,  qui  renferme  une  galerie 
»  découverte,  de  quinze  à  seize  pies  de  largeur.  Cinq  portes 
»  qu'on  y  trouve  couvertes  d'autant  de  pavillons,  four- 
»  nissent  l'entrée  du  corps  de  logis,  dont  les  apartemens 
»  sont  plus  vastes  que  nombreux.  Ils  ocupent  une  face  du 
»  bâtiment  que  termine  une  tour  quarrée,  surmontée  d'une 
»  flèche  qui  en  rehausse  infiniment  l'aparence.  » 

Cette  page,  malgré  l'enflure  du  style,  nous  donne  assez 
bien  l'idée  de  ce  qu'est  encore  aujourd'hui  la  grande  ferme 
seigneuriale.  Presque  tous  les  bâtiments,  y  compris  la  tour, 
ont  été  construits  ou  réédifiés,  après  1664,  par  l'abbé  de 
Saint- Laurent,  Guillaume  Natalis,  dont  ils  portent  les 
armes  et  la  devise  :  Corde  et  animo.  Seul,  le  corps  de  logis 
remonte  à  l'époque  des  abbés  de  Waulsort  et  de  Hastière, 
ainsi  que  l'atteste  l'inscription  suivante  placée  au-dessus  de 
la  porte  d'entrée  : 

DNS.    NICOL  :    SARTEAV 
ABBAS.    WALS  :    HAST  : 

ME.    FIERY.    IVSSIT 

ANNO.    DNI.    l554. 

Quant  à  la  statue  de  saint  Laurent,  inutile  de  dire 
qu'elle  a  disparu. 

En  1 585,  la  censé  du  seigneur  comprenait  environ 
85  1/2  boniers,  tant  en  bâtiments,  prairies  et  pacages,  qu'en 
terres  labourables  et  trixhes  (friches).  Dans  la  suite,  on 
trouve  d'autres  contenances,  mais  sans  écarts  bien  consi- 

■2 


—  124  — 

dérables.  C'était  un  labeur  de  trois  charrues  à  la  saison  (i), 
dont  on  estimait  le  rendement,  bon  an  mal  an,  à  200 
muids,  deux  tiers  épeautre  et  un  tiers  avoine,  moins  quel- 
ques rentes. 

Ajoutons  que  le  seigneur  ou  son  représentant  jouissait, 
autant  que  quatre  manants  ensemble,  des  droits  de  chauf- 
fage, de  pacage  et  de  maisonnage  (-2)  dans  les  aisemences 
ou  biens  communaux  d'Anthisnes.  En  iôqS,  ces  avantages 
valaient  plus  de  100  dalers,  d'autres  disaient  100  florins 
de  Brabant. 

Quand  vint  la  révolution  française  avec  son  cortège  de 
confiscations,  la  ferme  dite  «  maison  seigneuriale  d'An- 
thisnes »  fut  mise  en  vente  le  12  thermidor  an  V  (3o  juillet 
1797)  et  adjugée  au  prix  de  63, 000  livres  au  citoyen  Ver- 
ninck  comme  fondé  de  procuration  de  Servais  Régner, 
ex-croisier  de  Liège  (:-i).  Elle  appartient  aujourd'hui  à 
M.  Cartuyvels  de  Collaert. 

Jusqu'ici  le  seigneur  d'Anthisnes  ne  nous  apparaît  pas 
autrement  qu'un  grand  propriétaire  de  village,  à  tel  point 
que  la  taille  et  la  dîme  se  levaient  sur  ses  terres  comme 
sur  celles  d'un  simple  manant  (4).  Ce  qui  le  met  hors  de 
pair,  c'est  qu'il  a  la  haute,  la  moyenne  et  la  basse  justice, 
c'est-à-dire   la   prérogative  d'établir   un   tribunal   connais- 

(1)  L'assolement  triennal,  usité  en  Condroz,  comportait  trois  sai- 
sons ou  soles,  c'est-à-dire  qu'on  divisait  la  terre  en  trois  portions, 
pour  les  cultiver  suivant  un  roulement  annuel  :  l'une  était  la  saison 
des  épeautres  ;  l'autre,  celle  des  metrsages  ou  des  avoines  ;  la  troi- 
sième, celle  des  jachères.  Il  en  résultait  qu'une  ferme  de  10  boniers 
à  la  saison,  par  exemple,  était  en  réalité  une  ferme  de  3o  boniers. 

(2)  Droit  de  prendre  des  bois  de  construction  pour  son  usage. 

(3)  Ventes  des  biens  nationaux,  Procès-verbaux,  n°  245.  Commu- 
nication due  à  l'obligennce  de  M.  Th.  Gobert,  archiviste  de  la  pro- 
vince. 

(4)  Pour  ce  qui  est  de  la  dîme,  on  pourrait  mettre  la  chose  en  doute 
si  l'on  voulait  s'en  tenir  à  un  témoignage  produit  en  1  5<^2>  (Pièces  jus- 
tificatives, n°  V),  mais  dans  le  contrat  fait  avec  l'amodiateur  des  biens 
de  l'église  de  Waulsort,  en  1627,  il  est  expressément  stipulé  que 
celui-ci  pourra  rentrer  chez  lui  les  dîmes  provenant  des  terres  de 
l'abbaye. 


—  125 

sant  des  affaires  civiles  et  des  affaires  criminelles.  Ce  tri- 
bunal était  composé  de  sept  échevins  et  préside  par  un 
maïeur  qui  remplissait  dans  le  village  le  même  office  que 
le  grand  maïeur  de  Liège.  Son  rôle  consistait  à  poursuivre 
les  malfaiteurs;  à  semoncer  les  échevins,  en  d'autres  termes 
à  les  requérir  de  donner  leur  avis  ou  de  prononcer  leur 
sentence;  à  faire  mettre  en  warde  de  loi  ou  inscrire  offi- 
ciellement les  attestations  produites  en  justice.  Un  grenier, 
pris  ordinairement,  comme  le  maïeur  lui-même,  parmi  les 
échevins,  et  un  sergent  chargé  de  donner  des  exploits  et  de 
faire  des  exécutions,  étaient  les  auxiliaires  indispensables 
de  ce  tribunal. 


Sceau  des  échevins  d'Anthisnes. 

Les  droits  de  l'abbé  de  Waulsort,  en  tant  que  justicier 
d'Anthisnes,  se  trouvent  déjà  définis  dans  un  texte  du  com- 
mencement du  xme  siècle,  qui  n'est  que  le  résumé  de  l'ex- 
posé ci-dessus  :  «  Excessus  modicos  et  ingentes  abbas  per 
»  villicum  et  scabinos  ac  suos  homines  débet  tractarc,  per 
»  forestarium  suum  partes  citare  (1).  » 

Si,  en  matière  criminelle,  la  procédure  se  faisait  par 
autorité  de  la  justice  d'Anthisnes,  il  ne  s'ensuit  pas  que 
celle-ci  pouvait  se  dispenser  de  prendre  l'avis  d'une  cour 
supérieure  et  d'agir  autrement  que  suivant  la  rencharge 
ou  les  instructions  des  échevins  de  Liège,  «  ses  chefs  et 
maîtres.  »  Cette  obligation  est  attestée  par  différentes  pièces, 
tant  du  XVIIe  que  du  xvme  siècle.  Un  document  plus  ancien 
nous  apprend  que  la  justice,  autrement  dit  le  lieu  des  exé- 

|  1 1   Pièces  justificatives,  n°  I. 


-  126  - 

cutions,  se  trouvait  au  «  chêne  Cornet  »,  à  la  limite  de  la 
seigneurie  du  côté  de  Vien. 

Au  privilège  de  juridiction  devait  naturellement  être 
attaché  le  droit  d'en  retirer  les  fruits.  C'est  pourquoi  les 
confiscations  appartenaient  au  seigneur.  Il  en  était  de  même 
des  amendes,  mais  dans  la  mesure  portée  par  les  ordon- 
nances et  sauf  la  portion  afférente  au  voué. 

En  sa  qualité  de  justicier,  le  seigneur  se  faisait  inau- 
gurer dans  des  formes  analogues  à  celles  qui  étaient  en 
usage  pour  les  princes  territoriaux.  Les  abbés  de  Waul- 
sort,  dont  la  résidence  était  fort  éloignée  d'Anthisnes,  se 
contentaient  de  se  faire  représenter  à  cette  cérémonie.  Ce- 
pendant l'un  d'eux,  Nicolas  Sarteau,  y  assista  le  17  mars 
i552,  à  l'occasion  d'un  plaid  de  quinzaine  (t).  Voici  com- 
ment les  choses  se  passèrent  : 

Le  seigneur  abbé  avant  requis  la  cour  de  justice  de  le 
reconnaître,  le  maïeur  et  les  échevins  renouvelèrent  en  ses 
mains  le  serment  de  fidélité  qu'ils  avaient  fait  à  ses  prédé- 
cesseurs. De  son  côté,  le  seigneur  fit  de  même,  c'est-à-dire 
qu'il  leur  promit  loyauté  ;  puis  il  demanda  aux  masuirs  et 
habitants  ajournés  par  le  sergent  s'ils  voulaient,  eux  aussi, 
renouveler  leur  serment  et  lui  prêter  assistance  et  hom- 
mage, ainsi  qu'il  convient  à  de  bons  sujets.  A  quoi  Jean 
de  Soheit  l'aîné,  Lion,  son  frère,  Adam  Corbeau,  voué 
d'Anthisnes,  et  toute  la  communauté,  après  avoir  ouï  la 
lecture  de  leurs  privilèges,  répondirent  qu'ils  ne  reconnais- 
saient d'autre  seigneur  que  l'abbé  de  Waulsort  et  décla- 
rèrent lui  devoir  aide  et  obéissance.  Dès  qu'ils  lui  eurent 
juré  fidélité,  l'abbé  leur  promit  à  son  tour,  la  main  sur  la 
poitrine,  de  leur  être  bon  et  loyal  seigneur,  et  de  les  main- 
tenir, envers  et  contre  tous,  en  possession  de  leurs  aise- 
mences,  chartes  et  privilèges  (2). 

Dans  la  même  assemblée,  le  seigneur  édicta  que  doré- 
navant aucun  afforain  (étranger)  ne  pourrait  être  eession- 

1  En  vertu  des  paix  et  des  édits,  les  justices  rurales  du  pays  de 
Liège  étaient  obligées  de  tenir  leurs  plaids  au  moins  tous  les  quinze 
jours  (Ord.  de  la  princ.  de  Liège,  ire  série,  p.  702:  2e  série,  t.  I,  p.  3). 

2  Pièces  justificatives,  n°  IV. 


—   12?   — 

naire  d'une  coupe  dans  les  bois  d'Anthisnes,  et  que  la 
moitié  des  amendes  encourues  par  les  contrevenants  serait 
attribuée  à  leurs  dénonciateurs;  ce  qui  fut  aussitôt  publié 
parle  sergent  au  lieu  accoutumé  (i).  L'abbé  statua  encore 
que  tout  manant  qui  voudrait  avoir  du  bois  pour  bâtir, 
en  pourrait  obtenir  de  la  justice  autant  qu'il  affirmera  par 
serment  lui  être  nécessaire.  Enfin,  il  fut  ordonné  aux  ma- 
suirs  de  remettre  les  chemins  en  bon  état,  chacun  suivant 
l'importance  de  son  héritage. 

Telles  sont  les  principales  résolutions  qui  furent  prises 
dans  ce  plaid  de  quinzaine.  Mais  c'était  presque  toujours 
dans  les  plaids  généraux,  où  tous  les  habitants  étaient 
obligés  de  se  trouver,  à  moins  d'excuse  légitime,  que  se 
faisait  l'inauguration  du  nouveau  seigneur.  Les  abbés  de 
Saint-Laurent  ayant  succédé  à  ceux  de  Waulsort,  y  ve- 
naient en  personne  et  tout  se  passait  comme  du  temps  de 
Nicolas  Sarteau,  sauf  que  le  cérémonial  n'était  pas  tou- 
jours le  même.  Dans  ce  cas,  le  religieux  qui  accompagnait 
l'abbé  requérait  la  cour  de  justice  de  mettre  le  prélat  en 
possession  réelle  de  la  seigneurie,  et  ce  dernier  n'était 
introduit  qu'après  l'accomplissement  de  cette  formalité. 

Considéré  au  point  de  vue  de  ses  attributions  ordi- 
naires, le  plaid  général,  à  Anthisnes,  ne  différait  en  rien 
de  ce  que  M.  Edmond  Poullet  rapporte  de  cette  institu- 
tion dans  les  anciens  Pays-Bas  :  «  Lui  seul,  »  dit-il,  «  pou- 
»  vait  parler  au  nom  de  la  communauté  villageoise  et 
»  disposer  de  ses  intérêts  propres.  Il  prenait  des  résolu- 
»  tions  sur  la  gestion  des  biens  communaux  et  sur  cer- 
»  taines  questions  locales.  C'est  pendant  sa  réunion  que 
»  l'autorité  promulguait  d'habitude  les  ordonnances  de 
»  police,  qu'elle  réglait,  de  concert  avec  les  intéressés,  ce 
»  qui  concernait  les  charges  financières  du  village,  qu'elle 
»  procédait  au  cerquemanage  et  tranchait  les  questions 
»  relatives  aux  cours  d'eau,  aux  poids  et  mesures,  aux  che- 
»  mins  publics  (2).  » 

1 1  )  Sans  doute  au  pied  du  perron  qui  se  trouvait  en  face  de  la 
maison  seigneuriale  et  qu'on  distingue  fort  bien  sur  la  planche  des 
Délices. 

12)  Edmond  Poullet,  Histoire  politique  nationale,  etc..  2e  édit., 


—  128  — 

Les  convocations  se  faisaient  de  porte  en  porte  par  le 
sergent,  et  les  manants  étaient  assemblés  au  son  de  la 
cloche,  soit  dans  la  maison  seigneuriale,  soit  en  face  de  la 
demeure  du  voué,  sous  le  tilleul  où  l'on  affichait  les  cris 
du  perron. 

Les  plaids  généraux  étant  tenus  de  la  part  du  seigneur, 
celui-ci,  quand  il  n'y  assistait  pas  lui-même,  y  envoyait  un 
procureur  qui,}sous  les  abbés  de  Saint-Laurent,  était  tou- 
jours un  des  compteurs  du  monastère. 

L'impôt  était  naturellement  un  des  objets  les  plus  im- 
portants ; soumis  aux  délibérations  de  l'assemblée.  Le  pro- 
duit en  devait  être  appliqué  aux  besoins  de  la  communauté 
et  l'on  ne  pouvait  le  détourner  de  son  but.  En  i585,  la 
taxe  ayant  été  assise  sur  les  propriétés,  une  commission 
composée  du  maïeur,  des  échevins  et  de  trois  experts  asser- 
mentés, en  fit  le  dénombrement  et  l'estimation.  Le  revenu 
des  maisons,  jardins  et  prairies  fut  évalué  à  deux  muids 
le  bonier  ;  celui  des  terres  labourables,  à  un  muid  ;  et 
chaque  muid,  y  compris  le  produit  des  dîmes,  fut  taxé 
à  2  patards.  Quant  aux  aisemences  ou  communes,  qui 
consistaient  en  i5o  boniers  de  bois,  savoir  le  bois  délie 
Heyd  (i)  et  celui  de  Tolumont,  elles  étaient  taxées  à 
1  1/2  patard  le  bonier. 

En  1675,  à  la  suite  d'une  imposition  de  tailles  néces- 
sitée par  les  exactions  des  troupes  étrangères,  le  prélat  de 
Saint-Laurent,  le  maïeur  et  les  députés  de  la  communauté, 
se  conformant  à  un  usage  déjà  établi,  firent  une  autre 
ordonnance.  Le  tiers  de  l'impôt  devait  se  payer  par  feu 
—  il  y  en  avait  une  soixantaine  —  et  les  deux  tiers,  d'après 

t.  I,  p.  541.  —  D'après  Raikem  et  Polain,  Coutumes  du  pays  de 
Liège,  t.  I,  p.  K)i,  il  y  avait,  dans  les  campagnes,  trois  plaids  géné- 
raux :  le  premier,  le  jour  de  saint  Rémi,  1e1' octobre;  le  second,  le 
lendemain  de  l'Epiphanie,  7  janvier;  le  troisième,  le  lendemain  de  la 
Quasimodo.  Il  est  toutefois  à  remarquer  que  cette  règle  n'était  pas 
suivie  à  Anthisnes. 

(1)  Le  bois  délie  Heyd,  aujourd'hui  bois  d'Anthisnes,  qui  confine 
à  la  commune  de  Villers-aux-Tours,  tirait  son  nom  d'un  château  situé 
dans  ce  village  et  dont  toute  trace  a  disparu.  Voy.  sur  ce  fief,  Bull. 
de  t'Inst.  arch.  liégeois,  t.  XXIV,  p.  3 12,  et  t.  XXXII,  p.  160. 


—  129  — 

la  valeur  des  héritages  ;  de  sorte  qu'il  fallait  acquitter  une 
taille  personnelle  et  une  taille  réelle.  En  conséquence,  les 
maisons,  jardins  et  prairies  furent  taxés  à  6  patards  le 
bonier  ;  les  bonnes  terres  et  les  pacages,  à  3  patards  ;  et  les 
mauvaises  terres,  à  6  liards. 

Pour  en  revenir  aux  plaids  généraux,  disons  que  l'amé- 
nagement des  bois,  les  règles  à  suivre  par  la  cour  de  jus- 
tice dans  la  distribution  des  coupes  et  des  sarts  (terres  à 
essarter)  entre  les  particuliers,  la  protection  de  l'agricul- 
ture et  des  glaneurs,  la  défense  de  chasser  et  de  porter  des 
armes  prohibées,  les  mesures  propres  à  conserver  le  gibier, 
la  police  des  cabarets,  tout  cela  était  de  leur  ressort;  si 
bien  qu'en  1772,  on  put  en  faire  un  code  composé  de 
71  articles,  qui  furent  confirmés,  le  g  mars,  par  le  prince 
abbé  de  Stavelot,  «  souverain  d'Anthisnes  et  de  Vien  (1).  » 

On  aurait  tort  de  croire  que  les  manants  ne  jouaient, 
aux  plaids  généraux,  qu'un  rôle  effacé.  Non  seulement  ils 
étaient  quelquefois  les  premiers  à  demander  ces  réunions, 
mais  ils  y  avaient  leur  franc  parler,  témoin  la  plainte  qu'ils 
formèrent,  en  i55o,  contre  l'un  d'eux  qui,  malgré  leurs 
réclamations  réitérées,  détenait  la  maison  de  l'Hôpital, 
léguée  à  la  communauté  pour  y  héberger  les  pauvres  et  les 
malades. 

Un  procès-verbal  des  plaids  généraux  tenus  le  21  oc- 
tobre 1692,  nous  apprend  encore  qu'on  y  fit  l'élection  de 
deux  bourgmestres,  Etienne  de  Villers  et  Gilles  de  Labbye. 
Ils  étaient  nommés  pour  deux  ans,  «  avec  tout  pouvoir 
»  qu'à  bourgmestres  appartient,  comme  de  faire  asseoir 
»  tailles,  en  lever  les  deniers,  les  appliquer  conformément 
»  à  l'ordonnance  faite  sur  ce  sujet  et  d'en  rendre  compte 
»  par  devant  le  seigneur  ou  la  justice  (2).  »  Depuis  lors  on 
mentionne  de  loin  en  loin  le  ou  les  bourgmestres,  simples 

(1)  Polain,  Ordonnances  de  la  principauté  de  Stavelot,  p.  340. 
Plusieurs  articles  concernant  les  bois  et  pâturages  sont  empruntes  au 
règlement  de  Georges  d'Autriche  (24  décembre  1 5 5 1  ) ,  qui,  d'ailleurs, 
avait  force  de  loi  lorsqu'Anthisnes  appartenait  au  pays  de  Liège. 

(2)  Daris,  Extraits  du  cartulaire  de  Saint-Laurent,  dans  Bull,  de 
la  Soc.  d'art  et  d'hist.  du  diocèse  de  Liège,  t.  II,  p.  188. 


—  130  — 

fonctionnaires,  on  le  voit,  qui  semblent  avoir  remplacé  les 
collecteurs  des  tailles. 

Outre  la  cour  de  justice,  il  y  avait  à  Anthisnes  une 
cour  féodale  et  une  cour  censale  qui,  elles  aussi,  prêtaient 
serment  au  nouveau  seigneur;  car  lorsque  les  fiefs  furent 
devenus  héréditaires,  le  vassal  pouvait  constituer  non  seule- 
ment des  arrières-fiefs,  mais  aussi  des  cens  (redevances) 
annuels  et  héritables. 

La  cour  féodale  exerçait  sa  juridiction  sur  les  fiefs 
mouvants  de  la  seigneurie.  Elle  était  présidée  par  un  bailli 
ou  lieutenant  des  iiefs,  qui  souvent  cumulait  ces  fonctions 
avec  celles  de  maïeur. 

En   1627,  suivant  une   note  autographe  de  Godefroid 

d'Anthisnes,  les  droits  perçus  à  chaque  mutation  de  vassal 

étaient  : 

Au  seigneur,  20  florins  de  Brabant. 

Au  bailli ,  au  chambellan  et  au  grenier, 

i,w."1  ,.  ,.    '  à  chacun  40  patards. 
un  plein  fier,    j        »     1  t  j     r  ,- 

I       A  chaque  homme  de  nef  présent,  un 

quart  de  rixdaler. 

Au  seigneur,  la  dépouille  d'un  an  avec 
le  choix  entre  trois. 

Au  bailli,  au  chambellan  et  au  greffier, 
à  chacun  1  postulat  valant  18  patards. 

A  chaque  homme  de  fief  présent,  4  sous. 


Pour 


Pour 
un  menu  fief 


Pour  le  relief  de  main  à  bouche  d'un  plein  fief,  le  bailli, 
le  chambellan  et  le  greffier  recevaient  chacun  40  sous. 

S'agissait-il  d'un  menu  fief,  ils  recevaient  1  postulat,  et 
les  hommes  présents,  4  sous. 

Les  menus  fiefs,  au  nombre  de  treize,  ne  méritent  pas 
qu'on  s'y  arrête.  C'étaient  de  petits  héritages,  tels  que  des 
maisons  avec  jardins  et  des  rentes  foncières  payables  en 
épeautre.  Les  pleins  fiefs,  au  contraire,  ont  presque  tous 
leur  histoire.  On  en  comptait  cinq,  ainsi  désignés  par 
Godefroid  d'Anthisnes,  en  1627,  d'après  les  noms  de  leurs 
possesseurs  : 

i°  Les  biens  du  voue.  Voy.  ci-après  :  L'avouerie  d'An- 
thisnes. 


—  131  — 

2°  La  maison  du  seigneur  de  Villers-aux-Tours  à  An- 
thisnes, avec  i3  bottiers  d'héritage  (i). 

Jean  Baré,  qui  vivait  à  Anthisnes  au  commencement  du 

XVe  siècle,  est  le  premier  possesseur  connu  de  ce  fief,  dont 
le  siège  était  près  de  l'église  paroissiale. 

11  eut  pour  successeur  Jacquemin  ou  Jacques  de  So- 
heit,  écuver,  qui  ayant  épousé  sa  fille  Elisabeth,  alla  se 
fixer  à  Anthisnes,  et  tandis  que  la  propriété  qu'il  habitait 
prenait  le  nom  de  bien  de  Soheit,  on  l'appela  lui-même 
Jacques  d'Anthisnes  ou  plutôt  il  fut  désigné  indifférem- 
ment sous  l'un  ou  Tautre  de  ces  noms. 

Un  contrat  de  mariage  du  28  novembre  1453  (2)  vient 
confirmer  ce  qui  précède.  Ayant  à  doter  sa  fille  Marie,  qui 
allait  épouser  Jacquemin  de  Crisgnée,  Jacques  de  Soheit 
lui  promit  une  rente  de  trente  muids  d'épeautre  assignée 
«  sur  une  court,  maison,  jardin,  cheruwaige  et  assiese 
«  gissant  au  dit  lieu  d'Anthisnes,  qui  jadis  fut  Jehan 
»  Bareit  (3).  » 

La  situation  de  ce  fief  nous  est  indiquée  par  un  acte 
du  6  mai  1461,  constatant  que  Stassin  Chabot,  maïeur  de 
Liège,  releva  une  rente  de  huit  muids  d'épeautre  assise 
«  sur  la  maison,  tenure  et  porprise  joindant  al  englise 
»  d'Anthine,  et  que  ledit  Jakemien  (Jacques  d'Anthisnes) 
»  tient  à  présens.  » 

Jean  de  Soheit  dit  d'Anthisnes,  fils  de  Jacques,  lui  suc- 
céda. Son  père  avait  été  maïeur  d'Anthisnes;  lui  devint 
échevin  de  Liège  et  mourut  vers  1491  (4),  laissant  au 
moins  deux  fils  dont  le  second,  François,  releva  de  l'abbé 
de  Waulsort,  le  17  janvier  1497  :  i°  «  la  court,  maison, 
»  jardin   et  pourprisse  joindant   du   costé   vers   l'église   a 

(1)  Ici,  comme  dans  ce  qui  suit,  on  ne  peut  juger  de  l'importance 
d'une  propriété  par  celle  du  fief,  attendu  que  les  terres  censales  étaient 
infiniment  plus  nombreuses  que  les  terres  féodales. 

(2)  Echevins  de  Liège,  Convenances  et  testaments,  reg.  i3,  fol. 
84  V0. 

(3)  De  là  vient  que  Jacquemin  de  Crisgnée,  qu'on  retrouve  comme 
bourgmestre  de  Liège  en  iq85,  s'appela  aussi  d'Anthisnes. 

(4)  Chev.  de  Bohman,  Les  echevins  de  la  souveraine  justice  de 
Liège,  t.  II,  p.  67. 


—  132  — 

»  cemita  (au  cimetière),  du  costé  qu'on  dist  vers  Touli- 
»  mont  aile  ruelle  qui  vat  de  Villen  à  Comblent;  »  2°  deux- 
pièces  de  terre  à  Anthisnes;  3°  la  cour  et  maison  d'Ouhar, 
avec  le  jardin  et  quatre  boniers  de  terres. 

François  de  Soheit  fut  longtemps  maïeur  d'Anthisnes 
et  mourut  en  fonction  le  18  avril  1542.  Jean,  l'aîné  de  ses 
fils,  eut  la  maison  paternelle  et  les  biens  d'Anthisnes  qu'il 
releva  du  nouveau  seigneur  le  17  mars  i552.  Lion,  un 
des  puînés,  eut  la  censé  d'Ouhar  et  fut  bailli  de  la  cour 
féodale  d'Anthisnes. 

Jean  de  Soheit,  devenu  échevin  de  Liège  en  1 5 3 9 ,  ré- 
signa ses  fonctions  en  1 5(5 1  (1).  11  semble  avoir  été  le  der- 
nier de  sa  famille  qui  ait  porté  le  nom  d'Anthisnes.  Son 
fils  François,  seigneur  foncier  de  Lesvc,  habita  le  comté 
de  Namur  et  fut  le  père  d'un  autre  Jean  de  Soheit,  égale- 
ment seigneur  de  Lesve.  Ce  dernier,  dégoûté  probable- 
ment de  sa  propriété  d'Anthines  qui  ne  cessait  d'être  une 
source  de  procès,  commença  par  se  débarrasser  d'un  cer- 
tain nombre  de  terres  censales  grevées  d'hypothèques 
(4  décembre  îSgS)  ;  puis  il  vendit,  le  i3  janvier  i5cj4,  à 
Warnier  Briffoz,  seigneur  de  Villers-aux-Tours,  tout  ce 
qui  lui  restait  de  biens  à  Anthisnes  (2). 

Nous  avons  vu  qu'en  1627  le  fief  ci-dessus  appartenait 
à  un  seigneur  de  Villers.  Anne  Briffoz,  fille  de  Warnier, 
en  ht  relief  le  28  février  i636.  Vendu  ensuite,  selon  toute 
apparence,  à  Godefroid,  voué  d'Anthisnes,  il  figure  dans 
son  testament  du  1 1  juillet  i65o.  Celui-ci  étant  décédé  sans 
enfants  l'année  suivante,  le  prélocuteur  Jean-Baptiste  de 
Nuvolara,  un  de  ses  légataires,  racheta  aux  jésuites  la  part 
que  le  défunt  leur  avait  laissée  dans  «  les  biens  et  héritages 
de   la  tour  de  Laives  »  (24  octobre   i65i)  (3).  Après  sa 

(i)    DE   BORMAN,   OUVr.   cité,   t.    II,   p.    122. 

(2)  D'après  un  dénombrement  fait  en  1  585,  le  bien  de  Soheit  com- 
prenait 68  1/2  boniers. 

(3)  Protocole  du  notaire  Gérard  Doujfet,  aux  archives  de  l'Etat, 
à  I.iége.  —  Suivant  un  dénombrement  postérieur  au  28  décembre 
1675,  les  propriétés  de  Nuvolara  à  Anthisnes.  y  compris  les  petites 
fermes  de  Tillioux- Roland  et  de  Tolumont,  contenaient  au  delà  de 
96  boniers. 


-  133  - 

mort  (5  juillet  1680),  <>  la  censé  proche  de  l'église  d'An- 
thinne  »  passa  dans  une  autre  famille  par  suite  du  mariage 
de  sa  fille  Julienne-Ferdinande  avec  ilerman  Omalius,  un 
des  greffiers  de  la  souveraine  justice  de  Liège,  dont  les 
descendants  la  conservèrent  jusqu'à  nos  jours  (1). 

Saumery,  dans  ses  Délices  du  pais  de  Liège  (t.  III, 
p.  i()3),  n'oublia  pas  de  parler  de  la  maison  d'Omalius. 
Voici  ce  qu'il  en  disait  en  î  743  :  «  C'est  une  solide  tour 
»  quarrée,  qui,  acompagnée  de  divers  bâtimens,  forme 
»  un  corps  de  logis  aussi  commode  que  propre  et  bien 
»  entendu  :  des  deux  cours  qui  en  dépendent.  Tune,  assés 
»  petite,  est  ornée  d'une  jolie  fontaine,  qui  y  répand  une 
»  agréable  fraîcheur;  l'autre,  plus  vaste,  est  bordée  de 
»  tous  les  bâtimens  nécessaires  aux  usages  d'un  fermier. 
»  Le  jardin,  situé  à  l'autre  côté  du  chemin,  est  grand  et 
»  bien  entretenu  ;  son  terrein  est  partagé  en  plusieurs 
»  quarrés,  couverts  des  plus  doux  présens  de  Flore,  mêlés 
»  de  quelques  ifs,  taillés  en  piramides.  Un  des  coins  de  ce 
»  parterre  est  ocupé  par  un  gros  pavillon,  qui  forme  un 
»  apartement  complet;  un  autre  est  couvert  d'un  angar, 
)>  soutenu  d'un  mur  qui  en  fait  une  espèce  de  cabinet.  <  )n 
»  trouve  tout  auprès  une  grande  et  magnifique  fontaine, 
»  qui,  placée  vis-à-vis  de  la  porte,  y  forme  un  coup  d'œil 
»  riant  et  flatteur.  » 

3°  Les  biens  du  seigneur  de  Villhien  à  Villhien,  dont 
nous  parlerons  en  traitant  de  la  seigneurie  de  Vien. 

40  Le  moulin  et  cinq  à  six  boîtiers  de  prairies  du  sei- 
gneur de  Rennestienne  (Renarstein),  à  Poulscur.  (Test  le 
moulin  d'Embiérir,  près  de  Poulseur,  lequel  fut  déjà  relevé 
de  l'abbé  de  Waulsort  le  27  septembre  i36i. 

5°  La  maison,  les  jardins  et  le  cortil  à  la  Chesne  du 
seigneur  de  Pouhons,  à  Anthisnes.  Fief  compris  dans  un 
bien  de  65  \/-2  boniers,  que  le  dénombrement  de  i585  de- 
signe  de  la  manière  suivante  :  «  La  maison,  court,  jardin, 
»  prairies  et  cherwaige  qui  ja  fut  appartenant  à  feu  Raskin 
»  de  M  y,  que  tient  à  présent  le  seigneur  vowé.  » 

Ce  Raskin  de  M  y,  seigneur  de  Bohon  et  de  Fermine 

(1)  Le  propriétaire  actuel  est  M.  Joseph  Dupont-Nollei 


—  134  — 

(prévôté  de  Durbuy),  mourut  le  28  décembre  1 54 1  (1).  Il 
eut,  entre  autres  enfants,  une  tille  nommée  Marie,  qui  hé- 
rita de  son  bien  d'Anthisnes  et  épousa  Adam  Corbeau, 
voué  de  l'endroit  (contrat  du  5  juillet  1547).  Après  la  mort 
de  Marie  de  M  y  et  par  acte  du  16  janvier  i5g2,  le  voué  et 
son  fils  Florent  d'Anthisnes  vendirent  cette  propriété  à 
Ogier  Boileau,  châtelain  de  Harzé  (-2),  dont  les  descen- 
dants la  conservèrent  jusqu'au  8  février  1768,  jour  où  le 
chanoine  Pierre-Joseph  de  Boileau,  seigneur  de  Vien,  en 
fit  donation  à  Jacques  Beghein,  échevin  de  Liège  (Voy. 
ci-après  :  La  seigneurie  de  Vien). 

Presque  tous  ces  Boileau  furent  coseigneurs  de  Poux- 
hon  ou  des  Pouxhons  à  Ernonheid,  près  de  Harzé  (3),  de 
sorte  que  leur  bien  d'Anthisnes  finit  par  s'appeler  aussi  le 
fief  de  Pouxhon.  C'est  le  nom  que  lui  donne  Saumery, 
lorsqu'il  nous  apprend  que,  de  son  temps,  ce  qui  subsistait 
encore  des  anciens  bâtiments  était  entièrement  négligé  et 
abandonné  à  un  censier  (4). 

Le  seigneur  ne  percevant  un  droit  de  relief  que  lorsque 
le  fief  changeait  de  propriétaire,  ne  tirait  de  là  qu'un 
revenu  fort  irrégulier.  Il  en  était  tout  autrement  des  rede- 
vances grevant  à  son  profit  les  biens  des  censitaires.  On  y 
trouve  des  rentes  en  épeautre  échéant  à  la  Saint- André, 
des  cens  en  grains  (épeautre  ou  avoine)  et  en  argent 
payables  à  la  Saint-Etienne  (lendemain  de  Noël),  des  cha- 
pons et  des  œufs  de  cens  payables  à  Pâques. 

Mais  c'étaient  les  dîmes,  qui,  après  ses  biens  au  soleil, 
constituaient  la  principale  source  des  revenus  du  seigneur. 
Toutefois  elles  ne  lui  appartenaient  pas  exclusivement  :  il 
avait  les  5/6  de  la  grosse  dîme,  laquelle  était  estimée,  en 
1 385,  à  60  muids  (40  d'épeautre  et  20  d'avoine),  et  les  2/3 

(1)  Léon  Naveau,  Analyse  du  recueil  d'épitaphes  de  J .-G.  et  de 
H. -G.  Le  Fort,  p.  265. 

(2)  A  noter  que  l'acte  parle  non  seulement  d'une  maison,  mais 
d'une  tour. 

(3)  Par  achat  du  25  août  i  5<)4. 

(4)  Vers  cette  époque  (  i  743),  la  censé  de  Pouxhon  comprenait  à 
peu  près  78  boniers.  Elle  appartient  aujourd'hui  à  M.  Giltay-Le'onard. 


—  135  — 

de  la  menue  dîme,  qui  rapportait  12  florins  de  Brabant 

Le  reste  était  payé  au  curé  d'Anthisnes  (1). 

Tout  cela  ensemble,  terres,  cens,  rentes,  dîmes,  droits 
et  émoluments,  valait  en  i3<»3  plus  de  1,000  florins  de  Bra- 
bant de  revenu  ;  et  dans  les  années  de  cherté,  telles  que 
1 383  et  l586,  le  locataire  en  avait  retiré  2,000  à  3,ooo  flo- 
rins (2).  Nous  disons  le  locataire,  parce  que,  à  cette 
époque,  la  seigneurie  et  les  biens  de  l'abbaye  de  Waulsort 
à  Anthisnes  étaient  affermés  à  Jean  de  Romerée,  seigneur 
de  Fraipont  (Haute-Fraipont).  L'usage  de  les  amodier 
remontait  d'ailleurs  à  un  temps  immémorial  et  devait  en- 
core être  observé  dans  la  suite.  On  a  conservé  la  copie  du 
bail  que  l'abbé  Pierre  Poilvache  lit  à  Waulsort,  le  1  1  jan- 
vier 1627,  avec  Godefroid  d'Anthisnes,  seigneur  de  Hody, 
stipulant  tant  pour  lui  que  pour  son  père  Florent,  haut 
voué  d'Anthisnes.  Il  lui  abandonne,  pour  neuf  ans,  à  dater 
du  ier  mai  suivant,  la  jouissance  des  fermes,  dîmes,  cens 
et  rentes  que  son  monastère  possède  à  Anthisnes  et  à  Vien, 
movennant  un  fermage  annuel  de  900  florins  et  l'obliga- 
tion d'acquitter  toutes  les  charges.  L'abbé  lui  cède  égale- 
ment son  droit  sur  les  deux  tiers  des  amendes,  et  cela 
contre  une  somme  de  100  rixdalers,  en  sus  du  demi-foudre 
de  vin  blanc  qu'il  a  reçu  (:t).  Enfin  il  lui  permet  d'instituer 
un  maïeur,  mais  il  se  réserve  la  collation  des  cures,  ainsi 
que  la  nomination  des  échevins  et  du  greffier. 

(1)  Il  y  avait  encore  une  petite  dîme  appelée  la  dîme  de  Solières, 
qui  figure  au  nombre  des  biens  dont  la  possession  fut  confirmée  à 
l'abbaye  de  ce  nom  par  le  pape  Urbain  IV,  le  26  juin  1262  (Bull,  de 
la  Comm.  roy.  d'histoire,  5e  série,  t.  IV,  p.  281.  Elle  était  évaluée  à 
5o  florins  de  Brabant  et  ressortissait  à  la  cour  féodale  de  Stavelot. 

(2)  Le  florin  de  Brabant  valait  alors  intrinsèquement  2  fr.  56  de 
notre  monnaie. 

(3)  Sous-entendu  pour  pot-de-vin.  On  lit  en  effet  dans  le  registre 
de  Godefroid  d'Anthisnes  :  «  S'ensuit  le  vin  que  j'ay  donné  pour  ledit 
»  marché  :  premier,  cent  dix  dallers  à  l'abbé;  item  cent  et  cinquantes 
»  f.  Bb.  de  (à?)  Jean  Brisché,  son  neveu;  item  une  demi  foudre  de 
»  vin  adit  prélat  —  1  5o  f.  Bb.  ;  item  az  deux  couvents  cent  f.  Bb.  et 
»  i6  pot  de  vin  —  portant  dix  huict  f.  Bb.  ;  item  des  corteau  de  Mal- 
»  mendve  pour  trois  pattaquons  ;  item  dépendus  encor  5o  t.  Bb.  de 
»  vin  en  faisant  le  marché.  Somme  totalle  766  f.  Bb.  17  pat.  » 


—  136  — 

Cependant  l'intention  de  Godefroid  d'Anthisnes  n'était 
pas  d'exploiter  lui-même  les  deux  fermes  de  l'abbaye  :  il 
les  sous-loua  aux  cerisiers  qui  les  occupaient  ;  d'où  l'on  peut 
conclure  que  les  choses  se  passaient  ainsi  du  temps  de  ses 
prédécesseurs. 

L'AVOUERIE   D'ANTHISNES. 

La  seigneurie  d'Anthisnes  étant  ecclésiastique,  eut  né- 
cessairement des  avoués  ou  protecteurs  laïques.  Comme 
elle  appartenait  à  l'abbaye  de  Waulsort  et  qu'au  temporel 
celle-ci  dépendait  primitivement  de  l'église  de  Metz  (i),  on 
comprendra  que,  dans  la  charte  dont  nous  allons  donner 
la  substance,  Henri  III,  marquis  (sic  pour  duc)  de  Lim- 
bourg,  dise  tenir  de  l'évêque  de  Metz  son  avouerie  sur 
les  biens  de  l'abbaye,  à  Anthisnes  et  à  Ouhar.  Par  cet 
acte,  qui  doit  dater  de  1214-1221,  le  duc  lait  connaître  à 
ses  fils,  et  notamment  à  Waleran,  comte  de  Luxembourg, 
les  droits  attachés  à  cette  charge,  tels  qu'ils  ont  été  déter- 
minés en  présence  de  la  congrégation  de  Waulsort  et 
devant  le  maïeur  et  les  échevins  de  la  cour  d'Anthisnes, 
savoir  : 

On  doit  à  l'avoué,  le  jour  de  Saint-André,  deux  porcs 
bons  à  bouillir  et  à  rôtir;  à  la  Noël,  cinq  poules,  vingt- 
cinq  œufs  et  vingt-cinq  hanaps  de  cervoise. 

On  lui  doit  en  outre  deux  muids  et  demi  d'avoine  et  un 
muid  d'épeautre. 

Chaque  manse  lui  payera  trois  oboles  de  corvée. 

Il  aura  par  feu  deux  deniers  pour  le  vin,  en  considéra- 
tion de  ceux  qui  font  partie  de  la  dotation  du  monastère 
ou  que  l'abbé  perçoit  pour  ses  droits  féodaux. 

Ledit  abbé  fera  juger  les  délits  et  les  crimes  par  le 
maïeur  et  les  échevins  ainsi  que  par  ses  hommes;  les  par- 
ties seront  citées  par  son  forestier. 

L'avoué  ne  viendra  que  mandé  par  l'abbé. 

(i)  En  1227,  Hugues  de  Pierrcpont  acquit  de  Jean  d'Aspremont, 
évêque  de  Metz,  les  abbayes  de  Waulsort  et  de  Hastière  qui,  jus- 
qu'alors, ne  reconnaissaient  que  la  suprématie  spirituelle  de  l'évêque 
de  Liège. 


—  137  — 

Il  percevra  le  tiers  des  amendes  qu'il  aura  tait  payer; 
les  deux  autres  tiers  seront  pour  l'abbé. 

En  dehors  de  cela,  l'avoué  ne  pourra  rien  prétendre  (i). 

Que  l'avouerie  d'Anthisnes  ail  été  conférée  héréditaire- 
ment à  un  duc  de  Limbourg,  il  n'y  a  là  rien  d'étonnant, 
puisque  le  souverain  de  ce  pays  avait  dans  le  voisinage  de 
nombreuses  possessions:  Sprimont,  Esneux,  Baugnée,  la 
Rimière,  la  Chapelle,  Tavier,  Villers-aux-Tours. 

Cependant  les  ducs  de  Limbourg  ne  conservèrent  pas 
toujours  le  domaine  utile  de  leur  avouerie.  L'un  d'eux 
-  on  ne  sait  lequel  -  -  la  donna  en  fief  aux  seigneurs 
de  Houffalize,  qui  la  possédèrent  pendant  une  partie  du 
xnic  siècle.  C'est  ce  que  nous  apprend  une  charte  du 
2D  mai  1292,  par  laquelle  Jean  1er,  duc  de  Brabant,  de- 
venu maitre  du  Limbourg  par  la  bataille  de  Woeringen 
(1288),  donne  à  Thomas  d'Anthisnes,  chevalier,  «  tele 
»  haulte  voeiïe,  viconté  avec  tous  aultres  droicts  et  juri- 
»  diction  ke  ceaus  de  HofFalize  souloient  jadis  tenir  de  nos 
»  corne  dus  de  Lembourc  a  liu  d'Anthinnes  et  d'Ouhar,  » 
pour  être  tenue  héréditairement  de  lui  et  de  ses  succes- 
seurs (2). 

Se  fondant  sur  les  termes  de  cette  charte,  les  avoués 
dWnthisnes  se  qualifièrent  dans  la  suite  hauts  roues  et 
vicomtes  (3)  d'Anthisnes,  bien  qu'en  réalité  ils  ne  fussent 
que  des  sous-avoués.  On  s'attend  à  les  voir,  comme  tant 
d'autres,  absorber  peu  à  peu  le  pouvoir  et  les  biens  commis 

(1)  Pièces  justificatives,  n°  I.  Il  n'existe  malheureusement,  de  cette 
charte,  qu'une  copie  du  xyiil0  siècle,  prise  elle-même  sur  un  vidimus 
de  l'évêque  Jean  de  Flandre,  de  1289.  C'est  ce  qui  nous  explique 
pourquoi  la  date  en  a  été  omise  et  qu'on  y  donne  abusivement  à 
Henri  III,  comme  souverain  du  Limbourg,  le  titre  qu'il  portait 
comme  marquis  d'Arlon.  Bien  que  le  duc  se  fût  dépouillé  de  cette 
dernière  seigneurie  en  faveur  de  son  hls  Waleran,  lorsque  celui-ci 
épousa  Ermesinde,  comtesse  de  Luxembourg  (12 14),  il  en  prit  encore 
quelquefois  le  titre,  apparemment  parce  qu'il  en  conserva  la  suze- 
raineté jusqu'à  sa  mort  (1221).  Voy.   Ernst,  Histoire  du  Limbourg, 

t.    IV,   p.    12. 

(2)  Ernst,  t.  VI,  p.  416. 

(3)  Ces  deux  mots  ont  ici  la  même  signification. 


-  138  — 

à  leur  garde.  Rien  cependant  ne  justifie  cette  supposition. 
A  Anthisnes,  le  seigneur  reste  constamment  le  seigneur, 
et  le  voué,  tout  en  défendant  ses  prérogatives  avec  un  soin 
jaloux,  n'est  jamais  que  le  second  personnage  de  l'endroit. 
11  a  néanmoins  trouvé  le  moyen  d'augmenter  ses  privi- 
lèges, à  preuve  un  record  de  la  cour  féodale  de  Limbourg, 
du  10  juin  1 5-4< *>  (î),  qui  lui  reconnaît  le  droit  de  percevoir 
île  l'église  de  Waulsort  : 

Le  jour  de  Saint-Martin,  une  rente  de  douze  setiers 
d'épeautre; 

A  Pâques,  cinq  poules  et  vingt-cinq  œufs; 

A  la  Saint-André,  vingt-cinq  deniers  de  cens  dits  de 
corvée,  «  et  les  échevins  en  ont  trois  »; 

Le  même  jour,  sept  muids  et  demi  d'avoine  ; 

Le  jour  de  l'Assomption,  qu'on  paie  la  rente  des  pour- 
ceaux, deux  pourceaux,  mâle  et  femelle  ; 

Sur  la  brasserie  d' Anthisnes  (2)  vingt-cinq  hanaps  de 
cervoise  appelés  bichié.s,  «  et  les  échevins  en  ont  un.  » 

En  outre  chaque  maison  du  village  qui  n'était  assise 
ni  sur  fief  ni  sur  douaire  (;-;),  lui  devait,  à  la  Saint-André, 
deux  setiers  d'avoine  et  un  denier  de  bonne  monnaie. 

Cette  rente  était  appelée  vicomte,  et  pour  en  assurer  le 
pavement,  le  voué  avait  le  droit  d'établir  un  tribunal  de 
sept  échevins,  dont  deux  devaient  être  pris  dans  la  cour  de 
justice  d'Anthisnes.  Après  cela,  il  pouvait  faire  appréhender 
le  débiteur  en  retard  sur  son  tige  à  lui  (4),  grand  chemin 
de  trente-deux  pieds  qui  commençait  au  delà  du  bois  de 
Tolumont,  traversait  tout  le  village,  en  passant  devant  la 

(1)  Pièces  justificatives,  n"  III.  Une  attestation  à  peu  près  sem- 
blable se  trouve  dans  le  manuscrit  Van  den  Berch,  n"  188,  fol.  877, 
à  la  bibliothèque  de  l'université  de  Liège. 

(2)  C'est  la  première  fois,  depuis  le  diplôme  de  946,  que  nos  docu- 
ments font  mention  de  la  brasserie  d'Anthisnes.  En  1571,  c'était 
«  une  place  vague  nommée  le  lieu  de  la  franche  brassine  »,  qui  fut 
arrentée  par  l'abbé  de  Waulsort  le  i5  juin,  à  charge  par  l'acquéreur 
d  en  relever  les  constructions  et  d'y  laisser  passer  les  chariots  de  foin 
du  fermier  à  l'abbaye. 

(3)  On  entendait  par  ce  dernier  mot  les  biens  affectés  à  la  dotation 
de  l'abbaye  ou  à  celle  de  la  cure. 

(4)  On  appelle  tige,  en  wallon,  un  chemin  bordé  de  gazon. 


—  139  — 

maison  de  feu  Ponchart  d'Anthisnes,  et  longeait  le  bois 
délie  Heyd  (bois  d'Anthisnes)  du  côté  de  Villers-aux-Tours, 
jusqu'au  chaufour  l'Evêque. 

Le  record  auquel  on  doit  ces  renseignements,  rappelle 
en  bien  des  points  la  déclaration  du  duc  de  Limbourg; 
mais  il  omet  de  nous  dire  que  le  voué  percevait  le  tiers 
des  amendes  imposées  par  la  justice  du  seigneur.  Cette 
prérogative,  déjà  reconnue  au  xmc  siècle,  n'était  pas  con- 
testée au  xvnc,  et  cependant,  chose  inexplicable,  il  existe 
un  acte  d'échange  passé  le  4  août  l56i,  par  lequel  Adam 
Corbeau  d'Anthisnes  cède  à  l'abbé  de  Waulsort  «  toutes 
»  droitures,  amendes,  forfaitures  et  calenges»  qu'il  a  à  titre 
de  sa  vouerie,  et  s'oblige  en  outre,  pour  lui  et  ses  succes- 
seurs, à  faire  exécuter  à  ses  dépens,  en  tel  endroit  qu'il 
plaira  à  l'abbé,  tout  criminel  condamné  à  mort  par  la  jus- 
tice d'Anthisnes. 

Non  moins  incontestable  était  le  droit  seigneurial 
qu'avait  le  voué  d'établir  une  cour  de  sept  échevins.  Mais 
qu'aurait-il  fait  de  ce  tribunal  dont  la  juridiction  ne  s'éten- 
dait que  sur  un  grand  chemin?  Assurément  aucune  affaire 
ne  serait  de  sa  compétence.  Aussi  n'avait-on  nul  souvenir 
qu'il  eût  jamais  été  constitué;  et  lorsqu'un  jour  il  fut  ques- 
tion d'appréhender  un  meurtrier  sur  le  tige  du  voué,  qui 
était  alors  Florent  d'Anthisnes,  celui-ci  ne  trouva  d'autre 
expédient  que  d'abandonner  le  criminel  à  la  justice  du 
seigneur.  La  poursuite  et  le  jugement  se  firent  par  auto- 
rité de  la  cour  d'Anthisnes  et  rechargement  des  échevins 
de  Liège;  mais,  après  sa  condamnation,  le  coupable  fut 
livré  au  voué,  qui,  en  accomplissement  de  son  devoir,  le 
fit  décapiter  sur  le  tige. 

Il  est  évident  que  par  une  simple  autorisation  verbale 
donnée  momentanément  à  la  justice  du  seigneur,  le  voué 
n'entendait  nullement  abdiquer  ses  droits,  chose  que  d'ail- 
leurs il  n'aurait  pu  faire  sans  violer  le  serment  qu'il  avait 
prêté  en  relevant  son  fief.  C'était  néanmoins  créer,  en 
faveur  d'une  usurpation  toujours  possible,  un  précédent 
dangereux  ;  et  en  effet,  peu  d'années  après,  cet  exemple 
fut  invoqué  par  l'abbé  de  Waulsort  dans  les  circonstances 
que  voici. 


—  140  — 

En  i63(),  deux  religieux  de  ce  monastère,  dom  Benoît 
du  Pont  et  dom  Placide  Roy,  s'étant  rendus  à  Ànthisnes 
par  délégation  de  l'abbé  Brisbois,  annoncèrent  aux  habi- 
tants qu'ils  allaient  visiter  avec  la  justice  les  chemins  du 
village.  Averti  comme  les  autres,  le  voué  Godefroid  d'An- 
thisnes  protesta  contre  toute  inspection  de  son  tige,  et  les 
autorités  n'osèrent  passer  outre.  L'année  suivante,  dom 
Placide  étant  revenu  seul  à  Anthisnes,  se  fit  accompagner 
du  maïeur  et  du  greffier  de  la  cour,  tous  deux  échevins, 
ainsi  que  du  sergent,  et  avec  eux  se  rendit  sur  le  tige, 
prétextant  qu'il  ne  s'agissait  que  d'en  connaître  la  situa- 
tion et  l'étendue.  Cependant  le  greffier  enregistra  cette 
visite  comme  un  acte  judiciaire,  ce  qui  constituait  évidem- 
ment une  usurpation.  Aussi  le  voué  n'eut-il  rien  de  plus 
pressé  que  de  réclamer  la  protection  du  Tribunal  des 
XXI I  ;  mais  sa  décision  lui  ayant  été  défavorable,  il  en 
appela  aux  Etats  reviseurs,  qui,  par  arrêt  du  24  juillet  1(542, 
déclarèrent  qu'il  était  en  possession  légitime  du  tige  et  des 
droits  y  attachés,  et  condamnèrent  l'abbaye  de  Waulsort 
à  tous  les  frais  du  procès. 

L'issue  de  cette  affaire  ne  devait  pas  avoir  pour  effet  de 
rendre  plus  circonspect  le  représentant  du  seigneur.  Trois 
ans  après,  on  voit  encore  Godefroid  d'Anthisnes  protester 
avec  la  même  énergie  contre  un  acte  émané  du  corps  des 
manants,  à  la  requête  de  dom  Placide.  Mais  ce  qui  rend 
cette  protestation  particulièrement  intéressante,  c'est  que 
le  voué  s'y  déclare  à  la  fois  le  défenseur  des  droits  de 
l'abbé  et  le  conservateur  des  privilèges  de  la  communauté 
sur  les  bois  et  aisances  du  village. 

D'une  cour  de  justice  du  voué,  il  n'en  est  toujours  pas 
question.  Il  fallait  un  nouveau  crime  pour  produire  enfin 
ce  phénomène.  Dans  la  soirée  du  16  septembre  1 758, 
veille  de  la  Saint-Lambert,  un  nommé  Godefroid  Hans- 
kenne  fut  assassiné  à  la  ferme  de  Tolumont,  dans  des  cir- 
constances atroces.  Le  cadavre,  transporté  à  dos  de  che- 
val, fut  jeté  sur  le  tige  du  voué  et  découvert  le  lendemain. 
Une  descente  de  justice  s'imposait  :  c'est  alors  que  le 
baron  de  \\  al,  en  sa  qualité  de  voué  et  vicomte  d'An- 
thisnes, établit  une  cour  qui  procéda  aux  premières  con- 


—  141   — 

statations  ;  mais  cela  tait,  il  abandonna  les  poursuites  à  la 
justice  seigneuriale. 

\près  avoir  examiné  ce  qu'était  le  voué  d'Anthisnes,  il 
nous  rote  à  réfuter  une  erreur  trop  répandue  pour  qu'il 
n"en  soit  pas  fait  justice.  Le  savant  Ernst  1 1),  sur  la  foi  du 
baron  de  \\  al  oji.  dit  que  son  fief  consistait,  outre  le  Tige, 
«  dans  une  tour  et  maison  forte  qui  appartenait  au  duc  de 
»  Limbourg.»  Or,  ni  dans  le  dénombrement  de  ses  droits, 
ni  dans  ses  reliefs  à  la  cour  féodale  de  Limbourg,  il  n'est 
question  d'un  manoir  du  voué  ;  non  pas  qu'il  jn'existât  de 
toute  ancienneté,  mais  parce  qu'il  formait,  avec  36  bo- 
niers  de  terres,  un  plein  fief  mouvant  du  seigneur  de 
l'endroit. 

Les  circonstances  dans  lesquelles  la  tour  forte  d'An- 
thisnes est  mentionnée  pour  la  première  fois,  méritent 
d'être  rapportées.  C'était  au  temps  où  Jean  III,  duc  de 
Brabant  et  de  Limbourg,  se  refusait  à  reconnaître  la  vente 
de  Malines,  faite  au  comte  de  Flandre  par  l'évêque 
Adolphe  de  la  Marck.  Une  alliance  formidable  s'étant 
formée  contre  lui  le  5  janvier  1 334,  ^es  hostilités  com- 
mencèrent de  toutes  parts.  Deux  des  confédérés,  le  roi 
Jean  de  Bohème,  comte  de  Luxembourg,  et  Jean  de  Hai- 
naut,  sire  de  Beaumont,  pénétrèrent  dans  le  duché  de 
Limbourg  et  se  rendirent  maîtres  de  la  ville  de  Hervé. 
Après  avoir  congédié  les  gens  de  pied,  tant  l'hiver  était 
rigoureux,  ils  marchèrent  droit  sur  Villers-aux-Tours  el 
Anthisnes,  où,  suivant  Jean  d'Outremeuse  (::),  il  y  avait 
trois  tours  et  «  une  autre  qu'on  tenait  du  duc  (4).  »  Ayant 

1  Histoire  du  Limbourg,  t.  V,  p.  9. 

2  Auteur  d'une  histoire  de  Tordre  Teutonique  et  frère  du  dernier 
voué. 

3  Ly  myreur  des  histors,  t.  VI,  p.  524. 

141  Ce  passage  est  peu  clair.  Villers-aux-Tours  était  un  rief  du  duc 
de  Limbourg;  mais  si  par  la  quatrième  tour  l'auteur  entend  celle  de 
l'avoué  d'Anthisnes.  il  aurait  dû  dire  «  et  une  autre  appartenant  à  un 
homme  qui  tenait  du  duc.  »  A  part  cette  distinction.  Jean  d'Outre- 
meuse est  ici  fort  croyable,  parce  qu'il  s'agit  d'événements  à  peu  près 
contemporains  et  que  tout  le  reste  de  son  récit  concorde  avec  celui 
des  historiens. 


—  142  — 

déclaré  qu'ils  les  abattraient  ou  qu'on  les  tiendrait  du  roi 
de  Bohème,  ceux  qui  les  gardaient  se  rendirent  et  lui 
prêtèrent  hommage.  Cela  fait,  le  roi  y  mit  sa  justice  et  de 
bonnes  garnisons,  dont  il  nomma  capitaines  Arnoul  de 
Houffalize  et  Engerrand  de  Braine. 

Cette  occupation  dura  jusqu'à  ce  que  le  roi  de  France, 
choisi  pour  ramener  la  paix  entre  les  belligérants,  leur  eût 
imposé,  entre  autres  conditions,  que  tous  ceux  qui  avaient 
renié  leur  hommage  seraient  rendus  à  leurs  anciens  sei- 
gneurs (3o  août  i334)  (1). 

Depuis  lors,  il  est  assez  souvent  question  de  la  tour,  du 
manoir  et  des  36  boniers  de  terres  que  le  voué  tenait  de 
l'église  Notre-Dame  de  Waulsort.  Mais  il  ne  s'ensuit  pas 
de  ce  que  c'était  là  son  fief  particulier,  qu'il  n'eût  pas 
d'autres  biens  dans  le  village,  car  il  y  possédait  des  terres 
censales  et  souvent  même,  on  l'a  vu,  d'autres  fiefs. 

Parlant  de  la  maison  forte  d'Anthisnes,  Saumery  (2)  ne 
nous  en  fait  qu'une  description  fort  imparfaite  :  «  Sa  porte,  » 
dit-il,  «  qui  regarde  le  midi,  est  défendue  de  plusieurs  culs 
»  de  lampe  et  d'une  terrasse  qui  commande  le  chemin. 
»  Ces  bâtimens  paraissent  aussi  anciens  que  la  grosse  et 
»  solide  tour  à  laquelle  ils  sont  adossés,  et  qui  a  vue  sur 
)>  une  basse-cour,  dont  tous  les  bâtimens  sont  voûtés  avec 
»  une  solidité  qui  paroit  poussée  à  l'excès.  Elle  est  bordée 
»  à  gauche  par  un  beau  et  grand  corps  de  logis  quarré, 
»  flanqué  de  quatre  tours  :  on  y  entre  par  un  vestibule, 
»  qui,  simple  et  sans  ornemens,  ne  laisse  pas  de  plaire  par 
»  sa  fraicheur  et  la  communication  qu'on  lui  a  ménagé 
»  avec  le  jardin.  » 

Hâtons-nous  d'ajouter  que  cet  assemblage  d'édifices, 
construits  en  pierres  calcaires  du  pays,  constitue  pour 
l'archéologue  ce  qu'il  y  a  de  plus  intéressant  à  Anthisnes. 
La  grosse  tour  est  évidemment  le  donjon  primitif  contre 
lequel  s'adossèrent  successivement  les  autres  bâtiments. 
Sa  forme  carrée,  ses  murs  aux  moellons  irréguliers  et  sur- 

(1)  Bohmans  et  Schoolmkesters,  Cartulaire  de  l'église  Saint- 
Lambert,  t.  III,  p.  452. 

(2)  Délices  du  p aïs  de  Liège,  t.  III,  p.   [92. 


^SÉStei,-|wwr  m . 


CHATEAU  D'ANTHISNES 


—  143  — 

tout  la  porte  cintrée,  aujourd'hui  murée,  qui  se  trouve  du 
côté  de  la  cour  au  niveau  du  premier  étage,  et  par  laquelle 

on  entrait  dans  la  forteresse  au  moyen  dîme  échelle,  sont 
autant  d'indices  d'une  construction  datant  du  XIIIe  siècle. 
A  l'intérieur,  on  remarque  des  sièges  en  maçonnerie  prati- 
qués près  tles  jours,  à  chaque  étage,  pour  le  repos  du  guet- 
teur ou  des  défenseurs  de  la  place. 

Le  corps  de  logis  carré  dont  parle  Saumery,  est  actuelle- 
ment privé  des  deux  tours  d'angle  qu'on  voit  distincte- 
ment sur  la  planche  des  Délices,  du  côté  du  nord.  Il  fut 
édifié  en  1648,  comme  l'indique  une  pierre  aux  armes  de 
Godefroid  d'Anthisnes  et  de  sa  femme  Elisabeth  de  Frai- 
pont,  qui,  six  ans  auparavant,  avaient  construit  les  vastes 
dépendances  du  château. 

Une  chapelle,  consacrée  à  la  Vierge  et  desservie  par  un 
chapelain,  était  annexée  à  cette  opulente  demeure  où  l'on 
admirait,  il  y  a  peu  d'années  encore,  de  magnifiques  che- 
minées. 

Abandonnée  depuis  longtemps  et  devenue  la  propriété 
de  Marie- Philippine- Elisabeth  de  Wal,  épouse  de  Léon- 
Joseph- Ghislain  baron  van  der  Linden  d'Hooghvorst, 
l'antique  résidence  des  voués  d'Anthisnes  fut  vendue  avec 
environ  70  hectares  de  terres  aux  barons  Auguste  et 
Edouard  de  Waha-Baillonville,  par  acte  du  21  janvier 
1 85 1 .  Revendue  en  1897,  aPr<^s  un  incendie  qui  détruisit 
la  grande  porte  et  les  dépendances,  elle  appartient  pré- 
sentement à  une  société  qui  l'a  convertie  en  habitations 
ouvrières.  Sic  transit  gloria  mundi. 

LES  AVOUÉS   D'ANTHISNES. 

Thomas  d'Anthisnes,  à  qui  le  duc  de  Limbourg  in- 
féoda l'avouerie  en  1292,  était  probablement  le  même  que 
Corbeau  d'Anthisnes,  qui  vendit  à  Henri,  comte  de  Luxem- 
bourg, sa  seigneurie  de  Villers  et  la  reprit  de  lui  en  fief,  le 
2  mars  1286  (n.  st.)  (1).   Le  surnom  de  Corbeal  ou  Cor- 

11;  Wurth- Paquet,  Chartes  du  Luxembourg,  dans  Publ.  de  la 
Soc.  hist.  du  grand-duché  de  Luxembourg,  t.  XVI,  p.  67.  Aucun  indice 
dans  le  texte  de  la  charte  ne  permet  de  préciser  de  quel  Villers  il  s'agit. 


—  144  — 

beau,  en  latin  Corbellus,  était  en  effet  héréditaire  dans  la 
famille  d'Anthisnes,  et  comme  on  remployait  souvent  seul, 
il  est  parfois  très  difficile  de' distinguer  les  uns  des  autres 
ceux  qui  le  portaient. 

Fils  de  Théodard  ou  Thiry  d'Anthisnes,  s'il  faut  en 
croire  Salbray,  Thomas  portait  d'argent  au  bar  de  gueules, 
comme  issu  de  la  famille  de  Marchin. 


d'Anthisnes. 


Sa  femme  était  l'aînée  des  filles  de  Humbert  de  Lexhy 
seigneur  d'Awans,  et  avait  épousé  en  premières  noces 
Thomas  de  Pousset  (1).  Il  en  eut  : 

Corbeau  d'Anthisnes,  chevalier  (i3o6),  aussi  nommé 
Thomas  Corbeau  (2).  Il  signa  la  paix  de  Fexhe,  en  i3i6  (3) 
et  mourut  entre  le  i5  décembre  i3ig  et  le  i5  mai  i32o  (4). 
Le  Fort  (5)  dit  qu'il  épousa  Mélie  de  Lierneux,  dont  : 

i°  Ponchart  d'Anthisnes,  qui  suit; 

20  Gérard  d'Anthisnes,  chevalier,  qui  eut  pour  femme 
Isabeau  de  Parfonrieu  et  demeurait  à  Chaumont  sur  Meuse. 
Il  trépassa  le  3o  novembre  i336  et  fut  enterré  à  An- 
thisnes  (6). 

(1)  Hemricourt,  édit.  Salbray,  pp.  255,  270,  2q5  et  Epître  dédi- 
catoire.  Voir  aussi  Jean  d'Outremeuse,  t.  IV,  p.  423. 

21  Iîormans  et  Schoolmeesters,  Ccirtulaire  de  l'église  Saint- 
Lambert,  t.  III,  pp.  68  et  112. 

(3)  Ordonnances  de  la  principauté  de  Liège,  t.  I,  p.  i55. 
4    Poncelet,  Le  livre  des  fiefs  de  l'église  de  Liège  sous  Adolphe 
de  la  Marck,  pp.  122  et  236. 

5)  Manuscrits  généalogiques,  i'°  partie,  t.  I,  fol.  67,  aux  archives 
Je  l'Etat,  ;i  Liège. 

6)  Hemricourt,  p.  1 85  ;  Le  Fort,  t.  I.  toi.  (i<i. 


—  145  — 

3°  Juette,  mariée  à  Rigaud  de  Hermée,  avec  lequel  elle 
vivait  en  1 3 19  (1). 

Ponchart  ou  Poncelet  d'Anthisnes  succéda  à  son 
père  dans  les  premiers  mois  de  l'année  i320,  si  pas  à  la  lin 
de  l3iç).  Sa  pierre  tombale,  dont  Salbray  donne  la  gravure 
dans  son  édition  de  Hemricourt,  se  trouvait  autrefois  au 
milieu  du  chœur  de  l'église  d'Anthisnes  (2).  Elle  nous  le 
montre  debout,  entre  ses  deux  femmes,  armé  de  toutes 
pièces  et  portant  à  la  ceinture  l'écu  de  sa  famille.  Sur  les 
bords,  on  lisait  cette  épitaphe  : 

Chy  gist  Ponchars  voweis  d'Antinnes  jadis  escuwiers,  fis 
MonseigrCorbealzd'Antines,  chevalier,  Et  DamiselleMaroe 
sa  première  fëme,  Et  Damois'  Masalons,  sa  seconde  ferrie, 
Liquelz  Pôchars  trespassat  en  l'an  de  grâce  M.CCC.LI. 
le  promerain  dimenche  de  quareme,  Et  doit  5s  faire  chas- 
cun  an  son  aniversaire  le  lundit  aps  ensiewât  en  l'église 
de  chiens,  deus  chandelles  et  uns  draipe  d'or  sur  sa  fosse 
a  vigilhes  et  a  la  messe.  Pries  pour  eaus  (3). 

Ledit  Ponchart  étant  mort,  comme  on  le  voit,  le  pre- 
mier dimanche  de  carême  (6  mars)  1 35 1 ,  c'est  de  son  temps 
que  la  tour  d'Anthisnes  fut  occupée  par  le  roi  de  Bohème. 
De  sa  seconde  femme,  que  Le  Fort  appelle  Masalon  de 
Chantemerle  dite  de  Hermalle,  il  eut  deux  fils  : 

i°  Corbeau  d'Anthisnes,  son  successeur,  mort  sans 
hoirs  ; 

20  Thomas  dit  Corbeau  d'Anthisnes,  abbé  de  Waulsi  >rt 
et  de  Hastière,  cité  comme  tel  en  1 355  (4)  et  décédé  avant 

(1)  Poncklet,  Le  livre  des  fiefs ,  etc.,  p.  224.  On  trouve  aussi,  dans 
le  même  ouvrage  (p.  35g),  une  Isabeau  d'Anthisnes,  abbesse  de  So- 
lières,  qui  vivait  le  19  novembre  i33i. 

(2)  Une  grande  pierre,  fort  usée,  qui  peut  être  aussi  bien  celle 
de  Gérard  d'Anthisnes  que  celle  de  Ponchart,  est  adossée  aujourd'hui, 
du  sens  de  la  longueur,  contre  la  nouvelle  église.  Là  gisent  aussi,  en- 
combrées déterre  et  d*orties,  quantité  d'autres  pierres  qui.  avec  celles 
qu'on  a  laissées  dans  un  mur  extérieur  de  l'ancienne  église,  avaient  leur 
place  marquée  dans  la  nouvelle. 

3  Une  copie  plus  ancienne,  mais  peu  différente,  de  cette  inscrip- 
tion se  trouve  dans  Van  den  Behch,  Recueil  d'epitaphes. 

(4)  Bull,  de  la  Soc.  d'art  et  d'hist.  du  diocèse  de  Liège,  t.  V,  p.  355, 


—  146  — 

le  5  mai  1 358  (i).  Héritier  du  manoir  et  des  biens  de  son 
frère  aîné,  il  en  disposa  par  testament  en  faveur  de  son 
cousin  Thomas  Corbeau  d'Anthisnes,  dit  de  Souvegné 
(Sougné  ?)  ;  mais  il  ajouta  que  si  celui-ci  mourait  sans 
enfants,  ce  nef  reviendrait  à  Thomas  Corbeau  d'Anthisnes, 
dit  de  Fawe.  Le  cas  prévu  étant  arrivé,  ce  dernier  fit  relief 
devant  la  cour  féodale  d'Anthisnes  le  16  juillet  i36i  (a). 

Thomas  Corbeau  d'Anthisnes,  dit  de  Fawe,  cou- 
sin de  l'abbé  Thomas,  était  fils  d'Ameil  et  petit-fils  de 
Gérard  d'Anthisnes  mentionné  ci-dessus  (3).  Il  releva 
l'avouerie  de  la  duchesse  Jeanne  de  Brabant  et  de  Lim- 
bourg,  à  Namur,  le  24  avril  1 36 1  (4).  Une  charte  du  22  fé- 
vrier 1 363  nous  apprend  qu'à  cette  date  il  était  châtelain 
du  comté  de  Logne  et  podesta  de  Stavelot  (.s).  Le  manoir 
de  Fawe,  qu'il  continuait  d'habiter  en  i36g  (<>),  doit  donc 
être  cherché  dans  ce  dernier  pays,  et  comme  on  verra  que 
l'acte  du  26  juin  i3g2  par  lequel  il  ratifie  le  contrat  de 
mariage  de  son  fils,  lui  donne  le  titre  de  seigneur  délie 
Heys,  tout  porte  à  croire  qu'il  habitait  Louveigné,  où 
l'on  trouve  à  la  fois  un  château  des  Faives  et  un  hameau 
de  Heid. 

Si  Le  Fort  est  bien  informé,  il  avait  épousé  Hélène  de 

(i)  Analectes  pour  servir  à  l'hist.  ecclés.  de  Belgique,  t.  XVI, 

p.    I 52. 

(2)  Pièces  justificatives,  n°  II.  On  remarquera  qu'il  ne  s'agit  ici  que 
des  biens  mouvants  de  l'abbé  de  Waulsort.  Quant  à  l'avouerie  elle- 
même,  elle  était  tenue,  en  i355,  par  un  Thomas  d'Anthisnes  dit  Cor- 
beal,  dans  lequel  on  a  voulu  reconnaître  l'abbé,  qui  aurait  été  ainsi 
le  propre  avoué  de  son  monastère  (Bulletin  précité,  t.  IX,  pp.  286 
et  288). 

(3)  Ms.  Van  den  Bkrch,  n°  188,  p.  879,  à  la  bibliothèque  de  l'uni- 
versité de  Liège. 

(4)  Ibidem,  p.  882. 

(5)  Ibidem,  p.  883.  Le  podesta  était  le  commandant  de  la  force 
armée  du  pays;  il  était  à  la  tête  des  deux postelleries  de  Stavelot  et  de 
Malmedy  et  présidait  en  outre  la  cour  féodale  de  Stavelot.  Le  châ- 
telain du  comté  de  Logne  en  était  le  premier  officier  et  le  président 
de  la  cour  féodale.  Ces  deux  charges  furent  souvent  réunies  sur  la 
même  tête. 

(6)  Ibidem,  p.  882. 


—  147  — 

Rocour.  Sa  fille,  qu'il  paraît  avoir  dotée  de  l'avouerie  d'An- 
thisnes, est  mentionnée  dans  l'extrait  suivant  du  Specht- 
bock,  livre  de  fiefs  composé  vers  1374  : 

Jehan  del  Heyde,  comme  mari  et  mambour  de 
Jouette,  fille  de  Thomas  Corbeal  d'Antagnez  (sic),  tient  la 
vouerie  d'Antagnez  «  lui  eskue  de  Ponsart  d'Antagnez,  son 
»  grand  signeur  (1).  » 

Ce  Jean  del  Heyde,  qu'on  retrouve  en  qualité  d'avoué 
vers  1403,  est  sans  doute  le  même  que  Jean  délie  Heys  en 
Condroz,  qui  vivait  du  temps  de  Hemricourt  (2)  et  demeu- 
rait vraisemblablement  à  Villers-aux-Tours,  où  nous  avons 
constaté  l'existence  d'un  château  dit  de  la  Heyd. 

En  renonçant  à  son  avouerie,  Thomas  Corbeau  ne 
s'était  pas  dessaisi  du  manoir  et  des  terres  qu'il  tenait  de 
l'abbaye  de  Waulsort,  car  il  en  assura  la  possession  à  son 
fils  Adam  Corbeau,  à  l'occasion  du  futur  mariage  de  ce 
dernier  avec  Hellewy  d'Andrimont.  Conséquemment  à  ce 
contrat  et  par  acte  passé  devant  la  cour  féodale  de  l'abbé 
Wauthier  de  Bossut,  le  26  juin  i3g2,  Thomas  d'Anthisnes, 
«  seigneur  délie  Heys  »,  transporta  lesdits  biens  à  son  fils, 
qui  les  affecta  au  douaire  de  sa  femme  (3). 

Quand  et  comment  l'avouerie  retourna-t-elle  au  feu- 
dataire  de  l'abbaye  de  Waulsort?  Question  embarrassante, 
qui  se  présente  au  moment  où  l'on  va  voir  la  vieille  race 
des  d'Anthisnes  tomber  en  quenouille  et  léguer  son  nom  à 
une  autre  famille. 

S'il  fallait  en  croire  Le  Fort,  Adam  Corbeau,  qu'il 
qualifie  voué  d'Anthisnes,  aurait  eu  un  fils,  Pirard,  qui, 
ayant  épousé  Catherine  de  Lierneux,  fut  appelé  Pirard 
d'Anthisnes  dit  de  Lierneux.  Or,  rien  n'est  plus  faux,  et 
pour  preuve  : 

Pirard  (Pierre)  de  Lierneux  apparaît  comme  époux 

(1)  A.  de  Ryckel,  La  cour  féodale  de  l'ancien  duché  de  Limbourg, 
dans  Bull,  de  la  Soc.  d'art  et  d'hist.  du  diocèse  de  Liège,  t.  IX,  p.  286  ; 
cf.  Galesloot,  Le  livre  des  feudataires  de  Jean  III,  duc  de  Brabant, 

p.  252. 

(2)  Miroir  des  nobles,  p.  75. 

(3)  Ms.  Van  den  Berch,  p.  888. 


—  148  — 

de  Helwy,  fille  de  Corbeau  d'Anthisnes,  dans  une  quit- 
tance que  lui  donne  le  prieur  de  Bernardfagne  le  24  no- 
vembre 1433  (1).  Aussi  un  généalogiste  liégeois  qui  écri- 
vait au  commencement  du  XVIIe  siècle,  dit-il  avec  raison  : 
«  Du  depuis  les  seigneurs  de  Lierneux  sont  venus  à  la 
»  vouerie  d'Anthisnes,  et  ont  retenu  leurs  propres  armes, 
»  à  savoir  de  sinoble  à  une  fasce  d'hermine,  accompagnée 
»  de  trois  besans  d'or  (2).  » 


*"***■ 


**** 


de  Lierneux  dit  d'Anthisnes. 

Pirard  de  Lierneux,  déjà  établi  à  Anthisnes  en  1434, 
releva  son  manoir,  de  l'abbé  de  Waulsort,  le  i5  janvier 
1463.  A  partir  de  1440,  il  est  appelé  Pirard  d'Anthisnes, 
dans  les  actes  de  la  cour  féodale  de  Stavelot  constatant 
qu'il  a  fait  l'acquisition  du  fief  d'Ouhar  (3)  ;  mais  on  lui 
rend  son  ancien  nom  le  7  novembre  1441,  lorsqu'il  relève, 
après  la  mort  de  son  père  Philippart  de  Lierneux,  12  1/2 
boniers  de  terres  situées  à  MeerTe  (4).' 

Châtelain  du  comté  de  Logne  en  1455  et  1458  (5),  il  ne 
se  montre  avec  la  qualification  d'avoué  d'Anthisnes  qu'à 
dater  de  1460  (6),  bien  que  vraisemblablement  il  fût  depuis 
longtemps  en  possession  de  cette  charge.  On  le  rencontre 
pour  la  dernière  fois  le  i3  septembre  1473,  parmi  les  témoins 
d'un  contrat  de  mariage  (7).  Cependant  malgré  son  grand 

(1)  Poncelet,  Le  monastère  de  Bernardfagne,  dans  Bull,  de  la 
Soc.  d'art  et  d'hist.,  t.  XIII,  p.  242. 

(2)  De  Rye,  Traicté  des  maisons  nobles  du  pays  de  Liège,  p.  43. 

(3)  Pièces  justificatives,  n°  VI. 

(4)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  48,  fol.  87  v". 

i5j  Le  Fort,  ire  partie,  t.  I,  p.  70;  Ms.  Van  den  Berch,  p.  889. 

(6)  Pièces  justificatives,  n°VI. 

(7)  Convenances  et  testaments,  reg.  1477-1479,50!.  189. 


—  149  — 

âge,  il  vécut  encore  quelques  années,  puisque  ses  fils  ne 
relevèrent  les  fiefs  d'Ouhar  et  de  Sart-sur-Ourthe,  par  suite 
de  son  décès,  que  le  6  juin  1480  (1). 

On  lui  connaît  cinq  enfants  (2)  : 

i°  Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  qui  viendra  ci-après; 

20  Jean  d'Anthisnes,  tige  des  seigneurs  de  Sorée; 

3°  Thys  (Mathieu)  d'Anthisnes,  tige  des  seigneurs  de 
Tavier  ; 

40  Catherine,  morte  le  11  avril  i5o5,  ayant  épousé  : 
a)  Colienne  ou  Colard  de  Neufforge,  seigneur  del  Heid  et 
de  Grimonster  ;  b)  Jean  de  Brialmont,  voué  de  Xhos,  frère 
d'Agnès  mentionnée  ci-dessous  (3)  ; 

5°  Marguerite,  religieuse  au  Val-Benoît. 

Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  successeur  de  son  père 
avant  le  6  juin  1480,  avait  atteint  l'âge  de  86  ans  le  22 
avril  1529,  lorsqu'il  déposa,  comme  voué,  dans  un  cer- 
quemanage  tendant  à  mettre  des  bornes  entre  les  seigneu- 
ries d'Anthisnes  et  de  Vien.  Il  était  mort  le  9  mars  i53o, 
jour  où  François,  son  fils,  releva  le  fief  d'Ouhar  et  d'autres 
biens  provenant  de  sa  succession  (4). 

Sa  femme  Agnès,  fille  de  Thys  de  Brialmont  et  de  Mar- 
guerite de  Sparmont,  vivait  avec  lui  le  7  mai  1493  (s).  Ils 
procréèrent  : 

i°  François  Corbeau  d'Anthisnes,  qui  suit; 

20  Jeanne,  épouse  en  premières  noces  de  Jean  Royer, 
seigneur  de  la  Neuville-sur-Meuse,  et  en  secondes  noces 
de  Gilles  de  Hodister,  maïeur  héréditaire  de  Hamoir; 

(1)  Pièces  justificatives,  n°  VI. 

(2)  Un  Philippe  d'Anthisnes,  qui  était  grand  aumônier  de  l'abbaye 
de  Stavelot  en  1455,  pourrait  bien  avoir  été  un  fils  de  Pirard.  Sa  com- 
mémoraison  se  faisait  le  8  février  (J.  Halkin,  Invent,  des  arch.  de 
V abbaye  de  Stavelot-Malmedy,  dans  Bull,  de  la  Comm.  rqy.  d'hist., 
5e  série,  t.  VII,  pp.  344  et  402). 

(3)  Le  Fort,  loc.  cit.  ;  L.  Naveau,  Analyse  du  recueil  d'épitaphes 
des  Le  Fort,  n°  988;  Annuaire  de  la  noblesse  de  Belgique,  1868, 
p.  265. 

(4)  Pièces  justificatives,  n°  VI. 

(5)  Le  Fort,  loc.  cit. 


—  150  — 

3°  Marguerite,  mariée  à  Nicolas  de  Vervoz  d'Amas, 
châtelain  de  Logne,  mort  en  1 548  et  enterré  avec  sa  femme 
dans  l'église  d'Ocquier  (1). 

François  Corbeau  d'Anthisnes  ayant  épousé  en  1 5 1 1 
Marie,  fille  de  Jean  Racket,  maïeur  et  échevin  du  ban  de 
Sart,  et  de  Catherine  Stienne  (2),  releva  l'avouerie  d'An- 
thisnes au  nom  de  sa  femme  et  par  décès  de  son  beau-père, 
le  9  mai  1 5 1 3  (3).  Il  faut  en  conclure  que,  selon  l'usage,  ce 
dernier  avait  fait  assigner  le  douaire  de  sa  fille  sur  l'héritage 
promis  à  son  gendre. 

D'après  un  registre  paroissial  d'Anthisnes,  François 
Corbeau  trépassa  le  18  novembre  i53o,  donc  peu  de  temps 
après  avoir  pris  possession  de  l'avouerie,  et  sa  femme  lui 
survécut  jusqu'au  9  mars  i56o.  Leur  pierre  armoriée,  qui 
se  trouvait  au  milieu  de  l'église  d'Anthisnes,  porte  l'épi- 
taphe  suivante  dont  nous  remplaçons  la  partie  devenue  illi- 
sible par  le  texte  de  Van  den  Berch  : 

Cy  gist  noble  hôë  francoy  danthine  escvyer  havlt  wove 
(mort  lan   1  53o,  et  noble  dame  Marie  de  Raquet  sa  fem,  mort) 

LAN   i56o. 

Point  de  doute,  dira-t-on,  sur  la  date  du  décès  de  notre 
avoué,  et  cependant  il  existe  une  transaction  passée,  le 
5  novembre  i532,  entre  le  maïeur  François  de  Soheit, 
comme  représentant  le  seigneur  d'Anthisnes,  d'une  part, 
et  François  fils  de  feu  Corbeau,  avoué  dudit  Anthisnes, 
d'autre  part.  Tout  ce  qu'on  peut  affirmer,  c'est  que  celui-ci 
n'était  plus  de  ce  monde  le  12  avril  i538. 

Il  laissa  une  nombreuse  postérité  : 

i°  Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  qui  suit; 

20  Jean  ou  Jean  Corbeau  d'Anthisnes,  recteur  de  la 
chapelle  d'Ouhar  (12  avril  1 538),  ensuite  religieux  à  Flône; 

3°  Pirard  d'Anthisnes,  moine  à  l'abbaye  de  Stavelot  ; 

(1)  Van  den  Berch,  Recueil  manuscrit  d'épitaphes,  p.  328. 

(2)  Le  Fort,  t.  I,  p.  72. 

(3)  Cour  féodale  de  Limbourg,  reg.  I,  fol.  3i,  aux  archives  de 
l'Etat,  à  Liège. 


—  151  — 

4°  François  d'Anthisnes,  recteur  de  la  chapelle  d'Ou- 
har  (17  mars  i552); 

5°  Jeanne,  mariée  à  Jean  de  Hepsée,  puis  à  Conrad 
Rover,  neveu  du  premier  mari  de  sa  tante  Jeanne; 

6°  Marie,  épouse  en  premières  noces  d'Adam-Bernard 
de  Chéoux,  et  en  secondes  noces  de  Baudouin  Colley; 

70  Catherine,  religieuse  puis  prieure  à  la  Paix- Dieu; 

8°  Anne,  épouse  de  Warnier  Briffoz,  seigneur  de  Yillers- 
aux-Tours  (1)  ; 

90  et  io°  Deux  filles  religieuses. 

Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  successeur  de  son  père 
en  1 53.,  releva  le  manoir  et  les  3(5  boniers  de  terres  qu'il 
tenait  de  l'abbaye  de  Waulsort,  le  ig  novembre  i5Ô2.  Un 
registre  paroissial  d'Anthisnes  nous  apprend  qu'il  mourut 
le  11  décembre  i5q2,  après  avoir  perdu  sa  femme  le  28 
avril  1587. 

Il  avait  épousé,  suivant  contrat  du  5  juillet  1347,  Marie 
de  My,  fille  de  Raes  et  de  Jeanne  Lardenois,  avec  laquelle 
il  testa  le  27  novembre  1 585.  Le  Fort,  qui  paraît  avoir 
connu  cet  acte,  leur  donne  six  enfants  : 

i°  Florent  Corbeau  d'Anthisnes,  qui  viendra  ci-après; 

20  François  d'Anthisnes,  mort  le  23  décembre  1567  et 
enterré  dans  l'église  des  Récollets,  à  Liège  (2)  ; 

3°  Anne,  épouse  de  Louis  de  la  Marck,  seigneur  de 
Serinchamps  ; 

40  N.,  mariée  à  François  de  Soheit; 

5°  Jeanne,  religieuse  puis  prieure  à  la  Paix-Dieu; 

6°  Catherine,  qui  épousa,  suivant  contrat  du  28  avril 
i583,  Everard  de  Harre,  seigneur  de  Noirmont. 

(1)  Leur   pierre   tombale,   transportée  sur   le  nouveau   cimetière 
d'Anthisnes,  porte  Tinscription   suivante  : 

Ici  gist  noble  homme  Warnier  Brifoz,  jadit  S1'  de  Viller  au  Thour 
et  collateur  de  l'église  de  Hodi,  qui  décédât  lan  1614  le  1  jour 
de  féver.  Et  Damoyselle  Anne  Dantine  son  espeuse,  fille,  seure 
et  tant  de  3  haux  voué. 

Armoiries  accompagnées  de  quatre  quartiers  marqués  :    Briffoz- 
Sohez,  Antine- Raquez. 

(2)  Van  dkn  Berch,  Recueil  manuscrit  d'épitaphes,  p.  217. 


—  152  — 

Florent  Corbeau  d'Anthisnes  portait  le  titre  de 
voué  dès  l'année  Ô92.  Nommé  bailli  de  la  cour  féodale 
d'Anthisnes  par  commission  du  i5  décembre  1598,  il  exer- 
çait encore  cette  charge  en  161 3. 

A  cette  époque  les  monastères  deWaulsortetde  Hastière 
sortaient  d'une  période  de  pillages,  de  dévastations  et  d'in- 
cendies, fruit  des  guerres  qui  avaient  si  longtemps  désolé 
le  pays  d'Entre-Sambre-et-Meuse,  Obligé  de  recourir  à  la 
voie  des  emprunts,  afin  de  pourvoir  aux  nécessités  les  plus 
pressantes,  l'abbé  engagea  au  voué  et  à  Ogier  Boileau,  le 
1 1  mars  i6o5,  une  partie  des  rentes  et  des  dîmes  qu'il  per- 
cevait à  Anthisnes  (1). 

Marguerite  Moreau  de  Thon,  que  Florent  Corbeau 
avait  épousée  suivant  contrat  du  17  avril  158g,  était  l'unique 
enfant  de  Godefroid  Moreau  de  Thon,  engagiste  de  la  sei- 
gneurie de  Sait  (à  Poulseur),  et  de  Catherine  Rave.  Par 
leur  testament  du  12  juin  1625  (2),  ils  élisent  leur  sépulture 
dans  la  chapelle  de  l'église  d'Anthisnes  où  sont  enterrés 
leurs  ancêtres,  et  font  un  partage  de  leurs  biens,  parmi 
lesquels  on  remarque  la  seigneurie  de  Hody  qui  leur  était 
engagée.  La  dame  de  Sart  mourut  le  ier  janvier  1626,  et 
son  époux  la  suivit  dans  la  tombe  le  5  mars  1639,  à  l'âge 
de  74  ou  75  ans. 

Voici  les  noms  de  leurs  enfants  : 

i°  Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  en  religion  père  Aloy- 
sius, né  l'an  1590.  Entré  dans  la  compagnie  de  Jésus  à 
Tournai,  en  1608,  il  devint  recteur  à  Dinant,  où  on  le 
trouve  de  1627  à  i63o.  Il  dirigeait  en  la  même  qualité  le 
collège  des  jésuites  en  Ile  à  Liège,  lorsque  la  populace, 
prétendant  venger  sur  les  pères  le  meurtre  du  bourgmestre 
La  Ruelle,  fit  irruption  dans  le  couvent,  y  mit  tout  à  sac 

1  1  1  Deux  rentes  d'un  total  de  18  muids  d'épeautre,  engagées  pour 
1,000  florins  de  Brabant  au  voué,  et  une  autre  de  14  muids,  engagée 
à  Boileau,  furent  dégagées  en  1609.  Sur  les  dîmes,  le  prêt  était  de 
1 ,400  florins. 

(2)  Chose  singulière,  la  testatrice  est  appelée  Marguerite  dans  la 
ligne  de  tête,  et  Catherine  dans  le  corps  de  la  pièce.  Il  est  donc  pro- 
bable qu'elle  portait  les  deux  noms. 


—  153  — 

et  s'acharna  contre  le  recteur,  qui,  blessé  mortellement, 
expira  le  lendemain,  l8  avril   Ho;  (i); 

2°  Nicolas  d'Anthisnes,  né  en  1692,  mort  en  i6i5; 

3°  Florent  d'Anthisnes,  né  en  1594.  Religieux  à  Waul- 
sort  en  1614,  il  reçut  la  crosse  abbatiale  de  ce  monastère 
au  mois  de  juin  i65o  et  trépassa  le  3o  juillet  HiS-  (2)5 

4°  Godefroid  d'Anthisnes,  né  le  i5  août  i5<)<>.  Déjà 
seigneur  de  Hody  du  vivant  de  son  père  (3),  il  releva 
l'avouerie  d'Anthisnes  le  9  juillet  i63g  (4),  Il  était  aussi 
seigneur  de  Fraiture-sur-Amblève  (à  Comblain-au-Pont), 
titre  qu'on  le  voit  prendre  pour  la  première  fois  le  3o  juin 
1643.  Ayant  fait  par  acte  de  ce  jour  le  retrait  lignager  de  la 
seigneurie  de  Villers-aux-Tours,  des  mains  du  baron  de 
Boetzeler,  il  la  revendit,  le  23  novembre  1645,  à  Gilles  de 
Rahier,  châtelain  de  Logne  (5). 

Nous  ne  reviendrons  pas  sur  les  difficultés  qu'il  eut 
avec  la  congrégation  de  Waulsort  au  sujet  de  ses  droits 
d'avoué.  Dom  Florent,  son  frère,  ayant  été  promu  à  la 
dignité  abbatiale,  il  lui  lit  un  prêt  de  1 1 ,000  florins  sur  la 
seigneurie  d'Anthisnes  («). 

Comme  on  le  voit,  Godefroid  se  trouvait  dans  une  fort 
belle  position.  Mais  cette  fortune  qu'il  arrondissait  sans 
cesse,  devait  être  bientôt  dispersée.  Il  avait  épousé  au  mois 
de  juin  i633,  conformément  à  un  contrat  du  3o  mai  précé- 
dent, Elisabeth  (de  Seraing)  de  Fraipont,  fille  de  Daniel, 
seigneur  de  Fraipont  et  de  la  cour  d'Olne  à  Awans,  laquelle 
ne  lui  avait  pas  donné  d'enfant.  Sentant  approcher  sa  fin,  il 

(1)  Bull,  de  rinst.  arch.  liégeois,  t.  XII,  p.  418;  Le  jugement  et 
censure  du  portrait  racourcy  de  La  Roque  (édit.  des  Bibl.  liég.), 
p,  87. 

(2)  Lahaye,  Etude  sur  l'abbaye  de  Waulsort,  dans  Bull,  de  la 
Soc.  d'art  et  d'hist.,  t.  V,  p.  385. 

(3)  Notamment  le  11  janvier  1627,  lorsqu'il  prit  à  ferme  les  biens 
de  l'abbaye  de  Waulsort. 

(41  Bull,  de  la  Soc.  d'art  et  d'hist.,  t.  IX,  p.  286  L'acte  de  relief 
le  qualifie  seigneur  de  Hody  et  de  Sart,  mais  ce  dernier  fief  échut  à 
sa  sœur  Marie  d'Anthisnes. 

{5)  Ibidem,  p.  309. 

(6)  Protocole  du  notaire  de  Frahan,  extrait  communiqué  avec  une 
parfaite  obligeance  par  M.  Lahaye,  archiviste  de  l'Etat,  à  Namur. 


—  154  — 

déclara  ses  dernières  volontés  dans  un  acte  daté  du  1 1  juillet 
i65o,  «  en  ma  chambre  joindant  à  la  cuisine  de  ma  maison 
»  à  Anthisnes.  »  Après  avoir  confirmé  le  testament  qu'il 
avait  fait  avec  sa  femme  le  7  juin  1646,  il  lui  laisse  l'usu- 
fruit de  l'avouerie,  de  la  maison  forte  et  de  ses  terres  d'An- 
thisnes,  de  la  censé  que  possédait  jadis  le  seigneur  de  Lesve 
et  de  celle  d'Ouhar,  ainsi  qu'une  rente  de  3oo  florins  de 
Brabant  sur  la  seigneurie  de  Villers-aux-Tours.  Il  institue 
héritière  universelle  de  ses  biens  patrimoniaux  sa  sœur 
Marie,  épouse  de  Conrard  de  Grisgnée.  Il  laisse  aux  reli- 
gieux de  Malmedy  la  seigneurie  engagée  de  Hody  ;  à 
Jean- Baptiste  de  Nuvolara  100  florins  de  rente  à  prendre 
hors  des  5oo  qu'il  a  sur  la  seigneurie  de  Villain  (Vien)  en 
Condroz,  etc.  Enfin  tous  les  biens  dont  il  n'a  pas  disposé, 
il  les  laisse  à  la  compagnie  de  Jésus  pour  les  trois  quarts 
et  audit  Nuvolara  pour  un  quart,  bien  entendu  que  dans 
ce  legs  sera  comprise  la  censé  d'Ouhar  dont  il  a  les  deux 
tiers,  comme  ayant  été  acquis  de  ses  sœurs,  Mme  de  Cris- 
gnée  et  feu  Mlle  Marguerite  d' Anthisnes. 

Ce  testament  fut  suivi  d'un  codicille  que  le  moribond, 
gisant  dans  son  lit  et  ne  pouvant  écrire  à  cause  de  sa  mala- 
die, fit  à  Anthisnes  le  25  février  i65i.  Quant  il  eut  rendu 
l'àme  (28  février),  le  partage  de  sa  succession  donna  lieu 
à  un  procès  devant  l'official  de  Liège.  Toutefois  les  inté- 
ressés ne  tardèrent  pas  à  s'entendre  et  passèrent,  les  22  et 
23  juillet  i65i,  deux  transactions  dont  voici  la  substance. 

Les  jésuites  et  Nuvolara  abandonnent  en  toute  propriété 
à  Elisabeth  de  Fraipont  les  deux  tiers  de  la  censé  et  des 
biens  d'Ouhar,  en  échange  de  tous  ses  droits  sur  les  autres 
acquêts.  Le  seigneur  et  la  dame  de  Grisgnée  lui  en  cèdent 
le  troisième  tiers,  ainsi  que  les  censés  de  Tolumont  et  de 
Tillioux-Roland  ;  en  compensation  de  quoi  elle  renonce 
en  leur  faveur  à  tout  droit  sur  l'avouerie,  la  maison  forte 
et  les  terres  d'Anthisnes,  sauf  qu'elle  pourra  continuer  à 
habiter,  jusqu'à  ce  qu'elle  change  d'état,  la  tour  du  manoir 
et  les  deux  chambres  au-dessus  de  la  brasserie,  avec  un 
grenier  dans  le  nouveau  bâtiment  (i). 

(1)  Protocole  du  notaire  An  t.  Etten,  i65i,  fol.  27  et  suiv.,  aux 
archives  de  l'Etat,  à  Liège. 


—  155  — 

5°  François  d'Anthisnes,  né  le  jour  de  Noël  i5g8. 
Licencié  en  droit  de  l'université  de  Reims  et  pourvu  de  la 
prébende  de  son  grand-oncle  maternel,  Nicolas  Rave,  il 
fut  reçu  chanoine  de  Saint- Lambert  le  9  juin  1627.  Devenu 
officiai  de  Liège  le  3o  juillet  i63i,  il  mourut  le  i3  février 
1637  et  fut  enterré  dans  la  chapelle  Saint-Luc  de  la  cathé- 
drale (1). 

6°  Catherine,  baptisée  à  Anthisnes  le  ier  juillet  1601, 
religieuse  à  Milen,  morte  en  i636; 

70,  8°,  90,  io°  Otton-Ernest  (baptisé  le  8  février  1604), 
Jean,  Marguerite  et  Marguerite-Maximilienne,  qui,  suivant 
Le  Fort,  moururent  jeunes.  Cependant  Marguerite  d'An- 
thisnes, probablement  la  même  que  feu  Marguerite-Maxi- 
milienne qu'on  trouve  citée  dans  le  testament  de  sa  sœur 
Marie,  ne  décéda  qu'au  mois  de  juin  1642  et  fut  enterrée 
à  Poulseur  (2). 

1 1°  Marie  d'Anthisnes,  dame  de  Sart  du  chef  de  sa 
mère,  puis  «  haute  voueresse  »  d'Anthisnes  après  la  mort 
de  son  frère  Godefroid  (i65i).  Elle  avait  épousé  Conrard 
de  Crisgnée,  seigneur  de  Poulseur-sous-Rahier,  colonel 
au  service  de  S.  M.  I.,  qui,  devenu  par  sa  femme  haut  voué 
d'Anthisnes,  décéda  sans  enfants  le  18  avril  i663. 


de  Crisgnée. 

Sa  veuve,  après  avoir  longtemps  habité  le  manoir  de 
ses  ancêtres,  alla  mourir,  le  8  juin  1671,  chez  Jean-Baptiste 

(1)  J.  de  Theux,  Le  chapitre  de  Saint- Lambert  à  Liège,  t.  III, 
p.  263.  Suivant  le  même  auteur,  il  aurait  possédé  un  bénéfice  dans 
l'église  (liseç  la  chapelle)  d'Ouhar. 

(2)  Le  Fort,  Recueil  dépitaphes,  t.  II,  p.  56. 

6 


—  156  — 

de  Nuvolara,  maïeur  de  la  cour  féodale  à  Liège,  d'où  l'on 
transporta  sa  dépouille  auprès  du  corps  de  son  mari,  dans 
l'église  de  Poulseur  (i).  Par  un  codicille  daté  de  l'avant- 
veille  de  sa  mort,  elle  avait  laissé,  à  certaines  conditions, 
sa  vouerie,  sa  maison  et  ses  biens  d'Anthisnes  (2)  à  l'époux 
de  la  nièce  de  son  mari,  le  baron  de  Woest,  qui  suit. 


DE    WaL. 

Mathieu-Ignace  de  Wal,  baron  de  Woest  en  Flandre, 
était  né  à  Tavier,  le  11  août  1614,  de  Philippe  de  Wal  et 
de  Marguerite  d'Anthisnes,  de  la  branche  de  Tavier.  Il 
avait  épousé,  le  3  février  1660,  Marie-Marguerite  de  Cris- 
gnée,  fille  de  Gilles  et  d'Anne  de  Néverlée,  et  ce  mariage 
avait  été  célébré  au  château  d'Anthisnes,  sous  les  auspices 
de  Conrard  de  Crisgnée,  l'oncle  de  sa  femme  (3).  La  pierre, 
ornée  de  seize  quartiers,  qui  marquait  la  place  de  leur  tom- 
beau dans  l'ancienne  église  d'Anthisnes,  porte  l'épitaphe 
suivante  : 

ICY     REPOSENT     NOBLE     ILLVSTRE     SEIGNEVR     MESSIRE     MaTHIEV 

Ignace  de  Wal  vicomte  et  havt-vove  hereditair  d'An- 
thine  baron  de  woest  seignevr  de  wlbrovck  povlsevr 

TREPASSE  LE  29  Xbre  I  686  ;    Et  NOBLE  ILLVSTRE  DAME  MADAME 

Marie  Margverite  de  Crisgnée  son  epovse  decedee  le 

16   FEBr   I7o3.    REQVIESCANT  IN  PACE. 

Ils  eurent  dix  enfants  (4),  parmi  lesquels  : 

(1)  Cf.  L.  Naveau,  Analyse  du  recueil  d'épitaphes  des  Le  Fort, 
n°  2o52. 

(2)  Environ  68  1/2  boniers,  d'après  le  dénombrement  de  1675. 

(3)  Un  extrait  du  contrat  se  trouve  dans  Le  Fort,  2e  partie,  t.  VI, 
p.  i65. 

(4)  Sur  les  collatéraux  des  barons  de  Wal,  avoués  d'Anthisnes, 
voy.  Annuaire  de  la  noblesse  de  Belgique,  1878,  pp.  320  et  suiv. 


—  157  — 

Conrard- Adolphe  de  Wal,  baron  de  Woest,  haut  voué 
d'Anthisnes,  seigneur  de  Wibrouck  et  de  Poulseur,  marié 
au  château  de  Beaufort  (Luxembourg),  le  3  décembre  1707, 
à  Eve-Isabelle  de  Beck,  dame  de  Tassigny  et  de  Sapogne, 
fille  d'Eugène- Albert  baron  de  Beck  et  d'Anne  de  Boet- 
zeler  (1).  Il  mourut  à  Anthisnes  le  3o  décembre  1731,  et 
fut  inhumé  dans  la  chapelle  du  château. 

Eugène- Albert- Joseph  baron  de  Wal,  fils  du  pré- 
cédent, seigneur  de  Poulseur,  Taviêr  (2),  Sart-Moulin, 
Tassigny,  Sapogne,  voué  de  Hody,  né  à  Anthisnes  le 
9  mars  1713,  releva  Favouerie  par  décès  de  sa  mère,  le 
25  novembre  1743.  Ayant  épousé  à  Barvaux,  le  10  février 
1733,  Marie-Josèphe- Hyacinthe,  fille  de  Maximilien-Henri 
comte  d'Aspremont-Lynden  et  de  Marie-Georgine-Thérèse- 
Catherine  de  Haultepenne,  il  habita  longtemps  le  château 
d'Anthisnes,  puis,  sans  l'abandonner  entièrement,  alla  vivre 
dans  sa  terre  de  Tassigny,  près  de  Montmédy  (3).  C'est  là 
qu'il  perdit  sa  femme,  le  20  août  1773,  et  que  lui-même 
termina  ses  jours,  le  i5  avril  1789.  L'un  et  l'autre  furent 
enterrés  à  l'abbaye  d'Orval. 

Outre  plusieurs  filles,  ils  laissèrent  deux  fils  :  l'aîné, 
Guillaume- Eugène-Joseph,  devint  commandeur  dans  l'ordre 
Teutonique  et  en  composa  l'histoire  (4);  le  second, 

Joseph- Alexandre- Albert- Jean-Népomucène  ba- 
ron de  Wal,  né  à  Anthisnes  le  6  août  1739,  hérita  des  sei- 
gneuries de  son  père  et  fut  le  dernier  avoué  d'Anthisnes, 

(1)  Pour  leur  contrat  de  mariage,  voy.  Le  Fort,  2e  partie,  t.  VI, 
p.  164. 

(2)  Par  relief  du  11  août  1742,  fait  en  vertu  du  testament  de  son 
cousin  Thierry-Philippe  de  Wal. 

(3)  En  1 761 ,  pendant  un  long  séjour  qu'il  fit  à  Tassigny  avec  toute 
sa  famille,  on  voit  son  chapelain  d'Anthisnes  veiller  à  ses  intérêts,  en 
attendant  son  retour. 

(4)  Nous  avons  déjà  dit  qu'il  renseigna  fort  mal  le  savant  Ernst, 
en  faisant  de  la  tour  et  des  propriétés  du  voué  une  dépendance  de 
son  avouerie  et  un  fief  du  Limbourg.  Ajoutons  que  cette  erreur  est 
d'autant  plus  inconcevable  que,  le  18  août  1782,  son  père  avait  encore 
relevé,  à  la  cour  féodale  d'Anthisnes,  la  maison  forte  et  les  36  boniers 
de  terres  qu'il  tenait  de  l'abbé  de  Saint- Laurent. 


—  158  — 

par  relief  du  6  juillet  1789.  Déjà  mort  en  1807,  il  avait 
épousé  à  Soiron,  le  4  avril  1785,  Marie-Philippine  de 
Haultepenne,  veuve  de  Charles-Joseph-Bernard  baron  de 
Pallant,  décédée  à  Bruxelles  le  10  octobre  i833.  Leur 
petite-fille  Marie-Philippine- Elisabeth  de  Wal,  devenue 
propriétaire  des  biens  d'Anthisnes,  les  aliéna  en  i85i, 
comme  on  l'a  vu  ci-dessus. 

LE  CHATEAU    D'OUHAR. 

Le  nom  d'Ouhar,  peut-être  ne  l'a-t-on  pas  oublié,  se 
trouve  accolé  à  celui  d'Anthisnes  dès  le  premier  quart  du 
XIIIe  siècle,  dans  l'énumération  des  droits  appartenant  à 
l'avoué  de  ces  deux  possessions  de  l'église  de  Waulsort. 
Situé  dans  un  endroit  écarté,  Ouhar  n'était  qu'une  dépen- 
dance d'Anthisnes,  mais  il  s'y  trouvait  une  enclave  qui 
relevait  de  l'église  de  Stavelot,  et  dont  les  possesseurs  se 
prétendaient  absolument  indépendants  du  seigneur  du  vil- 
lage. Nous  en  parlerons  dans  le  chapitre  suivant. 

On  a  vu  plus  haut  que  François  de  Soheit  dit  d'An- 
thisnes, outre  la  propriété  qu'il  habitait  près  de  l'église, 
releva  de  l'abbé  de  Waulsort,  le  17  janvier  1497,  ^a  cour 
et  maison  d'Ouhar,  avec  le  jardin  et  quatre  boniers  de 
terres  (1).  Après  sa  mort  (1542),  ce  bien  échut  successive- 
ment à  deux  de  ses  fils  :  d'abord  à  Lion  de  Soheit,  qui 
releva  du  nouveau  seigneur,  le  17  mars  i552,  les  redevances 
dont  il  était  chargé;  ensuite  à  Jean  de  Soheit  le  jeune, 
ancien  bourgmestre  de  Liège.  Celui-ci  mourut  en  1575, 
laissant  un  fils,  le  colonel  Hubert  de  Soheit,  qui,  vers 
1590,  vendit  sa  propriété  d'Ouhar  à  Jean  de  Courtejoie, 
seigneur  de  Grâce,  la  lui  prit  à  rente  le  24  juillet  i5q2,  et 
la  lui  revendit  le  18  septembre  1593  (2).  Par  ces  deux  der- 
niers actes,  nous  savons  qu'elle  consistait  en  maison,  grange, 
étables,  censé,  prés,  terres,  bois,  haies,  etc. 

(1)  On  remarquera  encore  une  fois  qu'il  ne  s'agit  ici  que  des  terres 
féodales,  ce  qui  ne  nous  donne  aucune  idée  de  l'importance  de  la 
propriété. 

(2)  Cf.  Le  Fort,  ire  partie,  t.  XXI,  fol.  276  V0. 


—  159  — 

La  ferme  d'Ouhar,  bientôt  après  agrandie  au  moyen  de 
nouvelles  acquisitions,  passa  de  Jean  de  Courtejoie  à  son 
fils  du  même  nom  (relief  du  14  nov.  1624),  puis  à  son 
petit-fils  Melchior-Valentin,  qui  la  possédait  en  1642.  Ce 
dernier  étant  mort  sans  hoirs,  le  bien  d'Ouhar,  qu'on  avait 
fini  par  appeler  la  censé  de  Grâce,  constitua  la  dot  de  sa 
sœur  Isabelle- Françoise  de  Courtejoie,  épouse  de  Laurent 
de  Charneux  dit  de  Marets,  membre  du  Conseil  ordinaire 
de  S.  A.  le  prince  de  Liège. 

La  date  de  leur  mariage  nous  est  inconnue,  mais  on 
sait  que  l'aîné  de  leurs  fils  fut  baptisé  à  Anthisnes  le  7  août 
1647.  Ils  y  étaient  donc  établis  et  c'est  apparemment  vers 
cette  année  que  Laurent  de  Charneux  fit  bâtir  le  château 
d'Ouhar  (t).  Laissons  encore  parler  Saumery  (2),  qui  nous 
dira  comment  cet  édifice  était  en  1743  : 

«  La  porte  du  Château,  située  au  Nord,  est  défendue 
»  par  deux  tours  surmontées  de  flèches  uniformes  et  de 
»  belle  aparence.  Elle  sert  à  une  vaste  basse-cour  que 
»  borde  en  face  un  superbe  corps  de  logis,  où  on  monte 
»  par  un  double  perron  de  pierre.  Un  beau  vestibule,  qui 
»  communique  à  quatre  grandes  pièces  régulières  et  riche- 
»  ment  meublées,  partage  avec  elle  le  sol  de  cet  édifice  qui 
»  forme  un  gros  pavillon,  flanqué  d'une  tour  extrême- 
»  ment  haute,  d'où  la  vue  s'étend  sur  un  grand  jardin, 
»  orné  de  cabinets  de  verdure  et  de  plusieurs  plates-bandes 
»  comparties  avec  goût  et  émaillées  des  plus  belles  fleurs  : 
»  on  y  voit  aussi  un  large  bassin,  revêtu  de  pierre,  d'où 
»  s'élève  un  jet  d'eau  de  plus  de  quinze  pies,  qui  sert  de 
»  décharge  à  un  étang  placé  auprès  de  la  porte  du  Châ- 
»  teau.  Cet  étang  est  situé  lui-même  au  bord  d'un  potager 
»  fort  étendu,  cotoié  d'une  haute  alée  de  charmille.  » 

Une  restauration  récente  a  rendu  à  cette  habitation  à 
peu  près  son  ancien  caractère.  On  y  a  de  plus  transporté  la 

(1)  «A  présent  Arnold- Laurent  de  Charneux  possède  ledit  bien, 
»  comme  lui  provenant  de  son  père  (Laurent)  qui  avait  épousé  la  fille 
»  du  seigneur  de  Grâce  à  qui  il  avait  été  donné  en  mariage  et  sur 
»  lequel  il  y  a  fait  bâtir  une  très  belle  et  ample  maison.  »  (Note  d'un 
curé  d'Anthisnes). 

(2)  Délices  du païs  de  Liège,  t.  III,  p.  194. 


—  160  — 

plus  belle  des  cheminées  du  château  d'Anthisnes,  œuvre 
de  la  seconde  Renaissance  montrant  les  écussons  de  Gode- 
froid  d'Anthisnes  et  d'Elisabeth  de  Fraipont  (i).  Signalons 
aussi,  comme  s'y  trouvant  depuis  nombre  d'années,  une 
cloche  ornée  de  trois  petits  bas-reliefs  représentant  la  con- 
sécration d'une  église  à  Notre-Dame,  saint  Michel  ter- 
rassant le  dragon  et  un  cygne  (Diam.  o,32).  Inscription  : 
►£<  0}arta  $■  eft  *  nomen  *  meïï  &  anno  *  ôrït  *  CQ  *  ccccc  *  xxtut. 

Laurent  de  Charneux  fut  un  des  deux  plénipotentiaires 
liégeois  envoyés  au  congrès  de  Nimègue  (1678-1679).  Il 
mourut  le  5  février  1684,  accusé  d'avoir  outrepassé  ses 
pouvoirs  en  consentant  à  ce  que  la  France  gardât  le  du- 
ché de  Bouillon  usurpé  sur  l'église  de  Liège  (2). 

Comme  on  le  verra  dans  la  table  généalogique  ci- 
contre,  sa  postérité  s'éteignit  dans  la  personne  de  Marie- 
Charlotte-Josèphe- Julienne  de  Charneux,  morte  le  3  no- 
vembre 1789.  Elle  avait  été  mariée  dans  la  chapelle 
d'Ouhar,  le  16  novembre  1760,  à  Jean-Charles-Alexandre 
baron  de  Waha  de  Wanne,  de  la  branche  de  Baillonville, 
dont  les  deux  arrière-petits-fils  sont  aujourd'hui  proprié- 
taires de  la  terre  d'Ouhar. 

(1)  A  noter  que  la  plaque  de  feu,  aux  armes  de  Gilles-Ferdinand 
de  Rahier  et  de  son  épouse  Anne-Marie  d'Oyembrugge  de  Duras,  est 
étrangère  et  postérieure  à  la  cheminée. 

(2)  Le  chapitre  cathédral  alla  même  plus  loin:  il  intenta  un  procès 
à  sa  famille  et  obtint  des  échevins  de  Liège  un  jugement  condamnant 
son  fils  Arnold- Laurent  de  Charneux  à  des  dommages  et  intérêts 
(i3  décembre  i6g5). 


UNE   CHEMINÉE  DU  CHATEAU  D'ANTHISNES 

(Actuellement  au  château  d'Ouhar) 


—  161  — 


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—  162  — 

LE   FIEF   DE   L'ÉGLISE   DE  STAVELOT 
A  OUHAR. 

L'origine  de  ce  fief  est  absolument  inconnue.  Le  plus 
ancien  registre  de  la  cour  féodale  de  Stavelot  nous  apprend 
qu'un  certain  Baudri  d'Ouhar  le  releva  comme  plein  fief 
en  i343.  Donné  pour  douaire  à  Marie,  fille  de  Hubert 
de  Fronville,  en  i353,  puis  relevé  par  André  d'Ouhar  en 
1377,  il  porte  dans  ce  dernier  acte  le  nom  dejief  du  Mon- 
cheal  d'Ouhar  (\). 

Plusieurs  constructions  et  jardins  existaient  alors  en 
cet  endroit  ou  à  proximité,  tant  sur  le  territoire  du  pays 
de  Stavelot  que  sur  celui  d'Anthisnes.  Il  y  avait  même  à 
Ouhar  une  tour,  déjà  mentionnée  en  1372,  à  propos  de 
l'investiture  du  bien  qui  fait  l'objet  du  chapitre  précé- 
dent (2).  L'acte  de  relief  de  1440  parle  des  «  cour  (tour  en 
»  1460),  maison,  jardins,  vergers,  prés,  terres,  émoluments 
»  et  patronage  de  l'église  d'Ouhar.  »  Mais  il  faut  descendre 
jusqu'en  1600,  pour  trouver,  dans  un  registre  de  Florent 
d'Anthisnes,  des  renseignements  précis  sur  les  différentes 
parties  de  ce  fief,  savoir  : 

Le  patronage  de  l'église  d'Ouhar; 

L'enclos  d'Ouhar  avec  la  cour  et  les  édifices,  compre- 
nant 4  boniers  16  grandes  verges,  joignant  d'amont,  d'aval 
et  vers  Ardenne  aux  chemins,  vers  Meuse  «  à  mon  pré 
»  d'Ouhar  »  ; 

Le  bois  «  aile  croix  à  l'Image  »,  contenant  2  boniers; 

Le  paxhis  (pré)  où  est  la  chapelle,  contenant  14  grandes 

(1)  Pièces  justificatives,  n°  VI. 

(2)  «  L'an  LXXII,  x  jour  ou  mois  de  resailhe,  fut  avestis  Wilhame 
»  de  Grauz  (Grâce),  par  devant  mons1'  l'abbeit  Jhohan  de  Hanèche, 
»  abbeit  de  Wauchor  et  de  Hastier,  et  ses  homes  de  fiefz,  assavoir 
»  sont  Corbiaul  de  Fauz  (Corbeau  d'Anthisnes),  Jhehan  Baré  d'An- 
»  thine  et  Balduins  de  Bonis,  etc.,  délie  maison  et  cortis  gissant  à 
»  Auhare  deleis  Anthine,  par  derire  le  maison  qui  fut  dame  Maroy 
»  del  Monchealz,  et  délie  mayson  que  Andrié  d'Anthine  fist  maiso- 
»  neir  deleis  le  tour  d'Auhar  et  le  jardin  et  le  terres  au  devant,  sy 
»  avant  qu'il  movent  en  fief  de  monsr  l'abc  de  Wachor .  » 


—   163  — 

verges,  joignant  d'amont  au  bois,  vers  Meuse  au  seigneur 
de  Grâce,  et  des  deux  autres  cotes  au  chemin. 

Suivent  onze  pièces  de  terre  ou  de  pré,  joignant  presque 
toutes  au  seigneur  de  Grâce. 

Contenance  totale  :  44  boniers  4  grandes  verges,  qu'on 
appelait  vulgairement  «  le  cherwage  délie  tour  d'Ouhar.  » 

Il  est  certain  que  la  chapelle  d'Ouhar  existait  déjà  en 
\3-C->  (  1  ).  On  vient  de  voir  qu'elle  était  située  dans  un  pré 
joignant  un  bois  de  deux  boniers,  nommé  «  le  bois  aile 
»  croix  à  l'Image.  »  Ce  nom  est  aujourd'hui  oublié;  mais 
un  lieu  dit  «  à  l'Image  »  se  trouve  à  l'endroit  où  se  croi- 
saient, il  y  a  peu  d'années,  les  chemins  d'Anthisnes  à 
Mont  et  d'Anthisnes  à  Comblain-au-Pont.  Or  un  ancien 
bois,  nommé  présentement  le  bois  Saint-Jean,  aboutit  à 
ce  carrefour,  et  comme  la  chapelle  était  dédiée  aux  saints 
Jean-Baptiste  et  Jean-Evangéliste,  tout  porte  à  croire  que 
le  bois  «  aile  croix  à  l'Image  »  est  devenu  le  bois  Saint- 
Jean.  Nous  en  concluons  que  la  chapelle  se  trouvait  dans 
un  petit  pré  qu'on  remarque  au  pied  du  bois,  du  côté  du 
château  d'Ouhar,  sur  un  ancien  plan  d'Anthisnes  où  il  est 
appelé  le  pré  Saint- Jean  (2). 

Quant  à  «  la  cour  et  les  édifices  »  mentionnés  ci-dessus, 
il  est  probable  que  c'était,  là  tout  près,  la  ferme  actuelle 
d'Ouhar  (3). 

On  n'a  que  des  renseignements  confus  sur  les  premiers 
possesseurs  de  ce  fief.  Après  ceux  que  nous  avons  cités, 
André  d'Ouhar,  2e  ou  3e  du  nom,  le  releva  en  1411.  Ses 
six  enfants  lui  ayant  succédé  (1431),  vendirent  tour  à  tour 
leurs  parts  à  Pirard  de  Lierneux,  qui,  en  1445,  s'en  trouva 
seul  investi. 

(1)  «  L'an  del  nativiteit  nostre  S1'  Jhesucrist  mille  troicens  LXXVI, 
»  le  jour  del  triniteit,  releveit  par  messire  Jhehan,  vesti  de  Vilens,  ... 
»  le  maison  del  chapelle  d'Ouhaz  et  le  preit  decha  le  rieux  »  (Fiefs 
relevés  de  Wauthier  de  Bossut,  abbé  de  Waulsort). 

(2)  Cartes  et  plans,  n°  53,  aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 

(3)  Dans  son  testament  fait  en  i65o,  Godefroid  d'Anthisnes  a  soin 
de  léguer,  avec  sa  censé  d'Ouhar,  une  prairie  sise  entre  ladite  censé 
et  celle  de  Grâce  ;  ce  qui  indique  une  fois  de  plus  que  les  deux  fermes 
étaient  très  rapprochées. 


—  164  — 

Depuis  lors  il  ne  cessa  d'appartenir  aux  avoués  d'An- 
thisnes, jusqu'à  ce  que,  par  le  partage  de  la  succession  de 
Godefroid  d'Anthisnes  (i65i),  il  échût  à  sa  veuve  Elisabeth 
de  Fraipont.  Celle-ci  ayant  convolé  en  secondes  noces  avec 
Jean- Isidore  baron  de  Moitrey,  le  vendit  à  Laurent  de 
Charneux,  déjà  propriétaire  de  la  censé  de  Grâce.  Par  cet 
acte,  passé  le  27  octobre  1657  et  réalisé  à  la  cour  féodale 
de  Stavelot  le  24  septembre  de  l'année  suivante,  elle  lui 
cède  non  seulement  le  franc  fief  d'Où har,  libre  de  toutes 
tailles  et  dîmes,  contenant  40  à  5o  boniers,  mais  encore 
environ  3o  boniers  de  terres  censales  et  «  tel  titre  de 
»  vicomte  qui  a  été  ci-devant  donné  par  Jean,  duc  de  Bra- 
»  bant  et  de  Limbourg,  en  l'an  1282  »  (lise\  1292). 

Relevant  d'un  prince  étranger,  le  fief  d'Ouhar  était 
effectivement  exempt  des  tailles  et  des  dîmes  que  payaient 
les  habitants  d'Anthisnes  ;  mais  le  seigneur  du  village  n'ad- 
mettait pas  toujours  cette  exemption  sans  difficulté,  à  preuve 
un  procès  que  l'abbé  de  Waulsort  eut  avec  Adam  Corbeau 
d'Anthisnes,  en  1 5 18,  au  sujet  de  la  situation  et  de  l'immu- 
nité de  certaines  terres  d'Ouhar. 

Forts  de  leur  situation  privilégiée,  les  derniers  posses- 
seurs de  ce  fief,  à  commencer  par  Laurent  de  Charneux 
(i658),  prirent  ouvertement  le  titre  de  seigneur  d'Ouhar. 
Cette  prétention  finit  par  déplaire  à  l'abbé  de  Saint-Laurent, 
Grégoire  Tutélaire,  qui  s'en  plaignit  vivement  à  Arnold- 
Laurent  de  Charneux  (vers  1700).  Les  reliefs  d'Ouhar, 
disait-il,  ne  font  mention  d'aucune  cour,  et  en  tout  cas  il  ne 
pourrait  avoir  existé  là  qu'une  cour  foncière,  connaissant 
des  fonds  qui  en  dépendent  et  non  des  personnes  ;  la  cour 
de  justice  d'Anthisnes,  au  contraire,  a  toujours  exercé  sa 
juridiction  à  Ouhar  dans  les  causes  non  féodales,  et  cette 
assertion  est  prouvée  par  plusieurs  témoins.  A  quoi  de  Char- 
neux répondait  que  le  bien  d'Ouhar,  joignant  la  hauteur  de 
Comblain,  relevait  de  l'abbé  de  Stavelot  ;  qu'il  ne  payait 
pas  la  dîme  et  était  exempt  des  impôts  levés  au  pays  de 
Liège,  preuve  qu'il  n'était  pas  compris  dans  la  seigneurie 
d'Anthisnes  ;  que  dans  un  vieux  manuscrit,  la  cour  d'Ouhar 
figurait  parmi  les  cours  de  justice  du  comté  de  Logne  res- 
sortissant à  la  haute  cour  de  Stavelot  ;  qu'en  se  qualifiant 


—  165  — 

seigneur  d'Ouhar,  il  ne  faisait  que  suivre  l'exemple  de  ses 
prédécesseurs  de  la  maison  d'Anthisnes;  enfin  il  ajoutait 
que  le  titre  de  vicomte  donné  par  le  duc  de  Brabant  et  de 
Limbourg,  avait  été  cùdd  à  son  père  en  même  temps  que 
le  fief;  ce  qui  était  vrai,  mais  de  nul  effet,  puisque  ce  titre 
appartenait  à  l'avoué  d'Anthisnes. 

La  conséquence  de  ce  débat  fut  qu'il  y  eut  deux  sei- 
gneurs d'Ouhar  au  lieu  d'un,  car  les  de  Charneux  persis- 
tèrent dans  leur  prétention  et,  à  partir  de  cette  époque, 
les  abbés  de  Saint-Laurent  prirent  la  qualification  de  sei- 
gneur d'Anthisnes  et  d'Ouhar. 

Il  nous  reste  à  dire  un  mot  du  patronage  de  la  cha- 
pelle. Le  curé  de  Comblain,  sur  la  paroisse  de  qui  elle  se 
trouvait  (  i),  ayant  un  jour  prétendu  qu'il  avait  le  droit  d'en 
nommer  le  recteur,  l 'affaire  fut  portée  devant  l'archidiacre 
du  Condroz.  Celui-ci  déclara,  par  jugement  du  12  avril 
1 538,  que  la  présentation  à  ce  bénéfice  appartenait  depuis 
un  temps  immémorial  au  possesseur  du  fief  d'Ouhar,  mais 
que  lui,  l'archidiacre,  en  avait  la  collation,  c'est-à-dire  que 
l'admission  et  l'institution  du  prêtre  ou  du  clerc  présenté 
lui  étaient  réservées. 

On  se  demandera  quand  et  comment  disparut  la  cha- 
pelle d'Ouhar.  Il  est  à  présumer  qu'après  l'acquisition  du 
fief  par  Laurent  de  Charneux,  elle  fut  transférée  dans  le 
château  voisin  qu'il  venait  de  construire.  On  y  trouve,  en 
effet,  un  autel  de  la  seconde  moitié  du  XVIIe  siècle,  un  re- 
gistre aux  biens  de  la  chapelle  avec  les  noms  des  recteurs 
depuis  1643,  et  l'on  sait  que  ceux-ci  ne  quittèrent  cette 
demeure  qu'après  le  renversement  de  nos  anciennes  insti- 
tutions. 

ANTHISNES   PENDANT   LES  GUERRES 
DE   LOUIS  XIV. 

Heureux  comme  les  peuples  qui  n'ont  pas  d'histoire, 
le  village  d'Anthisnes  semble  avoir  vu  s'écouler  une  longue 

(1)  Le  fief  d'Ouhar  étant  de  la  mouvance  de  l'abbé  de  Stavelot,  on 
ne  s'étonnera  pas  qu'il  fût  de  la  paroisse  de  ce  pays  la  plus  proche,  qui 
était  Comblain. 


—  166  — 

suite  de  siècles,  sans  se  trouver  impliqué  dans  les  guerres 
extérieures  et  les  discordes  civiles  qui  ensanglantèrent  le 
pavs  de  Liège.  A  part  les  tentatives  d'oppression,  bientôt 
réprimées,  de  quelques  seigneurs  voisins,  au  XIIe  siècle, 
l'expédition  du  roi  Jean  de  Bohême,  au  XIVe,  et  peut-être 
la  ruine  de  son  église  pendant  les  guerres  de  religion, 
nous  n'avons  à  enregistrer,  jusqu'à  l'époque  néfaste  des 
campagnes  de  Louis  XIV,  aucun  trouble  dans  sa  paisible 
existence. 

Et  pourquoi  en  aurait-il  été  autrement  ?  Homme 
d'église,  le  seigneur  n'attire  point  sur  ses  sujets  le  pillage 
et  l'incendie,  cortège  ordinaire  des  guerres  privées.  Il 
n'exerce  son  pouvoir  qu'après  avoir  juré  d'observer  la 
charte  villageoise,  et  ce  pouvoir,  il  le  délègue  le  plus 
souvent  à  une  cour  de  justice  composée  des  notables  de 
l'endroit.  L'avoué,  qui  seul  pourrait  balancer  son  auto- 
rité, n'est  ni  assez  fort  ni  assez  ambitieux  pour  aspirer  au 
rôle  de  petit  tyran.  Quant  aux  manants,  presque  tous 
propriétaires,  ils  ont  les  plaids  pour  faire  entendre  leurs 
doléances,  et  ils  en  usent  en  pleine  liberté.  Exempts  de 
tout  impôt  gouvernemental,  en  vertu  de  leurs  anciens 
privilèges,  ne  payant  la  taxe  que  pour  les  besoins  de  la 
communauté,  c'est-à-dire  d'eux-mêmes,  ils  n'ont  en  réalité 
d'autres  charges  que  la  dîme  et  la  redevance  au  profit  de 
l'avoué.  En  revanche,  ils  ont  de  grands  biens  communaux 
qui  leur  fournissent  du  bois  en  abondance  et  de  la  pâture 
pour  leurs  bestiaux. 

Nous  sommes  loin,  on  le  voit,  de  ces  paysans  de  l'an- 
cien régime  dont  La  Bruyère  (Caractères.  De  l'homme) 
s'est  plu  à  dépeindre  la  misérable  existence  sous  les  plus 
noires  couleurs.  Il  était  réservé  à  la  soldatesque  étrangère, 
et  surtout  aux  armées  du  grand  roi,  de  réduire  à  la  der- 
nière extrémité  les  habitants  d'Anthisnes.  Nos  sources,  tout 
incomplètes  qu'elles  sont,  vont  nous  édifier  là-dessus  (i). 
Dès  le  mois  de  février  1674,  l'intendant  au  service  du 
roi  d'Espagne,  Francken,  exige  de  M.  de  Charneux,  pro- 
priétaire de  la   maison  d'Ouhar,  3oo  rations  de  fourrage, 

(1)  Pièces  justificatives,  nos  VII  et  VIII. 


—  167  - 

livrables  à  Namur,  mais  qui,  suivant  l'usage,  sont  conver- 
ties et  payées  en  espèces  sonnantes.  La  même  année,  ledit 
Francken  somme  le  village  d'Anthisnes  de  lui  fournir 
3,ooo  rations,  et,  pour  se  libérer,  la  communauté  doit  em- 
prunter à  l'abbaye  de  Saint-Laurent  i,3oo  florins. 

En  1675,  les  Impériaux  rivalisent  d'extorsions  avec  les 
Espagnols.  Le  21  janvier,  le  comte  de  Ghavagnac,  lieute- 
nant général  commandant  les  troupes  de  S.  M.  I.  à  1  I  u\ , 
ayant  requis  «  le  gentilhomme  du  château  d'Ouhar  »  de 
loger  un  piquet  de  cavalerie,  le  propriétaire  est  obligé,  pour 
se  racheter,  de  lui  donner  100  écus  (  i). 

Au  mois  d'avril  1676,  le  receveur  des  contributions  de 
S.  M.  à  Namur  reçoit  du  village  d'Anthisnes  599  florins 
7  sous,  pour  les  rations  de  l'année  courante.  Le  3  no- 
vembre, une  autre  quittance  constate  le  payement  de  800 
rations.  Encore  l'intendant  ne  se  contente-t-il  de  cette 
somme  que  grâce  aux  sollicitations  du  conseiller  de  Char- 
neux  (fils),  qui,  à  chaque  imposition  nouvelle,  se  rend 
auprès  de  lui  à  Namur,  pour  essayer  de  fléchir  sa  rigueur. 

Puis  viennent  les  rafraîchissements  des  troupes,  et  l'on 
sait  ce  que  cela  veut  dire.  En  1677,  à  la  Pentecôte,  un 
parti  de  80  soldats  voulant  forcer  Ouhar,  on  est  obligé  de 
les  rafraîchir  et  de  donner  6  pistoles  au  commandant.  Une 
autre  fois,  c'est  un  certain  capitaine  Philippin  qui  s'y 
rafraîchit  avec  3o  dragons. 

Le  24  septembre  1677,  pendant  que  le  conseiller  de 
Charneux  sollicite  à  Namur,  on  fait  payer  à  sa  mère  5o  pa- 
tacons,  pour  la  part  d'Anthisnes  dans  la  contribution  impo- 
sée par  l'intendant  des  troupes  brandebourgeoises  campées 
à  Reckheim,  au  delà  de  Maestricht. 

fi)  M.  Lonchay,  auteur  d'un  mémoire  couronné  intitulé  La  prin- 
cipauté de  Liège,  la  France  et  les  Pays-Bas  au  XVIIe  et  au  XVIIIe 
siècle,  cite  ce  passage  éminemment  suggestif  des  Mémoires  du  comte 
de  Chavagnac  :  «  Ce  quartier  d'hiver  (environs  de  Huy)  a  été  le  meil- 
»  leur  que  j'aie  jamais  eu  en  ma  vie,  cor  après  avoir  bien  payé  les 
»  douze  mille  hommes  dont  on  m'avait  chargé,  la  cavalerie  remise 
»  et  bien  équipée,  tous  les  officiers  fort  à  leurs  aises  et  très  satisfaits, 
»  j'eus  cent  mille  écus  pour  moi  de  reste,  dix  mille  écus  de  vaisselle 
»  d'argent  et  un  très-gros  équipage.  » 


—  168  — 

Cependant,  les  Français  ont  fait  leur  apparition  dans 
le  village,  et  leurs  exigences  viennent  s'ajouter  à  celles  des 
alliés.  Ainsi  menacée  d'exécution  de  toutes  parts,  la  com- 
munauté n'a  d'autre  ressource  que  de  tenter  la  cupidité  des 
chefs  :  elle  donne  5oo  florins  pour  adoucir  le  terrible  Galvo, 
gouverneur  français  de  Maestricht,  tandis  que  de  Gharneux 
fait  deux  fois  le  voyage  de  Liège,  d'où  il  rapporte  des  pré- 
sents pour  le  comte  de  Salzbourg,  à  OufTet. 

Le  maréchal  de  Luxembourg  ayant  établi  son  camp  à 
Huy,  donne  une  sauvegarde  particulière  pour  le  château 
d'Ouhar,  le  3  octobre  1678;  mais  cela  ne  s'accorde  que 
moyennant  finance  et  n'empêche  pas  qu'un  mois  après,  le 
général  de  La  Motte  n'envoie  le  colonel  de  Lestang  prendre 
non  seulement  les  avoines  du  voué  et  de  la  ferme  de 
Pouxhon,  à  Anthisnes,  mais  encore  80  muids  de  grains  et 
quantité  de  provisions  à  Ouhar. 

La  paix  de  Nimègue,  entre  la  France  et  l'Empire,  était 
signée  depuis  le  5  février  1679,  que  les  impositions  conti- 
nuaient encore.  Requise  par  le  lieutenant-colonel  La  Fo- 
rette  de  payer  le  demi-mois  courant  du  quartier  d'hiver,  la 
communauté  d'Anthisnes  emprunte,  par  acte  du  21  avril, 
624  florins  à  l'abbaye  de  Saint- Laurent.  Le  26  juin,  elle 
reçoit  l'ordre  de  verser  56  sols  3  deniers  de  France  par 
jour,  pour  la  subsistance  de  la  compagnie  du  mestre  de 
camp  du  régiment  de  Montai,  logée  à  Rochefort.  Enfin, 
le  9  novembre,  on  paye  encore  pour  elle  5oo  florins,  repré- 
sentant sa  part  dans  les  1,200  écus  demandés  par  l'inten- 
dant au  Condroz. 

Non  content  des  territoires  qu'il  avait  acquis  par  la 
guerre,  Louis  XIV  établit  à  Metz  une  Chambre  des  réu- 
nions, chargée  de  déterminer  l'étendue  précise  des  cessions 
et  dépendances  obtenues  par  les  derniers  traités  de  paix. 
Elle  en  trouva  naturellement  un  bon  nombre,  entre  autres 
le  Condroz,  et  requit  les  fonctionnaires  de  ce  pays  de  venir 
faire  hommage  au  roi.  Cette  insolente  injonction  étant  res- 
tée sans  effet,  le  seigneur  d'Anthisnes  fut  sommé,  le  17  dé- 
cembre 1681,  de  comparaître  devant  la  chambre  royale,  à 
Metz,  pour  y  entendre  déclarer  la  commise  de  son  fief. 
Le  roi  finit  cependant  par  renoncer  au  Condroz  ;  mais,  peu 


-   169  — 

d'années  après,  la  ligue  d'Augsbourg,  quoique  purement 
défensive,  ramena  ses  troupes  dans  la  principauté  de  Liège. 
Alors  commence  pour  Anthisnes  une  longue  série  d'extor- 
sions et  de  pillages  de  la  part  des  suppôts  de  Louvois,  le 
plus  impitoyable  des  ministres  du  plus  absolu  des  rois. 
Contributions  de  guerre  et  réquisitions  vont  pleuvoir  sur 
le  malheureux  village,  que  des  intendants  tels  que  Voisin, 
à  Dinant,  et  Mahieu,  à  Luxembourg,  se  font  un  plaisir  de 
pressurer  au  nom  de  Sa  Majesté  Très  Chrétienne. 

Le  7  novembre  1688,  on  somme  les  habitants  de  livrer 
à  Dinant  816  rations  de  fourrage. 

Le  25  mai  1689,  ils  sont  taxés  à  526  livres  de  France 
payables  à  Marche,  et  ce  pour  le  reste  de  l'année  ;  mais  il 
arrive  qu'on  a  dû  faire  une  remise  à  la  ville  de  Visé,  et 
pour  combler  ce  déficit,  on  exige  une  surtaxe  dans  laquelle 
Anthisnes  est  imposé  à  64  livres  payables  à  Arlon. 

Le  ier  novembre,  on  requiert  du  village  800  rations 
livrables  à  Dinant.  Toutefois  on  excepte  les  biens  de 
Mr  de  Tilleur  et  de  Mme  de  Woest,  comme  étant  taxés 
séparément,  sans  doute  en  considération  de  ce  que  J.-B. 
de  Boileau  (Mr  de  Tilleur)  et  le  fils  de  la  douairière  de 
Wal  (Mme  de  Woest)  sont  au  service  de  la  France.  Pour 
satisfaire  à  cette  réquisition,  la  communauté  se  voit  obligée 
de  vendre  le  taillis  du  bois  de  Tolumont. 

A  partir  de  1690,  le  roi  impose  annuellement  une  con- 
tribution de  100,000  livres  sur  le  pays  de  Liège  en  deçà 
de  la  Meuse.  En  conséquence  Anthisnes  et  Ouhar  sont 
taxés  à  459  livres  payables  à  Luxembourg,  et  ainsi  d'année 
en  année  jusqu'en  1696,  où  leur  quote  part  est  de  455  livres. 

Pendant  ce  temps-là,  les  réquisitions  vont  leur  train. 
Sommés,  le  5  octobre  1693,  par  l'intendant  de  l'armée  de 
la  Moselle  de  livrer  journellement  25o  rations  au  camp  des 
Avins,  les  habitants  de  Vien  et  d'Anthisnes  obtiennent  la 
remise  d'une  partie  de  cette  livraison  et  fournissent  le  reste 
en  nature. 

Au  mois  de  mai  1694,  la  communauté  d'Anthisnes  paye 
les  38  rations  demandées,  le  29  avril,  par  le  marquis 
d'Alègre,  maréchal  de  camp  à  Sedan. 

Le   17   octobre   1695,  A.-L.  de   Charneux  promet  de 


—  170  — 

payer  80  écus  au  baron  de  la  Neufville  (capitaine  dans  le 
régiment  de  Courtebourne),  pour  les  rations  à  livrer  par 
Anthisnes  au  camp  du  marquis  de  Harcourt,  à  Fronville. 

Le  4  septembre  1696,  le  lieutenant  général  comte  de 
Tallard  ordonne  aux  habitants  de  fournir  au  camp  du 
Rond-Chène  (à  Védrin)  400  rations,  et  le  maïeur  d'An- 
thisnes  a  trois  jours  pour  les  payer.  Deux  mois  après,  ledit 
maïeur  est  mandé  par  le  lieutenant  général  comte  de  Guis- 
card  à  Dinant,  toujours  pour  des  rations. 

Et  ce  n'est  pas  tout,  car  s'il  y  a  une  armée  française  qui 
nous  suce  jusqu'aux  os,  il  y  a  aussi,  du  côté  des  alliés,  une 
petite  armée  liégeoise,  et  il  faut  bien  qu'elle  vive.  Aussi 
voyons-nous  le  prince  évêque  ou  son  général,  le  comte  de 
T'Serclaes-Tilly,  exiger  chaque  année  du  village  d'An- 
thisnes  o,58  1/2  rations,  et  comme  les  petits  manants  ne 
peuvent  en  payer  que  fort  peu,  ils  ont  à  subir  plusieurs 
exécutions.  Outre  les  tailles  assises  pour  ces  rations,  Son 
Altesse  en  demanda  5o,  faisant  par  an  450  florins. 

On  a  calculé  que,  de  1688  à  1697  seulement,  la  com- 
munauté dut  payer  aux  Français,  tant  en  contributions 
qu'en  rations,  14,612  florins;  au  gouvernement  du  prince, 
6,2o5  florins  ;  pour  besoins  et  frais  divers,  6,245  florins  (1). 

Mais  toutes  ces  dépenses,  quelque  écrasantes  qu'elles 
fussent,  étaient  moins  terribles  que  la  brutalité  du  soldat, 
la  dureté  des  chefs  qui  s'en  prenaient  à  des  innocents 
de  leurs  propres  méprises,  et  l'impitoyable  rapacité  des 
fermiers  d'impôts.  Ecoutons,  dans  leur  simplicité,  les 
accents  désespérés  du  pasteur  et  des  échevins  d' Anthisnes 
adressant  une  supplique  aux  députés  des  états,  le  4  jan- 
vier 1697,  plus  de  huit  mois  avant  la  conclusion  de  la 
paix  : 

«  Remonstrent  très  humblement  et  respectueusement  à 
»  voz  seigneuries  les  députez  et  manants  du  village  d'An- 
»  thinne  en  Gondros  qu'après  avoir  enduré  tant  des  pertes 
»  considérables  et  des  misères  depuis  ceste  dernière  guère, 
»  tant  des  armées  ennemies  que  de  celles  des  puissances 
»  alliées,  dont  le  détaille  est  icy  joinct,  ils  seront  et  sont 

(1)  Pièces  justificatives,  n"  VIII. 


—  171   — 

»  desjà  réduits  à  une  telle  extrémité  de  pauvreté  qu'ils  ne 
»  seront  plus  capables  de  donner  satisfaction  aux  imposi- 
)>  tions  qu'il  plairat  doresnavant  à  son  Alteze  électorale  et 
»  ses  estats  de  faire  sur  le  pays  ny  à  celles  des  ennemis,  et 
»  ainsy  seront  forcez  d'abandonner  le  village  sy  voz  sei- 
»  gneuries  par  leurs  bontez  et  équitez  ne  vueillent  bien 
»  avoir  égard  à  leurs  extrêmes  désolations  et  leurs  faire 
»  grâce  des  dix  tailles  par  mois  qu'ils  leurs  at  pleut  d'or- 
»  donner  de  payer.  C'est  de  quoy,  Messeigneurs,  nous 
»  vous  prions  très  instamment  et  de  nous  aider  par  ceste 
»  grâce  à  supporter  les  maux  qui  nous  accablent.  Quoy 
»  faisant,  etc. 

»  Détaille  des  pertes  que  le  village  d'Anthinne  at  faits 
»  depuis  ceste  dernière  guère. 

»  Lors  que  les  ennemis  vinrent  bombarder  Liège  (1), 
»  la  plus  grande  partie  des  maisons  furent  entièrement 
»  pillées,  plusieurs  bestes  tuées  et  presque  tous  les  chariots 
»  forcez  d'aller  à  leurs  despens  plusieurs  jours  avec  l'ar- 
»  mée,  pour  mener  les  esquipages,  et  au  dessus  de  tout 
»  cela  obligez  à  livrer  un  grand  nombre  des  sacques 
»   d'avoine. 

»  Lors  que  le  marquis  de  Bouflers  vint  camper  à  Okier, 
»  nous  fusmes  forcez  d'y  mener  tout  le  fourage  qui  estoit 
»  dans  le  village,  et  l'avoine  aussy  ;  plusieurs  mesme  furent 
»  obligez  d'en  acheter  aillieurs,  n'en  ayant  pas  assé. 

»  Son  Alteze  ayant  commandé  de  faire  la  patrouille 
»  pour  attraper  des  voleurs  qui  couroient  le  pays  et  noz 
»  payssans  estants  soubs  les  armes  à  ce  dessein,  six  Fran- 
»  çois  détachez  d'un  gros  party  vinrent  dans  le  village. 
»  Les  payssants  ne  les  connoissants  pas  et  les  prennant 
»  pour  des  voleurs  qui  alloient  ordinairement  à  troupes 
»  pareilles,  les  voulurent  obliger  à  dire  qui  ils  estoient  et 
»  monstrer  leurs  congez.  Le  gros  du  party  venant  quelque 
»  temps  après  pillèrent  plusieurs  maisons,  blessèrent  quel- 
»  ques  payssans  à  mort,  prirent  des  prisoniers  qui,  pour 

(i)  Les  Français,  sous  le  commandement  du  marquis  de  Boufflers, 
traversèrent  le  Condroz  et  parurent,  le  Ier  juin  1691,  devant  la  Char- 
treuse, d'où  ils  bombardèrent  la  cité. 

8 


—  172  — 

»  avoir  demeuré  longtemps  en  prison  à  La  Roche,  ont 
»  cousté  merveille,  et  priment  encor  quinze  chevaux  ;  et 
»  tout  cela  pour  avoir  obéyt  aux  ordres  du  Prince. 

»  Lors  que  les  troupes  des  alliez,  soubs  le  commande- 
»  ment  du  prince  de  Hesse,  vinrent  camper  à  Aiwaille  et 
»  Awans,  le  village  fut  fouragé  et  la  plus  grande  partie  des 
)>  maisons  pillées. 

»  Nous  avons  aussy  estez  exécutez  trois  ou  quattres  fois 
»  de  Dinand,  qui  nous  ont  cousté  extraordinairement,  la 
»  communauté  ne  se  treuvant  pas  en  estât  de  retirer  ses 
»  prisoniers  faute  d'argent  et  force  de  pauvreté,  et  ayant 
»  estez  obligez  de  les  laisser  longtemps  en  prisons  à  très 
»  grands  fraix. 

»  Item  at  aussy  eut  quattre  de  noz  manants  pris  pour 
»  représailles  par  les  gens  du  marquis  de  Crocher  (?),  qui, 
»  après  avoir  estez  quattre  mois  en  prison,  en  ont  esté 
»  chaquun  à  cent  escus,  et  en  les  prennant  quantité  des 
»  maisons  furent  pillées,  outre  plusieurs  chevaux  qui  furent 
»  aussy  pris,  lesquels  on  fut  obligez  de  racheter. 

»  Au  camp  de  Paylle,  lors  que  le  mareschal  de  Bou- 
»  flers  y  estoit  avec  l'armée  de  France,  nous  fusmes  six 
»  semaines  entiers  obligez  de  mener  tous  les  jours  trois 
»  ou  quattres  charées  de  foin  et  avoine,  et  faute  de  furnir 
»  assé  tost,  très  souvent  exécuté  par  des  dragons  qui  vi- 
»  voient  à  discrétion. 

»  Et  pendant  le  mesme  camp,  par  un  mésentendu  entre 
»  messieurs  de  Bouflers  et  Guiscard  qui  vouloit  nous  faire 
»  livrer  à  Cineye  où  il  estoit,  nous  fusmes  exécutez  par 
»  quattre  vingts  cavaliers  qui  demeurèrent  dans  le  village 
»  non  sans  grands  fraix,  jusques  à  ce  que  ces  deux  géné- 
»  raux  se  fussent  expliqué. 

»  Après  la  prise  de  Huy,  les  Brandenbourgs  sous  mon- 
»  sieur  de  Vits  estoient  campé  à  Combien.  Après  leurs 
»  avoir  esté  furny  estant  à  Nandren  beaucoup  de  foin  et 
»  d'avoine,  ils  sont  venus  deux  jours  de  suitte  fourager  le 
»  village,  et  on  peut  dire  sans  exagération  qu'ils  n'y  ont 
»  pas  laissé  un  grain  d'aucune  espèce,  ny  une  botte  de  fou- 
»  rage  ny  de  paille. 

»  Nous  avons  eu  deux  logements  des  Hollandois  :  le 


—  173  — 

»  premier  estoit  bien  de  quattre  cents  hommes,  tant  infan- 
»  terie  que  cavalerie,  le  premier  commandé  par  certain 
»  Ladmiral  et  le  second  par  Wolf,  le  tout  aux  dépends  de 
»  ce  pauvre  désolé  village. 

»  Au  dernier  camp  de  monsieur  d'Harcourt  au  ban  de 
»  Fronville,  après  avoir  livré  beaucoup  d'avoine,  nous 
»  avons  esté  obligé  de  faire  un  accorde  en  argent  pour 
»  quattre  vingts  et  trois  escus. 

«  Monsieur  de  Tallard  estant  au  camp  du  Ronchaine, 
»  entre  Sambre  et  Meuse,  il  nous  at  demandé  des  rations 
»  qui  nous  ont  cousté  cents  escus. 

»  Le  mesme  monsieur  de  Tallard  estant  ceste  dernière 
)>  campagne  à  Bayonville,  nous  avons  estez  forcez  de  luy 
,)  livrer  cents  sacques  d'avoine. 

»  On  at  encor  fait  sur  nous  une  seconde  représaille, 
»  dont  il  y  at  eu  quattre  hommes  menez  à  Luxembourg, 
»  où  ils  ont  restez  six  semaines. 

»  Et  nous  pouvons  asseurer  avec  vérité  dont  tous  noz 
»  voysins  sont  tesmoins  qu'il  ny  at  point  de  village  dans 
»  toute  la  Condros  sy  vexé  des  parties  inemies  qu'Anthinne, 
»  ne  manequant  pas  de  semaine  l'une  parmy  l'autre  qu'il 
»  n'y  en  viennent  trois  ou  quattres,  ce  qui  nous  couste 
»  beaucoup,  au  de  là  mesme  de  toute  imposition. 

»  Et  pour  nous  achever,  nous  sommes  tombez  entre  les 
»  mains  des  reprenneurs  d'imposts,  dont  la  dureté  nous  at 
»  poussé  au  bout,  avant  obligé  toutes  personnes  depuis 
»  l'aage  de  deux  ans  de  payer,  pour  l'oeille  du  moulin 
»  seulement,  trois  florins,  sans  la  consomption  et  l'impost 
»  du  braz,  d'autre  quartiers  en  ayant  estez  quitte  pour  un 
»  prix  beaucoup  moindre,  peut  estre  bien  de  la  moitié.  » 

»  George  Defrance,  curé  d'Anthinne.  » 
»  Suivent  les  signatures  des  échevins  de  la  cour.  » 

Quatre  années  s'étaient  à  peine  écoulées  depuis  la 
retraite  des  armées  étrangères,  que  la  guerre  de  la  succes- 
sion d'Espagne  ramenait  les  Français  dans  la  principauté 
de  Liège.  Joseph-Clément  de  Bavière,  devenu  l'allié  de 
Louis  XIV  contre  presque  toutes  les  puissances  de  l'Eu- 
rope, leur  fit  ouvrir  les  portes  de  sa  capitale,  où  ils  entrèrent 


—  174  — 

sous  le  nom  fallacieux  de  troupes  du  cercle  de  Bourgogne. 
Les  trois  états  du  pays  protestèrent  vainement  contre  cette 
violation  de  la  neutralité,  qui  devait  avoir  pour  conséquence 
de  nouvelles  réquisitions. 

Le  20  juin  1702,  un  ordre  émané  du  prince  de  T'Ser- 
claes-Tilly,  commandant  les  troupes  du  cercle  de  Bourgogne 
sous  les  ordres  de  S.  A.  E.  de  Cologne,  apprit  aux  habi- 
tants d'Anthisnes  et  de  Plainevaux  qu'ils  étaient  obligés 
de  fournir  chaque  jour  6  rations,  payables  en  espèces  à 
raison  de  1 1/2  escalin,  «à  peine  d'être  fourrages  et  exécutés 
militairement.  »  Aussitôt  les  Hollandais  de  riposter  par  une 
imposition  de  10  tailles  par  mois,  payables  à  Maestricht, 
«  ne  doutant  pas,  »  disaient-ils,  «  que  les  habitants  ne  soient 
»  bien  aises  de  contribuer  à  leur  délivrance  par  un  subside 
»  proportionné  aux  exactions  qu'on  a  déjà  faites  et  qu'on 
»  continue  de  faire  dans  leur  pays  (!).  » 

La  ville  de  Liège  étant  tombée  au  pouvoir  de  l'armée 
anglo-hollandaise  quelques  mois  après,  le  comte  de  Noyelles, 
commandant  les  troupes  de  leurs  Hautes  Puissances  sur  la 
Meuse,  trouva  bon  de  comprendre  Anthisnes  parmi  les 
communautés  du  rivage  chargées  de  fournir  le  feu,  les 
chandelles  et  la  paille  (t)  à  la  garnison  de  Kinkempois 
(26  novembre  1704). 

Nos  documents  ne  nous  apprennent  rien  de  plus,  mais 
on  sait  de  bonne  source  que  la  longue  guerre  de  la  succes- 
sion d'Espagne  ne  fut  pas  moins  désastreuse  pour  le  Con- 
droz  que  celles  qui  l'avaient  précédée.  Nous  en  trouvons 
un  dernier  écho  dans  cette  note  d'un  curé  d'Anthisnes  :  Le 
2  février  1707,  vers  les  9  heures  du  soir,  un  détachement 
de  la  garnison  de  Liège  ayant  attaqué  une  troupe  de  soldats 
français  dans  la  ferme  de  l'abbaye  de  Saint-Laurent,  deux 
des  assaillants  restèrent  sur  le  carreau  et  furent  enterrés 
dans  le  jardin  de  la  baronne  de  Woest;  quant  aux  Français, 
ils  se  retirèrent  sains  et  saufs  sans  prendre  congé.  Evi- 
demment le  curé  veut  dire  qu'ils  oublièrent  de  demander 
la  carte  à  payer. 

(1)  Le  compte  des  livraisons  mentionne  en  outre  des  matelas,  des 
paillasses  et  des  fascines. 


—  175  — 

L'ÉGLISE   ET   LES  CURÉS   D'ANTHISNES. 

Dès  le  premier  chapitre  de  ce  travail,  il  a  été  question 
de  l'église  d'Anthisnes.  Donnée  avec  le  village  à  l'abbaye 
de  Waulsort  par  Eilbert,  seigneur  de  Florennes,  en  946, 
elle  était  dédiée  à  saint  Maximin  ;  mais,  dans  la  seconde 
moitié  du  XVIe  siècle,  on  la  trouve  placée  sous  l'invocation 
de  Notre-Dame  et  de  saint  Maximin,  évêque. 

D'après  le  pouillé  du  diocèse  de  Liège  de  1 558,  elle 
appartenait  au  concile  ou  doyenné  d'Ouffet,  dans  l'archi- 
diaconé  du  Condroz,  et  renfermait  deux  autels,  l'un  con- 
sacré à  sainte  Catherine,  l'autre  à  la  sainte  Vierge  (1). 

Ses  revenus,  évalués  alors  à  40  muids,  provenaient 
principalement  des  dîmes  et  des  biens-fonds  qui  consti- 
tuaient son  douaire.  Le  curé  percevait,  même  sur  les  pro- 
priétés de  l'abbaye,  le  sixième  de  la  grosse  dîme  (2),  la- 
quelle était  estimée,  en  1 585,  à  60  muids.  En  outre  il 
avait  le  tiers  de  la  menue  dîme  qui  valait  12  florins  de  Bra- 
bant.  Sa  maison,  son  jardin  et  les  9  boniers  de  terres  dont 
il  jouissait,  étaient  exempts  de  cette  charge  et  rapportaient 
14  muids  (3). 

La  rétribution  que  le  recteur  d'une  paroisse  recevait 
du  principal  décimateur  et  qu'on  appelait  portion  congrue, 
devait  suffire  à  son  entretien  et  à  celui  de  l'église  ;  mais  les 
grosses  réparations  incombaient  au  décimateur.  Or  il  arriva 
qu'après  la  révolte  des  Pays-Bas  et  la  guerre  contre  la 
France,  les  monastères  de  Waulsort  et  de  Hastière  se  trou- 
vèrent dans  un  tel  dénuement  qu'il  leur  fut  impossible  de 
relever  leurs  églises  incendiées  ou  dévastées,  entre  autres 
celle  d'Anthisnes.  L'abbé  Scaillet  ayant  alors  demandé  au 
pape  la  permission  de  les  faire  desservir  par  ses  religieux 
pendant  trois  ans,  cette  autorisation  lui   fut  accordée  le 

(1)  Analectes pour  servir  à  V histoire  ecclésiastique  âe  Belgique, 
t.  III,  p.  174. 

(2)  Jean  de  Romerée,  amodiateur  des  biens  de  Waulsort  à  An- 
thisnes,  ayant  refusé  de  payer  au  curé  sa  quote-part  dans  la  dîme,  y 
fut  condamné  par  une  sentence  de  l'official. 

(3)  Plus  tard,  dans  la  première  moitié  du  xvme  siècle,  les  biens  de 
la  cure  comprenaient  près  de  iS  boniers  y  grandes  verges. 


-   176  — 

23  septembre  1606,  de  sorte  qu'il  put  affecter  à  des  res- 
taurations la  portion  congrue  attribuée  au  curé  (1). 

L'ancienne  église,  dont  on  disait  qu'elle  renclôt  la  censé 
de  Waulsort  du  côté  du  midi,  semble  porter  la  trace  de  ces 
restaurations  :  elle  a  conservé  cinq  fenêtres  et  autant  de 
colonnes  dénotant  la  dernière  période  ogivale;  mais  ces 
colonnes  supportent  un  plafond  plat,  d'un  aspect  misérable 
et  d'une  époque  plus  récente. 

Ce  vénérable  édifice,  devenu  aujourd'hui  une  propriété 
particulière,  abritait  quantité  de  pierres  tombales  qui,  par 
une  inconcevable  incurie,  ont  été  reléguées  en  dehors  de 
l'église  néo-gothique  élevée  près  du  presbytère  et  consacrée 
le  8  novembre  1890.  Celle-ci  renferme  une  statue  en  bois 
de  saint  Maximin,  œuvre  inconnue  de  Delcour,  sur  laquelle 
un  curé  de  la  paroisse  nous  a  conservé  des  particularités 
intéressantes  (2;. 

Voici  les  noms  de  quelques  curés  d'Anthisnes  ayant 
exercé  leur  ministère  avant  la  Révolution  : 

Henri  d'Ouffet. 

Jean  Thomas,  17  novembre  1507. 

François  de  Soheit,  26  novembre  1557. 

N..  Noël,  8  janvier  et  8  octobre  1587. 

Jean  Hoghen,  1 588-26  août  1606,  date  de  sa  mort. 

Thiry  Mathieu  ou  Mathis,  10  janvier  1608  (?),  1610- 
1627. 

François  Jennet,  4  juillet  1628,  3i  juillet  i636. 

Jean  Délie  Loge  (alias  Henri  Déloge),  1636-1644. 

François  Pirotte,  prend  possession  en  février  ou  mars 
1645,  et  meurt  le  i5  juin  1681. 

Georges   Defrance,  de  Liège,  ancien  curé  de  Borlez, 

(1)  Analectes,  etc.,  t.  XVI,  p.  179. 

(2)  «  Mémoire  que  j'ai  donné  au  sculpteur  Gilson  à  Liège  12  fl.  Bb. 
»  à  bon  compte  sur  la  statue  de  S1  Maximin,  le  20  mai  1666... — 
»  1667,  16  mars,  donné  encore  au  sieur  del  Cour  ou  Gilson,  sculpteur, 
»  3  patagons  sur  son  ouvrage  de  S1  Maximin.  »  Il  est  à  présumer  que 
notre  curé  confond  ici  Jean  Delcour,  le  célèbre  sculpteur,  soit  avec 
son  père  Gilson  Delcour,  qui  ne  fut  que  menuisier  et  n'était  plus  en 
vie,  soit  avec  son  frère  Jean-Gilles  (Gilson  1  Delcour,  le  peintre,  qui  ne 
mania  probablement  jamais  le  ciseau. 


—  177  — 

nommé  le  i3  décembre  1681,  prend  possession  le  24  juin 
suivant  et  meurt  le  19  août  1702. 

Mathieu  Colin,  d'Eneille  (Grand-Han),  protonotaire 
apostolique,  prend  possession  le  24  juin  1703  et  meurt  à 
52  ans,  le  20  août  1730. 

Laurent  Lombart,  prend  possession  le  24  juin  1731, 
résigne  à  son  vicaireJean-Nicolas  Xhignesse,  le  5  septembre 
1740,  et  meurt  le  g  octobre  suivant. 

Jean-Nicolas  Xhignesse,  d'Anthisnes,  prend  possession 
le  8  décembre  1740  et  meurt,  dans  sa  49e  année,  le  29  juin 
1760  (1). 

Jean-Joseph  Bicquet,  de  Liège,  en  fonction  le  i5  août 
1760,  mort  le  10  octobre  1796. 


LA  SEIGNEURIE  DE  VIEN 

Si  le  nom  d'Anthisnes  n'a  guère  changé  dans  le  cours 
des  siècles,  on  n'en  peut  dire  autant  de  celui  de  Vien.  On 
écrivit  d'abord  Vilen\,  Vilens,  Villens,  Villen,  Vilains,  etc., 
puis  Vilhen  ou  Vilhain,  pour  aboutir,  dans  la  seconde 
moitié  du  XVIIe  siècle,  à  Vyens  et  Vien. 

Nous  avons  dit  qu'en  1235  cet  alleu  avait  été  converti 
en  fief  héréditaire  mouvant  de  l'église  de  Waulsort,  au 
profit  de  la  veuve  et  des  fils  de  Gonon  Spiruet,  mais  que 
l'abbé  s'en  était  réservé  les  dîmes,  une  partie  de  la  Com- 
mine  et  quelques  redevances  (2). 

Le  lieu  dit  la  Commine  correspondait  aux  endroits 
nommés,  sur  le  plan  cadastral  d'Anthisnes,  la  Grande 
Commune  et  la  Petite  Commune  (sic).  C'était  encore  en 
1621  le  plus  gros  morceau  de  la  ferme  de  l'abbaye,  qui 
alors  comprenait  environ  36  boniers,  sans  compter  un  petit 
bois  de  2  1/2  boniers.  De  même  que  celle  d'Anthisnes,  elle 
était  amodiée  avec  les  dîmes,  cens  et  rentes  appartenant 
au  monastère. 

Après  qu'elle  fut  devenue  la  propriété  de  Saint-Laurent 

(1)  Ces  cinq  derniers  curés  ont  leurs  pierres  tombales  à  Anthisnes. 

(2)  Voir  Y  Aperçu  historique. 


—  178  — 

(i5  décembre  1664),  les  abbés  Grégoire  Tutélaire  et  Gré- 
goire Lembor  en  reconstruisirent  successivement  les  bâti- 
ments, comme  on  le  voit  par  deux  pierres  à  leurs  armes, 
respectivement  datées  de  1714  et  de  1744.  Vendue  enfin 
comme  bien  national  et  réduite  à  27  boniers  3  verges 
grandes  14  petites,  elle  fut  acquise  le  12  thermidor  an  V, 
au  prix  de  31,700  livres,  par  le  fondé  de  procuration  de 
Lambert  Dam,  ex-augustin  de  Huy  (*). 

Depuis  la  transaction  de  1235  jusque  bien  avant  dans 
le  XVe  siècle,  un  voile  impénétrable  entoure  l'existence  de 
Vien.  Quand  un  rayon  de  lumière  pénètre  cette  obscu- 
rité, nous  voyons,  le  7  juillet  1467,  un  Johan  de  Villen 
ou  Vilhain,  seigneur  de  Vien  (2),  relever  devant  l'abbé  de 
Waulsort,  comme  seigneur  d'Anthisnes,  «  la  court  et  la 
»  maison  séant  à  Villen  en  lieu  que  on  dist  en  Laitte, 
»  quy  fut  jadis  Ponchar  d'Anthine  ;  la  moitié  du  bois  que 
»  on  dist  Herefays  (Henrifays)  qui  fut  partis  enconte  Hen- 
»  nin  de  Villen  ;  »  plusieurs  pièces  de  terre  dont  une  en  la 
Commine,  et  un  pré  «  delleis  le  fontaine  ». 


de  Vilhain. 

Tels  étaient  les  biens  qui  formèrent  jusqu'à  la  fin  de 
l'ancien  régime  un  des  cinq  pleins  fiefs  de  la  mouvance 
du  seigneur  d'Anthisnes.  Ajoutons  que  par  la  cour  et  la 

(1)  Renseignement  dû  à  M.  Gobert,  archiviste  provincial  à  Liège. 
—  Après  avoir  passé  en  différentes  mains,  la  ferme  de  Saint-Laurent, 
comprenant  3g  hectares,  finit  par  être  vendue  au  baron  Camille  de 
Moffarts,  le  5  mai  189g. 

(2)  Les  Vilhain,  qu'on  titrait  de  damoiseau  ou  d'écuyer,  étaient 
originaires  de  Vien  et  en  portaient  le  nom.  Gérard  et  Jean  de  Vilhain 
y  possédaient  du  bien  en  i35f>. 


—  179  — 

maison  sises  en  Laitte,  on  doit  entendre  l'ancien  château 
de  Vien  (aujourd'hui  converti  en  ferme),  parce  qu'il  joi- 
gnait de  deux  côtés  à  l'aitte  ou  cimetière  («). 

Eenard  de  Vilhain,  fils  de  Jean,  lui  ayant  succédé, 
se  dépouilla  peu  à  peu  de  ses  biens  en  faveur  de  son  cou- 
sin Baudouin  de  Vilhain,  seigneur  de  Viïlengea  (2).  Le 
18  décembre  1 5 12,  il  commence  par  lui  vendre  un  pré  joi- 
gnant une  pièce  de  terre  appartenant  à  son  frère  Engle- 
bert  (3);  le  12  juillet  i5i3,  il  lui  «transporte  par  aulmosne», 
en  présence  de  l'abbé  de  Waulsort,  la  cour  sise  en  l'Aitte  • 
enfin,  par  acte  passé  devant  la  cour  féodale  de  Liège  le 
27  janvier  1 5 14,  il  lui  abandonne  les  hauteur,  seigneurie, 
prés,  terres,  bois,  profits,  droitures,  émoluments,  etc.  de 
Vien,  avec  «  la  court,  maison,  jardin  et  assise  qu'on  dit  la 
»  court  Grandamme  (4).  » 

La  seigneurie  de  Vien  qui,  on  le  voit,  était  mouvante 
de  l'église  de  Liège,  comprit  dès  lors,  outre  le  village,  les 
hameaux  de  la  Rock,  du  Floxhe  (aujourd'hui  les  Floxhes) 
et  de  Villégiau  (Viegeay).  Elle  avait  justice  haute  et  basse, 
avec  les  avantages  pécuniaires  attachés  à  cette  prérogative. 
D'un  autre  côté,  la  communauté  jouissait  des  aisances  et 
gérait  ses  affaires  dans  des  plaids  qui  ordinairement  se 
tenaient  au  siège  de  la  justice.  Ceux  que  le  prince  abbé 
de  Stavelot  approuva  le  7  mars  1772  (5),  contiennent  56 
articles  formant  une  espèce  de  code  rural  à  peu  près  sem- 
blable à  celui  d'Anthisnes.   Quant  à  la  cour   Grandame, 

(1)  Aitre,  aitte,  aite,  du  bas  latin  atrium,  signifie  en  wallon  cime- 
tière. 

(2j  Alias  Villégia,  Villégiau,  Villégeau,  aujourd'hui  Viegeay, 
dépendance  de  Vien.  Un  Wauthier  de  Villengia  releva,  le  25  avril 
1 325,  un  demi-bonier  de  terre  situé  à  Ourlet  (Poncelet,  Le  livre  des 
fiefs  de  i église  de  Liège  sous  Adolphe  de  la  Marck,  p.  3o5). 

(3)  Echevins  de  Liège,  Œuvres,  reg.  j3,  fol.  10  v°. 

(4)  Courfe'odale  de  Liège,  reg.  60,  fol.  65.  —  Renard  de  Vilhain, 
seigneur  de  Vien,  mourut  entre  le  27  octobre  i5i8,  date  de  son  testa- 
ment, et  le  22  novembre  1 5  1 9  (Conv.  et  test.,  reg.  27,  fol.  264). 

(5)  Polain,  Ordonnances  de  la  principauté  de  Stavelot,  p.  336. 


—  180  — 

qu'il  faut  probablement  identifier  avec  la  cour  sise  en 
l'Aitte  (i),  c'était  une  ferme  qui,  aux  termes  d'un  acte 
de  relief  passé  en  i665,  se  trouvait  «  près  la  thour  et 
»  maison  de  Vilhain.  » 

Fils  d'un  père  du  même  nom,  Baudouin  de  Vilhain 
était  seigneur  de  Verlaine  à  Tohogne,  du  chef  de  sa  mère 
Gilette  de  Xhos.  Suivant  Le  Fort  (2),  il  avait  épousé,  le 
1 1  août  1497,  Jeanne,  fille  de  Mathieu  de  Villers  de  Cro- 
cey,  seigneur  de  Masbourg,  et  en  secondes  noces  Oude  ou 
Ide,  fille  de  Henri  Goene  de  Herstal  et  de  Jeanne  délie 
Xhurre. 

Son  testament,  qu'il  fit  le  26  juin  i538,  dans  la  salle 
de  sa  maison  de  Vien,  «  gisant  sur  son  lit  et  travaillé  de 
»  maladie,  »  confirme  la  plupart  de  ces  renseignements. 
Après  avoir  choisi  sa  sépulture  dans  le  chœur  de  l'église 
Saint-Remi  à  Vien,  il  institue  son  épouse  Oudelette  «  dame 
»  et  commanderesse  »  de  tous  les  biens  qu'il  a  dans  le 
village,  et  lui  laisse  en  outre  les  meubles  et  ustensiles  des 
«  cherwaiges  »  d'Ourlet,  de  Villégiau  et  de  Verlaine.  Son 
fils  aîné  du  second  lit,  «  Conne»,  héritera  de  la  seigneurie 
de  Vien,  sauf  à  payer  annuellement  une  rente  de  i5  muids 
d'épeautre  à  chacun  de  ses  frères  Jacques  et  Baudouin. 
Quant  à  Collart,  Jehan  et  les  autres  enfants  de  son  pre- 
mier mariage,  ils  n'élèveront  aucune  prétention  sur  les 
acquêts  faits  par  lui  depuis  la  mort  de  Jehenne,  fille  de 
Mathieu  de  Crocey,  leur  mère;  et  comme  pour  rétablir  et 
récupérer  le  fief  de  Verlaine  qu'on  lui  contestait  en  jus- 
tice, il  a  dû  vendre  plusieurs  biens  appartenant  à  sa  seconde 
femme,  celle-ci  conservera  une  part  de  cette  terre  jusqu'à 
ce  que  lesdits  enfants  lui  aient  payé  100  florins  d'or  du 
Rhin,  à  titre  de  dédommagement  (3). 

(1)  Ces  deux  dénominations  se  perpétuèrent  jusqu'à  la  fin  du 
xvme  siècle,  l'une  à  la  cour  féodale  de  Liège,  l'autre  à  celle  d'An- 
thisnes. 

(2)  Manuscrits  généalogiques,  ire  partie,  t.  XXIII,  fol.  1 38. 

(3)  Echevins  de  Liège,  Convenances  et  testaments,  reg.  33,  fol. 
248.  Cet  acte  fut  approuvé  et  mis  en  garde  de  loi,  à  la  requête  de  la 
veuve  du  testateur,  le  3o  octobre  r  53g. 


—  181  — 

Henri  dit  Coene  de  Vilhain  n'est  guère  connu  que 
par  ses  conventions  matrimoniales  avec  Marie  de  Xhéne- 
mont,  fille  de  Guillaume  et  de  feu  damoiselle  llclu\  Goes- 
win  dit  de  Beyne.  L'acte  est  daté  du  i3  juin  1548,  «  en  la 
»  crotte  »  (crypte)  de  l'église  Saint-Barthélemi  à  Liège.  Il 
contient  la  promesse  faite  par  le  futur  d'apporter  en  ma- 
riage la  seigneurie  de  Vien  avec  toutes  ses  appartenances, 
tour,  maison,  cour,  etc.,  à  la  réserve  des  rentes  qu'il  s'est 
engagé  à  payer  à  sa  mère.  D'autre  part,  le  damoiseau  de 
Xhénemont  garantit  à  sa  fille  un  revenu  de  5o  muids 
d'épeautre  (\). 

Henri  de  Vilhain  siégeait  à  la  cour  féodale  d'Anthisnes, 
en  qualité  de  bailli,  le  19  novembre  i562.  Comme  il  mou- 
rut sans  postérité,  son  héritage  fut  recueilli  par  sa  sœur, 
qui  suit. 

Jeanne  de  Vilhain,  veuve  en  premières  noces  de  Wau- 
thier  de  Bois,  seigneur  de  Soheit  (f  16  octobre  i56o),  et 
en  secondes  noces  de  maître  Gilles  Moreau  de  Sart,  releva 
la  seigneurie  de  Vien  par  le  décès  de  son  frère  Henri,  le 
10  décembre  1578.  Son  fils  du  premier  lit,  Wauthier  de 
Bois  dit  de  Soheit,  en  qualité  d'aîné,  fut  chargé  de  «  des- 
»  servir  »  le  fief  (2)  ;  d'où  l'on  peut  conclure  qu'il  était 
appelé  à  lui  succéder.  Mais  il  y  a  apparence  qu'il  mourut 
jeune,  car,  par  acte  passé  devant  la  cour  de  justice  de  Vien, 
le  26  juin  1689,  Jeanne  de  Vilhain  transporta  la  seigneurie 
à  Gilles  Moreau,  son  fils  du  second  lit,  qui,  par  suite  du 
décès  de  sa  mère,  en  fit  relief  le  17  janvier  1697  (3). 

Huit  jours  après,  un  petit-fils  de  Jeanne  et  de  AYauthier 
de  Bois,  né  du  mariage  de  leur  fille  Jeanne  de  Bois  avec 
feu  Etienne  de  Lymbourg,  se  présentait  devant  la  cour 
féodale  de  Liège  et  relevait  la  seigneurie,  tant  pour  sa 
mère  comme  usufruitière,  que  pour  lui-même  comme 
propriétaire  (4).  C'était  Henri  de  Lymbourg  (5),  dont  le 

(1)  Echevins    de    Liège,    Convenances    et    testaments,    reg.    38, 
fol.  345  v°. 

(2)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  83,  fol.  266  v°. 

(3)  Ibidem,  reg.  87,  fol.  334  v°. 

(4)  Ibidem,  fol.  333  \°. 

(5)  On  écrivait  aussi  Lymborgh,  Lembourgh,  Limbourg,  etc. 


—  182  — 

crayon  généalogique  ci-dessous  fera  connaître  les  droits. 

Baudouin  de  Vilhain,  seig.  de  Vien,  ép.  Oude  Coene. 

^ : — - 

Henri  dit  Coene  Jeanne  de  Vilhain,  dame  de  Vien, 

de  Vilhain,  seig.  épouse  : 

de  Vien,  ép.  Marie  i°  Wauthier  de  Bois,  i°  Gilles  Moreau 

de  Xhénemont.  seig.  de  Soheit.  de  Sart. 

Wauthier  de  Bois  Jeanne  de  Bois  Gilles  Moreau, 

dit  de  Soheit.  dite  de  Soheit,  seig.  de  Vien. 

épouse  : 
i°  Etienne  de  Lymbourg,     2°  Jean  de  Brialmont. 
capitaine  de  Rochefort.  seig.  d'Eneille. 


Henri  de  Lymbourg,  seig.  de  Vien, 
ép.  Brigitte  van  Ahr. 

Les  deux  compétiteurs  en  vinrent-ils  à  un  procès  ?  Tout 
ce  qu'on  peut  dire,  c'est  que  Gilles  Moreau  est  qualifié 
seigneur  de  Vien  dans  un  acte  de  la  cour  féodale  d'Anthisnes 
du  20  janvier  1599(1),  et  que  Henri  de  Lymbourg  trans- 
mit la  seigneurie  à  ses  descendants. 


A 


de  Lymbourg. 

On  trouve  en  effet  qu'elle  fut  relevée,  le  19  mars  1614, 
par  Louis  de  Lymbourg,  chanoine  de  Saint-Gilles  à  Liège, 
en  qualité  de  tuteur  des  enfants  de  feu  noble  Henri  de 
Lymbourg,  son  frère,  et  de  Brigitte  van  Ahr,  dame  de  Vien, 
sa  belle-sœur  (2). 

(ij  Gilles  Moreau,  sans  qualification,  figure  encore  parmi  les 
hommes  de  fief  de  la  même  cour  le  24  janvier  161 3. 

(2)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  92,  fol.  18.  —  Il  résulte  de  cette 
pièce  que  Louis  ou  Aloys  de  Lymbourg,  qui  devint  abbé  de  Saint- 
Gilles  en  16 17,  était  fils  non  pas,  comme  le  disent  ses  biographes,  de 
Louis  de  Lymbourg  et  de  Jeanne  de  Vilhain,  mais  d'Etienne  de  Lym- 
bourg et  de  Jeanne  de  Bois. 


—  183  — 

Jean-Renier  de  Lymbourg-,  l'aîné  des  fils  de  Henri, 
lui  succéda  dans  la  seigneurie.  Il  était  déjà  mort  le  3o  août 
i(53r>,  jour  où  son  frère  et  représentant,  Damien-Arnould 
de  Lymbourg,  passe  un  acte  de  reconnaissance  d'une 
rente  de  70  florins  de  Brabant,  constituée  en  i63o  sur  la 
tour  et  les  autres  biens  du  défunt  à  Vien  (1). 

Commencée,  on  le  voit,  sous  Jean-Renier  de  Lym- 
bourg, l'aliénation  de  la  terre  de  Vien  fut  consommée  par 
son  successeur.  Le  ier  août  1 636,  avant  même  d'avoir  relevé 
son  fief,  Damien-Arnould  emprunte  à  Godefroid  d'An- 
thisnes  un  capital  produisant  200  florins  de  Brabant  de 
rente  (2).  De  1643  à  1646,  constituant  de  nouvelles  rentes 
au  denier  quinze,  il  continue  à  s'endetter.  Ses  prêteurs 
sont  Jean  de  Binckem,  seigneur  de  Ramioule,  Jean-Bap- 
tiste de  Boileau,  seigneur  de  Pouxhon,  Jean  de  Lapide, 
chanoine  de  Notre-Dame  à  Aix-la-Chapelle,  et  Godefroid 
d'Anthisnes,  dont  la  bourse  est  décidément  inépuisable  (a). 

Plus  il  emprunte  et  moins  il  se  trouve  en  état  de  faire 
honneur  à  ses  engagements.  Il  possède  à  Vien  une  sei- 
gneurie avec  cens,  rentes  et  autres  revenus,  46  boniers  de 
terres  arables,  5  boniers  de  prairies  et  24  boniers  de  bois  ; 
mais  tout  cela  est  grevé  d'hypothèques  et  déjà  saisi  par  ses 
créanciers.  Réduit  ainsi  à  l'extrémité,  Damien-Arnould 
vendit  ses  biens  à  Jean-François  de  Planchon,  qui,  par 
acte  du  29  mars  i65o,  promit  de  payer  les  terres  et  les  bois 
sur  le  pied  de  200  florins  Bb.  le  bonier,  les  prairies  à 
raison  de 400  florins,  et  les  droits  seigneuriaux  6,000  florins. 
L'acquéreur  devait  en  outre  compter  au  seigneur  de  Vien 
400  florins  Bb.  «  pour  une  chaine  d'or  promise  à  madame 
»  sa  femme,  »  et  chacune  des  parties  se  réservait  la  faculté 
de  faire  résilier  le  contrat  dans  l'année. 

C'est  ce  qui  ne  tarda  pas  à  arriver.  Ayant  appris  que 
son  vendeur  se  disposait  à  retraire  la  seigneurie  pour  l'offrir 
à  un  autre,  Planchon  ne  voulut  pas  risquer  de  faire  venir 

(1)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  100,  fol.  202. 

(2)  Ibidem,  reg.  99,  fol.  271.  —  A  noter  que  l'acte  du  20  août  par 
lequel  il  fit  relief  f reg.  99,  fol.  37  v°),  le  qualifie  seigneur  de  Vilhain, 
Albenden,  etc. 

(3)  Ibidem,  reg.  100,  fol.  244;  reg.  101,  fol.  6  v°  et  97  v°. 


—  184  — 

son  mobilier  de  Hautepenne  et  renonça  à  son  acquisition  ; 
même  il  eut  la  cruauté  de  réclamer  les  400  florins  qu'il 
avait  avancés  pour  la  chaîne  d'or  destinée  à  rehausser  les 
attraits  de  madame  de  Lymbourg  (7  mai  i65o). 

Quelques  jours  après  (16  mai),  Jean-Baptiste  de 
Boileau,  procédant  au  purgement  de  la  seigneurie  saisie 
par  Godefroid  d'Anthisnes,  comptait  à  celui-ci  la  somme 
qui  lui  était  due  et  reprenait  sa  vêture,  à  charge  de  lui 
payer  les  5oo  florins  de  rente  constitués  par  Damien- 
Arnould  de  Lymbourg  (1). 

Ce  dernier  fit  insinuer,  le  ier  mars  i65i,  une  déclara- 
tion que  tout  acte  fait  par  lui  ou  par  son  père  au  préjudice 
des  biens  féodaux  de  Vien,  l'avait  été  «  par  erreur  »  (2)  ; 
mais  cette  vaine  protestation  n'empêcha  pas  Boileau  de 
prendre  possession  de  la  seigneurie  (3)  ;  toutefois  il  ne  la 
releva  «  en  propriété  et  de  nouveau  seigneur  »  que  le 
4  mars  i665  (4). 


de   Boileau. 

Second  fils  de  Nicolas  Boileau,  seigneur  de  Bihain,  et 
d'Antoinette  Benninck,  Jean- Baptiste  était,  du  chef  de  son 
père,  coseigneur  de  Pouxhon  à  Ernonheid  et  propriétaire 
de  la  censé  de  Pouxhon  à  Anthisnes.  D'autre  part,  Mar- 
guerite-Isabelle de  Corte,  fille  de  l'échevin  de  Liège  Pierre 
Curtius,  lui  avait  apporté  en  mariage  la  seigneurie  de  Til- 
leur  en  partie. 

Leur  tombe   de  pierre,  ornée  de  seize  quartiers,  est 


(1)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  101,  fol.  238  v°,  245  v°  et  246  v°. 

(2)  Ibidem,  fol.  323. 

(3)  11  est  qualifié  seigneur  de  Vien  le  24  août  1 65 r ,  dans  l'acte  de 
naissance  d'Eustache-Jean- Baptiste,  son  second  fils. 

(4)  Cour  féodale,  reg.  104,  fol.  357  v°- 


—  185  — 

aujourd'hui  dressée  en  face  de  l'entrée  de  l'église  de  Vien. 
On  y  lit  l'inscription  suivante  : 

Ici  gist  noble  et  illvstre  messire  Jean  Baptiste  de  Boi- 

LEAVE,  Sr  DE  VlEN,  VlLLEGIAVX,  POVHON,  TlLEVR,  MORTE  LE 
20  DE  7bre  l688  (l),  ET  NOBLE  DAME  MaRGVERITE  ISABELLE 
DE  CORTE  SON  ESPOVSE,  DECEDEE  LE  2  5  MARS  1674,  POVR  LES- 
QUELS NOBLE  ET  ILLVSTRE  MESSIRE  JEAN    BAPTISTE  EvSTACHE 

baron  de  boileav  (2),  seignevr  de  tllevr,  gentilhome  de 
la  chambre  de  s.  a.  e.  de  covlogne,  colonel  d'infanterie 
et  commandant  des  villes  et  chateavx  de  hvy  povr  le 
service  de  sa  dite  serenite  electorale,  levr  fils  pvisne, 
at  fait  mettre  cette  tombe. 

Priez  Diev  povr  evx. 

L'avant-veille  de  sa  mort,  la  dame  de  Vien  avait  testé 
avec  son  époux  «  dans  la  chambre  en  haut  »  de  leur  mai- 
son d'Anthisnes  (3).  C'est  là  aussi  que,  le  i5  juillet  1687, 
Jean-Baptiste  fit  son  dernier  testament  :  il  laisse  à  Paul- 
Herman,  son  fils  aîné,  les  terre,  château  et  seigneurie  de 
Vien  et  Villégiau,  la  censé  dite  des  Croisiers  qu'il  a  acquise 
à  Vien  (4)  et  la  seigneurie  de  Pouxhon  ;  à  son  autre  fils 
Jean-Baptiste-Eustache,  capitaine  en  France,  il  laisse  la 
seigneurie  de  Tilleur  et  la  censé  d'Anthisnes;  à  Marie- 
Ferdinande-Antoinette,  sa  fille  (5),  il  lègue  le  tiers  des 
deux  moulins  dits  Curtius  (6). 

(u  Le  curé  d'Anthisnes  inscrivant  son  décès,  l'appelle  homo  pius 
et  misericors  erga  pauperes,qui  in  fine  se  prebuit  omnibus  exemplum. 

(2)  Les  Boileau,  qui  en  realité  n'étaient  qu'écuyers,  finirent  par 
prendre  le  titre  de  baron  ou  tout  au  moins  celui  de  baron  de  Vien. 

(3)  Cartitlaire  de  Bernardfagne,  vol.  II,  fol.  229,  aux  archives 
de  l'Etat,  à  Liège. 

(4)  Cette  ferme,  appelée  précédemment  la  censé  du  Mayeur,  avait 
été  achetée  aux  Croisiers  de  Huy,  le  i5  juillet  i  653.  Elle  contenait 
près  de  44  boniers  et  se  trouvait  «  devant  et  proche  l'église  »  ou 
«  à  l'opposite  de  la  maison  du  seigneur.  »  (Ech.  de  Liège,  Œuvres, 
reg.  1247  ;  Cour  féod.,  reg.  1 10,  fol.  44  v°). 

(5)  Baptisée  à  Anthisnes  le  5  mars  1 656. 

(6)  Echevins  de  Liège,  Convenances  et  testaments,  reg.  97,  fol. 
i3o  v°.  Dans  un  autre  testament,  fait  à  Liège  en  sa  maison  de  la  rue 
des  Clarisses,  le  20  janvier  1681  (reg.  99,  fol.  257  v°),  il  dit  qu'il  veut 
être  enterré  à  côté  de  sa  femme  dans  l'église  de  Vien,  et  parle  de  la 
rente  de  5oo  florins  affectée  sur  cette  seigneurie,  qu'il  a  remboursée 
aux  représentants  de  feu  Godefroid  d'Anthisnes. 


—  186  — 

Paul-Herman  de  Boileau  avait  épousé,  conséquem- 
ment  à  un  contrat  du  10  février  1680,  Marie-Claire-Josèphe 
Gallo  de  Salamanca,  veuve  de  Jean-Gonrard  de  Charneux 
d'Ouhar  (î).  Par  cet  acte  son  père  promettait  de  lui  donner, 
aussitôt  le  mariage  accompli,  la  seigneurie  de  Pouxhon 
ainsi  que  la  terre  de  Vien,  mais  avec  toutes  ses  charges  et 
hormis  la  juridiction  et  le  titre  de  seigneur.  Il  se  réservait 
aussi,  moyennant  un  dédommagement  déterminé,  d'être 
entretenu  avec  sa  fille  dans  la  maison  de  Vien.  De  son 
côté,  la  future  épouse,  assistée  de  sa  mère  Marie-Gabrielle 
de  Pastrana,  veuve  de  Louis  Gallo  de  Salamanca,  promet- 
tait d'apporter  en  mariage,  entre  autres  biens,  la  part 
qu'elle  avait  du  chef  de  son  père  dans  la  seigneurie  de 
Montjardin  (2). 

La  conduite  de  Paul-Herman  ne  répondit  pas,  semble- 
t-il,  à  ce  que  ce  contrat  faisait  espérer.  Le  27  février  1686, 
lui  et  sa  femme  vendirent  au  prieuré  de  Bernardfagne, 
pour  4,000  florins  de  Brabant,  leur  moitié  de  la  seigneurie 
de  Pouxhon  et  d'Ernonheid,  sauf  le  titre  de  seigneur 
réservé  à  leur  père  sa  vie  durant  (3).  D'autre  part,  on  a  vu 
que  ce  dernier  finit  ses  jours  dans  sa  maison  d'Anthisnes 
et,  détail  significatif,  que  son  fils  aîné  laissa  au  cadet  le 
soin  de  placer  une  pierre  sur  sa  tombe. 

Le  Fort  nous  apprend  que  Paul-Herman  fut  gentil- 
homme de  la  cour  de  S.  A.  électorale  de  Trêves.  Les  actes 
réalisés  à  la  cour  féodale  de  Liège  nous  le  montrent  sous 
un  aspect  beaucoup  moins  décoratif.  Toujours  court  d'ar- 
gent, il  obligea  plus  d'une  fois  tous  ses  biens,  voire  ceux  de 
sa  femme.  Pour  n'en  donner  qu'un  exemple,  il  emprunta, 
le  17  janvier  1707,  à  Jean  Martels,  marchand  bourgeois  de 
Liège,  1,800  florins  de  Brabant,  en  échange  desquels  il  lui 
céda  une  rente  de  12  muids  d'épeautre  qu'il  assigna  sur  la 
seigneurie  de  Vien.  Cette  rente  n'ayant  jamais  été  payée, 

(1)  L.  et  S.-J.  Abry,  Recueil  héraldique  des  membres  du  Conseil 
ordinaire  de  la  principauté  de  Liège,  publié  par  Eug.  Poswick, 
pp.  83-84. 

(2)  Cartulaire  de  Bernardfagne,  vol.  II,  fol.  227. 

(3)  Ibidem,  fol.  217. 


—  187  — 

Martels  obtint  «  saisine  et  bannissement  »  contre  son  débi- 
teur, qui,  pour  éviter  l'exécution  du  jugement  et  se  faire 
avancer  encore  100  pistoles,  lui  engagea  le  28  mars  1711, 
du  consentement  de  sa  femme  et  de  ses  enfants,  une  rente 
de  800  florins  de  Brabant  due  par  le  seigneur  et  la  dame 
de  Montjardin  (t). 

Paul-Herman  de  Boileau  mourut  à  Liège  le  4  mars 
1712  et  fut  enterré  à  Saint- Adalbert.  Il  était  tellement  obéré 
que  son  fils  aîné  Jean- Baptiste,  donnant  procuration  pour 
relever  la  seigneurie  de  Vien,  ne  savait  pas  si  sa  mère 
accepterait  la  succession  immobilière  du  défunt  (-2). 

Jean-Baptiste  de  Boileau,  baptisé  à  Vien  le  ier  jan- 
vier 1687,  était  émancipé  et  possédait  le  grade  de  capitaine 
au  régiment  des  gardes  à  pied  de  S.  A.  S.  électorale  de 
Cologne,  lorsqu'il  ratifia  au  château  de  Vien,  le  24  janvier 
1707,  l'hypothèque  consentie  par  son  père  huit  jours  aupa- 
ravant. A  peine  eut-il  fait  relief  (7  juin  1712),  qu'un  de  ses 
créanciers,  le  capitaine  Barthélemi  de  Conrardi,  le  pour- 
suivit devant  la  cour  féodale,  fit  saisir  ses  propriétés  et  fut 
mis  en  possession  de  la  seigneurie  de  Vien  le  i3  octobre 
1712  (3). 

La  sœur  du  capitaine  ayant  recueilli  son  héritage,  si- 
gnait, le   i3  janvier   1719,   Barbe-Cécile   de  Conrardi, 

(i)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  114,  fol.  95  v°  et  97.  Nous  lisons 
dans  J.  de  Theux,  Histoire  de  la  seigneurie  de  Montjardin,  p.  65  : 
«  Par  accord  du  27  janvier  i685,  une  rente  de  200  écus  (800  florins), 
»  hypothéquée  sur  le  tiers  de  la  seigneurie  de  Montjardin,  avait  été 
»  créée  au  profit  de  Marie-Claire  Gallo,  épouse  de  Paul-Herman  de 
»  Boisleau.  Les  intérêts  furent  exactement  payés  jusqu'au  22  avril 
»  1706,  mais  depuis  lors  on  n'avait  donné  que  des  à-comptes  consis- 
»  tant  en  400  écus  et  2,400  florins  de  Brabant.  »  Les  Boileau  obtinrent 
des  tribunaux  de  Luxembourg  plusieurs  ordonnances  condamnant 
leurs  débiteurs  à  payer  les  arrérages  échus,  mais  il  faut  croire  que  ces 
décrets  eurent  peu  d'effet,  car  la  terre  de  Montjardin,  d'ailleurs  gre- 
vée de  beaucoup  d'autres  hypothèques,  fut  mise  en  vente  le  10  octobre 
1733.  Adjugée  à  la  veuve  de  Paul  Herman,  elle  resta  impayée  et  dut 
être  revendue  sur  folle  enchère  l'année  suivante. 

(2)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  1 13,  fol.  280  v°. 

(3)  Ibidem,  reg.  116,  fol.  12  v°. 

10 


—  188  — 

dame  de  Vien  (i);  et  en  effet,  elle  releva  la  seigneurie  le 
3o  août  1721  (2). 

Cependant  la  terre  patrimoniale  des  Boileau  devait 
bientôt  rentrer  dans  leur  famille.  Jean-Baptiste  s'était  expa- 
trié (3)  ;  mais  il  avait  un  frère,  Pierre-Joseph  de  Boileau, 
chanoine  de  la  cathédrale  de  Tournai,  né  le  27  mai  1690, 
qui,  moyennant  4,3oo  florins  de  Brabant  et  l'obligation  de 
payer  différentes  sommes  à  la  décharge  de  Mlle  de  Conrardi, 
fut  subrogé  en  son  lieu  et  place  le  22  octobre  1725  (4). 

Dès  qu'il  eut  fait  relief  (ier  décembre),  le  nouveau  sei- 
gneur requit  la  cour  de  Vien  de  procéder  à  la  visite  du 
château  et  de  la  ferme  y  attenante.  Elle  eut  lieu  le  28  jan- 
vier 1726,  jour  des  plaids  généraux.  Mais,  dans  quel  état 
se  trouvaient  les  bâtiments  !  Des  murs  sur  le  point  de  crou- 
ler, des  baies  sans  portes  ni  fenêtres,  la  charpente  et  le 
toit  de  la  grande  tour  menaçant  ruine,  des  châssis  et  des 
poutres  à  moitié  pourris,  tout  enfin  dans  un  délabrement 
inconcevable  (5).  Le  procès-verbal  mentionne  aussi  deux 
petites  tours,  l'une  à  droite,  l'autre  à  gauche  de  la  porte 
d'entrée.  Elles  existaient  encore  du  temps  de  Saumery 
(1743),  qui  trouvait  à  bon  droit  les  appartements  et  jar- 
dins fort  négligés  ;  «  mais,  »  dit-il,  «  Mr  le  Baron  de  Boi- 
»  leau  commence  à  les  remettre  en  bon  ordre  (6).  »  Pauvre 
M.  de  Boileau  !  l'entreprise  était  au-dessus  de  ses  forces, 
lui  qui,  loin  de  dégrever  ses  propriétés,  faisait  un  trou 
chaque  fois  qu'il  en  bouchait  un  autre. 

Homme  d'église  et  chanoine  de   Saint-Paul  à  Liège 
depuis  1744  (7),  Pierre-Joseph  n'avait  pas  d'héritier  direct. 

(1)  Procès  en  appel  à  la  Chambre  impériale,  n°  49,  aux  archives 
de  l'Etat,  à  Liège.  Le  cachet  qui  accompagne  la  signature,  porte  un 
écu  écartelé  :  au  ier  et  au  4e  d'argent  à  la  croix  de  gueules;  au  2  e  et 
au  3°  d'azur  à  une  rieur  de  lys  de... 

(2)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  11 5,  fol.  172  v°. 

(3)  Il  avait  épousé  N.  de  Valombre,  fille  du  lieutenant  général  de 
police  à  Metz,  dont  deux  fils. 

(4)  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  116,  fol.  12  v°. 

(5)  Cour  de  Vien,  reg.  1728-1 761,  fol.  112,  aux  archives  de  l'Etat, 
à  Liège. 

(6)  Les  Délices  du  pats  de  Liège,  t.  III,  p.  189. 

(7)  (Thimister)  Essai  historique  sur  l'église  de  S.  Paul,  p.  372. 


—  189  — 

Cette  considération  fut  sans  doute  une  de  celles  qui  le  por. 
tèrent  à  céder,  le  23  décembre  1762,  la  nue  propriété  de  sa 
seigneurie  de  Vien,  avec  les  droits  et  cens  y  attachés,  à 
Jacques  de  Beghein,  échevin  de  Liège,  qui  la  releva  le 
ier  avril  17(53.  En  même  temps  il  lui  transporta,  pour  en 
jouir  aussitôt,  la  seigneurie  de  Baneux  (à  Lierneux),  que 
le  marquis  d'Arson,  époux  de  sa  tante  Marie-Ferdinande- 
Antoinette,  lui  avait  donnée  par  acte  du  18  décembre  1723, 
réalisé  à  Stavelot  le  19  décembre  de  l'année  suivante  (1). 


de  Beghein. 

Comme  on  a  pu  le  remarquer,  notre  chanoine  ne  s'était 
pas  dépouillé  des  fermes  qu'il  possédait  à  Vien  et  à  An- 
thisnes.  Elles  furent  l'objet  d'une  nouvelle  donation  que, 
«  sans  induction  ni  persuasion  aucune  (!),  »  il  fit  à  Be- 
ghein le  8  février  1768,  pour  jouir  de  ces  biens  après  sa 
mort  et  à  condition  d'en  acquitter  toutes  les  charges.  Trois 
ans  après,  considérant  que  son  grand  âge  ne  lui  permettait 
plus  de  vaquer  à  ses  affaires,  il  lui  abandonnait  ses  deux 
usufruits,  à  la  réserve  d'une  rente  annuelle  de  450  florins 
Bb.  qui  resterait  à  sa  disposition  (24  mai  1771). 

Parvenu  au  milieu  de  sa  89e  année,  Pierre-Joseph  de 
Boileau  s'éteignit  à  Liège,  le  16  novembre  1778,  et  fut 
enterré  à  Vien  (2). 

Quant  à  l'adroit  échevin  qui  avait  su  gagner  ses  bonnes 

(1  )  Cour  féodale  de  Liège,  reg.  120,  fol.  263  v°.  Le  marquis  d'Arson, 
de  son  vrai  nom  Thomas-Adolphe- Renard  de  Fuchsemberg,  possé- 
dait la  seigneurie  de  Baneux;  du  chef  de  sa  femme,  à  qui  Anne-Ëlisa- 
beth  de  Fraipont  l'avait  léguée  par  testament  du  19  septembre  1687. 

(2)  C'est  à  tort  que,  dans  le  registre  aux  décès  de  Sainte-Véronique, 
on  ajoute  à  ses  prénoms  celui  de  François. 


—  190  — 

grâces,  il  céda  à  son  fils  aîné  Pierre-Gérard-Joseph  de 
Beghein,  chanoine  de  Saint- Paul,  sa  terre  et  seigneurie 
de  Vien  avec  la  censé  de  Viegeay  et  celle  de  Pouxhon  à 
Anthisnes,  à  condition  que  ces  biens  seraient  rapportés  à  sa 
succession  pour  80,000  florins  de  Brabant(i).  Cet  acte  fut 
passé  au  château  de  Vien  le  25  octobre  1793,  non  pas 
sans  doute  dans  l'antique  et  peu  confortable  manoir  dit 
en  l'Aitte,  mais  dans  le  nouveau  château  dont  le  style  an- 
nonce une  construction  de  la  seconde  moitié  du  xvme  siècle. 
C'est  là  que  Jacques  de  Beghein  mourut  le  12  juin 
1804(2).  Ses  enfants  et  sa  veuve,  Marie-Jeanne-Marguerite 
d'Heur,  vendirent,  le  11  janvier  1811,  la  terre  de  Vien,  y 
compris  la  ferme  de  Viegeay,  d'une  contenance  totale  de 
157  hectares  19  ares,  à  Henri-Louis  Roly,  avocat,  qui  en 
paya  le  prix  de  123,259  francs.  Elle  appartient  aujourd'hui 
à  son  arrière-petite  fille,  la  baronne  douairière  Camille  de 
Moffarts,  née  Roly  de  Vien. 

L'ÉGLISE  ET  LES  CURÉS  DE  VIEN. 

La  donation  de  l'alleu  de  Vien  faite  aux  moines  de 
Waulsort  en  11 33,  comprenait,  on  s'en  souvient,  l'église 
paroissiale.  Dès  lors  la  collation  de  la  cure  appartint  à 
l'abbé  et  l'entretien  de  l'édifice  fut  à  la  charge  de  son  mo- 
nastère, jusqu'au  jour  où  celui-ci  vendit  tous  ses  droits  à 
l'abbaye  de  Saint-Laurent  (i5  décembre  1664). 

De  même  que  l'église  d'Anthisnes,  celle  de  Vien  faisait 
partie  du  concile  d'Ouffet,  dans  l'archidiaconé  du  Con- 
droz.  Dédiée  à  saint  Rémi,  elle  avait,  en  1672,  un  autel  de 
Notre-Dame  et  un  autre  de  Saint-André,  dit  aussi  de  Saint- 
Jean-Baptiste. 

En  i558,  son  revenu  était  de  36  muids  d'épeautre  (3)  ; 
en  1627,  de  38  muids,  que  le  curé  prélevait  chaque  année 
sur  le  gros  décimateur,  en  les  prenant  hors  de  la  grange  de 

([)  Cour  de  Vien,  reg.  1  773-1796,  fol.  254. 

(2)  Voir  la  notice  que  M.  le  chevalier  de  Borman  lui  a  consacrée 
dans  Les  échevins  de  la  souveraine  justice  de  Liège,  t.  II,  p.  379. 

(3)  Analectes  pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  Belgique, 
t.  III,  p.  178. 


—  191  — 

l'abbaye.  C'était  là  sa  portion  congrue.  En  outre  il  jouis- 
sait de  quelques  rentes  et  biens-fonds  ;  mais  il  faut  remar- 
quer que  ses  propres  terres  étaient  sujettes  à  la  dîme;  elles 
n'en  furent  affranchies  qu'à  partir  de  i663,  en  vertu  d'un 
accord  fait  avec  le  prélat  de  Waulsort. 

Ont  été  curés  à  Vien  sous  l'ancien  régime  : 

Messire  Jehan,  8  juin  1376. 

Messire  Johan  Lenys,  26  juin  1 538. 

Messire  Cloes. 

Jean  Quintin,  1672  ;  fait  son  testament  le  29  août 
i578  (?). 

Jean  de  Grainge,  mort  le  16  septembre  i636. 

Jean  Nicolaï,  1637;  fait  son  testament  le  17  février 
1672. 

Guillaume  Froidbize,  mort  en  1676. 

Oger  Fleussu,  nommé  le  5  octobre  1676,  mort  le  18  oc- 
tobre 1680. 

Hubert  de  Leuze,  nommé  le  16  avril  1681,  prend  pos- 
session à  la  Saint-Jean  et  meurt  dans  la  retraite  à  My,  le 
29  mai  1707.  Gît  à  Vien. 

Hubert  Hubin  prend  possession  à  la  Saint-Jean  1704 
et  meurt  le  18  septembre  1737. 

Lambert  Déviiez  prend  possession  en  i~38  et  meurt  le 
9  juin  1743,  à  l'âge  de  62  ans  (\). 

Pierre  Jenicot,  3o  novembre  1743,  3  juin  1746  (?). 

J. -Hubert  Jacquet  prend  possession  à  la  Saint-Jean 
1744,  18  juin  1747. 

Jacques-Joseph  Mathieu  prend  possession  en  1747. 
encore  en  fonction  le  22  avril  1778. 

Jean-Joseph  Donnay,  bénéficier  de  la  collégiale  de  Looz, 
i5  novembre  1778,  mort  le  26  janvier  1791. 

Denis  Theuse,  3o  juin  1791,  novembre  i8o3,  puis  curé 
doyen  à  Nandrin. 

Baron  J.  de  CHESTRET  de  HANEFFE. 

(1)  Ces  deux  derniers  curés  ont  leurs  pierres  tombales  à  Vien. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES 


I. 

Henri,  marquis  de  L  imbourg  (sic),  énumère  les  droits  qu'il  tient 
de  Véglise  de  Met%,  en  qualité  d'avoué  des  biens  de  l  abbaye 
de  Waulsort  à  Anthisnes  et  à  Ouhar.  Vidimus  de  Jean  de 
Flandre,  évêque  de  Liège,  du  4  décembre  1289. 

Entre  1214  et  1221. 

Universis  ad  quos  présentes  litterae  pervenerint  nos  Johannes 
gratia  Dei  Leodiensis  episcopus  salutem  cum  notitia  veritatis. 
Noverint  universi  et  singuli  nos  litteras  infrascriptas  nobilis  viri 
Henrici  marchionis  de  Lemborgh  non  abolitas,  non  cancellatas 
nec  in  aliqua  parte  sui  vitiatas  vidisse,  tenuisse  et  legisse  in 
hec  verba  : 

Henricus  marchio  de  Lemborck  dilecto  suo  rilio  Gualeramo 
comiti  de  Luscelebork  et  dilectis  suis  filiis  fratribus  Gualerami 
eiusdem,  necnon  et  haeredibus  successoribusque  ipsorum  dilec- 
tionem  debitam  cum  salute  in  Christo.  Quoniam  cum  tempore 
pertranseunt  temporales  homines  et  quœcumque  in  tempore 
gesta  esse  contingit,  eapropter  per  praesentem  kartulam  vobis 
notificamus  ac  vestris  posteris  universis  quod  nos,  qui  a  domino 
episcopo  et  ab  ecclesia  sancti  Stephani  cathedrali  Methensi  sub 
iuramento  fidelitatis  advocatiam  tenemus  in  bonis  quae  apud 
Anthin  et  UrHâ  possidet  abbas  et  ecclesia  Walciodorensis,  in 
eorum  praesentia  ecclesiae  videlicet  et  abbatis  ac  coram  villico  et 
scabinis  curiae  memoratag,  sicut  ex  nostra  recordatione  ac  sua 
investigare  cum  diligentia  et  ingenti  consilio  poteramus,  solem- 
niter  ac  bénigne  recognovimus  et  per  istam  paginam  quae  sigilli 
nostri  appensione  firmata  est,  veraciter  protestamur  in  advocatia 
praenominata  hoc  advocati  esse  jus  et  fuisse  :  in  die  festo  sancti 
Andréas  duo  porci  taies  ei  debentur  qui  et  in  aqua  possint  comedi 
et  in  asso,  in  natali  vero  quinque  gallinae  ac  xxv  ova  et  xxv  ciri 


—  193  — 

cervisiae.  Item  duo  modii  dimidiusque  avenae  ac  modiusque 
speltae.  A  quolibet  autem  manso  très  obuli  de  corweia.  Item 
quilibet  ignis  banni  eiusdem  denarium  débet  ei  pro  vino,  propter 
illos  qui  super  dotem  ecclesiœ  vel  abbatis  feodum  continentur. 
Excessus  modicos  et  ingentes  abbas  per  villicum  et  scabinos  ac 
suos  homines  débet  tractare,  per  forestarium  suum  partes  citare. 
Advocatus  non  veniet  nisi  monitus  per  abbatem.  Tertiam  quoque 
partem  emendae  quam  fecerit  emendari  pereipiet,  abbas  duas. 
Praeter  hase  advocatus  nihil  penitus  juris  habet.  Vos  igitur  obse- 
cramus  in  Christo  quatenus  sicut  vestram  diligitis  sed  et  nostram 
salutem,  sic  iura  praedicta  in  perpetuum  illibata  firmiter  obser- 
vetis  et  observari  fîdeliter  faciatis  ne  incurratis  districti  iudicii 
ultionem  severam. 

In  cuius  rei  testimonium  nos  Johannes  episcopus  antedictus 
praesentibus  litteris  sigillum  nostrum  proprium  duximus  appo- 
nendum.  Datum  per  copiam  anno  Domini  M.CC.LXXX.  nono, 
dominica  ante  festum  beati  Nicholai. 

Copie  du  xvme  siècle. 


Les  hommes  de  fief  de  Jean  d'Acosse,  abbé  de  Waulsort  et 
de  Hastière,  attestent  en  sa  présence  que  dom  Thomas 
Corbeau  d'Anthisnes,  son  prédécesseur,  a  légué  son  fief 
d'Anthisnes  à  Thomas  Corbeau  d'Anthisnes  dit  de  Fawe, 
écuyer,  son  cousin,  lequel  en  fait  relief. 
Anthisnes,  le  iG  juillet  i  36 1. 

Nous  Jean  d'Akoche,  par  la  patience  de  Dieu  abbe'  des 
églises  Notre- Damme  de  Walsors  et  Hastiers,  faisons  sçavoir  à 
chascun  et  tous  que  pardevant  nous  et  nos  hommes  de  fiefs 
cidessoubs  dénommez  est  venu  vailhant  et  saige  Thomas  Cor- 
beal  d'Antines,  escuyer,  demeurant  à  Faw,  en  requérant  et 
demandant  d'avoir  record  d'aulcunes  œuvres  qu'ont  estées  faictes 
pardevant  nosdits  hommes  en  temps  passeit  du  fieff  cidessoub 
déclaré.  Premier  ont  recordé  nosdits  hommes  pardevant  nous 
qu'ung  jour  qui  passé  est,  ils  veirent  venir  pardevant  eulx 
vénérable  homme  de  bonne  mémoire  damp  Thomas  Corbeal 
de  Antine,  notre  prédécesseur  abbé,  d'une  parte,  et  honorable 
homme  et  discreit  Thomas  Corbeal  d'Antine,  dict  de  Souvegné, 
d'autre  parte,  lequeldit  damp  Thomas  ordonnât  par  manière 
de  testament  du  fieff  d'Anthine  luy  succédé  par  la  mort  sans 


—  194  — 

hoires  de  son  frère  Corbeal  d'Anthines,  en  telle  manière  qu'il 
vouloit  que  ledit  Thomas  son  cousin  eust  ledit  fief  entièrement, 
sçavoir  la  fortresse  et  la  mannoire  d'Anthine,  avec  les  manna- 
disses,  jardins,  terres,  preits,  eaves  et  tous  autres  biens  à  che 
appendans,  si  avant  qu'il  lui  appartenoit,  par  telle  condition 
que  si  choese  advenoit  qu'il  n'eust  hoir  loyal  de  son  corps  qui 
parvint  en  eage  parfaict  de  quinses  ans,  qu'adonc  lesdits  fieffs 
et  biens  revenissent  entièrement  à  Thomas  d'Antines,  dict  de 
Faw,  dessus  nommeis  et  à  ses  hoires  à  tousjours  héritablement. 
Et  après  tous  ses  records  faicts,  ledit  Thomas  comparut  par- 
devant  nous  et  nosdits  hommes  de  fief  dessoubs  nommeis  le 
dimanche  saisième  jour  du  moix  de  juillette  à  Antines,  et 
demandât  à  avoir  ban  et  vesture  dudit  fief,  auquel  il  debvoit 
parvenir  par  la  succession  dudit  Thomas  de  Souvegnés  qui 
trespasseit  estoit  de  ce  siècle  et  qui  n'avoit  mie  oncque  hoir  de 
son  corps,  ainsi  qu'il  apparoist  par  la  vérité  delledite  ordon- 
nance que  ledit  damp  Thomas  adonc  abbeit,  leur  cousin,  avoit 
jadis  faict  pardevant  nosdits  hommes,  et  nous  par  l'enseigne- 
ment de  nosdits  hommes  donnâmes  audit  Thomas  de  Fawe 
ban  et  vesture  dudit  fieffet  le  recheumes  à  homme  selon  l'usaige 
et  coustume  du  pays,  et  gréons,  loons  et  ratifiions  les  records 
qui  en  ont  estez  faicts,  si  que  dict  est.  Et  en  loyal  tesmoinage 
desquelles  choeses  nous  avons  faict  appendre  à  ches  présentes 
lettres  notre  propre  sayeal,  et  nous  ausy  les  hommes  des  fiefs, 
sçavoir  Jean  Jamar,  Jehan  d'Antines,  persone  d'Ouhare,  Jehan 
le  Bidars,  Thomas  Badar,  Jean  Bareis  avons  appendus  noz 
propres  seaulx  à  cesdites  lettres  avec  le  sayel  de  notre  très  cher 
et  ameit  seigneur  l'abbeit  dessus  nommeit.  Et  nous  Wynand  le 
Damuseal,  Warnechons  Lambar,  Katons,  Huvves  et  Winotte 
frères,  et  Ernotte  filz  Hannuy  d'Ouhare  avons  pryez  et  requis  à 
honorables  escuyers  Gille  de  Xhoce  et  Jean  de  Sart  qu'ils  pour 
nous  appendent  leurs  seaulx  à  ces  lettres.  Nous  Gile  de  Xhoce 
et  Jean  de  Sart,  al  requeste  des  hommes  qui  n'ont  point  de  seals 
dessusdits,  avons  pendus  à  cesdites  lettres  noz  propres  seyauls. 
Faict  et  donné  l'an  délie  nativité  notre  Seigneur  mille  troix 
cents  soissante  ung,  seize  jour  en  mois  de  jullet.  Ainsi  signé. 

Extraict  d'une  vielle  et  ancienne  lettre  en  parchemin  avec 
quelques  seels  et  cavettes  y  pendantes  et  trouvé  concorde  à  son 
originel  par  moyJean  de  Grange,  notaire  apostolicque  et  impé- 
riale soubescrit.  i632. 

Ms.  Van  den  Berch,  n°  188,  p.  880,  à  la  bibliothèque 
de  l'université  de  Liège. 


—  195  — 

m. 

Record  de  la  cour  féodale  de  Limbourg  touchant  les  droits 

du  voué  d'Anthisnes. 

i  o  juin  i  546. 

L'an  quinsecent  quarante  siex  le  diexesme  jour  de  jung,  com- 
parut honeste  Adam  Corbeaux  voé  d'Anthin  pardevant  Jehan 
d'Eynnatten  Abpsennich,  sicque  lieutenant  et  sommoneur  de  la 
noble  chevallerie  et  hommes  féodaulx  par  la  majesté  impérialle 
de  la  duceit  et  pays  de  Lembourgh,  et  hommes  le'odalz  de  ladite 
duceit,  comme  damoyseaulx  Guilleame  d'Argenteaulx,  seigneur 
d'Esneux,  Jehan  de  Bauengné,  Jehan  Radot,  maieur  de  Lem- 
bourgh, et  Jacques  de  Konne.  Là  mesmement  requist  ledit  Adam 
d'avoir  coppie  saielleit,  parmy  ses  droicts  payant,  de  la  conte- 
nanche  et  droictures  appartenant  à  la  vouwerie  d'Anthin,  eticelle 
extraict  hors  de  leure  et  registre  auttenticque  des  hommes  féo- 
daulz  de  susdit  pays  de  Lembourgh,  à  laquelle  requeste  somme 
accordant  et  luy  avons  donnez  de  mot  à  mot  comme  ichy  après 
s'ensuyt,  suyvant  la  contenance  de  notre  susdit  registres. 

Premier  at  ledit  voé  au  jour  del  sainct  Martin  en  rentes  del 
églize  xij  stiers  du  speaultes  telles  que  on  les  paie  audit  jour. 
Item  encoire  à  la  grande  pasque  v  poelhe  et  xxv  ouff.  Item  at 
ledit  vouwé  à  la  sainct  Andrier  xxv  denier  et  de  cens  que  on 
dict  de  corwée,  sy  en  ont  les  eschevins  iij.  Item  at  ledit  vouweit 
en  rente  d'avoen  a  jour  del  sainct  Andrier  vij  muids  et  demy 
d'avoen  ;  et  se  choese  advenoit  que  les  rentes  ne  montaissent 
point  tant,  on  luy  doit  porpaier  à  la  saincte  Gertrude  emmy 
marce  après  suyvant,  ne  riens  ne  peult  ledit  vouweit  astreindre 
jusques  adoncque.  Item  at  ledit  vouweit  a  jour  de  notre  dame 
assumption  emmy  aougst  qu'on  paye  le  rente  de  porceaux,  une 
rente  de  deux  porceaux  malle  et  femelle.  Item  at  ledit  vouweit 
à  la  bressinne  d'Anthyne  xxv  hannas  de  cervoise  que  on  dict 
bichiez,  sy  en  ont  les  eschevins  ung  hannas.  Item  at  ledit  vou- 
weit à  chacune  chense  de  la  ville  d'Anthyne  et  des  appartenance 
qui  ne  sient  sur  fieffz  ou  sur  douwaierie  a  jour  del  sainct  Andrier 
deux  stiers  d'avoiene  et  adoncque  mesme  une  denier  sur  chacune 
chense  bonne  mannoie,  laquelle  on  appelle  viche  conteit,  lequelz 
viceconteit  ledit  voweit  prent  audit  jour  par  sept  eschevins  qui 
sont  à  luy,  desquelz  eschevins  il  en  doit  prendre  deux  en  la 
hault  court  et  les  aultres  v  il  les  peult  prendre  es  massuvirs  ou 
mannans  quy  debvoyent  lesdites  viceconteit;  et  doibt  envoier 
quérir  sadite  viceconteit  par  son  messagier  avec  ung  sacke  et  lu 

11 


—  196  — 

stier  ;  et  qui  ne  luy  paieroit  ledit  il  ne  prenderoit  mye  l'avoen  s'il 
ne  voloit.  Et  se  choeses  avenoit  que  on  ne  luy  paiast  audit  jour 
sainct  Andrieu,  ledit  voweit  pouroit  faire  prendre  par  luy  et 
deux  de  ses  eschevins  celuy  qui  payet  ne  l'aroyt  sur  le  tiege  qui 
est  a  vouweit,  liquel  tiege  commenche  de  là  le  boix  de  Tollé- 
mont  et  mont  amon  le  boix  de  Tollémont  tous  le  tiege  venant 
jusques  à  Anthin,  passant  oultre  devant  la  maison  Ponehart 
d'Anthyne  jadis  et  descendant  vers  le  Vaulx  et  remontant  sus 
a  tiege  del  Cherra,  descendant  en  on  fosseit  et  remontant  sus  du 
fossé  longe  les  boix  délie  Heye  jusques  a  chaffor  le  vesque,  ainsy 
que  les  eschevins  de  la  hault  court  le  salvent  et  wardent.  Et  se 
choese  avenoit  que  il  prendist  aulcun  délie  ville  mannant  par 
deffaulte  de  paiement,  il  le  poroit  tenir  tant  qu'il  seroit  payet  ; 
et  tantost  que  ilz  sieroit  payet,  celuy  qui  payerait  debvroit  estre 
quicte  sains  aultre  amende.  Et  at  ledit  voweit  sept  eschevins  qui 
ly  gardent  sa  viceeonteit,  desquelz  il  en  prent  deux  en  la  hault 
court  et  les  v  aultres  en  cheussy  qui  luy  debvent  sa  viceeonteit. 
Et  en  signe  de  vériteit  que  cest  présente  coppie  est  extraict 
hors  de  notre  susnommeit  régis  autenticque  de  mot  à  mot 
comme  dessus  et  donnez  par  coppie,  cy  avons  premier  nous 
Jehan  d'Eynnatten,  sicque  susdit  sommoneur,  et  aultres  susnom- 
mez  hommes  féodaulz  de  la  duceit  et  pays  de  Lembourgh  ung 
chacun  de  nous  imprimé  ou  faire  imprimer  son  seal  sur  le  blan 
papyer  de  ceste  coppie,  soubz  la  datte,  an,  mois  et  jour  super- 
escript,  etc.  Subsigné  de  la  main  de  notre  cler  jureit,  extraict 
hors  du  principaulz  et  collationé  après  son  originalle  de  mot  à 
mot,  et  estoit  imprimez  et  applicqué  à  icelle  cineque  saelle,  et 
subsigné  de  la  main  de  lenostre  cler  jureit  Grégoire  Peterkens. 
Par  moy  coppiés  et  escript  de  ma  main  propre,  messire  Gilles 
Abizier  notarius  juratus  par  coppie. 

Copie  du  xviie  siècle. 

IV. 

Plaid  de  quinzaine  tenu  à  Anthisnes  et  reconnaissance  du 
nouveau  seigneur  Nicolas  Sarteau,  abbé  de  Waulsort. 

17  mars  1 552. 

L'an  quinse  cents  et  chinequante  deux,  le  diexseptième  jour 
de  mars,  maieur  pour  le  tems  constitué  pour  l'absence  de  War- 
nier  Briffoz  souverain  mayeur,  Johan  de  Sart  coneschevin, 
eschevins  Lion  de  Sohaing,  Séverin  d'Ama,   Noël  de  Fraiteur, 


—  197  — 

Wauthier  Fabri  et  Paulus  d'Anthinne,  plaix  de  quinsaine  ser- 
vant audit  Anthinne. 

Premier  et  là  mesme  suyant  la  remonstrance  faite  judicielle- 
ment  par  vénérable  et  dévot  Nicolle  Sartea,  par  la  grâce  de 
Dieu  abbé  de  Wachore  et  Hastier,  seigneur  d'Anthinne,  furent 
lesdits  membres  et  eschevins  sy  adviseis  et  ung  chacun  d'eulx 
en  son  regarde,  qu'ils  ratiffiarent  en  la  main  dudit  seigneur  abbé 
les  sermens  et  féaliteis  qu'ils  tenoient  et  avoient  fais  et  presteis 
à  ses  prédicesseurs  abbez,  le  reconoissant  et  tennant  pour  leur 
supérieur  et  haultain  seigneur  dédit  Anthinne  et  point  autre, 
en  luy  prestant  et  abandonnant  partant  les  services,  fidélitez  et 
homaiges  requizes  à  luy  deuees  et  appartennantes  comme  est  de 
stiel.  Et  ainsy  ledit  seigneur  abbé  fist  le  semblable  envers  eulx 
et  fut  à  sa  requeste  mis  en  warde. 

Item  ce  fait  et  là  mesme  fut  a  semblan  par  ledit  seigneur 
abbé  remonstreit,  énarreit  et  demandé  az  surcéans,  massuyrs  et 
inhabitants  dudit  Anthinne  soubz  sadite  seigneurie  et  haultainité 
là  présens  ou  la  pluspart  tous  entièrement  à  son  instance  à  ce 
jourd'huy  à  jours  comparoir  signiffiez,  proclamez  et  adjournez 
par  Remacle,  notre  sergeant  sermenté,  qu'il  tesmoingnat  se  il 
ne  voloient  envers  luy  faire  tele  et  semblable  ratification  de  ser- 
ment que  ladite  courte  at  fait,  et  s'ils  ne  voloient  estre  à  luy 
bons  et  léaults  subject  en  luy  prestant  service,  assistence,  ho- 
maiges et  fidélitez,  comme  ont  estez  à  ses  feux  prédicesseurs 
abbez,  seigneurs  dédit  Anthinne,  comme  en  semblable  ledit  abbé 
leur  offrait  et  promectoit  d'estre  bon  et  léal  seigneur,  et  par 
espécialle  se  ilz  tenoient  autry  à  seigneur  d'Anthinne  que  ung 
abbé  de  Wachore.  Lesquelz  masswirs  et  inhabitans,  assçavoir 
saiges  et  honnorez  Jehan  de  Sohaing  l'aisné,  Lion  son  frère, 
Adam  Corbea,  voeit  dédit  Anthinne,  et  toute  ladite  congrégation 
desdits  massuyrs  en  généralles  respondirent  après  avoir  oyis  la 
lecture,  teneur  et  effect  tant  des  privilèges  dudit  seigneur  d'An- 
thinne que  des  leurs,  desqueeles  ledit  seigneur  abbé  leurs  at 
consenti  et  accordé  bailhier  double  et  copie  autenticque,  affin 
tant  pour  le  bien  et  utilité  dudit  seigneur  que  dudit  comun  les 
inserrer  et  mectre  en  la  garde  et  custode  de  ladite  courte,  res- 
pondirent qu'ils  ne  tiennent  autre  pour  leur  seigneur  et  supé- 
rieur synon  ung  abbé  dudit  Wachore,  confessant  à  surplus  à 
iceluy  seigneur  abbé  devoir  toutes  obéissances  et  assistences,  et 
que  nul  autre  seigneur  que  ce  soit  ny  at  clain,  droit,  préminence 
ne  action  que  ung  abbé  de  Wachore,  et  ne  y  veirent  jamais 
autruy  seigneur  clamer  ne  demander  quelques  title  ou  action; 
ce  qui  fut  à  l'instance  dudit  seigneur  abbé  tourné  en  droit,  et 


—  198  — 

là  mesme  lesdits  massuyrs,  en  lieu  de  reconnoissance  et  comme 
les  massuyrs  doient  faire  de  nouvea  seigneur,  ratiffiarent  les 
serimens  par  eux  du  prétérite  fais  et  prestez  à  ses  feux  prédices- 
seurs  seigneurs  dudit  Anthinne  et  que  d'estres  bons,  fidelz  et 
léaulx  audit  seigneur  abbé  moderne  comme  leur  souverain  sei- 
gneur et  refuge,  ainsy  et  comme  ont  estez  à  sesdits  feux  prédi- 
cesseurs,  et  mieulx  se  le  cas  le  peut  porter.  Ossy  d'autre  part 
ledit  seigneur  abbé  leur  at  promis  sur  sa  poictrine  sacerdotalle, 
en  lieu  de  seriment,  que  de  les  estre  bon,  fidel  et  léal  seigneur, 
et  de  les  tenir,  maintenir  et  soustenir  de  son  pouvoir  par  voie 
de  droit  et  raison  ens  leursdits  aisemences,  chartes  et  privilèges 
envers  et  contre  tous  qui  les  voroent  d'icelles  molester  et  dégec- 
ter,  sy  par  eaulx  semon  et  requis  en  est  avuec  ainsy  leurs  aydes 
et  assistence,  le  tout  a  contenu  de  leursdites  chartes  et  prémi- 
nences,  sens  icelles  volloir  aucunement  interrompre,  briser  ne 
aboller,  ains  plustost  les  augmenter  de  son  pouvoir.  Tourné  fut 
en  droit, 

Item  renunchat  ledit  seigneur  d'Anthinne  à  tele  ordonnance 
et  publication  qui  at  esté  piecha  faicte  et  passée  audit  Anthinne 
à  cause  des  boix,  forest  et  aisemence  dudit  lieu,  concernante 
seulement  contre  les  extranes  et  non  surcéants,  la  révockant  et 
adnihillant,  et  luy  fut  comme  ce  requérant  sergeant  preste  pour 
le  lassier  savoir  a  lieu  accoustumé,  ensemble  pour  le  mesme 
poinct  faire  édict  et  publication  que  nulz  quelconcques  estran- 
giers,  afforrains  et  gens  non  surcéans  et  privilégiez  desdits  boix, 
de  quelle  estât  ou  condition  qu'ils  soient,  ne  s'admusent  et 
présument  doresnavant  de  copper,  abbattre,  prendre,  tailher, 
tireir  et  asporter  ens  et  hors  des  bois,  forest  et  aisemences  dédit 
Anthinne  bois  de  quelque  matère  ou  portance  que  ce  soit,  sur 
paine  d'endurer  par  les  délinquans  et  contrevenants,  toutteffois 
et  quantes  qu'ils  seront  suffissanment  accuseit,  appréhendé  et 
convaincu,  toutes  teles  aigreurs  et  amendes  soit  criminelle  ou 
civille  que  en  righeur  la  justice  déterminerat  selon  l'exigence  du 
cas;  et  seront  lesdits  massuyrs  creuz  à  leurs  serimens  qu'ils 
feront  pardevant  ladite  courte,  lesquelz  appréhendeurs  aront 
pour  leur  sallaire  la  moictié  part  des  amendes  et  mesuzes  que  les 
délinquans  et  appréhendeis  aront  forfait  et  seront  par  ledit  sei- 
gneur ou  son  juge  attaint  et  convaincu,  et  l'autre  moictié  part  a 
seigneur.  Et  là  miesme  pour  ce  que  ledit  voé  disoit  à  tele  amende 
s'aucunne  survennoit  avoir  droit,  assçavoir  la  tierce  part,  sy  fut 
contains  ledit  seigneur  abbé  de  sy  avant  qu'il  soit  trouvé  ledit 
voeit  avoir  title  de  clamer  telz  droit,  que  tele  tyrce  part  luy 
viengne  suyvre,  parmy  ossy  ledit  voeit  furnissant  az  pourchasses 


—  199  — 

et  despens  s'aucuns  en  convient  sustenir  à  son  équalité  ;  et  fut  le 
tout  mis  en  warde  de  loy.  Tantoest  et  là  mesme  tesmoingnat  à 
ladite  courte  Remacle,  sergeant  d'icelle  serimenté,  avoir  ladite 
révocation  lassiet  sçavoir  et  en  après  le  édit  sus  narreit,  en  pré- 
sence de  Paulus  d'Anthinne  eschevin,  publiet  a  lieu  où  que  l'on 
at  accoustumé  faire  cris  et  publication  audit  Anthinne.  Tourné 
fut  en  droit. 

Encor  at  esté  par  ledit  seigneur  abbé,  par  le  consentement  et 
accord  desdits  massuyrs,  statué  et  ordonné  que  quelconcques 
desdits  surcéans  serat  trouvé  doresnavant  sur  et  ens  lesdits  bois 
et  aisemences  d'Anthinne  tailhant,  copant,  évéhant  ou  asportant 
ens  et  hors  d'iceux  bois  de  haultes  fustailles  et  portants  haultes 
fleurs,  comme  chaisnes  et  fawes  formez,  sains  avoir  par  iceux 
premièrement  vuydez  les  bois  en  iceux  abbatus  ou  tumbeis,  seront 
ataint  en  amende  pour  la  premir  fois  de  troix  florins  de  Braibant, 
entendu  vingt  patars  Braibant  la  pièce  ;  item  pour  la  seconde 
fois  de  chincqz  florins  semblables  et  à  la  tirce  fois  de  dix  florins 
dicte  monnoye,  voire  a  seigneur  la  moictié  part  et  az  accusa- 
teurs l'autre  moictié  part  ;  condition  en  ceste  adjoustée  que 
ce  quelcun  mannant  y  avoit  cependant  qui  volroit  avoir  bois 
pour  bastir  et  maisonner,  quant  alors  en  poldrat  obtenir  par 
ordonnance  de  justice  en  raizon  autant  que  par  son  seriment 
attesterat  en  avoir  besoingne  et  nécessaire,  lequeil  bois  deverat 
sortir  desdits  forestz  dedens  quarantes  jours  après  la  tailhe, 
autrement  serat  frustrez  desdits  bois  et  polrat  ung  chacun 
massuyr,  ledit  terme  expireit,  iceux  prendre,  sortir  et  admenner 
pour  s'en  aidier  et  servir  en  telz  et  semblan  cas.  Tourné  fut 
en  droit. 

Item  encor  là  mesme,  aile  requieste  et  ordonance  dudit  sei- 
gneur abbé  et  par  enseignement  de  loy,  fut  statué  et  ordonné  et 
comandé  ausdits  masswyrs  en  généralles  qu'ils  ayent  remis  les 
voies,  chemins  réalz,  tieges  et  pisentes  délie  haulteur  d'An- 
thinne en  leur  anchien  et  deu  estât  et  dégreit  pertinent,  et  que 
s'aulcuns  mauvais  chemins  y  avoit,  que  ung  chacun  les  fâche 
bons  selon  ses  héritaiges,  en  les  nectoiant,  adouverant  et  répa- 
rant tellement  qu'il  n'y  ayet  aucunne  faulte  ou  négligence,  et 
ce  dedens  quarantes  jours  après  la  date  d'iceste,  sur  paine  et 
amande  en  telz  cas  afférantes  et  accoustumée;  et  fut  le  tout 
aile  requestes  dudit  seigneur  abbé  mis  en  warde  de  loy. 

Extrait  d'un  record  de  la  cour  de  justice  d'Anthisnes, 
du  7  janvier  1 5y5,  d'après  deux  copies  du  x v 1 1 °  siècle. 


—  200  — 
V. 

Record  touchant  la  valeur,  les  profits  et  émoluments 

de  la  seigneurie  d 'Anthisnes  en  Condro\,  pays  de  Liège. 

i  5  octobre  i  5g3. 

A  tous  ceux  auxquels  ces  présentes  parviendront  salut  :  Sça- 
voir  faisons  que  ce  jourd'huy,  pénultième  jour  du  mois  d'octobre 
quinze  cents  nonante  trois,  est  personnellement  pardevant  nous 
comparut  vénérable  seigneur  dam  Jean  Fraillet,  gouverneur  et 
maitre  d'hôtel  ainsy  commis,  constitué  et  estably  de  part  révé- 
rend père  en  Dieu  damp  Warnier  Rosiers,  abbé  et  seigneur  des 
vénérables  églises  et  couvent  de  Walsor  et  Hastir,  prieur  du 
couvent  d'icelles  églises  cannoniquement  unis,  ainsy  qu'il  nous 
at  apparu  par  sa  commission  authentiquement  expédiée  en  date 
du  vingt  sixième  du  présent  mois  an  susdit,  scellée  des  sceaux 
tant  abbatiaux  que  conventuels,  lequel,  au  nom  tant  dudit  sei- 
gneur abbé  que  prieur  et  couvent  d'icelles  églises,  nous  apportât 
et  mis  es  mains  un  volume  de  papier  en  lequel  disoit  estre  con- 
tenus plusieurs  points  et  articles  sur  lesquels  il  requéroit  que 
voulussions  ouïr  et  examiner  les  témoins  qu'il  nous  présentoit 
à  produire,  sçachants  à  parler  de  la  valeur,  proffit  et  émoluments 
de  leurs  terres,  hauteur  et  seigneurie  d'Anthinne,  censé,  maison, 
dismes,  biens  et  droitures  y  appartenantes,  présentement  occupés 
par  monsieur  Jean  de  Bomerix  (sic  pour  Romerée),  seigneur  de 
Fraipont,  et  de  leurs  dépositions  en  dépescher  acts  pour  eux  en 
servir  où  que  besoing  sera  et  leur  valoir  ce  qui  est  de  raison,  le 
contenu  de  laquelle  volume  s'ensuit  de  mot  à  autre  et  est  tel  : 

Plairat  à  messieurs  les  mayeur  et  eschevins  de  la  cour  d'An- 
thinnes  en  Condroz,  pays  de  Liège,  à  la  requette  des  religieux, 
abbé  et  couvents  de  Walsor  et  Hastir  deuement  examiner  les 
personnes  qui  dénommés  leur  seront,  sachants  à  parler  de  la 
valeur,  proffit  et  émoluments  de  leurs  terres,  hauteur  et  sei- 
gneurie d'Anthinnes,  censés,  maisons,  dismes,  biens  et  droitures 
y  appartenants,  présentement  occupés  par  monsieur  Jean  de 
Bomerex,  seigneur  de  Fraipont,  et  de  leurs  dépositions  en  dé- 
pescher acts  pour  leur  valoir  ce  que  de  raison  : 

Premier.  Si  ladite  seigneurie  ne  consiste  en  haute  justice, 
moyenne  et  basse. 

2.  Item  si  les  mannants  n'ont  privilège  de  n'estre  taxés  aux 
contributions  et  tailles  ordinaires  qui  se  lèvent  pour  son  Altesse 
de  Liège,  leur  prince,  qu'autres,  et  de  n'avoir  passage  des  sol- 
dats et  gens  de  guerre. 


—  201  — 

3.  Item  si  d'icelles  ne  sont  dépendants  droits  de  confisca- 
tions, d'amende,  droits  seigneuriaux  en  faisant  relief  des  biens 
féodaux  ou  autrement. 

4.  Item  s'ils  ne  sont  perpétrés  plusieurs  délits  depuis  dix 
huit  ans  en  ça  ou  environ,  à  raison  desquels  on  a  droit  d'amende, 
et  si  depuis  ledit  temps  ne  seroient  perçeus  aucuns  tels  droits. 

5.  Item  si  de  mesme  à  cause  d'icelle  hauteur  les  mannants 
et  habitants  de  laditte  terre,  consistants  en  cinquante  ou  soixante 
ménages  plus  ou  moins  ou  environ,  ne  sont  sujets  à  plusieurs 
cens,  rentes,  droits  de  bourgeoisie,  tant  en  plume,  grains  et 
argent  qu'autrement. 

6.  Item  si  les  représentants  le  seigneur  dudit  lieu  n'a  droit 
de  chauffage,  paisnage,  maisonnage  et  autres  commodités  es 
aisemences  et  communautés  de  laditte  terre,  jouissante  d'autant 
de  communautés  que  quattre  mannants  du  lieu,  excédants  les 
cent  daldres  par  an,  ou  plus  ou  moins  ou  environ. 

7.  Item  s'il  n'y  a  labeur  de  trois  cames  à  la  saison  ou  envi- 
ron, rapportant  pour  chacuns  ans  au  proffit  du  maitre  quelques 
deux  cents  muids  de  speaute,  tierces  aveines,  chargés  seulement 
de  deux  cents  (cens?)  par  ans  vingt  neuf  moins  (muids?)  ou 
environ. 

8.  Item  si  les  dismes,  grosse  ou  menue,  n'appartiennent  audit 
seigneur  abbé,  excepté  la  sixième  parte  de  la  grosse  et  troisième 
de  la  petitte,  desquels  entre  autres  bien  le  vicaire  perpétuel  dudit 
Anthinne  ou  curé  en  jouyt  pour  la  compétence  et  portion, 
estantes  toutefois  exemptes  desdits  biens  dudit  seigneur  abbé. 

g.  Item  s'il  n'est  vray  que  depuis  temps  immémorables, 
trente,  quarante,  cinquante,  soixante  ou  cent  ans,  laditte  sei- 
gneurie d'Anthinnes  et  biens  desdits  abbayes  ont  esté  tenus  par 
stuit  locals  et  termes  conventuels. 

10.  Item  si  les  dismes  ne  sont  de  telle  valeur  et  extendue 
qu'elles  reviennent  au  profit  annuel  à  quatrevingts  muids,  plus 
ou  peu  moins  ou  environ,  deux  tierces  speaute  et  une  tierce 
aveine,  mesure  de  Liège. 

1 1 .  De  sorte  que  les  revenus  annuels  desdittes  terres  et  biens 
excèdent  les  milles  florins  Bbt.  par  an,  plus  ou  moins. 

12.  Item  s'il  n'est  vray  que  pour  les  chères  années  passées, 
à  sçavoir  quinze  cents  huitantesix  ou  l'une  d'elles,  inclus  les 
dimes  et  autres  revenus,  fruits  et  émoluments  desdits  biens  et 
appartenance,  les  locatairs  ou  détenteurs  d'iceux  ont  bien  re- 
cueillie et  eu  des  fruits  pour  deux  ou  trois  milles  florins  Bbts., 
plus  ou  moins. 

i3.   Item  s'il  n'est  vray  que  le  seigneur  abbé,  par  luy  ou  les 


—  202  — 

siens  en  son  nom,  a  payé  tous  les  ans  par  cidevant  jusqu'au  jour 
présent  les  taxes  et  quotisations  extraordinaires  faites  pour  S.  A. 
de  Liège  sur  lesdits  biens  d'Anthinnes,  desquels  lesdits  loca- 
taires ny  les  siens  n'ont  aucunement  acquitté  ledit  seigneur  abbé 
ny  voulu  acquitter. 

Et  après  avoir  par  nous  reçu  icelle  ditte  volume  et  notre  ditte 
communauté  veuillants  à  un  chacun  le  requérant  administrer 
justice  parmy  ses  droits,  spéciallement  des  choses  licites  et  rai- 
sonnables, quand  requis  en  sommes,  avons  ouys  examinés  les 
témoins  cy  après  dénommés  a  loing,  fait  escrire  et  registrer  en 
notre  registre  authentique  leurs  dépositions  et  témoignages, 
lesquels  sont  tels  qui  s'ensuivent  l'un  après  l'autre. 

Premier  témoins,  Jean  d'Embreumont,  notre  confrère,  par 
son  serment  de  fidélité  examiné,  âgé  de  trentesix  ans  ou  environ, 
dit  que  la  terre  et  seigneurie  d'Anthinne  a  privilèges  tels  que  les 
mannants  d'icelle  ne  sont  taxés  ny  quotisés  aux  taxes  et  contri- 
butions ordinaires  et  autres  que  seulement  (lise\  qui  se  lèvent) 
pour  le  service  de  S.  A.  le  prince  de  Liège;  au  rest  dudit  article 
nihil.  Sur  le  2  (lise\  1)  dépose  que  la  terre  et  seigneurie  d'An- 
thinne consiste  en  haute  justice,  moyenne  et  basse.  Sur  le  3  dit 
qu'en  laditte  seigneurie  sont  dépendants  droits  de  confiscation, 
d'amende  et  que  quand  quelque  personage  fait  relief  d'aucuns 
biens  feudaux  estants  en  ladite  seigneurie,  elle  paye  les  droits 
seigneuriaux  selon  la  qualité  du  fief  et  bien  duquel  il  fait  relief. 
Au  4  dépose  que  depuis  dix  huit  ans  en  ça  il  a  veu  payer  plu- 
sieurs amende  aux  officiers  dudit  Anthinnes  à  raison  de  laditte 
seigneurie,  tant  grosses  que  menues.  Sur  le  5  dépose  qu'en 
laditte  seigneurie  il  y  a  bien  cinquante  cinq  ménages  et  qu'au- 
cuns et  plusieurs  d'iceux,  à  raison  de  leur  demeure,  sont  sujets 
à  payer  plusieur  cens  et  rentes  au  seigneur,  si  comme  speaute  et 
avenne,  pouilles,  argent,  œufs,  etc.  Sur  le  6  dépose  que  le  sei- 
gneur de  Fraipont,  si  que  représentant  le  seigneur  d'Anthinne, 
a  droit  de  chauffage,  paisnage  et  pasturage  dans  les  aisemences 
dudit  Anthinne,  et  qu'il  jouyt  d'autant  de  commodités  d'icelle 
aisemence  que  quattre  mannants,  et  que  le  proffit  qu'il  y  pouroit 
tirer  vaudroit  par  an  bien  cent  florins  Bb.,  plus  ou  moins.  Item 
sur  le  7  dit  qu'il  y  a  labeur  de  trois  charrues  ou  environ,  et  que 
ledit  labeur  peut  rendre  par  an  environ  de  deux  cent  muids, 
tierce  aveine,  disant  ne  sçavoir  de  combien  il  est  chargé  de  rentes. 
Davantage  dit  sur  le  8  que  la  plus  grande  partie  de  la  disme 
grosse  et  menue  est  appartenante  au  seigneur  dudit  Anthinne, 
et  payent  les  biens  dudit  seigneur  aucune  disme.  Sur  le  neu- 
vième dit  que  de  plus  lontemps  qu'il  a  mémoire  il  a  tousjours 


—  203  — 

veu  tenir  lesdits  biens  par  censiers  et  locataires.  Sur  le  10  dit  que 
laditte  disme  peut  valoir,  un  an  portant  l'autre,  environ  cinquante 
ou  soixante  muids,  tierce  aveine.  Sur  le  1 1  dit  n'y  avoir  prins 
garde  et  partant  s'en  réfère  à  ce  qu'il  en  peut  estre.  Au  12  et  1 3 
dit  aussy  s'en  référer  à  iceux  et  dit  n'estre  de  son  sçavoir. 

Deuxième  tesmoin,  noble  homme  Warnier  Brirfoz,  seigneur 
de  Viller  aux  tours,  témoin  adjourné  âgé  d'environ  soixante  cinq 
ans,  par  son  serment  dépose  sur  le  premier  article  que  la  sei- 
gneurie d'Anthinne  consiste  en  haute  justice,  moyenne  et  basse. 
Sur  le  deuxième  dépose  que  les  mannants  de  la  terre  et  seigneu- 
rie d'Anthinne  ne  sont  tenus  à  aucune  quotisations,  tailles  ny 
assiettes  ordinaires,  ny  autres  qui  se  font  et  lèvent  pour  le  service 
de  S.  Alt.  et  prince  de  Liège;  mais  quant  aux  gens  de  guerre  n'ont 
autre  privilège  présentement  sinon  que  leurs  forces.  Sur  le  3  dé- 
pose que  de  laditte  seigneurie  sont  dépendants  droits  d'amende, 
confiscation  et  autres  à  raison  des  mesus  qui  se  commettent  par 
les  délinquants  ;  illecque  aussy  se  payent  par  nouveaux  héritiers 
faisants  relief  des  biens  féodaux  les  droits  selon  les  qualités  des 
fiefs  qui  se  relèvent,  lesquels  sont  contenus  en  la  réformation  du 
pays  de  Liège.  Sur  le  4  dépose  que  depuis   le   temp  contenu 
audit  article  sont  esté  commis   et   perpétrez  dans   laditte  sei- 
gneurie d'Anthinnes  plusieurs  délicts,  à  raison  desquels  on  a 
droit  d'amende.  Sur  le  5  dépose  qu'en  laditte  seigneurie  d'An- 
thinne y  sont  bien  soixante  ménages  et  plus,  et  que  plusieurs 
sont  redevables  audit  seigneur  d'aucuns  cens,  rentes,  pouilles  et 
autres  revenus  seigneuriaux  annuels.  Sur  le  6  dit  que  le  repré- 
sentant du  seigneur  a  tel  droit  que  l'article  porte  es  aisemences 
et  communauté  et  plus  que  quattre  manants  d'illecqz,  disant 
que  le  profit  que  ledit  représentant  dudit  seigneur  y  prend,  s'il 
luy  convenoit  achepter,    excéderoit   les   cent  dallers   par  ledit 
article  porté.  Sur  le  7  dit  que  le  labeur  contient  bien  pour  trois 
charues,  disant  que  si  ledit  labeur  ne  rendoit  non  plus  de  proffit 
à  sondit  maitre  que  par  l'article  porté,  reviendroit  mal  ;  au  rest 
nihil.  Sur  le  8  dit  laditte  disme  appartenir  au  seigneur  d'An- 
thine,  ainsy  qu'il  est  contenu  endit  article,  saufve  qu'il  ne  sçait 
si  ledit  seigneur  est  exempt  de  la  sixième  parte  d'icelle  envers  le 
curé  d'Anthinnes  d'autant  que  compète  le  labeur  dudit  seigneur. 
Au  9  le  dépose  entièrement,  le  sçachant  bien  le  seigneur  dépo- 
sant pour  ce  qu'il  et  ses  prédécesseurs  l'ont  tenu  de  parte  un 
seigneur  abbé  de  Walsor.  Sur  le  10  et  11  dit  en  estre  ignorant, 


l6 


comme  il  est  du  12  et  i3  ensuivants  ;  et  après  luy  avoir  relec- 
ture saditte  déposition,  a  persisté  emprès  d'icelle. 


—  204  — 

Sixième  témoin,  messire  Jean  de  Grange,  marlier  d'Anthines, 
témoin  adjourné  ad  pectus.  Sur  le  premier  article,  2,  3  et  quatre, 
nihil,  pour  n'avoir  demeuré  à  Anthine  sinon  depuis  la  St.  Jean 
dernier.  Au  5  dit  qu'il  y  a  bien  dans  laditte  hauteur  soixante  feux, 
et  a  ouy  dire  que  plusieurs  des  mannants  sont  redevables  à  un 
seigneur  d'Anthine  d'aucuns  cens  ou  rentes.  Sur  le  6  dépose  que 
le  seigneur  d'Anthine  ou  son  représentant  a  droit  de  chauffage, 
pâturage  et  autres  droits  dans  les  aisemences  et  bois  dudit 
Anthines,  et  en  tire  à  son  semblant  bien  autant  de  profit  que 
quattre  mannants  dudit  Anthine  et  davantage.  Au  7  nihil.  Sur 
le  8  dit  estre  véritable  ainsy  que  ledit  article  le  porte.  Au  9  sui- 
vant dit  rien  sçavoir  et  n'avoir  connoissance  dudit  article.  Sur  le 
10  iceluy  a  perçeu  et  levé  la  partie  de  la  disme  grosse  qui  est 
appartenante  au  curé  d'Anthine  pour  l'aoust  dernier,  pour  la- 
quelle partie  a  eu  et  levé  six  vingts  et  dix  jarbes  de  marsage, 
lesquelles  jarbes  pouroient  rendre  en  espeaute  d'onse  à  douze 
pour  le  muid,  et  de  marsage  environ  dix  pour  le  muid.  Sur  le 
résidu  desdits  articles  nihil. 

Huitième  témoin,  Cloes  Emond,  témoin  juré  et  adjourné, 
âgé  de  48  ans  ou  environ,  dit  le  premier  et  deuxième  articles 
estre  véritables  en  telle  forme  qu'ils  se  comportent.  Au  3  que 
d'icelle  sont  dépendants  droits  de  confiscation  et  d'amende,  et 
que  quand  il  y  a  quelqu'un  qui  fait  relief  de  quelque  bien  feudale 
d'Anthinne,  il  paye  les  droits  seigneuriaux  suivant  la  qualité 
desdits  biens.  Au  4  dépose  estre  véritable.  Sur  le  5  dépose  qu'il 
y  a  en  la  hauteur  dudit  Anthine  environ  soixante  mesnages  et 
en  y  a  plusieurs  qui  sont  redevables  d'aucuns  cens  ou  rentes 
annuels  audit  seigneur  d'Antines.  Au  6  dépose  que  le  représen- 
tant du  seigneur  a  son  chauffage,  pasturage,  paisnage  et  autres 
droits  dans  les  aisemences  dudit  Anthine,  et  que  le  profit  qu'il 
en  pouroit  tirer  seroit  bien  aussy  grand  que  quattre  manants 
dudit  lieu  et  pouroit  bien  valoir  par  an  trente  dallers  ou  plus. 
Sur  le  7  dit  que  le  labeur  dudit  seigneur  se  fait  par  trois  char- 
rues, et  qu'une  année  portante  l'autre  ledit  labeur  poudroit 
rendre  du  profit  au  maitre  environ  noeuf  vingts  muids  de  tout, 
et  non  plus.  Item  le  8  dit  estre  vérité  le  contenu  d'icelle. 
Le  9  dit  que  depuis  qu'il  a  mémoire  il  a  tousjours  veu  tenir 
ladite  seigneurie  et  biens  contenus  endit  article  localement  par 
censiers.  A  l'onsième  dépose  que  les  revenus  desdits  biens  vau- 
draient par  an  bien  plus  de  huit  cents  florins  Bbts.  Sur  le 
résidu  nihil. 

Neufvième  témoins,  honorable  homme  Florent  d'Anthinne, 


—  205   - 

voué  dudit  lieu,  témoin  adjourné  âgé  de  vingt  neuf  ans  ou  en- 
viron, par  son  serment  dépose  que  le  contenu  du  premier  article 
est  véritable,  comme  pareillement  t'ait  le  2me,  3,  4  et  5,  en  telle 
sorte  qu'ils  se  comportent.  Au  6  dit  que  le  représentant  du 
seigneur  d'Anthine  a  son  chauffage,  paisnage,  maisonnage  et 
autres  commodités  es  aisemences  et  communautés  dudit  An- 
thine,  jouyssant  bien  d'autant  que  quattre  mannants  d'illecqz, 
et  le  proffit  desdites  aisemences  luy  vaudroit  bien  par  an  cent 
florins  Bbts.  ou  environ.  Le  7  dit  estre  véritable,  se  référant  au 
regard  des  charges.  Au  8  dit  laditte  disme  appartenir  audit  sei- 
gneur d'Anthines,  ainsy  qu'il  est  posé  par  ledit  article.  Item  sur 
le  g  dépose  que  depuis  le  temps  mémoré  par  ledit  article,  laditte 
seigneurie  et  biens  ont  esté  tenus  par  stuit  local  ou  autrement 
par  serviteur  et  terme  conventuel.  Sur  le  10  dépose  qu'il  ne  sçait 
combien  laditte  dime  peut  valoir  annuellement.  Sur  l'onsième 
dit  que  les  revenus  annuels  desdits  biens  entiers  excède  plus  de 
1,000  florins  Bbts.  Sur  le  12  dépose  qu'au  regard  de  la  cherté  de 
l'an  85,  86  ou  l'une  desdittes  années,  les  revenus,  fruits  et  émolu- 
ments appartenants  à  la  seigneurie  d'Anthine  ont  bien  peu 
valoir  deux  ou  trois  mils  florins  Bbts.  ou  davantage.  Sur  le  i3 
dépose  qu'il  a  payé  et  acquité  au  nom  de  l'abbé  et  couvent  de 
Walsor,  à  plusieures  fois  et  depuis  cinq  à  six  ans  en  ça,  environ 
de  quattre  vingts  florins  Bbts.  ou  plus  au  receveur  des  quotisa- 
tion  de  S.  A.  de  Liège,  tant  audit  Anthine  qu'ailleurs,  et  plus 
ne  dit. 

Dixième  témoin,  Jean  le  Scrinier,  d'Anthine,  témoin  juré  et 
adjourné,  âgé  environ  trente  cinq  ans,  au  premier  article  dit  le 
contenu  d'iceluy  estre  véritable,  comme  pareillement  fait  le  2, 
3,  4,  5  et  6  suivants.  Au  7  dépose  que  pour  faire  le  labeur  du 
seigneur  d'Anthine  gisant  audit  lieu,  qu'il  convient  avoir  trois 
charues  et  rapporte  bien  iceluy  par  an  de  profit  au  maitre  quel- 
ques deux  cents  muids  ou  environ,  plus  ou  moins,  déclarant  ne 
sçavoir  les  charges  d'iceluy.  Au  8  dit  estre  véritable,  excepté 
qu'il  y  a  une  certaine  petite  disme  des  Solliers  qui  se  cueille 
annuellement  dans  la  hauteur  et  dismage  dudit  Anthine.  Sur 
le  g  dit  que  la  censé  ou  bien  du  seigneur  d'Anthine  gisant  audit 
lieu  avec  les  émoluments  ont  esté  tenus  depuis  qu'il  a  mémoire 
localement  et  par  terme  conventuel.  Sur  le  10  nihil.  Quant  à 
l'onzième  et  12,  dépose  qu'ils  sont  véritable  en  telle  sorte  qu'ils 
sont  couchés  par  escrit.  Sur  le  1 3  dit  rien  sçavoir,  sinon  que  le 
seigneur  de  Fraipont  a  payé  subside  accordée  à  S.  Alt.  de  Liège, 
et  pour  cause  de  science  dit  le  déposant  l'avoir  reçeu  comme 
collecteur  député,  disant  l'avoir  este  paver  au  receveur  de  S.  Alt. 


—  206  — 

à  protestation  ;  et  puis  après  luy  avoir  lecture  saditte  déposition 
a  persisté  emprès  (ficelle,  disant  estre  son  sçavoir. 

Etoit  signé  L.  Gillis,  nottaire  admis  par  S.  Alt.  Sme  de  Liège, 
par  copie  concordante  à  son  originelle. 

Copie  du  xvne  siècle. 

VI. 

Reliefs  du  plein  fie f  d'Ouhar  mouvant  de  la  cour  féodale 
de  Stavelot. 

i343.  Badris  d'Ouhar  relève  de  l'abbé  Hugues  d'Auvergne 
son  plein  fief  d'Ouhar.  —  Ernotte,  fils  d'André  d'Ouhar,  relève 
pareillement. 

1347.  Ernotte  d'Anthisnes  relève  du  même  le  fief  d'Ouhar. 

1 3 53.  Le  fief  d'Ouhar  est  donné  pour  douaire  à  damoiselle 
Marie,  fille  de  Monsr  Hubert  de  Fronville,  par  Armil,  fils  d'Er- 
notte  d'Anthisnes. 

1377  (alias  1378),  le  vendredi  avant  la  Quinquagésime,  André 
d'Ouhar  relève  de  l'abbé  Warnier  d'Ocquier  le  fief  du  Moncheal 
d'Ouhar. 

1 385,  12  août.  Ernou  d'Amas  relève  du  même  le  plein  fief 
d'Ouhar,  consistant  en  prés,  terres,  cens,  rentes,  par  succession 
de  son  père  André  d'Ouhar.  —  Ledit  Ernou  renonce  à  ses  hu- 
miers  sur  ledit  fief,  en  faveur  d'André,  son  fils. 

1394,  le  jeudi  après  Pâques.  André  d'Amas  relève  de  l'abbé 
Waleran  de  Schleiden  son  fief  d'Ouhar. 

141 1 ,  le  jour  de  Ste.-Gertude.  André  d'Ouhar  relève  de  l'abbé 
Henri  de  Visé  le  fief  d'Ouhar. 

143 1.  Henri  de  Hoitgney,  demeurant  à  Chéry,  relève  de 
l'abbé  Jean  Godescalc,  par  droit  de  mainplevie  à  l'égard  de 
damoiselle  Jeanne,  fille  d'André  d'Ouhar,  la  sixième  part  du 
plein  fief  d'Ouhar. 

1 43 1 ,  ier  mai.  Laurent  et  Jean,  fils  d'André  d'Ouhar,  re- 
lèvent du  même  chacun  un  sixième  du  fief,  par  le  décès  de  leur 
père. 

143 1,  6  mai.  Henroteau  de  Hoitgney  relève  du  même  un 
sixième  du  fief,  que  Jean  de  Tresonge  lui  a  vendu. 

1431,  le  jeudi  après  la  St-Remacle.  Louis  Jamet  relève  du 
même  un  sixième  du  fief,  lui  échu  par  droit  de  mainplevie  à 
L'égard  d'une  fille  d'André  d'Ouhar. 


—  207  — 

i4?4  (alias  1433,  le  jour  de  St. -Léonard).  Jean  de  Wagnée, 
mari  de  la  fille  d'André  d'Ouhar,  vend  à  Pirard  de  Lierneux, 
«  manant  à  Anthines  »,  pour  45  griffons,  le  sixième  du  fief  d'Ou- 
har lui  dévolu  par  droit  de  mainplevie. 

1434  (alias  1433,  le  jour  de  mai).  Henrotea  de  Hoitgnée 
donne  à  Pirard  de  Lierneux  deux  parts  du  fief  d'Ouhar,  en 
échange  d'une  rente  assignée  à  Lincé. 

1440,  le  jeudi  après  la  Laetare.  Pirard  d'Anthisnes  relève  de 
l'abbé  Henri  de  Mérode  les  cinq  parts  du  fief  d'Ouhar  qu'il  avait 
acquises  de  Henrotea  de  Hoignée,  Jean  de  Wagnée,  Laurent  et 
Jean,  hoirs  d'André  d'Ouhar,  assavoir  de  la  cour,  maison,  assise, 
jardins,  cortelages,  prés,  terres,  émoluments  et  le  patronage  de 
l'église  d'Ouhar. 

1445,  le  lendemain  de  St.-Thomas-de-Cantorbéri.  Pirard 
d'Anthisnes,  en  vertu  d'un  jugement  des  hommes  du  «  termes  » 
de  Logne,  admet  au  purgement  de  la  saisine  qu'il  avait  prise 
sur  une  partie  du  fief  d'Ouhar,  Louis  Jamet,  lequel  vend  audit 
Pirard  sa  part  du  fief. 

1460,  le  mercredi  après  la  St. -Mathieu.  Pirard,  avoué  d'An- 
thisnes, relève  de  l'abbé  Gaspar  Poncin  le  plein  fief  d'Ouhar, 
tour,  maison,  jardins,  cortils,  prés,  terres,  bois  et  patronage  de 
l'église  du  lieu,  jadis  acquis  des  hoirs  d'André  d'Ouhar. 

1480,  6  juin.  Adam  Corbeau  d'Anthisnes,  Jean  et  Thys 
d'Anthisnes,  ses  frères,  relèvent  tous  les  biens  que  feu  Pirard 
d'Anthisnes,  leur  père,  tenait  de  l'abbé  de  Stavelot,  savoir  le 
plein  fief  d'Ouhar  et  celui  de  Sart  au-dessus  de  Comblain. 

i5oi,  4  janvier.  Corbeau  d'Anthisnes  relève  de  l'abbé  Guil- 
laume de  Manderscheid  le  fief  d'Ouhar  et  ses  dépendances. 

i53o,  9  mars.  François,  fils  de  Corbeau  d'Anthisnes,  relève 
du  même  le  fief  d'Ouhar,  lui  dévolu  par  le  décès  de  son  père, 
et  paie  le  droit  de  mortemain.  Hommes  présents  :  Jean  de  Ho- 
dister,  châtelain  de  Logne,  etc. 

1548,  i3  novembre.  Corbeau  d'Anthisnes,  comme  mambour 
de  sa  mère,  veuve  de  François  d'Anthisnes,  relève  de  main  à 
bouche,  de  l'abbé  Christophe  de  Manderscheid,  tous  les  fiefs 
concédés  audit  François. 

i56i,  10  juin.  Adam  Corbeau  d'Anthisnes  relève  du  même 
le  plein  fief  d'Ouhar,  lui  dévolu  par  le  décès  de  François  Cor- 
beau d'Anthisnes,  son  père. 

1 5g3,  29  mars.  Vaillant  et  honoré  Florent,  voué  d'Anthisnes, 
relève  du   prince  Ernest  de   Bavière,  abbé  de  Stavelot,   le  fief 


—  208  — 

d'Ouhar  et  le  patronage  de  la  chapelle  du  lieu,  lui  dévolus  par 
le  décès  d'Adam  Corbel,  son  père.  —  Le  même  relève  de  main 
à  bouche  les  biens  qui  lui  appartiennent  du  chef  de  damoiselle 
Marguerite  Moreau,  sa  femme. 

1640,  18  avril.  Noble  et  vaillant  Godefroid  d'Anthisnes,  voué 
dudit  lieu,  représentant  feu  Florent  d'Anthisnes,  son  père,  et 
feu  François  d'Anthisnes,  chanoine  officiai  de  Liège,  son  frère, 
relève  du  prince  abbé  Ferdinand  de  Bavière  la  cour  d'Ouhar, 
contenant  48  à  5o  boniers,  tant  en  édifices  qu'autrement. 

1 658,  24  septembre.  Devant  la  cour  féodale  du  prince  abbé 
Maximilien- Henri  de  Bavière,  il  est  fait  exhibition  de  l'acte 
d'échange  suivant:  Le  27  octobre  1657,  très  noble  et  illustre 
seigneur  Jean-Isidore  baron  de  Moitrey,  en  qualité  de  mari 
de  noble  et  illustre  dame  Elisabeth  de  Fraipont,  reporte  en 
faveur  de  noble  seigneur  Laurent  de  Charneux  de  Maretz,  sei- 
gneur de  Dave  et  conseiller  de  S.  A.  S.  le  prince  de  Liège  en  son 
conseil  ordinaire,  «  la  maison,  courte,  grange,  estableries,  preids, 
terres,  paxhis,  trixhes,  bois,  hayes  avec  leurs  appartenances,  et 
telle  tiltre  de  viscomté  quy  at  esté  cy  devant  donné  par  Jean 
duc  de  Brabant  et  de  Lymborch  en  l'an  1282,  communément 
appellée  laditte  maison  le  franc  fieffé  d'Ouxhar,  relevant  de  la 
dignité  abbatiale  de  Stavelot,  libre  en  ceste  qualité  de  toutes 
tailles  et  dismes,  contenant  ledit  fief  40  à  4.0  ou  5o  bonniers  ou 
environ,  item  en  censal  environ  3o  bonniers,  et  ce  avec  tels 
prérogatives  et  préminence  que  l'on  l'at  tenus  et  cy  devant  pos- 
sédé et  selon  qu'il  est  reprins  dans  les  contracts  faits  d'entre  la 
susditte  dame  noble  et  illustre  seigneur  Conrard  de  Crisgnée, 
seigneur  du  Sart  et  Poulseur,  viscomté  et  hault  voué  d'Anthines, 
les  R.  PP.  Jésuistes  de  Liège  et  le  seigneur  Jean  Baptiste  de 
Nuvolara.  mayeur  de  la  cour  féodalle  de  S.  A.  S.  de  Liège, 
iceux  arrivés  l'an  1  (55 1  au  mois  de  jullet.  »  En  échange,  le  sei- 
gneur de  Charneux  donne  60  muids  3  setiers  de  rentes  foncières, 
prend  à  sa  charge  200  florins  Bb.  de  rente  transportés  par  la 
susdite  dame  au  sieur  Radoux,  maître  de  l'Aigle  noir  en  Férons- 
trée  à  Liège,  et  donne  quittance  de  tout  ce  qui  est  dû  par  lesdits 
seigneur  et  dame. 

1671,  25  septembre.  Laurent  de  Charneux  relève  de  main 
à  bouche,  du  prince  abbé  François-Egon  de  Furstenberg,  le  fief 
d'Ouhar. 

1684,  21  avril.  Isabelle  de  Courtejoie,  douairière  de  Laurent 
de  Charneux,  relève  de  main  à  bouche,  du  prince  abbé  Guil- 
laume-Egon  de  Furstenberg,  par  l'intermédiaire  de  son  fils 
Arnold- Laurent  de  Charneux,  seigneur  d'Ouhar. 


-  209  — 

i6g6,  9  avril.  Arnold-Laurent  de  Charneux  fait  relief. 

1705,  10  mars.  Le  même  relève  de  main  à  bouche  du  duc 
François- Antoine  de  Lorraine,  administrateur  de  l'abbaye  de 
Stavelot. 

1717,  14  avril.  Herman-Denis  de  Charneux  d'Ouhar,  fils 
aîné,  relève  en  propriété  de  Jean- Ernest  comte  de  Lowenstein, 
administrateur  de  l'abbaye. 

1732,  12  mars.  Noble  seigneur  Herman-Denis  de  Charneux 
d'Ouhar  relève  de  main  à  bouche  de  Nicolas  de  Massin,  abbé 
de  Stavelot. 

1750,  22  juillet.  Marie-Isabelle-Julienne  de  Charneux,  tant 
pour  elle  que  pour  ses  consors,  relève  de  l'abbé  prince  de  Stave- 
lot, Joseph  de  Nollet. 

1768,  7  juillet.  Jean-Charles  baron  de  Waha,  en  qualité 
d'époux  de  Marie-Charlotte-Josèphe-Julienne  de  Charneux,  re- 
lève de  main  à  bouche  du  prince  abbé  Jacques  de  Hubin. 

Anciennes  copies  ;  registres  de  la  cour  féodale  de  Sta- 
velot, aux  archives  de  l'Etat,  à  Liège. 

VII. 

Sommaire  des  actes  concernant  les  dommages  éprouvés  par  la 
communauté  d'Anthisnes  pendant  les  guerres  de  Louis  XIV. 

1674,  22  février.  Philippe-Emmanuel  Francken,  conseiller 
du  roi,  surintendant  de  la  province  de  Namur,  ordonne  «  à  la 
maison  d'Ouhar  et  la  censé  y  contiguè'  »,  appartenant  à  M.  de 
Charneux,  de  fournir  dans  les  huit  jours,  à  Namur,  3oo  rations 
de  fourrage,  composées  chacune  de  20  livres  de  foin,  8  livres  de 
paille  et  3  picotins  d'avoine.  —  Au  bas,  un  reçu  du  6  avril  1674, 
constatant  le  payement  de  io5  (sic)  florins  Bb.  pour  les  3oo 
rations,  à  raison  de  10  sous  chacune. 

1674,  mars-avril.  De  Charneux,  fils,  va  traiter  avec  l'inten- 
dant Francken,  au  sujet  des  rations  imposées  au  village  d'An- 
thisnes, et  séjourne  dix  jours  à  Namur  avec  chevaux  et  valet. 

1674,  24  décembre.  Ledit  Francken  ayant  sommé  la  com- 
munauté d'Anthisnes  de  livrer  3, 000  rations  de  10  sous  chacune, 
sous  peine  d'exécution,  et  le  colonel  de  Maisière,  chef  d'un  régi- 
ment d'infanterie  au  service  de  S.  M.  C,  ayant  obtenu  qu'il  se 
contenterait  de  i,3oo  florins  pour  Anthisnes  et  de  i5o  pour 
Ouhar,  la  communauté  emprunte  cette  somme  à  l'abbaye  de 


—  210  — 

Saint- Laurent  (DARIS,  Notice  sur  V abbaye  de  Saint- Laurent, 
mais  inexactement  avec  i3,ooo  au  lieu  de  i,3oo). 

1675,  21  janvier,  à  Huy.  Le  comte  de  Chavagnac,  lieutenant 
général  des  armées  de  S.  M.  I.  et  commandant  ses  troupes  dans 
le  pays  de  Liège,  ordonne  «  au  gentilhomme  »  du  château  d'Ou- 
har  d'v  loger  un  sergent  avec  vingt  cavaliers  du  régiment  de 
Dunewald,  de  la  compagnie  du  capitaine  de  Herckenrode.  — 
On  est  obligé,  pour  se  racheter,  de  donner  cent  écus. 

1676,  8  et  20  avril.  Deux  quittances  du  receveur  des  contri- 
butions de  S.  M.  à  Namur,  qui  reconnaît  avoir  reçu  du  village 
d'Anthisnes  599  florins  7  sous,  pour  les  rations  de  la  présente  année. 

1676,  novembre.  Le  conseiller  de  Charneux  va  à  Namur, 
pour  traiter  avec  l'intendant  au  sujet  de  1 ,800  rations,  qui,  par 
son  entremise,  sont  réduites  à  800  et  à  25  sous  de  Liège  par 
ration.  —  3  novembre,  quittance  de  800  rations  de  foin  et  800 
rations  d'avoine  imposées  au  village  d'Anthisnes. 

1677,  2  février,  à  Namur.  Reçu  de  M.  de  Charneux  20  pata- 
cons  en  acquit  d'une  reconnaissance  faite  par  le  village  d'An- 
thisnes. (signé)  Rodrycquez. 

1677,  à  la  Pentecôte.  Un  parti  de  80  soldats  voulant  «  forcer  » 
à  Ouhar,  on  a  été  obligé  de  donner  au  commandant  6  pistoles 
et  de  rafraîchir  sa  troupe. 

1677.  Le  capitaine  Philippin  se  rafraîchit  à  Ouhar  avec 
3o  dragons. 

1677,  septembre.  Le  conseiller  de  Charneux  se  rend  à  Na- 
mur et  obtient  que  l'on  retire  une  demande  de  chariots. 

1677,  24  septembre.  Reçu  de  Mme  de  Charneux  5o  patacons 
à  faire  tenir  à  M.  de  Consbruck,  intendant  des  troupes  (brande- 
bourgeoises)  de  Reckheim,  pour  ce  qui  est  demandé  au  village 
d'Anthisnes.  (signé)  Jean  Prion. 

Sans  date.  Le  conseiller  de  Charneux  va  deux  fois  d'Ouhar 
à  Liège,  d'où  il  rapporte  des  présents  destinés  au  comte  de 
Salzbourg,  à  Ouffet,  pour  éviter  l'exécution. 

1678,  18  mai.  Les  soussignés  promettent  d'indemniser  le 
village  d'Anthisnes  des  contributions  qui  lui  ont  été  demandées 
par  l'intendant  (français)  de  Maestricht  pour  l'année  précédente, 
ou  de  lui  faire  rendre  les  5oo  florins  qu'ils  en  ont  reçu  pour  faire 
un  présent  à  M.  de  Calvo.  (signé)  J.  E.  de  Coudenhove  baron 
de  Fraiture,  J.  Woot  de  Trixhe  de  Tinlot. 

1678,  3  octobre,  au  camp  de  Huy.  Sauvegarde  pour  le  châ- 
teau d'Ouhar,  donnée  par  le  maréchal  de  Montmorency,  duc  de 
Luxembourg. 


—  211   — 

1678.  Le  duc  de  Luxembourg  ayant  son  camp  à  Huy,  un 
parti  de  3o  fantassins  qui  ramenait  dus  voleurs,  a  dû  être  ra- 
fraîchi  à  Ouhar. 

[678,  novembre.  Le  colonel  Lestang,  par  ordre  du  général 
La  Motte,  ayant  été  prendre  les  avoines  dans  les  maisons  du 
voue  et  de  Pouxhon,  a  fait  enlever  à  Ouhar  80  muids  de  grains 
et  quantité  de  provisions,  le  tout  valant  de  i,3oo  à  1,400  florins. 

1679,  21  avril.  Le  lieutenant-colonel  La  Forette  ayant  de- 
mande à  la  communauté  d'Anthisnes  le  demi-mois  courant  du 
quartier  d'hiver,  elle  emprunte  624  florins  à  l'abbaye  de  Saint- 
Laurent  (DARIS,  Notice  sur  V abbaye  de  Saint- Laurent). 

1679,  26  juin.  De  par  le  roi,  Jean  Renepont,  seigneur  de 
Vicq,  commissaire  ordinaire  des  guerres,  ordonne  à  la  commu- 
nauté d'Anthisnes,  non  compris  Ouhar,  de  payer  56  sols  3  de- 
niers de  France  par  jour,  à  compter  du  7  de  ce  mois,  pour  la 
subsistance  de  la  compagnie  du  mestre  de  camp  du  régiment  de 
Montai,  logée  à  Rochefort,  sous  peine  de  logement  de  ladite 
compagnie. 

1679,  22  octobre,  à  Liège.  Les  soussignés  promettent  de 
compter  au  sieur  de  La  Haye  5oo  florins  pour  la  taxation  du 
village  d'Anthisnes,  à  cause  des  1,200  écus  demandés  au  Con- 
droz  par  l'intendant,  (signé)  L.  de  Charneux,  J.-B.  de  Nivolar. 
—  Suit  un  reçu  du  9  novembre,  constatant  le  payement  de  5oo 
florins. 

1681,  17  décembre.  Sommation  au  seigneur  d'Anthisnes  de 
comparaître  par-devant  la  Chambre  royale,  à  Metz,  pour  y  en- 
tendre déclarer  la  commise  de  son  fief,  faute  d'avoir  fait  hom- 
mage au  roi. 

1688,  7  novembre.  Daniel-François  Voisin,  intendant  de  jus- 
tice, police  et  finances  en  Hainaut,  dans  l'Entre-Sambre-et- 
Meuse  et  le  pays  d'Outre-Meuse,  fait  savoir  que  S.  M.  ayant 
trouvé  à  propos  de  mettre  une  partie  de  sa  cavalerie  dans  les 
places,  au  lieu  de  la  faire  subsister  dans  les  villages,  il  a  été  tait 
une  imposition  de  fourrage  dans  laquelle  le  village  d'Anthisnes 
livrera  au  sieur  Corbière  à  Dinant,  pour  le  2  5  de  ce  mois, 
816  rations  de  fourrage,  comprenant  chacune  17  livres  de  foin, 
2/3  de  boisseau  d'avoine  et  7  livres  de  paille,  faute  de  quoi  la 
cavalerie  sera  obligée  d'en  aller  prendre. 

1689,  2  5  mai.  Notification  de  Jean  Mahieu,  au  service  du 
roi  dans  la  province  de  Luxembourg  :  Les  habitants  du  Condroz 
ayant  représenté  qu'ils  avaient  été  seuls  imposés  pour  les  rations 
livrables  à  Dinant  et  à  Marche,  ceux  d'Anthisnes  et  d'Ouhar 

13 


—  212  — 

sont  taxés,  pour  le  reste  de  l'année,  à  526  livres  de  France  qu'ils 
payeront  au  trésorier  général  de  l'extraordinaire  de  la  guerre  à 
Marche,  moitié  avant  le  i5  juin,  moitié  avant  le  i5  juillet,  sous 
peine  d'exécution.  Le  clergé  et  la  noblesse  contribueront  à  cette 
imposition,  mais  les  biens  des  nobles  et  officiers  servant  dans 
l'armée  de  S.  M.  ne  seront  pas  taxés. 

1689,  2  septembre.  Jean  Mahieu,  etc.,  ordonne  aux  habitants 
d'Anthisnes  de  verser  entre  les  mains  du  trésorier  général  de 
l'extraordinaire  de  la  guerre,  à  Arlon,  la  somme  de  64  livres  de 
France  à  laquelle  ils  ont  été  taxés  dans  la  répartition  des  4,700 
livres  diminuées  à  la  ville  de  Visé. 

1689,  Ier  novembre.  Daniel-François  Voisin,  etc.  Le  village 
d'Anthisnes,  hormis  les  biens  de  Mr  de  Tilleur  et  de  Mme  de 
Woest  taxés  séparément,  étant  imposé  à  800  rations  de  four- 
rage pour  la  subsistance  des  troupes  de  S.  M.  pendant  l'hiver, 
il  est  ordonné  aux  habitants  de  les  livrer  dans  les  quinze  jours 
au  sieur  Corbière,  à  Dinant,  sous  peine,  etc.  —  Au  bas  :  Notez 
que  pour  ces  rations  on  a  vendu  «  la  raspe  »  du  bois  de  To- 
lumont. 

1690,  12  janvier.  Jean  Mahieu,  etc.  Le  roi  ayant  ordonné 
d'imposer  100,000  livres  sur  le  pays  de  Liège  en  deçà  de  la  Meuse, 
pour  la  contribution  de  l'année  présente,  Anthisnes  et  Ouhar 
sont  taxés  à  459  livres  de  France,  qui  seront  payées  à  Luxem- 
bourg, moitié  avant  la  fin  du  présent  mois,  moitié  avant  celle 
de  février.  Les  biens  du  clergé  et  de  la  noblesse  seront  compris 
dans  la  répartition,  mais  non  ceux  des  nobles  et  officiers  au  ser- 
vice de  S.  M.  ni  ceux  de  M.  de  Tilleur,  ces  derniers  étant  taxés 
séparément. 

1690,  19  janvier.  Laissez-passer  donné  par  M.  de  Cadolle, 
gouverneur  des  ville,  château  et  comté  de  La  Roche,  pour 
M.  de  Charneux  allant  à  Luxembourg. 

1691,  12  janvier.  Même  mandement  qu'en  1690,  sauf  qu'il 
n'est  plus  question  des  biens  de  M.  de  Tilleur. 

1692,  ier  février.  Jean  Mahieu,  etc.  Le  duc  de  Juliers  ayant 
demandé  la  contribution  aux  habitants  du  Luxembourg,  quoi- 
qu'ils la  payent  à  Aix-la-Chapelle  ensuite  du  mandement  de 
M.  de  Brandebourg,  et  S.  M.  ne  voulant  pas  que  ses  sujets 
soient  chargés  d'une  double  imposition,  tandis  que  les  ennemis 
n'en  payeraient  qu'une  seule,  le  village  d'Anthisnes  est  imposé  par 
représailles  à  une  double  contribution,  c'est-à-dire  à  459  livres, 
outre  pareille  somme  qu'il  doit  acquitter  suivant  l'imposition 
du  icr  janvier  dernier  (mandement  rapporté  ?). 


—  213  - 

1693,  io  avril.  De  par  le  roi,  imposition  de  100,000  livres 
(comme  en  1690).  Anthisnes,  hormis  les  biens  de  la  baronne 
de  Woest,  est  taxé  à  465  livres  de  France  payables  à  Luxem- 
bourg. Le  clergé  et  la  noblesse  seront  taxés  sur  le  même  pied 
que  le  tiers  état;  les  nobles  ou  officiers  au  service  de  S.  M.  sont 
exceptés. 

1693,  4  juillet.  De  par  S.  A.  (le  prince  de  Liège),  ordre  à  la 
communauté  d'Anthisnes  de  fournir  dans  les  quinze  jours,  au 
magasin  de  Liège,  958  1/2  rations  de  16  livres  de  foin,  avec  le 
reste  de  ce  qui  peut  être  dû,  sous  peine  d'exécution. 

1693,  20  août.  De  par  S.  A.,  ordre  à  la  communauté  d'An- 
thisnes de  fournir  dans  les  quatre  jours,  au  magasin  de  Liège, 
900  rations  composées  chacune  de  20  livres  de  foin  et  d'une 
quarte  d'avoine,  à  peine,  etc.  (signé)  Le  comte  de  T'Serclaes 
de  Tilli. 

1693,  29  août.  De  par  S.  A.,  ordre  à  la  communauté  d'An- 
thisnes de  fournir  dans  les  quinze  jours,  au  magasin  de  Liège, 
958  1/2  rations  d'avoine,  dont  cinq  au  setier,  avec  9  livres  de 
paille  par  ration. 

1693,  5  octobre,  au  camp  d'Avin.  Jacques-Louis  Le  Marié, 
intendant  de  l'armée  de  la  Moselle  commandée  par  le  maréchal 
de  BoufBers,  notifie  aux  habitants  de  Vilhain  Vien  et  d'An- 
thisnes qu'ils  aient  à  livrer  journellement  au  camp  d'Avin 
25o  rations,  composées  chacune  de  20  livres  de  foin,  5  de  paille 
et  2/3  de  boisseau  d'avoine,  sous  peine  d'être  fourrages. 

1694,  24  janvier.  De  par  le  roi,  etc.  Mandement  conforme  à 
celui  de  1693,  avec  exemption  de  la  taxe  pour  les  Chartreux. 

1694,  29  avril.  De  par  le  roi,  ordre  aux  habitants  d'Anthisnes 
de  payer,  avant  le  i5  mai,  38  rations  de  fourrage  au  marquis 
d'Alègre,  maréchal  de  camp  à  Sedan.  —  Au  bas  :  Notez  que  les 
rations  se  sont  payées  25  sols  de  France  chacune. 

1695,  17  octobre,  à  Vilhain.  Obligation  de  fournir  au  baron 
de  la  Neufville  80  écus  en  quinze  jours,  pour  les  rations  à  livrer 
par  Anthisnes  au  camp  du  marquis  de  Harcourt,  à  Fronville. 
(signé)  A.  L.  de  Charneux. 

1696,  10  janvier.  De  par  le  roi,  etc.  Mandement  conforme 
à  celui  de  1694,  sauf  que  la  taxe  d'Anthisnes  est  de  455  livres  de 
France. 

1696,  4  septembre.  Camille  d'Hostun,  comte  de  Tallard, 
lieutenant  général  des  armées  du  roi,  ordonne  aux  habitants 
d'Anthisnes  de  fournir  au  camp  du  Rond-Chêne,  le  7  du  présent 
mois,  quatre  (lhe\  400)  rations  de  fourrage,  composées  chacune 


—  214  — 

de  20  livres  de  foin,  1/2  boisseau  d'avoine  et  5  livres  de  paille, 
sous  peine  d'exécution  militaire.  —  Au  bas  :  Le  mayeur  d'An- 
thisnes  viendra  payer  dans  trois  jours  400  rations,  au  prix  de 
14  sols  6  deniers  de  France  chacune. 

1696,  6  novembre,  à  Dinant.  Louis  comte  de  Guiscard,  lieu- 
tenant général  commandant  les  troupes  de  S.  M.  dans  les  places 
et  pays  d'Entre-Sambre-et-Meuse,  gouverneur  de  Sedan,  ordonne 
au  mayeur  d'Anthisnes  de  se  rendre  à  Dinant,  pour  y  convenir 
du  payement  des  rations. 

1702,  20  juin,  à  Liège.  Albert-Octave  prince  de  T'Serclaes 
de  Tilly,  mestre  de  camp  général  des  armées  de  S.  M.  aux  Pays- 
Bas,  commandant  les  troupes  du  cercle  de  Bourgogne  sous  les 
ordres  de  S.  A.  E.  de  Cologne  dans  son  pays  de  Liège,  ordonne 
aux  habitants  d'Anthisnes  et  de  Plainevaux  de  fournir  chaque 
jour,  à  dater  du  ier  du  présent  mois  et  ce  de  dix  en  dix  jours, 
6  rations  de  fourrage  composées  chacune  de  80  livres  d'herbe 
ou  1  5  livres  de  foin  et  d'un-demi  boisseau  d'avoine,  mesure  de 
Paris,  en  remplacement  desquelles  il  sera  pourvu  en  espèces  ou 
à  raison  de  1  1/2  escalin,  à  peine  d'être  fourrages  et  exécutés 
militairement. 

1702,  26  juin,  à  Maestricht.  De  par  les  états  généraux  des 
Provinces-Unies,  leurs  Hautes  Puissances  ne  voulant  pas  user 
du  droit  de  guerre  contre  le  pays  de  Liège,  quoique  occupé  par 
les  ennemis  sous  le  nom  de  troupes  du  cercle  de  Bourgogne, 
mais  considérant  que  ledit  pays  a  été  mis  sous  le  joug  de  la 
France  contre  le  gré  des  états,  déclarent  en  regarder  les  habi- 
tants comme  amis  et,  ne  doutant  pas  qu'ils  ne  soient  bien  aises 
de  contribuer  à  leur  délivrance  par  un  subside  proportionné  aux 
exactions  qu'on  a  déjà  faites  et  qu'on  continue  de  faire  dans  leur 
pays,  leur  ordonnent  de  payer,  sans  exception,  la  moitié  des 
10  tailles  qu'ils  seront  obligés  de  fournir  par  mois,  sous  peine 
d'exécution  militaire.  —  Au  dos  :  Le  présent  mandement  a  été 
intimé  à  ceux  d'Anthisnes  le  29  juin  1702. 

1704,  26  novembre,  à  Liège.  Louis  comte  de  Noyelle,  géné- 
ral commandant  l'infanterie  des  Provinces-Unies  et  les  troupes 
de  leurs  Hautes  Puissances  sur  la  Meuse,  ordonne  aux  commu- 
nautés de  Seraing,  Ougrée,  Angleur,  Plainevaux,  Anthisnes, 
Neufville  en  Condroz  de  fournir  les  feux,  chandelles  et  pailles 
nécessaires  à  la  garnison  de  Kinkempois.  La  répartition  se  fera 
par  les  intéressés  le  3  du  mois  prochain,  à  10  heures  du  matin, 
à  la  maison  du  sieur  de  Pain  et  vin  (sic  pour  Pennevin),  en 
Vinàve-d'Ile. 


215  — 


VIII. 

Liste  des  tailles  assises  par  la  communauté  d'Anthisnes  pour 
subvenir  aux  contributions  et  aux  rations  imposées  à  ce 
village  pendant  la  guerre  de  la  ligue  d'Augsbourg. 

L'an  1688  on  a  demandé  (au  Condroz  et  au  pays 
de  Franchimont  ?)  5o,ooo  lib.,  hors  quels  pour  la 
parte  d'Anthine  526  lib.,  qui  font  monnoye  de  Liège, 
y  compris  les  20es  par  fl.,  la  somme  de      .     .     .     .     fl.    737-  2 

L'an  1690  on  a  demandé  à  Anthine  459  lib.,  qui 
font  en  monnoye  de  Liège,  y  compris  les  2oespar  fl.     fl.     642- 
1 69 1 ,  encor  459  lib.,  monnoye  de  Liège  .     .     .     .     fl.     642- 

1692 fl.  642- 

1693 fl.  642- 

1694 fl.  642- 

1695 fl.  642- 

1696,  455  lib.,  en  monnoye  de  Liège,  y  compris  les 

deux  2oes fl.    668- 

1697 fl-    668~ 


Liste  des  tailles  assises  pour  l'imposition  des  5o,ooo  lib.  et 
la  contribution  : 


1688, 

le 

8e  octobre, 

2 

1689, 

le 

14e  jullet, 

6 

1690, 

le 

3e  février, 

6 

t6qi  , 

le 

6e  février. 

8 

1692, 

le 

9e  janvier, 

0 

1692, 

le 

24   février, 

8 

i6g3, 

le 

20e  avril, 

8 

1695, 

le 

17    février, 

10 

1696,  le  i3    février,      8 

1697,  le    5    avril,         8  l/2 


tailles fl.  168 

tailles fl.  546 

tailles fl.  604 

tailles fl.  672 

tailles fl.  756 

tailles fl.  672 

tailles fl.  672 

tailles,  tant  pour  contri- 
bution qu'au  sujet  des 

vaches fl.  840 

tailles fl.  672 

tailles  pour  la  contribu- 

tiondelaprésenteannée.  fl.  714 


Tailles    73  1/2 


Fl.  6,216 


—  216  — 
Les  rations  de  la  France  : 

1688,  on  a  demandé  à  Anthine rations  816 

1689 »  544 

1690 »  800 

1 69 1 »  800 

1692 »  800 

1693 »  800 

1694 »  800 

1695 »  800 

1696 »  800 

Rations  6,960 

Liste  des  tailles  assises  pour  fournir  les  rations  demandées 
par  la  France  à  Anthine  : 

1689,  le  6e  avril,  1        taille  pour  la  troi- 

sième disaine  fl.       84 

1689,  au  commencement 

du  juin  dernier,  7  tailles  pour  fournir 
aux  rations  de  Di- 
nand fi.     588 

1690,  le  29  décembre,    9  12  tailles fl.     798 

1692,  le  24  janvier,       i3       tailles fl.  1092 

1692,  le  28  mars,  10       tailles fl.     823 

1693,  le  18  décembre,  10       tailles fl.     802 

1694,1e  14  décembre,  16       tailles fl.  1343-12  1/2 

1696,  le  3  [  janvier,       14  1/2  tailles fl.  1 186-      3/4 

1696,  le  8e  décembre,  i3       tailles fl.  1092 

Tailles    94  Fl.  7,808-1 3  i/4 

Le  i5  may  1694,  une  taille  pour  subvenir  aux  38  ra- 
tions demandées  par  le  marquis  d'Alaigre fl.    84 

Le  16  septembre  1696,  six  tailles  pour  subvenir  aux 
400  rations  demandées  par  le  comte  Talar fl.  504 

Fl.  588 


—  217  — 

Son  altesse  notre  prince  a  demandé  au  vil- 
lage d'Anthine,  par  an,  la  somme  de      .     .     .     rations     958  1/2 

Les  petits  manans  en  ont  payé  fort  peu  et  pour  ce  sujet  ils 
ont  souffert  plusieurs  exécutions,  ce  pourquoy  ils  ont  assis  plu- 
sieurs tailles. 

Liste  des  tailles  assises  pour  lesdittes  rations  : 

1690,  le  8e  octobre,  3  tailles  poursubveniraux 

rations fl.    280-16 

1691,  le  6e  février,  3  tailles  tirées  d'onze  .      .     fl.     280-16 
1 6 9 1 ,  1  e  4e  avril,  2  tailles  pour  Henri  Faloise    fl.     184-14 

1 69 1 ,  le  12  septembre,      3  tailles fl.  280-16 

1692,  le  ier  octobre,          8  tailles fl.  750 

1693,  le  i5  décembre,        3  tailles fl.  277-19 

Encor  du  même  jour,  3  tailles fl.  277-19 

1693,  le  18  décembre,       6  tailles fl.     557 

1696,  le  i3  février,  10  tailles fl.    867 

1696,  le  4    may,  2  taillespoursubveniraux 

frais  de  Jean  Elocq,  à 
présent  Jean  Le  Char- 
lier,  prisonnier.     .     .     fl.     184-14 

Tailles  43  Fl.  3,941-14 

Le  général  de  Liége.a  demandé  à  Anthine  .  rations     958  1/2 
Tailles  assises  pour  les  rations  du  général  de  Liège  : 

1693,  le  u  novembre,  5  tailles fl.     462-  2  l/2 

1693,  le  1 5  décembre,   3  tailles fl.    277-19 

Tailles  ~8~  Fl.    740-   1  1/2 

Son  altesse  a  demandé  5o  tailles  portantes  par  an  au  village 
d'Anthine fl.  45o 

Tailles  pour  fournir  aux  5o  tailles  demandées  par  son  altesse 
notre  prince  : 
1690,  le  17  may,     5  1/4  tailles fl.     5o2-  4:^/4 

1692,  le  2e   aoust,  5        tailles fl.    463 

1693,  le  25  juin,     6       tailles fl.    558-n 

Tailles   16  1/4  Fl.  1, 5 2 3- 1 5  3/4 


—  218  — 

1689,  le  10  janvier, 
2        tailles  pour  fournir  à  la  demande  de  La 

Neuville fi.     184-14 

1691 ,  le  9e  octobre, 
2        tailles  pour  satisfaire  aux  fraix  à  faire  dans 

cette  présente  conjuncture  de  guerre    .  fi.     190-14  3/4 

1691 ,  le  12  décembre, 
2        tailles  pour  satisfaire  à  la  demande  faite 

par  la  garnison  de  TilfB fi.     184-14 

1694,  le  8e  aoust, 

6  4/2  tailles    pour    la    sauvegarde    du    duc   de 

Luxembourg fi.     546 

1694,  le  8e  novembre, 

5  tailles  pour  subvenir  aux  frais  de  la  garni- 
son de  chez  madame  la  baronne  de  Woost 
et  livrement  des  foins  et  aveine  au  camp 
de  Nandren fi.    469 

1695,  le  4e  novembre, 

7  tailles  pour  les  rations  de  Fronville     .     .     A.     588 

1696,  le  7e  de  l'an, 

2  i/2  tailles   pour    subvenir   au    logement    des 

hussar fi.     219 

1696,  le  3  1  janvier, 
1        taille  pour  les  palissades  du  fourneau  le  Ron     fi.       93 

28       Tailles.  FI.  2,475-  2  3/4 

Tailles  assises  pour  l'élu  : 
1690,  le  25  avril, 
4       tailles  pour  subvenir  au  soldat  demandé  par 

S.  A.  et  autres  nécessités  urgentes      ...     A.  386-  6 
1690,  le  ier  septembre, 
4/2  taille  pour  Elocq  en  qualité  d'élu  ....     fi.    48-16  4/4 

1690,  le  29  décembre, 

1  taille  collectée  à  deux  fois  pour  Jean  Elocq  élu.     fi.     96-  7  1/2 

1691,  le  20e  may, 

2  i/2  tailles  pour  subvenir  tant  à  l'élu  qu'autres 

nécessités fi.  219-  o  iji 

1692,  le  8e  février, 

1/2  taille  pour  Elocq  élu fi.    48-164/4 

8  1/2  Tailles.  FI.  799-  6  i/4 

Lesquelles  tailles  les  gentilshommes  n'y  sont  pas  obligez. 


—  219  — 

1692,  le  1 1  juin, 

2  1  i  tailles  pour  plusieurs  sujets ri.     209-15  4/2 

1693,  le  25  février, 

1  taille  pour  despens  des  parties  ....     ri.       93-14 

1693,  le  26  mars, 

2  tailles  pour  fraix  des  parties fl.      184-14 

1693,  le  9e  septembre, 
2       tailles  pour  les  parties M.     184-14 

1693,  le  29  octobre, 

4       tailles  pour  les  parties ri.     372-   5 

1694,  le  26  février, 

4       tailles  pour  les  parties fl.     372-  5 

1694,  le  26  avril, 

4  tailles  pour  les  parties fl.     372-  5 

1695,  le  20  may, 

5  tailles  pour  les  parties fl.     469-  61/2 

1697,  le  5  avril, 
5        tailles  pour  parties fl.     492-16  i/4 

29  1/4  Tailles.  Fl.  2,751-1 5  4/4 

Notez:    1689,  le   17  février,  1  1/2  taille  pour  mener  les  ba- 
gages des  François  de  Huy  à  Dinant fl.  219-0  1/4 


LE   PEINTRE  JEAN 


Le  peintre  Jean,  qui,  à  la  fin  du  Xe  siècle  et  au  com- 
mencement du  XIe,  orna  de  ses  œuvres  les  églises  de  Liège 
et  d'Aix-la-Chapelle,  est  le  plus  ancien  artiste  du  pinceau 
qui  soit  connu  dans  les  annales  de  la  Belgique.  Son  nom 
ouvre,  si  je  puis  ainsi  parler,  l'histoire  de  notre  école  de 
peinture,  et,  à  ce  seul  point  de  vue,  il  mérite  d'être  tiré 
de  l'oubli. 

Bien  que  peu  connue,  l'histoire  du  peintre  Jean  semble, 
à  première  vue,  des  mieux  établies.  Elle  nous  est  fournie 
par  des  documents  qui  pourraient,  avec  un  peu  de  bonne 
volonté,  être  tenus  pour  contemporains  :  la  vie  de  Bal- 
déric  II,  évêque  de  Liège  (1),  et  l'épitaphe  de  Jean  lui- 
même,  dans  l'église  Saint-Jacques  de  Liège  (2).  Si  l'on  n'y 
regardait  pas  de  très  près,  on  pourrait  croire  que  ces  docu- 
ments constituent  deux  témoignages  indépendants  l'un  de 
l'autre  et  se  corroborant  mutuellement. 

Il  n'en  est  rien.  En  réalité,  nous  n'avons  qu'un  seul 
témoignage,  qui  est  le  Vita  Balderici,  et  l'épitaphe  a  été 
rédigée  postérieurement,  d'après  les  renseignements  four- 
nis par  ce  texte.  C'est  ce  qu'il  est  aisé  de  démontrer.  Les 
données  du  Vita  sont  originales,  précises,  détaillées,  nom- 

(i)  Vita  Balderici  episcopi  Leodiensis,  dans  Monumenta  Ger- 
maniae  historica,  Scriptores,  t.  IV,  pp.  724-738.  Les  parties  de  cette 
vie  qui  concernent  le  peintre  Jean  sont  les  chapitres  i3-20,  pp.  729- 
732. 

(2)  Dans  Gillks  d'Orval  (MGH.,  t.  XXV),  1.  1 1,  61,  p.  65. 


—  221  — 

breuscs;  celles  de  Pépitaphe  sont  vagues,  ne  contiennent 
rien  qui  ne  soit  dans  le  Vita,  ne  donnent  qu'un  abrégé  de- 
ce  qu'il  y  a  dans  celui-ci  et  ne  le  reproduisent  pas  sans 
inexactitude. 

Nous  allons  fournir  la  preuve  de  ces  assertions. 

Selon  le  Vita,  Jean  est  un  peintre  italien  de  grand  mé- 
rite, que  l'empereur  Otton  III,  désireux  d'orner  l'église 
d'Aix-la-Chapelle  encore  sans  peintures,  a  fait  venir  d'au 
delà  des  Alpes.  Jean  obéit,  et  exécuta  de  beaux  travaux 
dans  le  sanctuaire  de  Charlemagne.  Pour  le  récompenser, 
l'empereur  lui  donna  un  siège  épiscopal  alors  vacant  en 
Italie.  Jean  était  en  route  pour  aller  en  prendre  possession, 
lorsqu'il  reçut  un  message  par  lequel  le  duc  du  pays  l'in- 
formait qu'il  avait  à  épouser  sa  fille  s'il  voulait  être  re- 
connu. Alors  Jean  revint  tristement  près  de  l'empereur,  qui 
l'aimait  comme  lui-même,  qui  lui  donna  une  des  premières 
places  à  sa  cour  et  qui  prêta  volontiers  l'oreille  à  ses  exhor- 
tations. Jean  lui  conseillait  la  justice,  la  douceur  envers  ses 
sujets,  le  zèle  pour  les  affaires  publiques,  et  souvent,  à  sa 
voix,  le  caractère  impétueux  de  l'empereur  se  modéra. 
Finalement,  craignant  qu'à  cause  de  ses  nombreuses  occu- 
pations il  ne  fût  exposé  à  laisser  l'homme  de  Dieu  man- 
quer de  quelque  chose  à  sa  cour  (i),  l'empereur  le  recom- 
manda à  l'évêque  de  Liège.  Celui-ci  servit  de  Mécène  au 
pauvre  exilé,  qui  devint  son  ami  et  son  conseiller.  Jean 
consola  l'évêque  de  sa  cruelle  défaite  de  Hougaerde,  dont 
Baldéric  ne  pouvait  pas  évoquer  le  souvenir  sans  larmes; 
il  lui  conseilla  de  bâtir  le  monastère  de  Saint-Jacques  en 
expiation  du  sang  versé.  L'évêque  obéit,  et  cette  célèbre 
abbaye  dut  ainsi  son  origine  au  conseil  du  pieux  artiste 
italien,  qui  l'orna  de  ses  peintures  et  qui  y  trouva  son  tom- 
beau. Les  fondements  de  l'église  furent  jetés  le  25  avril 
1016,  et  la  crypte,  dédiée  à  saint  André,  fut  consacrée  le 
7  septembre  de  la  même  année.  Jean  y  assista,  et  c'est 
la  dernière  mention  que   fasse   de   lui   le   Vita  Baldenci. 

(1)  «  Ne  ergo  vir  tantus  oh  varias  occup.itioncs  intra  curiam  suam 
»  aliquam  sustineret  penuriam.  cumdem  episcopo  nostro  commenda 
»  vit.  »  Vita  Balderici  (MGH.,  t.  IV),  c,  14,  p.  y3o. 


—  222  — 

L'évêque  mourut  le  29  juillet  1018  (1),  et  l'on  ne  sait  pas 
si  Jean  le  précéda  ou  le  suivit  dans  la  tombe. 

Voilà  ce  que  raconte  le  Vita  Balderici.  A  cet  exposé, 
l'épitaphe  conservée  par  Gilles  d'Orval  a  emprunté  trois 
traits,  et  les  donne  dans  l'ordre  où  elle  les  a  trouvés  chez 
le  biographe  :  a)  Jean  est  un  évêque  italien  chassé  de  son 
diocèse  ;  b)  il  a  exécuté  des  peintures  à  Aix-la-Chapelle  ; 
c)  il  a  conseillé  à  Baldéric  de  fonder  l'abbaye  de  Saint- 
Jacques.  La  relation  de  dépendance  entre  l'épitaphe  et  le 
Vita  est  déjà  visible  dans  cette  succession  des  trois  faits; 
elle  devient  évidente  à  l'endroit  où  l'épitaphe  parle  des 
peintures  d'Aix-la-Chapelle.  L'auteur  du  Vita  les  a  vues, 
à  n'en  pas  douter;  il  y  renvoie  son  lecteur,  il  cite  les  deux 
vers  écrits  au-dessous  de  ces  peintures,  dans  lesquels  l'ar- 
tiste se  fait  connaître  et  dont  le  second  est  ainsi  conçu  : 

Claret  Aquis  sane  tua  quâ  valeat  manus  arte. 

Or,  sait-on  comment  l'épitaphe  commémore  en  deux 
vers  toute  cette  activité  artistique  d'Aix-la-Chapelle? 

Qua  probat  arte  manura,  dat  Aquis,  dat  cernere  planum 
Picta  domus  Karoli  rara  sub  arce  poli. 

L'emprunt  est  manifeste,  et  la  bévue  aussi.  Car  c'est 
l'église  d'Aix-la-Chapelle,  au  témoignage  du  Vita,  et  non 
le  palais  de  l'empereur  que  Jean  fut  chargé  de  décorer  (2). 
Mais,  le  Vita  parlant  aussi  du  palais  dans  la  phrase  même 
où  il  rappelle  les  peintures  de  la  chapelle,  on  comprend 
qu'avec  un  peu  de  distraction  l'auteur  de  l'épitaphe  s'y 
soit  trompé. 

(1)  «  VII  idus  septembris,  »  dit  le  Vita  Balderici,  c.  19,  p.  y3i. 
Lambert  le  Petit,  suivi  par  Gilles  d'Orval,  dit  «  VIII  idus  septembris,  » 
ce  qui  donnerait  le  6  de  ce  mois,  mais  il  y  a  lieu  de  s'en  tenir  au  témoi- 
gnage du  Vita,  qui  est  plus  autorisé. 

(2)  «  Otto...  mansionem  accepit  in  Aquensi  palacio,  ut  in  regia 
»  sede  et  publicae  rei  domicilio.  Ubi  aliquandiu  commoratus,  ejus- 
»  dem  loci  capellam  studio  devocionis  regiis  muneribus  et  bonis 
»  honoravit  et  quod  deerat  ad  decorem  ipsius  capellae  supplere  ani- 
»  mum  intendit.  Necdum  enim  color  alicujus  picturae  eamdcm  deco- 
»  rabat.  Unde  predictum  Johannem  praeciosum  artificem  ab  Italia 
»  arcessivit,  et  ut  doctas  manus  huic  applicaret  negotio.  oravit  et 
»  imperavit,  etc.  »  Vita  Balderici,  c.  14,  p.  730. 


—  223  — 

L'épitaphc  est  donc  une  reproduction  incomplète  el 
fautive  du  l'ita,  et  celui-ci  reste  pour  nous  la  seule  source 
de  la  biographie  du  peintre  Jean. 

Mais  cette  source  elle-même  n'est  pas  absolument  pure. 
Le  Vita  Balderici  fut  écrit  par  un  moine  de  Saint-Jacques 
en  io53,  à  une  date  où  depuis  plus  d'une  génération  Bal- 
déric  et  probablement  le  peintre  Jean  lui-même  reposaient 
dans  la  tombe.  Or  si,  à  cette  date,  l'auteur  pouvait  trouver 
encore  dans  son  abbaye  de  bons  matériaux  pour  écrire 
l'histoire  du  fondateur,  il  n'en  était  pas  de  même  en  ce  qui 
concernait  le  pauvre  exilé  italien.  Celui-ci  n'était  plus  qu'une 
ombre  indécise;  ses  peintures  murales  et  son  tombeau,  con- 
servés dans  l'église  de  l'abbaye,  étaient  les  seuls  gardiens 
de  son  nom  et  de  son  souvenir.  Aussi  l'auteur  du  Vita  est-il 
tellement  dépourvu  d'informations  sur  lui,  qu'il  est  réduit  à 
en  demander  aux  deux  vers,  si  peu  explicites,  qui  se  lisaient 
au  bas  de  ses  peintures  d'Aix-la-Chapelle.  Que  pouvait-il 
donc  savoir  de  la  partie  de  l'existence  de  Jean  qui  s'était 
écoulée  au  delà  des  monts?  Rien  que  des  légendes.  Il  en  a 
si  bien  conscience  que,  sur  le  point  de  les  raconter,  il  croit 
devoir  s'excuser  auprès  du  lecteur  :  «  Si  notre  récit  paraît 
»  invraisemblable  et  si  nous  sommes  accusés  de  raconter 
»  des  mensonges,  la  responsabilité  en  reviendra  plutôt  à 
»  ceux  dont  l'autorité  nous  a  poussés  à  écrire  et  dont  nous 
»  ne  faisons  que  reproduire  le  témoignage  (i).  »  L'auteur 
n'a  donc  pas  vu  lui-même  les  vers  d'Aix-la-Chapelle  ;  c'est 
quelque  dignitaire  ecclésiastique  qui  les  lui  a  communi- 
qués, et  pour  qui,  comme  pour  le  biographe,  ils  cons- 
tituent un  témoignage  ! . . . 

L'histoire  de  l'évêché  accordé  à  Jean,  mais  non  occupé 
par  lui,  est  d'ailleurs  hautement  invraisemblable,  pour  ne 
pas  dire  fabuleuse.  Point  n'est  besoin  de  renvoyer  dans  le 
royaume  de  la  légende  ce  duc  italien  qui  ne  permet  pas  à 
un  évèque  de  prendre  possession  de  son  siège,  parce  que 

(i)  «  Quod  si  frivolum  quibusdam  esse  videbitur  et  falsitatis  argui- 
»  mur,  illis  magis  imputandum,  quorum  auctoritate  et  testimonio 
»  sumus  usi  et  ad  scribendum  compulsi.  »  Vita  Balderici,  c.  14, 
p.  729. 


—  224  — 

ce]  ui-ci  ne  veut  pas  épouser  sa  fille,  et  cela  sans  que  l'empereur 
s'avise  de  le  mettre  à  la  raison.  Ajoutons  à  cela  qu'Otton  III 
ne  peut  pas  avoir  recommandé  Jean  à  Baldéric  II,  comme 
l'affirme  le  biographe  de  ce  dernier,  puisque  Otton  III  est 
mort  en  1002  et  que  Baldéric  n'est  devenu  évéque  de  Liège 
qu'en  1008.  Si  le  fait  de  la  recommandation  est  avéré 
—  et  je  n'éprouve  aucune  envie  de  le  révoquer  en  doute  — 
c'est  le  nom  de  Notger  qu'il  faut  substituer  dans  notre  épi- 
sode à  celui  de  Baldéric  II. 

En  voilà  assez  pour  nous  convaincre  que  les  souvenirs 
du  biographe  sont  en  partie  confus,  en  partie  légendaires. 
Ce  que  nous  retiendrons  de  son  récit,  c'est  que  l'empereur 
Otton  III,  voulant  orner  la  basilique  d'Aix-la-Chapelle,  a 
fait  venir  d'Italie  (1)  un  peintre  du  nom  de  Jean,  qui  a 
travaillé  pour  lui  dans  cette  ville,  et  qui,  plus  tard,  a  vécu 
à  Liège  chez  Notger  et  chez  Baldéric  II,  payant  par  des 
œuvres  d'art  l'hospitalité  qu'il  y  recevait.  Il  est  difficile  de 
dire  quel  est  l'élément  historique  dans  l'histoire  de  l'évêché 
manqué,  mais  on  a  le  droit  de  croire,  sur  la  foi  du  bio- 
graphe, que  Jean  a  été  prêtre,  et  que  son  art  a  été,  en 
quelque  sorte,  une  des  expressions  de  son  sacerdoce. 

On  a  voulu  faire  de  cet  artiste  un  Byzantin.  Pourquoi? 
«  D'après  les  propensions  bien  connues  de  son  impérial 
»  protecteur,  (il)  a  dû  être,  sinon  un  artiste  de  Constan- 
»  tinople  même,  au  moins  un  maître  particulièrement  initié 
»  au  style  et  à  la  technique  tels  que  les  peintres  orientaux 
»  les  pratiquaient  encore  à  cette  époque  (2).  »  On  a  cru 
même  trouver,  dans  la  rapide  disparition  des  œuvres  de 
notre  peintre,  une  autre  preuve  de  son  caractère  byzantin  : 

1  Jean  d'Outremeusk,  t.  IV,  p.  iq5,  sait  naturellement  ce  que  la 
source  du  xic  siècle  ignore.  Le  peintre  Jean  était  de  Lombardie,  nous 
dit-il  dans  un  passage  qui  contient  encore  une  autre  erreur,  et  qui, 
de  plus,  semble  corrompu.  Le  voici  :  «  Li  evesque  Johain,  qui  rut 
»  de  Lombardie,  que  l'empereire  Octon  l'avoit  envoieit  en  exilhe,  et  li 
»  pape  (?),  droit  à  Liège  estoit  deleis  l'evesque,  et  Baldris  oevroit  par 
»  son  conselhe,  etc.  » 

(2)  lliKis.  Mémoire  sur  le  caractère  de  V  école  flamande  de  pein- 
ture sous  le  règne  des  ducs  de  Bourgogne,  dans  Mémoires  couronnés 
de  V Académie  royale  de  Belgique,  coll.  in-40,  t.  XXVII  \  i855-iS56), 
p.  57. 


—  225  — 

cette  disparition,  en  effet,  s'expliquerait  «  par  l'abus  des 
»  tons  noirs  et  bruns  que  les  Byzantins  affectionnaient  à 
»  l'excès  (i).  »  Dans  tout  cela,  il  n'y  a  que  des  hypothèses 
absolument  gratuites,  et  mieux  vaut  avouer  purement  et 
simplement  notre  ignorance  en  ce  qui  concerne  l'éducation 
artistique  de  Jean  et  le  caractère  de  son  art  (2). 

Quant  à  la  durée  des  peintures  de  Jean,  elle  a  été  bien 
moindre  encore  qu'on  ne  le  pense  généralement.  On  a 
supposé,  sur  la  foi  d'un  texte  mal  interprété,  quelles  avaient 
subsisté,  au  moins  en  partie,  jusqu'au  XIIIe  siècle  :  c'est 
une  erreur;  celles  de  Saint-Jacques  ne  subsistaient  déjà 
plus  au  milieu  du  XIe,  et  elles  n'avaient  pas  duré  en  tout 
cinquante  ans,  Habitués  à  se  servir  du  compilateur  Gilles 
d'Orval  au  lieu  de  remonter  à  ses  sources,  et  de  plus,  ne  le 
consultant  que  dans  l'édition  vieillie  de  Chapeaville  au  lieu 
de  recourir  au  texte  critique  de  Heller,  les  écrivains  belges 
qui  ont  parlé  de  Jean  se  sont  persuadé  que  le  passage  de 
Gilles  d'Orval  qui  fait  connaître  ce  mauvais  état  de  conser- 
vation était  du  chroniqueur  lui-même,  alors  que,  selon  son 
procédé  familier,  Gilles  s'est  borné  à  reproduire  purement 
et  simplement  le  texte  du  Vita  Balderici.  Ils  ont  donc  attri- 
bué à  ces  peintures  une  durée  d'environ  deux  siècles,  alors 
qu'au  témoignage  de  notre  source,  un  demi-siècle  avait 
suffi  pour  enlever  à  celles  d'Aix-la-Chapelle  une  grande 
partie  de  leur  éclat,  tandis  que  celles  de  Liège  vieillissaient 
et  se  ternissaient  à  vue  d'œil.  De  plus  savants  que  moi 
diront  si  ce  sont  les  procédés  byzantins  qu'il  faut  rendre 
responsables  de  cette  rapide  dégradation.  Je  crois  que  Tin- 
curie  ou  l'indifférence  des  contemporains  pourrait  bien  un 
peu  aussi  rendre  compte  de  ce  fâcheux  phénomène.  A 
Saint-Jacques  même,  on  ne  se  fit  pas  scrupule  de  faire  dis- 

(1)  Le  même,  loc.  cit. 

(2)  M.  J.  Helbig  écrit  prudemment  :  «  le  peintre  et  évêque  Jean, 
»  que  les  chroniques  font  italien.,  mais  dans  lequel  d'autres  pré- 
»  tendent  voir  un  artiste  grec.  »  La  peinture  au  pays  de  Liège  et 
sur  les  bords  de  la  Meuse,  2e  édit. ,  p.  7.  Je  voudrais  pouvoir  me 
ranger  à  l'avis  du  même  érudit,  lorsqu'il  écrit,  loc.  cit.  :  «  Ce  qui 
»  semble  certain,  c'est  que  Jean  a  fait  un  séjour  assez  prolongé  à 
»  l'abbaye  de  Saint-Gall.  »  Le  peu  que  nous  savons  de  Jean  ne  nous 
fournit  aucun  motif  de  nous  rallier  à  cette  conjecture. 


—  226  — 

paraître  une  partie  de  l'œuvre  de  Jean  pour  la  remplacer 
par  d'autres  compositions. 

Les  peintures  de  Jean  étaient  accompagnées  de  vers 
explicatifs;  l'auteur  du  Vita  B  aider  ici  en  reproduit  deux. 
Le  premier  était  ainsi  conçu  : 

E  patriae  nido  rapuit  me  tertius  Otto. 

Et  l'autre  : 

Claret  Aquis  sane  tua  quâ  valeat  manus  arte. 

Tous  deux  nous  entretiennent  du  poète  et  semblent 
indiquer  qu'il  s'était  représenté  lui-même  dans  ses  fresques 
d'Aix-la-Chapelle  et  de  Liège.  Selon  toute  apparence,  ils 
étaient  écrits  sur  des  phylactères,  selon  l'habitude  du  moyen 
âge  (i).  Le  second  est  d'une  interprétation  un  peu  difficile, 
en  ce  sens  qu'on  ne  se  rend  pas  compte  du  thème  pictural 
qu'il  sert  à  illustrer. 

Le  biographe  admire  les  peintures  de  Jean.  Ce  qui  en 
reste  est  bien  supérieur,  selon  lui,  aux  peintures  plus  ré- 
centes qui  les  ont  remplacées.  Nous  ne  sommes  pas  à 
même  de  contrôler  la  valeur  de  ce  témoignage. 

Voilà  ce  que  le  Vita  Balderici  nous  fait  connaître  au 
sujet  de  notre  artiste.  Il  n'en  parle  d'ailleurs  qu'en  tant  que 
sa  biographie  est  mêlée  à  celle  de  son  héros,  l'évêque  Bal- 
déric.  Il  nous  sera  bien  permis  de  dépasser  ce  cadre  et  de 
nous  informer  ailleurs  encore.  Nous  avons  vu,  en  recti- 
fiant un  souvenir  un  peu  brouillé  du  biographe,  que  Jean 
a  dû  être  le  protégé  de  Notger,  et  que  c'est  à  ce  prélat  qu'il 
avait  été  recommandé  par  Otton  III.  Or,  Notger,  qui  avait 
rempli  d'églises  neuves  la  ville  et  le  pays  de  Liège,  et  dont 
nous  savons  qu'il  les  a  ornées  de  toute  manière,  ne  se  sera 
certainement  pas  privé  des  services  que  pouvait  lui  rendre 
le  pinceau  de  Jean.  Et  ce  n'est  pas  s'aventurer  outre  mesure 

(i)  Le  bon  Jean  d'Outremeuse  lui,  a,  comme  toujours,  un  ren- 
seignement bien  plus  intéressant  :  «  Ilh  fut  après  I  emperere  qui  voit 
»  les  peintures  tant  suffisantez,  si  escript  par  deleis  chest  vers,  en 
»  quel  li  evesque  Johain  parloit  en  disant  : 

»  A  patrie  nido  rapuit  me  tercius  Otto.  » 

(Ly  myreur  des  Histors,  t.  IV,  p.  197). 


—  227  — 

que  de  croire  qu'il  avait  précisément  appelé  notre  artiste 
dans  ce  but.  Selon  toute  apparence,  Jean  aura  orne  de  ses 
peintures  le  chœur  et  les  murs  de  Saint-Lambert,  et  pro- 
bablement d'autres  églises  encore.  La  totale  disparition  de 
ses  œuvres  dès  le  siècle  même  qui  les  vit  produire  nous 
interdit  d'aller  plus  loin  dans  le  champ  des  suppositions. 
Mais  ce  n'est  pas  une  raison  pour  laisser  dans  l'oubli  le 
souvenir  de  cet  artiste  pieux  qui,  dit  Gilles  d'Orval,  «  vécut 
»  à  Saint-Jacques  d'une  vie  angélique,  tout  entière  con- 
»  sacrée  à  la  lecture  et  à  la  prière,  et  qui  mourut  dans 
»  une  bonne  vieillesse  (1).  » 

La  tombe  de  Jean  se  trouvait  à  Saint-Jacques  dans  la 
nef  latérale  de  gauche,  près  de  l'autel  de  saint  Lambert  (2). 
L'épitaphe,  d'après  ce  que  nous  avons  vu  plus  haut,  n'a 
été  composée  qu'assez  tardivement  et  pas  avant  la  publi- 
cation du  Vita  Balderici.  Encore  faut-il  remarquer  que  les 
deux  derniers  vers  sont  de  date  postérieure.  Ils  sont  ainsi 
conçus  : 

Dicta  ferunt  patrum,  signis  hoc  glorificatum 
Corpus,  translatum  ter  et  hic  meruisse  sepulcrum  (3). 

On  voit  par  ce  vers  qu'à  la  date  de  i25o  environ  le 
corps  avait  été  l'objet  d'une  triple  translation  (4),  et  qu'il 

(1)  «  Eo  tempore  in  prefato  cenobio  sancti  Jacobi  conversans 
»  Johannes  episcopus,  vitam  ducebat  angelicam,  lectioni  et  orationi 
»  vacans.  Qui  vocatus  a  Domino  in  senectute  bona  viam  universe 
»  carnis  ingressus  est.  »  Gilles  d'Orval,  1.  11,  61,  p.  65. 

(2)  Gilles  d'Orval,  1.  n,  61,  p.  65.  Et  non  de  saint  André,  comme 
dit  le  distrait  Jean  d'Outremeusk,  t.  IV,  p.  198,  parlant  cependant 
d'après  Gilles  d'Orval.  Le  nom  d'André  revient  sous  sa  plume  ici, 
parce  qu'il  l'avait  écrit  quatre  lignes  plus  haut. 

(3)  Le  texte  porte  sepultum,  qui  est  évidemment  une  leçon  fautive. 

(4)  «  Au  xvie  siècle,  »  dit  M.  J.  Helbig,  op.  cit.,  p.  9,  «le  tom- 
»  beau  fut  renouvelé  lors  de  la  reconstruction  de  l'église.  »  Il  se  trouvait 
alors  sous  l'arcade  qui  sépare  le  chœur  de  la  chapelle  de  Notre-Dame 
des  Sept  Douleurs. 

Sous  l'abbé  Pierre  Rennotte  (1 741-1764),  grand  vandale  devant 
l'Eternel,  cette  arcade  fut  masquée  par  des  boiseries  et  par  des  tableaux 
qui  cachèrent  également  le  tombeau  du  peintre  Jean,  si  bien  qu'on 

15 


—  228  — 

avait  fait  des  miracles.  Liège  s'honorerait  donc  de  son 
bienheureux  Jean,  comme  Florence  de  son  bienheureux 

oublia  où  il  se  trouvait.  «  On  remarquait  cependant,  »  dit  E.  La- 
valleye  dans  la  préface  de  L'église  Saint- Jacques  à  Liège  (in-40, 
Liège,  1845), p.  8,  note  8,  «dans  la  première  sacristie  de  Saint-Jacques 
»  iredevenue  aujourd'hui  une  chapelle  sous  le  vocable  de  Notre-Dame 
»  des  Sept  Douleurs),  derrière  l'autel  de  la  Vierge,  une  statue  en 
»  pierre  de  sable,  couchée  sur  un  sarcophage,  occupant  toute  la  partie 
»  inférieure  d'une  arcade  du  chœur  cachée  depuis  longtemps  sous  de 
»  méchants  tableaux  qui  ont  disparu  depuis.  Cette  statue  était  connue 
»  de  quelques  personnes  sous  le  nom  de  Jehan  /'  consieu,  Jean  le 
»  conseiller.  Guidés  par  cette  tradition  populaire,  MM.  le  doyen 
»  Van  Hex,  Bovy,  Davreux  et  Jénicot  firent  soulever,  le  27  septembre 
»  1839,  cette  statue,  et  ils  reconnurent  qu'il  existait  au-dessous  un 
»  petit  coffre  en  bois  de  chêne.  Ce  coffre,  de  65  centimètres  de  lon- 
»  gueur  sur  35  de  largeur  et  28  de  hauteur,  contenait  tous  les  os  d'un 
»  squelette  d'homme  de  taille  ordinaire.  Ces  os  étaient  placés  pêle- 
»  mêle  dans  une  serviette  de  chanvre  à  dessins  en  losanges  et  recou- 
»  verts  d'une  lame  de  plomb,  de  23  centimètres  de  longueur  et  de  4  de 
»  largeur,  sur  laquelle  était  gravée  en  caractères  gothiques,  avec  abré- 
»  viations,  l'inscription  suivante...  » 

Notre  auteur  reproduit  ensuite,  non  sans  de  graves  inexactitudes, 
la  dite  inscription,  que  je  restitue  comme  suit  après  en  avoir  résolu  les 
abréviations  : 

Hujusvenerabilis(a)  episcopi  ossalevavit  dum  magnifkaret  eccle- 
siam  dominus  Johannes  abbas  XXXVIIIUS  anno  XVI0  mil 
CCCCC  nativitatis  (b)  et  iterum  recondidit  (c)  anno  XXI III0 
die  VI  mensis  augusti  sub  domino  cardinali  et  episcopo 
Leodiensi  Erardo. 

La  brochure  continue  : 

«  Quelques  jours  après  cette  importante  découverte,  le  conseil  de 
»  fabrique  de  Saint-Jacques  ayant  fait  faire  un  nouveau  coffre,  garni 
»  de  plomb,  les  restes  précieux  de  Jean  l'Italien  y  furent  déposés, 
»  ainsi  que  deux  exemplaires  du  procès-verbal  de  l'ouverture  et  du 

(a)  Urbis  Lavalleye. 

{b)  Le  texte  porte  âtenutis  (atenutus  Lavalleye),  mot  inexistant.  Qii'a- 
t-on  voulu  écrire?  Je  remarque  qu'il  y  a  au-dessus  de  /'u  un  signe  d'abré- 
viation consistant  en  une  espèce  de  tréma  {..)qui  reparaît  trois  fois  dans 
l'inscription,  et  chaque  fois  pour  représenter  une  syllabe  dans  laquelle  entre 
la  lettre  a  :  levit^owrlevavit,  magnifiret  ^?owr  magnificaret,  cardili  pour  cardi- 
nali. En  tenant  compte  de  ce  fait  ainsi  que  du  contexte,  je  propose  de  lire 
nativitatis. 

(c)  Lavalleye  lit  regdidit,  prenant  pour  un  g  le  signe  d'abréviation  de  la 
syllabe  con. 


—  229   - 

Angelico.  Quoi  qu'il  en  soit,  le  grand  art  national  qui  fait 
la  gloire  de  la  Belgique  est  né  à  Liège,  sous  les  auspices 
de  la  religion  et  à  l'ombre  du  sanctuaire. 

Godefroid  KURTH. 

»  replacement,  dont  un  était  gravé  sur  plomb  et  le  second  écrit  sur 
»  parchemin.  On  joignit  à  ces  deux  actes  le  plomb  qui  avait  été 
»  trouvé  à  l'ouverture  du  coffre.  » 

Ces  mesures  de  précaution  étaient  excellentes;  ce  qui  l'était  moins, 
ce  fut  la  malencontreuse  idée  qu'on  eut  alors  de  boucher  par  une  ma- 
çonnerie la  belle  arcade  qui  s'ouvrait  au-dessus  du  tombeau,  et  de 
détruire  celui-ci  pour  procéder  à  un  si  bel  ouvrage.  Il  reste  dans  le 
grenier  de  Saint-Jacques  et  dans  la  chapelle  septentrionale  du  transept 
quelques  fragments  du  tombeau,  ainsi  que  de  la  statue  d'évêque  cou- 
chée qui  le  surmontait. 

L'arcade  fut  rouverte  en  i883  sous  le  décanat  de  M&1"  Schoolmees- 
ters,  qui  a  l'honneur  d'avoir  admirablement  restauré  le  superbe  sanc- 
tuaire de  Saint-Jacques.  On  retrouva  alors  les  fragments  sépulcraux 
dont  je  viens  de  parler. 

L'inspection  que  nous  en  fîmes  suggéra  à  M^1'  Schoolmeesters 
l'idée  d'ouvrir  le  coffre  qui  contient  les  ossements  du  peintre  Jean  ;  il 
en  retira  la  lame  de  plomb  de  i5i6,  ainsi  que  celle  de  1839  dont  voici 
l'inscription  : 

Ossemens  de  Jean,  évëque  italien  ami  de  Baldric  II,  recueillis 
en  1 5 16  par  Jean  de  Cromois,  XXXVIII  abbé  de  Saint- 
Jacques,  qui  les  fit  transporter  de  la  chapelle  de  Saint-André 
à  cette  place.  Le  27  septembre  i83q,  ces  restes  furent  décou- 
verts par  MM.  Jacquemotte,  vicaire-général,  Van  Hex,  curé 
de  Saint-Jacques,  Jénicot,  conseiller  de  la  fabrique,  Bovy, 
docteur  en  chirurgie,  Davreux,  professeur  de  chimie,  et  remis 
avec  l'inscription  qui  accompagnait  ces  ossemens  dans  une 
nouvelle  boîte  et  déposés  de  nouveau  dans  le  même  lieu. 


APPENDICE 


L'EVEQUE  LEON. 

Je  ne  puis  m'empêcher  de  faire  remarquer  le  curieux 
parallélisme  de  l'histoire  du  peintre  Jean  avec  celle  de 
l'évêque  Léon.  Léon  est,  comme  Jean,  un  évêque  italien 
exilé;  comme  lui,  il  est  réfugié  à  Liège  ;  comme  lui,  il  reçoit 
l'hospitalité  de  Notger.  La  seule  différence,  c'est  que, 
tandis  que  Jean  a  trouvé  un  abri  et  une  tombe  à  Saint- 
Jacques,  Léon  a  vécu  et  a  été  enterré  à  Saint- Laurent. 
L'histoire  de  Léon  est  d'ailleurs  assez  bien  attestée,  ce 
semble,  puisqu'elle  est  racontée  par  Rupert  et  par  Renier 
de  Saint-Laurent.  Rupert,  il  est  vrai,  est  postérieur  en 
date  au  biographe  de  Baldéric,  et  l'on  pourrait  presque  se 
demander  s'il  n'a  pas  écrit  sous  l'influence  de  ce  dernier. 
Sans  examiner  cette  question,  je  me  borne  à  reproduire 
les  textes. 

I. 

Rupert,  Chronicon  Sancti  Laurentii  (MGH.,  t.  VIII), 
c.  10,  p.  166. 

Notgerus...  Post  haec  Leonem  quemdam  ex  nobilissimis 
Graecorum  episcopum  venientem  ad  se  profugum  cum  suis 
excepit  ;  qui  bello  Calabrico,  quod  Otto  secundus  imperator 
contra  Graecos  gessit,  expulsus  fuerat  a  Graecis,  asserentibus 
quod  Romanis  Calahriam  prodiderit.  Et  quia  necessitatem  coacti 
exilii  verterat  in  voluntatem  sanctae  peregrinationis,  ut  perve- 
niret  ad  illam  quam  expectaverunt  patres  nostri  veram  terram 
repromissionis,  hic  illum  sancto   in   loco  sanctoque  proposito 


—  231  — 

manere  et  de  ecclesia  vivere  cum  suis  instituit,  et  sancte  vivendo 
hic  usque  in  finem  perseveravit,  tandemque  migrans  ad  Domi- 
num,  in  hoc  eodem  incolatus  sui  loco  ante  altare  sancti  Gereonis 
corpore  quiescit. 

II. 

Renier    de   Saint- Laurent,    Vita  Everacli  (MGH., 

t.  XX),  c.  ii,  p.  564.  (Parle  d'après  Rupert). 

Ad  hune  (Notgerum)  Léo  quidam  episcopus  ex  nobilissimis 
Graecorum  profugus  venit,  qui  pulsus  a  sede  suâ  iccirco  fuerat 
quod  incusaretur  Ottoni  secundo,  dum  idem  imperator  adversus 
Grecos  haberet  castra,  prodidisse  Calabriam.  Quem  et  humane 
exceptum  predictus  antistes  in  hoc  loco  manere  statuit,  neenon 
de  bonis,  quae  venerabilis  Everaclus  delegaverat,  cum  suishabere 
stipendia.  Qui  tempore  incolatus  sui  sobrie  et  juste  et  pie  vivens, 
expectabat  beatam  spem  et  adventum  gloriae  magni  Dei,  a  quo 
et  postmodum  gloriose  ab  exsilio  mundi  eductus  est  et  ante  altare 
s.  Gereonis  pênes  nos  accepit  sepulturam,  non  jam  hospes  et 
advena,  sed  civis  sanctorum  et  tuus,  o  sancte  Laurenti,  domes- 
ticus. 

III. 

Epitaphe  de  l'évêque  Léon  à  Saint-Laurent. 

Martène  et  Durand,  Amplissima  Collectio,  t.  IV,  col. 
1045,  note  \b). 

De  quo  taie  cernitur  lapidi  insculptum  esse  epitaphium  : 
Conditur  hic  praesul  Graecus  Léo  qui  fuit  exul.  Anno  M. 


LA  POPULATION  DE  LIÈGE  EN  1650 


Malgré  les  difficultés  que  présente  leur  utilisation  (1), 
les  documents  d'ordre  fiscal  constituent  une  des  principales 
sources  auxquelles  il  faut  puiser  pour  déterminer  quelle  fut, 
aux  époques  anciennes,  la  population  d'une  ville  ou  d'une 
région.  Récemment  encore,  c'est  en  interprétant  un  docu- 
ment de  ce  genre,  que  M.  A.  Hansay  fixait  le  chiffre  de  la 
population  du  pays  de  Liège  en  1470  (2). 

Parmi  les  textes  de  l'espèce,  que  l'on  possède,  pour  la 
même  contrée,  figure  la  Description  du  rapport  des  vitres 
et  bonniers,  tant  de  la  cité,  que  villages  circonvoisins . 

Voici  à  quelles  circonstances  nous  la  devons  (3). 

(1)  Voy.  H.  Pirenne,  Les  archives  au  point  de  vue  de  la  démo- 
graphie historique,  Bruxelles,  1903,  et  Archives  belges,  iqo3,  art. 
260  et  278. 

(2)  La  «  Crenée  »  générale  du  pays  de  Liège  en  1470  et  le  dénom- 
brement des  feux,  dans  Bulletin  de  la  Commission  royale  d'histoire, 
t.  LXXI  (1902),  pp.  67-106. 

(3)  Pour  le  détail  de  ces  événements,  que  nous  résumons  briève- 
ment, voyez  Journées  d'Etat  de  juillet  164c  à  octobre  1684  (fonds  de 
l'Etat  primaire,  registre  n°  73)  aux  Archives  de  l'Etat,  à  Liège  ;  S.  Bor- 
mans,  Répertoire  chronologique  des  conclusions  capitulaires  du  cha- 
pitre cathédral  de  Saint-Lambert,  à  Liège,  t.  I,  Liège,  1869-1875, 
pp.  538-545;  Rerum  leodiensium  status  anno  M.DC.XLIX,  repro- 
duction du  D1'  Alexandre,  Liège,  i885  ;  (Foullon), Historialeodiensis, 
t.  III,  Liège,  1737,  pp.  291-295;  J.  Daris,  Histoire  du  diocèse  et  de 
la  principauté  de  Liège  pendant  le  XVIIe  siècle,  t.  I,  Liège,  1877, 
pp.  268-291  ;  M.  Huisman,  Essai  sur  le  règne  du  prince-évêque  de 
Liège,  Maximilien-Henri  de  Bavière,  Bruxelles,  1899,  pp.  45-53. 


—  233  — 

A  la  suite  du  traité  de  Westphalie,  et  des  conférences 
qui,  par  après,  se  tinrent  à  Nuremberg,  la  principauté  lié- 
geoise avait  été  taxée  pour  une  pari  de  l'indemnité  que 
l'Empire  devait  payer  à  la  Suéde.  Cette  cotisation  se  trou- 
vait fixée  à  99,200  florins,  soit  24,800  patacons.  Les  Etats 
convoqués  en  décembre  1648,  par  le  prince-évêque  Ferdi- 
nand de  Bavière,  pour  délibérer  à  ce  sujet,  se  retranchèrent 
derrière  la  neutralité  du  pays.  Les  réclamations  qu'ils  firent 
valoir  n'eurent  aucun  succès.  A  la  fin  de  juin  i65o,  les 
Suédois,  las  de  tergiversations  perpétuelles,  s'approchèrent 
des  frontières,  et  le  21  juillet  suivant,  mettant  à  exécution 
des  menaces  souvent  répétées,  pénétrèrent  dans  la  princi- 
pauté. Un  corps  de  troupes,  sous  la  conduite  du  général 
Otton  Steinbuck,  vint  camper  entre  Visé  et  Herstal,  puis 
passa  en  Hesbaye,  ruinant  les  villages  et  mettant  les  paysans 
en  fuite.  Les  récoltes  étaient  gravement  compromises. 

On  dut  se  résoudre  à  négocier.  Un  accord  intervint  :  la 
somme  globale  à  payer  fut  fixée  à  3oo,ooo  patacons.  «  Il 
»  fallut  »,  note  un  chroniqueur,  «  satisfaire  tant  au  capital 
»  que  l'intérêt.  »  La  bourse  des  Liégeois  pâtissait  grande- 
ment de  leur  manque  de  patriotisme  et  du  mépris  qu'ils 
avaient  montré  pour  de  sages  avertissements. 

Les  120  tailles  dont  les  Etats  décidèrent,  en  deux  fois, 
la  levée,  ne  devaient  rapporter,  au  dire  des  agents  du  pou- 
voir, que  240,000  patacons  (1).  D'autres  taxes  ne  parvinrent 
pas  davantage  à  faire  face  aux  nécessités  financières. 

Les  circonstances  critiques  où  l'on  se  trouvait,  récla- 
maient des  mesures  spéciales.  C'est  à  un  impôt  foncier  que 
l'on  résolut  de  recourir.  Les  Etats  en  votèrent  la  percep- 
tion dans  les  réunions  tenues  le  27  et  le  28  juillet  i65o.  Il 

(1)  Le  sentiment  populaire  était  tout  opposé  et  prétendait  que 
chaque  taille  donnait  12,000  florins.  Le  patacon  valant  4  florins,  les 
120  tailles  auraient  ainsi  rapporté  36o,ooo  patacons.  Pour  répondre 
à  ces  assertions,  parut  un  mémoire  où  les  Etats  prétendaient  que 
depuis  16 16,  la  plupart  des  tailles  n'avaient  guère  rapporté  chacune 
plus  de  8,000  florins  et  qu'il  fallait  en  outre  tenir  compte  du  déficit 
résultant  du  fait  que  plusieurs  quartiers  avaient  été,  depuis  lors,  rui- 
nés. Le  rapport  des  120  tailles  ne  dépassait  guère  ainsi  960,000  florins 
équivalant  à  240,000  patacons.  Nous  n'avons  pu  découvrir  ce  mé- 
moire, qui  aurait  été,  paraît-il,  imprimé. 


—  234  — 

frappait  «  les  fonds,  héritages,  prairies,  bois,  terres,  jardins 
»  et  estangs.  » 

Le  bonnier  fut  choisi  comme  unité  fiscale  (1)  et  taxé 
suivant  la  richesse  relative  du  sol;  ce  qui  donne  à  cette  taxe 
le  caractère  d'une  sorte  d'impôt  sur  le  revenu.  Le  bonnier 
de  terre  labourable  devait  payer  en  Hesbaye,  2  florins  de 
Brabant;  dans  le  quartier  de  Moha,  1  florin  10  patards; 
dans  l'Entre-Sambre  et  Meuse,  en  Campine,  dans  le  comté 
de  Hornes  et  dans  le  Condroz,  1  florin  ;  en  Ardenne,  dans 
le  duché  de  Bouillon  et  dans  le  marquisat  de  Franchimont, 
i5  patards.  Les  prairies  et  jardins  étaient  taxés  «  a  double 
terre  »,  c'est-à-dire  au  double  de  ce  que  payaient  les  terres 
labourables;  les  bois  et  viviers,  comme  ces  dernières. 

Pour  atteindre  les  populations  urbaines,  on  résolut  de 
frapper  la  propriété  bâtie,  en  prenant  le  nombre  des  fenêtres 
de  chaque  construction  comme  base  de  l'imposition.  Une 
ordonnance  de  Maximilien-Henri  de  Bavière,  en  date  du 
2  août  i65o,  détermina  le  mode  de  perception  de  cet  im- 
pôt (2).  «  Sur  chacque  fenestre,  (y  comprises  celles  dans  les 
»  toits,  dit  vulgairement,  bavechines),  soyent  elles  de  vittre, 
»  bois  ou  simple  ouverture  de  quelle  forme  que  ce  soit, 
»  faite  pour  servir  à  lumière  »,  on  devait  acquitter  3  sous  (3). 
La  taxe  était  payable  par  l'occupant,  propriétaire  ou  loca- 
taire, mais  ce  dernier  avait  recours,  pour  la  moitié,  contre 
son  propriétaire.  Si  la  maison  était  vide,  le  payement  inté- 
gral incombait  au  propriétaire. 

Trois  jours  après  la  publication  du  mandement,  chaque 
habitant  était  tenu  de  remettre  entre  les  mains  du  curé  de 
sa  paroisse,  un  billet  signé  mentionnant  le  nombre  des 
fenêtres  de  sa  demeure.  Les  collecteurs  avaient  licence  de 

(1)  Le  bonnier  fut  déterminé  valant  20  grandes  verges,  se  décom- 
posant chacune  en  20  petites,  suivant  le  pied  de  Saint-Lambert. 

(2)  Cette  ordonnance  ne  figurant  point  dans  le  Recueil  des  ordon- 
nances de  la  principauté  de  Liège,  et  n'étant  pas  mentionnée  dans 
la  Liste  chronologique  des  édits  et  ordonnances  de  la  même  princi- 
pauté, nous  avons  cru  utile  d'en  reproduire  le  texte  en  appendice. 

(3)  «  Voir  qu'une  fenestre  ayante  interstice,  pourveu  qu'elle  s'ouvre 
»  a  une  fois,  et  pas  a  deux,  ne  sera  nombrée  que  pour  une  »  ajoute 
l'ordonnance. 


—  235  — 

pénétrer  dans  les  habitations  pour  contrôler  l'exactitude 
de  ces  déclarations.  En  cas  de  fraude,  le  délinquant  était 
condamné  à  payer  double  taxe,  et  en  outre,  pour  chaque 
fenêtre  celée,  une  amende  de  1  patacon,  dont  un  tiers  reve- 
nait au  délateur,  un  autre  au  collecteur  et  le  reste  à  l'Etat. 

Escomptant  le  revenu  de  ces  taxes,  les  Etats  avaient 
pu  se  procurer  l'argent  que  réclamaient  les  Suédois,  et  le 
22  août,  grâce  à  de  puissantes  interventions,  la  principauté 
se  trouvait  débarrassée  de  ses  hôtes  incommodes.  De  nom- 
breuses ruines  conservaient  le  souvenir  de  leur  passage. 
La  levée  des  diverses  taxes  et  surtout  de  celle  sur  les  vitres, 
qui  constituait  une  nouveauté,  venant  s'ajouter  aux  impôts 
dont  gémissait  le  pays,  y  entretenait  un  grand  mécontente- 
ment. Comme  il  arrive  souvent  en  pareil  cas,  certains  pré- 
tendaient que  le  produit  de  ces  contributions  était  de 
beaucoup  supérieur  à  celui  qu'avouait  le  pouvoir  ;  d'autres 
accusaient  les  collecteurs  d'user  d'indulgence  envers  leurs 
amis. 

Pour  couper  court  à  ces  critiques,  les  députés  des  Etats 
décidèrent,  le  5  janvier  i65i,  de  publier  le  rôle  de  l'impôt 
«  à  celle  fin  qu'un  chacun  puisse  estre  informé  duvray  rap- 
»  port  dudit  impost,  controller  ceux  que  l'on  ne  trouvera 
»  avoir  deuëment  acquitté,  et  estre  aux  délateurs  payées  les 
»  parties  des  amendes  des  defaillans,  suivant  les  Mande- 
»  mens  de  Son  Altesse  Serenissime.  » 

La  publication  fut  faite  immédiatement.  Elle  parut  à 
Liège,  chez  Jean  van  Milst,  en  i65i,  et  porte  le  titre  de 
Description  du  rapport  des  vitres  et  bonniers,  tant  de  la 
cité,  que  villages  circonvoisins .  Le  volume  comporte  1 38 
feuillets,  petit  in-40,  non  numérotés.  Le  recto  du  premier 
feuillet  est  occupé  par  le  titre,  le  deuxième  contient  l'exposé 
des  motifs,  dont  nous  avons,  plus  haut,  reproduit  les  der- 
nières lignes.  Au  folio  3,  commence  le  rôle  de  l'impôt.  I  ne 
colonne,  à  gauche  de  la  page,  renferme  le  nombre  des 
vitres  qui  ont  été  taxées  dans  chaque  demeure;  puis  vient 
le  nom  du  contribuable,  avec  l' indication  de  la  somme 
payée,  en  florins  et  en  patards. 

En  tête  de  la  liste,  figurent  les  chanoines  de  Saint- 
Lambert,  puis  les  bénéficiers  et  le  personnel  de  la  cathé- 


-  236  — 

drale.  Suit  alors  l'indication  des  sommes  acquittées  par  les 
chanoines  et  par  les  occupants  des  maisons  claustrales  des 
différentes  collégiales;  enfin,  rangés  par  paroisses,  la  liste 
des  habitants,  classés  sous  le  nom  de  chacune  d'elles  soit 
dans  l'ordre  alphabétique  des  prénoms,  soit  par  rues  et  par 
quartiers. 

Après  chacune  de  ces  divisions,  se  trouve,  sous  la  ru- 
brique :  Liste  des  defaillans,  l'indication  des  maisons  ou 
parties  de  maisons  qui  ont  échappé  à  l'impôt,  et  le  nom 
de  ceux  qui,  pour  Tune  ou  l'autre  raison,  ne  l'ont  point 
acquitté. 

Ajoutons  que  la  rédaction  des  mentions  de  la  liste  est 
loin  d'être  uniforme.  Parfois,  c'est  le  nom  et  le  prénom  du 
chef  de  ménage  qui  est  donné  ;  d'autres  fois,  l'immeuble 
est  désigné  sous  le  nom  de  son  ancien  propriétaire  ;  d'autres 
fois  enfin,  par  une  dénomination  caractéristique. 

Quant  à  la  terre,  on  dit  s'il  s'agit  de  jardins,  de  prés, 
de  terres  labourables,  de  sarts,  la  taxe  variant,  comme  nous 
l'avons  vu,  suivant  la  nature  de  la  culture.  Pour  la  paroisse 
Sainte- Véronique,  par  exemple,  où  la  propriété  non  bâtie 
était  abondante,  les  bonniers  font  l'objet  d'une  rubrique 
spéciale. 

Le  dernier  feuillet  porte  le  total  de  la  somme  payée  par 
chacun  des  groupes  indiqués  plus  haut  :  les  chapitres,  les 
paroisses,  et  aussi  les  monastères  qui  n'avaient  pas  été 
signalés  dans  la  liste. 

L'impôt  étant  payé  sur  chaque  demeure,  la  Description 
nous  fournit,  par  conséquent,  le  nombre  de  celles  qui  exis- 
taient alors  à  Liège.  Pour  trouver  le  chiffre,  tout  au  moins 
approximatif,  de  la  population,  il  suffit  donc  de  multiplier 
le  nombre  total  des  maisons  par  le  nombre  d'habitants  que 
l'on  suppose  contenus  dans  chacune  d'entre  elles.  Un  con- 
temporain, l'auteur  d'un  Sommaire  historial  de  Liège  depuis 
1 5 38  jusqu'à  1668,  conservé  en  manuscrit  à  la  Bibliothèque 
de  l'Université  de  Liège  (î),  s'est  emparé  de  ces  données 

(i)  N°  ancien  174  (n°  8o5  du  Catalogue),  pp.  854-858.  Le  volume 
comprend  960  pages,  plus  deux  feuillets  de  garde  en  tête  et  un  à  la  tin, 
et  faisait  très  certainement  partie  d'un  ouvrage  plus  étendu,  dont  il 
serait  intéressant  de  retrouver  les  autres  fragments. 


—  237  — 

et  les  a  traitées  exactement  comme  le  ferait  un  statisticien 
moderne.  (Test  .son  travail  que  nous  publions  (i). 

Patiemment,  en  suivant  l'ordre  de  la  publication,  il  a 
additionné  le  nombre  des  maisons  que  comptait  la  ville, 
et  la  somme  payée  par  chaque  groupe.  C'est  ainsi  que  les 
maisons  occupées  par  les  chanoines  et  leurs  suppôts 
au  nombre  de  314.  L'auteur  aligne  ensuite  la  cotisation 
de  chaque  monastère  et  note  que  les  Ordres  mendiants  ont 
été  exemptés.  Puis,  en  regard  du  nom  de  chaque  paroisse, 
il  marque  combien  de  demeures  elle  renferme,  sans  oublier 
non  plus  la  quote-part  de  chacune  d'entre  elles. 

Le  total  pour  les  32  paroisses  est  de  7,253  maisons, 
fournissant  une  somme  de  40,592  florins  3  patards 
Ajoutées  à  ce  chiffre,  les  314  demeures  claustrales  donnent, 
d'après  l'auteur,  un  total  de  7,567  maisons  et  la  somme 
entière  est  de  46,599  florins  i3  patards,  équivalant,  comme 
il  prend  soin  de  nous  l'apprendre,  à  1 1,649  patacons  3  flo- 
rins i3  patards  (3). 

La  cité  de  Liège  se  divisait  alors,  naturellement,  en 
trois  grands  quartiers  :  la  cité  proprement  dite,  le  quartier 
de  l'Ile,  qu'entourait  le  canal  creusé  par  Notger,  et  le  quar- 

(1)  M.  Th.  Gobert (Les  rues  de  Liège, passim)  s'est  servi  des  chiffres 
des  maisons  de  différentes  paroisses  fournis  par  l'auteur,  et  récemment 
M.  G.  Kurth  a  publié  les  totaux  donnés  par  le  même  chroniqueur 
(Bulletin  de  la  Société  d'art  et  d'histoire  du  diocèse  de  Liège,  t.  XIV 
'1903).  p.  249),  toujours  d'après  notre  manuscrit. 

1  L'auteur  a  soin  de  faire  remarquer  que  toutes  les  maisons  de 
Saint-Nicolas-aux-Mouches,  sont  situées  sur  les  encloîtres  delà  collé- 
giale Sainte-Croix. 

3  Le  total  de  7,567  maisons  est  exact,  mais  pour  l'obtenir,  l'au- 
teur commet  une  erreur  d'une  unité,  car  ayant  compté  7,252  maisons 
pour  les  paroisses,  au  lieu  de  7,253,  et  y  ajoutant  3 14  demeures  claus- 
trales, il  devrait  obtenir  7,566.  Le  total  de  40.592  florins  3  patards, 
perçus  sur  les  maisons  composant  les  paroisses,  est  celui  que  donne  la 
Description,  mais  ne  correspond  nullement  aux  sommes  de  détail  ali- 
gnées par  l'auteur,  qui  diffèrent  de  celles  notées  dans  la  Description. 
Le  chroniqueur  commet  une  nouvelle  erreur  de  3  florins  en  trop. 
dans  l'addition  des  taxes  pavées  par  les  Ordres  religieux,  et  cette  erreur 
vicie  le  total  de  toutes  les  sommes  perçues  et  leur  réduction  en  pata- 
cons, qui  doivent  être  ramenés  respectivement  à  46,596  florins  i3  pa- 
tards et  à  1 1 ,649  florins  1  3  patards. 


—  238  - 

tier  d'Outre-Meuse.  Dans  son  désir  de  connaître  leur  popu- 
lation respective,  notre  auteur  se  livre  à  un  nouveau  calcul. 
Le  Vinâve-d'Ile  comptait  quatre  paroisses  :  Saint-Martin- 
en-Ile,  Saint-Adalbert,  Saint- Remy,Saint-Nicolas-au-Trez. 
L'auteur  reprend  le  nombre  des  maisons  de  chacune  d'entre 
elles  et,  y  joignant  le  chiffre  des  demeures  sises  sur  les 
encloîtres  de  Saint- Paul  et  de  Saint-Jean,  conclut  à  un  total 
de  884  maisons,  dans  lequel  ne  sont  compris  ni  les  monas- 
tères ni  les  couvents  que  renfermait  le  quartier. 

Ces  884  maisons,  quelle  population  peuvent-elles  abri- 
ter ?  La  statistique  qu'il  a  sous  la  main  ne  répond  pas  à 
cette  question  et  l'auteur,  pour  en  trouver  la  solution,  est 
obligé  de  recourir  à  une  moyenne.  Cette  moyenne,  il 
l'évalue  à  5  personnes  par  maison  et  arrive  ainsi  au  chiffre 
de  4,420  personnes,  habitant  le  quartier. 

En  ce  qui  concerne  Outre-Meuse,  deux  paroisses  seule- 
ment se  partageaient  cette  section  de  la  ville  :  Saint- Pholien 
et  Saint-Nicolas  comptaient  1,227  maisons.  La  même  éva- 
luation, à  5  personnes  en  moyenne,  donne  le  chiffre  de 
6,1 35  habitants  qu'une  erreur  de  l'auteur  transforme  en 
6,175. 

Mais  il  est  une  autre  manière  de  partager  la  ville  ;  ce 
qu'enserre  l'enceinte  et  ce  qui  se  trouve  en  dehors  des  mu- 
railles, constituent  alors  deux  groupements  distincts.  Pour 
évaluer  leur  importance  relative,  notre  auteur  note  le  chiffre 
des  maisons  situées  dans  les  faubourgs.  Le  total  est  de  1,843 
pour  les  sept  paroisses  de  Sainte-Marguerite,  Sainte-Ger- 
trude,  Sainte-Walburge,  Sainte-Véronique,  Saint-Vincent, 
Sainte- Foi  et  Saint- Remacle-au- Pont,  total  que,  par  une 
étrange  aberration,  notre  calculateur  transforme  en  2,o36, 
non  sans  ajouter,  cette  fois  très  judicieusement,  que  dans 
ce  nombre  ne  sont  pas  comprises  les  demeures  des  paroisses 
de  Saint-Séverin  et  de  Saint- Remacle-en-Mont,  situées  hors 
des  murs.  2,o36  maisons  à  5  personnes  donneraient  10,180 
habitants,  mais  ramené  au  chiffre  réel  de  1 ,843  maisons,  le 
total  n'est  plus  que  de  9,215  personnes.  Pour  trouver  le 
nombre  des  maisons  renfermées  dans  les  murs,  il  ne  s'agit 
plus  que  de  déduire  du  total  des  demeures,  le  nombre  de 
celles  qui   composent   les   faubourgs.   Mais  l'erreur   qu'il 


—  239  — 

vient  de  commettre  vicie  le  calcul  auquel  l'auteur  se  livre 
à  cet  effet.  Retranchant  2,o36  de  l'ensemble,  il  ne  laisse  à  la 
cité  que  5,53 1  demeures,  tandis  que  notre  rectification  lui 
en  attribue  3,724.  L'évaluation  des  habitants  se  ressent  de- 
là même  erreur  :  l'auteur  en  note  27,655  ;  l'erreur  corrigée, 
il  s'en  trouve  28,620.  L'ensemble  de  la  population  est  de 
37,835. 

Les  préoccupations  statistiques  ne  cessent  point  de 
hanter  notre  auteur.  Il  recherche  alors  quelle  peut  être  la 
somme  de  grains  nécessitée  par  la  nourriture  annuelle  de 
ce  groupement  humain.  En  attribuant  à  chaque  personne 
une  moyenne  d'un  stier,  par  mois,  il  arrive  au  chiffre  de 
454,020  stiers,  sans  compter,  ajoute-t-il,  connaissant  le  goût 
de  ses  concitoyens  pour  la  bière,  ce  qu'il  faut  de  grain 
pour  brasser. 

Son  étude  s'arrête  là.  Elle  appelle  quelques  commen- 
taires. Et,  tout  d'abord,  il  n'est  que  juste  de  rendre  hom- 
mage à  celui  qui  l'a  conçue.  A  plus  de  deux  siècles  de 
nous,  il  pratique,  et  non  sans  sagacité,  une  science  qui 
semble  à  beaucoup,  absolument  moderne.  Il  comprend 
l'intérêt  que  présentent  ces  données  qu'une  nécessité  fiscale 
vient  de  jeter  dans  le  public  et  s'efforce  de  les  interpréter. 
Devant  ce  remarquable  souci,  on  regrette  de  ne  point  con- 
naître le  nom  de  ce  chercheur  et  de  ne  pouvoir  le  signaler 
à  la  sympathie  de  ceux  que  poursuivent  aujourd'hui  les 
mêmes  préoccupations  et  les  mêmes  désirs  (1). 

Certes,  tout  n'est  pas  parfait  dans  son  évaluation.  La 
faute  en  est  surtout  au  document  lui-même  et  à  son  manque 
de  précision.  Mais  nous  pouvons  reprocher  à  l'auteur  de 
parfois  manquer  d'exactitude  en  l'interprétant  :  c'est  ainsi, 

(1)  Dans  YHistoria  leodiensis,  t.  III,  pp.  294-295,  on  trouve  le 
résumé  des  mêmes  calculs,  y  compris  les  erreurs.  On  sait  que,  dans 
cette  histoire,  l'œuvre  de  Foullon  s'arrête  avec  le  règne  d'Ernest  de 
Bavière  en  1612  et  ne  se  poursuit  pas  au  delà  du  second  volume.  Géné- 
ralement on  est  d'accord  pour  attribuer  à  G.  de  Louvrex  le  récit  des 
faits  qui  se  placent  entre  1612  et  1688.  Les  nombreuses  ressemblances 
que  présente,  avec  cette  partie  de  YHistoria  leodiensis,  la  narration 
du  Sommaire  historial  est  remarquable.  Une  étude  comparative  dé 
taillée  livrerait  peut-être  le  nom  de  notre  chroniqueur. 


—  240  — 

par  exemple,  que  pour  atteindre  le  chiffre  de  3i  pour  les 
maisons  claustrales  du  chapitre  Saint-Pierre,  il  considère 
comme  deux  édifices  distincts  les  deux  «  quartiers  »  de  la 
maison  où  habitait  le  chanoine  Bilstain;  de  même  pour 
la  demeure  que  se  partageaient  le  chanoine  Raddoux  et  le 
pâtissier  Jean  Remy;  de  même  enfin,  pour  les  deux  parties 
de  la  maison  de  M.  Beringh,  dont  Tune  était  signalée 
comme  inoccupée. 

On  aura  certainement  remarqué  les  erreurs  commises 
dans  des  additions  cependant  fort  simples;  elles  peuvent 
justifier,  une  fois  de  plus,  la  défiance  qu'inspirent  les  cal- 
culs des  chroniqueurs  du  moyen  âge  et  de  nos  anciens 
historiens. 

Il  y  a  de  même  grand  risque  à  compter,  ainsi  que  le 
fait  l'auteur,  pour  chaque  chef  de  ménage,  une  maison  dis- 
tincte, lorsque  le  rôle  ne  donne  pas  de  certitude  absolue 
sur  ce  point.  Parmi  ceux  que  la  liste  signale  comme  défail- 
lants, plusieurs  sont  formellement  désignés  comme  pauvres; 
d'autres  d'entre  eux  se  trouvaient  probablement  aussi  réduits 
à  l'indigence.  Dans  quelles  conditions  ces  malheureux  se 
logeaient-ils?  Sans  doute,  beaucoup  se  contentaient  d'une 
ou  de  deux  chambres,  peut-être  même  de  moins  encore. 
Il  ne  peut  donc  être  question  d'attribuer  à  chacune  de  ces 
familles  l'occupation  d'une  maison  entière. 

En  dépit  de  ces  critiques,  le  total  des  maisons  indiqué 
par  l'auteur  ne  devait  pas  s'écarter  beaucoup  de  la  réalité. 
Nous  pouvons,  somme  toute,  l'accepter  dans  son  ensemble 
et  le  comparer  aux  chiffres  que  nous  possédons  pour  une 
époque  antérieure.  La  «  crenée  »  de  1470  accusait  pour 
Liège  et  ses  faubourgs  2,000  feux,  soit,  d'après  l'interpré- 
tation de  son  éditeur  M.  A.  Hansay,  à  peu  près  10,000 
habitants.  En  180  ans,  l'augmentation  se  révèle  donc  de 
27,000  personnes  environ,  donnant  un  accroissement  moyen 
annuel  de  i5o  personnes.  Pendant  ces  180  ans,  la  ville  avait 
joui  d'une  tranquillité  relative. 

La  moyenne  de  5  habitants  par  maison,  que  choisit 
l'auteur,  est  à  retenir.  Tout  récemment,  à  l'aide  de  données 
absolument  certaines,  M.  H.  Pirenne  établissait  le  même 
chiffre   pour  les  maisons  du   quartier  de  la  Poorterie  à 


—  241   — 

Ypres,  en  i5o6(i),e1  M.  F.  Buomberger arrivail  au  même 
résultat,  en  ce  qui  concerne  Fribourg,  au  milieu  du  XVe 
siècle  (2).  Il  faut  noter  qu'un  contemporain,  observateur 
très  sagace,  a  cru  devoir  choisir  celte  moyenne  pour  Liège, 
au  milieu  du  XVIIe siècle.  Il  faut  noter  aussi  que  pour  l'éta- 
blir, il  aura  sans  doute  tenu  compte  de  la  population  des 
monastères  et  des  couvents,  dont  il  ne  reprend  point  le 
chiffre  à  un  autre  endroit.  Et  cette  population  ne  laissait  pas 
d'être  assez  importante. 

De  plus,  ce  chiffre  est  donné,  non  par  ménage  ni  par 
feu,  mais  par  maison.  C'est  du  moins  ainsi  que  l'entend 
l'auteur,  bien  qu'il  se  trompe  dans  l'application  de  cette 
règle.  La  distinction  est  à  faire.  De  récentes  études  l'ont 
prouvé  :  la  location  de  parties  de  maisons  était  en  usage, 
surtout  dans  les  villes  industrielles,  même  au  moyen  âge. 
La  Description  fournit  divers  exemples  de  ce  cas. 

A  peu  de  choses  près,  l'auteur  a  tiré  du  document  tout 
ce  qu'il  est  possible  d'en  apprendre.  En  effet,  si  celui-ci 
présente  un  vif  intérêt,  en  ce  qui  concerne  la  distribution 
topographique  de  la  ville,  en  ce  qui  concerne  aussi  les 
noms  des  Liégeois  du  xvne  siècle,  le  manque  de  précision 
que  nous  avons  déjà  signalé,  ne  permet  guère  d'en  faire 
le  fond  d'autres  évaluations  statistiques.  Le  nom  de  ceux 
qui  ont  acquitté  l'impôt  s'y  trouve  seul  signalé.  Sont-ce 
toujours  bien  les  noms  des  chefs  de  famille?  Et  même,  en 
l'admettant,  s'agit-il  de  personnes  mariées,  de  veufs  ou  de 
célibataires?  Nous  l'ignorons  dans  la  plupart  des  cas.  Nous 
ne  trouvons  non  plus  aucune  indication  relative  au  nombre 
des  enfants  et  des  serviteurs.  Le  nombre  de  défaillants 
n'est  pas  plus  instructif,  car  rien  ne  permet  de  fixer  parmi 
eux  le  chiffre  exact  des  indigents. 

Vouloir  déduire  de  ces  données  incomplètes  la  propor- 
tion relative  de  l'élément  féminin  et  de  l'élément  masculin, 

(1)  Les  dénombrements  de  la  population  d' Ypres  au  XV  siècle, 
dans  Vierteljahrschrift  fur  Social-  und  Wirtschaftsgeschichte,  t.  I 
(1903),  p.  21. 

(2)  Bevôlkerungs-  und  Vermôgensstatistik  in  der  Stadt  und  Land- 
schaft  Freiburg  um  die  Mitte  des  XV  Jahrhunderts  1  Extrait  de 
Zeilschrift fur  Schwei^erische  Statistik),  Bern,  1900,  p.  40. 


—  242  - 

serait  risquer  d'entreprendre  un  travail  considérable  sans 
prévision  de  résultats  certains.  Il  en  est  de  même  pour 
l'évaluation  des  demeures  abritant  plusieurs  ménages.  Tel 
qu'il  se  présente  à  nous,  le  document  semble  accuser  une 
proportion  plus  considérable  d'appartements  dans  les  par- 
ties riches  de  la  ville  que  dans  les  quartiers  populeux.  Mais 
cela  ne  tient-il  pas  à  ce  qu'il  tait  la  manière  dont  se  logeaient 
les  détaillants  indigents  ?  La  réponse  paraît  devoir  être 
affirmative   et,  de   ce   côté   encore,  nous   restons   dans  le 

doute. 

Joseph  BRASSINNE. 


LÀ  COLLECTE  ET  RECEPTAZ  DES  VITRES  ET  FENETRES. 


Le  chapitre  cathedral  at  payé  avec  leurs  suppôts 

sur  63  maisons  la  somme  de 
S.    Pierre  a  payé  sur  3i  » 


S. 

Martin  sur 

42 

» 

s. 

Paul  sur 

48 

» 

S" 

Croix  sur 

34 

» 

s. 

Jean  sur 

36 

» 

s. 

Denis  sur 

29 

» 

s. 

Barthelemi  sur 

3i 

» 

Faisant  314  qui  ont  portez 


1,224.12  (1) 
404.  8 
589. i3 
717.  3 
444.  5 
570.  4 
458.19 
392.17 

4,802.    1 


RECEPTAZ   DES  CLOITRES   EXCEPTEZ   LES   ORDRES 
MENDIANTES. 

Les  Ecoliers  ont  payez 75. 

S.   Léonard 36. 

Ste  Agathe 46.18 

L'abbé  de  S.  Jacques 1 2 1 . 1 3 

Les  Celestines 24. 

Beaurepaire 76.4 

Willelmins 24.       (2) 

Béguinage  de  S.  Christophe 148. 

Val  Benoit         91. 

Robermont 170.10 

Les  Chartreux 62.11 

Beghines  des  Anges 46.  4 

Val  Saint  Lambert  pour  ses  bonniers 280. 

Faisant     .     .     .  i,2o5. 

(1)  Ces  sommes  sont  comptées  en  florins  et  en  patards  ;  le  florin 
valant  20  patards. 

(2)  La  Description  donne  24  florins  3  patards. 

(3)  Le  total,  en  prenant  les  chiffres  de  l'auteur,  serait  de  1,202  flo- 
rins, mais  le  total  réel  était  de  1,202  florins  9  patards. 

17 


244 


RECEPTAZ   DES   PAROISSES. 


Ste  Foy  a 

263  maisons  qui  onl 

:  payez       727.11 

S.   André  a 

340 

»       ....         3,040.11 

S.  Follien  a 

5.9 

» 

3,i6o.  9 

S.   Nicolas  a 

708 

» 

3,32i.  3 

S.   Remacle  a 

403 

» 

1,264.  8 

Ste  Catherine  a 

2 12 

» 

2,33o.  9 

Ste  Magdeleine  a 

264 

» 

1,401.  7 

Ste  Aldegonde  a 

248 

» 

1,359.  5 

S.   Etienne  a 

36 

» 

606.  6 

S.  Gangulphe  a 

3o 

» 

182.  7 

Notre  Dame  aux  Fonds  a 

99 

)> 

1,020.  4 

1 1  mille  vierges  a 

40 

)) 

298. 1 1 

S.   Clément  a 

9 

» 

50.19 

S.   Michel  a 

60 

n 

752.  6 

S.   Hubert  a 

52 

» 

636.ii 

S.   Remacle  en  Mont  a 

3? 

» 

170.  8 

Ste  Marguerite  a 

260 

)> 

996.16 

Ste  Gertrude  a 

i85 

» 

41 1.18 

S.  Severin  a 

444 

» 

2,o5o.  3 

Ste  Walburge  a 

171 

» 

637.  4 

S.  Servais  a 

391 

» 

2,448.14 

et  83  enfermées  dans  le 

fort  qui  n'ont  pas  payez. 

S.  Jean  Baptiste  a 

372 

»       ....         2,950.   1 

S.  George  a 

60 

» 

4o3. 19 

S.  Thomas  a 

41 3 

» 

2,204.13 

S.  Nicolas  aux  Trez  a 

i54 

)) 

692.17 

S.  Adalbert  a 

226 

» 

i,56i.  3 

S.  Remy  a 

85 

» 

432.  6 

S .  Christophe  et  Beghines  i 

1  193 

» 

729. 18 

Ste  Veronne,  en  bonniers  . 

132. 

et  en  maisons 

443 

» 

1,737.19 

S.  Martin  a 

335 

» 

2,556. 

S.  Vincent  a 

118 

» 

54o.  7 

Toutes  les  paroisses  font 

ensemble    ....     7,252  maisonsqui  ont  payez  40,592.   3 
S.   Nicolas  az    Mouches  :  toutes  ses  maisons  sont   sur  les 

encloitres  de  Saincte  Croix,  et  toutes  les  maisons  claustrales  sont 

au  nombre  de  314  qui  feront  le  nombre  7,567. 

Par  le  présent    receptaz  des  vitres  se  peut  voir  que  S.  A. 


-  245  — 

a  tiré  des  maisons  des  32  paroisses,  des  chanoines  et  cloîtres  la 
somme  de  46,599  florins  i3  patt.  brabant  faisant  1  1,649  Pla- 
çons 3  florins  i3  pattars. 

VINAVE   D'ILE. 

Par  le  même  calcul,  je  trouve  que  le  quartier  du  Vinable 
d'Isle  contenant  4  paroisses  seront  peuplées  de  884  maisons 
sçavoir  : 

S.  Martin  de 335  maisons. 

S.  Adalbert  de 226         » 

S.  Remy  de 85         » 

S.  Nicolas  aux  Trez  de  ....  1 54  » 
Sur  les  enclos  S.  Paul  ....  48  » 
et  celles  de  S.  Jean 36         » 

884  maisons. 

Sans  comprendre  les  églises  de  S.  Paul  et  de  S.  Jean  seule- 
ment que  les  maisons  claustrales,  ny  aussi  l'abbaye  de  S.  Jacque, 
celle  de  Beaurepaire,  celles  des  Jésuites,  les  Croisiers,  les  Carmes, 
les  Prescheurs,  les  Sœurs  de  Hasque,  les  Sœurs  Clarisses,  les 
grises  Sœurs,  les  Celestines,  plusieurs  beghinaghes  et  autres 
chappelles,  sçavoir  les  Beghines  Bologne,  les  Beghines  des  Prê- 
cheurs, les  Beghines  Maxherées,  les  Beghines  de  S.  Adalbert  et 
les  Beghines  d'Heur,  lesquelles  884  maisons  habitées,  pose  le 
cas  de  5  personnes,  l'une  portant  l'autre,  ne  feroit  que  4,420 
personnes  que  le  Vinable  d'Isle  pourroit  contenir. 

OUTRE-MEUSE. 

Le  quartier  d'Outremeuse  ne  contient  que  deux  paroisses, 
sçavoir  : 

S.  Phollien,  contenante     .     .     .        519  maisons. 
S.  Nicolas,  »  ...        708         » 

Ensemble     .      .      .      1,227  maisons. 
qui  peuvent  être  habitées,  comme  dit  est,  en  contant  L'un  parmi 
l'autre  a  5  personnes  chacune,  de  6.175  personnes. 


246 


2ÔO 

maisons. 

[85 

» 

i7i 

)> 

443 

» 

118 

» 

263 

» 

403 

» 

2,o36 

maisons. 

FAUBOURGS. 

Rabattant  à  présent  les  paroisses  qui  sont  scituées  es  faux- 
bourgs  hors  la  cité  comme 
Ste  Marguerite  qui  a 
Ste  Gertrude  qui  a    . 
Ste  Walburge  qui  a  . 
Ste  Veronne  qui  a 
S.  Vincent  al  Boverie 
Ste  Foi  qui  en  a  .     . 
S.  Remacle  à  Pont  . 

Qui  font 

Les  contant  toutes  les  unes  parmy  les  autres  à  5  personnes, 
on  trouvera  le  nombre  de  dix  mille  180  personnes  habitans  es 
faubourgs,  sans  compter  ce  qui  est  des  paroisses  de  S.  Severin  et 
S.  Remacle,  qui  est  hors  des  portes. 

CITÉ. 

Lesquelles  2,o36  maisons  scituées  hors  des  portes  ne  reste- 
roit  que  5,53 1  maisons  scituées  et  enclos  dans  les  murailles  de 
la  cité  de  Liège,  lesquelles  étant  comptées  à  5  personnes,  l'une 
parmi  l'autre,  ne  feroit  qu'un  peuple  de  27  mille  655  personnes 
et  avec  les  faubourgs  37  mille  835;  pour  lesquels  nourir,  il 
convient  trouver  tous  les  ans  pour  la  nourriture  de  ce  peuple, 
seulement  en  pain,  en  comptant  pour  chaque  personne  un  stier, 
[par  mois],  la  somme  de  454  mille  et  20  stiers  de  grains,  sans 
comprendre  ce  qu'il  en  faut  pour  brasser. 


APPENDICE 


Ordonnance  de  Maximilien-Henri  de  Bavière,  décrétant 
la  levée  d'un  impôt  sur  les  fenêtres. 

2  août  i65o. 

Maximilian  Henry,  par  la  grâce  de  Dieu,  prince  coadju- 
teur  de  Cologne,  etc,  comte  palatin  du  Rhin,  duc  des  Deux 
Bavières,  etc.  A  tous  ceux  qui  ces  présentes  verront  salut.  Les 
Estats  de  ce  pays  de  Liège,  et  comté  de  Looz,  assemblé  au 
2yme  ,-iu  mois  coullé  sur  la  proposition  faite  de  la  part  de  Son 
Alteze  Serenissime,  leur  evesque  et  prince  très  honnoré  oncle, 
en  date  du  to™"3  de  ce  mesme  mois,  considérants  les  nécessitez 
pressantes  y  reprinses,  et  voulant  contribuer  au  salut  commun, 
nous  ont  représenté  les  resolutions  et  reces  que  chacque  Estât  a 
trouvé  a  ce  convenables  du  2jms  et  28me  dudit  mois  respective- 
ment, comme  aussy  avons  veu  celuy  du  clergé  secondaire  du 
2Cjme,  lesquels  ayants  fait  confronter  trouvons  s'accorder  entre 
autres  a  l'impost  sur  les  fenestres,  es  cité,  villes  et  fauxbourghs 
en  la  forme  suivante  :  sur  chacque  fenestre,  (y  comprises  celles 
dans  les  toits,  dit  vulgairement  bavechines),  soyent  elles  de  vittre, 
bois  ou  simple  ouverture  de  quelle  forme  que  ce  soit,  faite  pour 
servir  a  lumière  trois  soûls,  a  exiger  de  tous  habitans,  le  des- 
compte ou  regres  pour  la  moitié  saulf  au  locataire  contre  le 
propriétaire,  lequel  au  cas  que  la  maison  ne  seroit  inhabitée, 
devra  payer  le  tout,  voir  qu'une  fenestre  ayante  interstice,  pour- 
veu  qu'elle  s'ouvre  a  une  fois,  et  pas  a  deux,  ne  sera  npmbrée 
que  pour  une. 

Comme  donc  pour  le  soulagement  du  pays  il  import  que 
ledit  moyen  soit  au  plustost  mis  en  exécution,  avons  (pen- 
dant que  l'on  travaille  a  celle  du  moyen  accordé  sur  les  bon- 
niers)  en  suitte  du  plain  pouvoir  nous  donné  par  Son   Alteze 


—  248  — 

Serenissime,  notre  très  honnoré  oncle,  ordonné  et  commandé, 
ordonnons  et  commandons  par  cette,  que  tous  inhabitans  des 
maisons,  es  cité,  villes  et  fauxbourghs,  sans  aucune  exception, 
ayent  a  déclarer  par  billet  signé  de  leur  main,  ou  par  autre  en 
leur  nom  (au  cas  d'ignorance  de  l'escriture),  le  nombre  précis  et 
exacte  de  leurs  fenestres  comme  dessus,  et  ce  es  mains  chacun 
de  son  pasteur,  trois  jours  après  la  publication  de  ce  mande- 
ment, et  d'en  payer  la  portance  en  mesme  terme  es  mains  de 
ceux  qui  seront  embas  dénommez  dans  chacque  paroiche  respec- 
tivement, a  peine  au  cas  de  deffaillance  de  ladite  déclaration  et 
payement,  de  payer  le  double,  et  pour  chacune  fenestre  recellée 
dans  la  déclaration,  d'un  patagons  a  repartir  par  tiers,  entre  le 
délateur,  collecteur  et  Testât.  La  où  qu'es  cité,  villes  et  faux- 
bourgs  se  retreuvent  terres,  jardins  et  prairies,  les  possesseurs 
qui  en  auront  un  demy  bonnier,  ou  plus,  en  devront  rapporter 
aussi  bien  la  quantité,  que  des  fenestres,  et  le  choix  de  l'un  ou 
de  l'autre  sera  à  Testât. 

Au  regard  du  clergé,  tant  primaire  que  secondaire,  enten- 
dons que  les  rapports  soient  faits  avec  le  payement  aux  notaires 
de  leurs  chapittre;  et  que  les  pasteurs,  notaires  et  députez  dans 
chacque  paroisse  (lesquelles  pour  leurs  peines  seront  exempts 
de  leur  contingent),  rapporteront  fidèlement  toutes  leurs  décla- 
rations, et  argent  par  eux  receu,  et  en  une  liste  avec  les  noms 
et  nombre  des  fenestres  rapportées,  comme  aussi  les  noms  des 
derfaillans.  es  mains  de  Paul  Fisen  que  députons  recepveur,  voir 
qu'en  tous  cas  sera  permis  aux  controlleurs  a  députer  d'entrer 
es  maisons,  a  effet  de  confronter  les  rapports  avec  le  nombre 
des  fenestres. 

Cependant  comme  il  importe  d'avoir  argent  avant  que  la 
collecte  puisse  estre  achevée,  nous  exhortons  tous  et  un  chacun 
surceants  desdites  cité,  villes  et  pays,  notament  ceux  qui  en 
ont,  ou  peuvent  avoir  a  la  main  de  contribuer  en  avance  sur 
les  moyen  susdit,  et  impost  mis  sur  les  bonniers,  lesquels  leurs 
seront  affectez  pour  Tasseurance  de  l'argent  avancé  avec  Tinte - 
rest  et  les  magistrats  desdites  cité  et  villes,  de  s'employer  soi- 
gneusement a  recouvrer  lesdites  avances,  en  donnant  a  ceux 
qui  compteront  argent  les  obligations,  en  forme  desquelles  ils 
tiendront  compte  et  registre  pour  estre  apportée  aux  députez 
de  Sadite  Alteze,  et  de  ses  Estats. 

Donné  au  Palais  a  Liège  ce  2me  d'aoust  i65o. 

Signé  Groisbeeck  vl,  Maximilian  Henry,  et  plus  bas, 
Erasme  Foullon. 


—  249  — 

Saincte  Foid. 
Gérard  Corbion,  brasseur. 

Sainct  Thomas. 
Louis  Cornelis. 

Sainct  George. 
Jean  La  Court,  procureur. 

Sainct  Jean. 
Jean  Cornet,  marchand. 

Sainct  Phollien . 
Henry  des  Brassinnes. 

Sainct  Nicolas. 
Cornelis  Jalhea. 

Sainct  Remacle  au  Pont. 
Bilstain. 

Saincte  Catherine. 
Albert  Gradi,  marchand. 

Saincte  Magdelaine. 
Le  greffier  Malaise. 

Sainct  Estienne,  Sainct  Gengol  et  Nostre  Dame  au  Fonds. 
Dieu  donné  Liégeois,  maistre  du  Faulcon. 

Saincte  Aldegonde. 
Le  procureur  Nassette. 

Sainct  Nicolas  aux  Tre\  et  Sainct  Remy. 
Demy,  gendre  du  Buisson. 

Sainct  Christofle. 
Coupille. 

Saincte  Veronne. 
Bon -homme,  maistre  de  la  Verrie. 

Sainct  Martin. 
Harenne,  notaire. 

Sainct  Adalbcrt. 
Le  procureur  Malaise. 

Sainct  Michel. 
Prealle. 

Sainct  Hubert,  Sainct  Nicolas  aux  Mouches. 
Le  parlier  Delxhaille. 


—  250  — 

Sainct  Remacle  en  Mont. 
Le  notaire  Borlé. 

Saincte  Gertrude. 
Jean  Renard. 

Saincte  Margueritte. 
Servais  de  Stock. 

Sai7ict  Severin. 
Gilkin,  procureur. 

Sainct  Servais. 
Le  procureur  Engels. 

Saincte  Walbnrge . 
Quellin  Darimont. 

Sainct  André. 
Jean  Moors,  maistre  du  Chasteau. 

On\e  mille  vierges  et  Sainct  Clément. 
Guilleaume  Ticquez,  marchand. 

Sainct  Vincent  aile  Bouverie. 
Barthélémy  Le  Mignon. 

Copie  aux  Archives  de  l'Etat,  à  Liège,  dans  fonds  de 
l'Etat  Noble.  Registre,  n°  ioo.  Journées.  Propositions  des 
Princes,  164c  à  1661,  fol.  127-128  v°. 


.«$,.. 


L'EXPOSITION  DE  L'ART  ANCIEN 

AU  PAYS  DE  LIÈGE  EN  1905 

(Communication  faite  à  la  séance  de  l'Institut  archéologique 
liégeois,  du  3i  juillet  igo3,  par  M.  le  baron  R.  DE  SELYS 
FANSON,  commissaire  du  Gouvernement!. 


Messieurs, 

Lorsque,  dans  une  de  nos  séances,  au  début  de  cette 
année,  il  fut  question  d'une  Exposition  d'art  ancien  à  l'oc- 
casion de  l'Exposition  universelle  et  internationale  de  Liège, 
je  faisais  des  vœux  pour  que  notre  Société  pût  y  prendre 
une  part  prépondérante. 

Ces  espérances  se  sont  réalisées  au  delà  même  de  mes 
prévisions;  vous  en  jugerez  par  la  composition  de  la  Com- 
mission de  patronage,  ainsi  que  du  Comité  exécutif,  soumise 
à  la  signature  royale. 

Il  m'est  permis  de  vous  en  communiquer  aujourd'hui 
les  principales  divisions. 

Le  Comité  exécutif  se  composera  de  deux  sections  : 
l'une  d'art  religieux,  l'autre  d'art  civil. 

Pour  celle-ci,  la  classification  adoptée  à  l'Exposition 
d'art  ancien  de  1881  nous  a  servi  de  base.  La  voici  : 

Classe  I.  —  Peinture,  portraits  historiques,  sculpture, 
gravure  en  médailles,  dessins  et  reproductions  d'oeuvres 
d'artistes  liégeois. 

Classe  II.  —  Chartes,  manuscrits,  imprimés,  vues, 
plans,  gravures. 

18 


—  2o2  — 

Classe  III.   —  Numismatique  et  sceaux. 

Classe  IV.  —  Art  appliqué  aux  métaux,  orfèvrerie, 
dinanderie,  ferronnerie,  armurerie. 

Classe  V.  —  Mobilier,  tapisserie,  costume,  instruments 
de  musique. 

Classe  VI.  —  Terre  cuite,  grès,  faïence,  porcelaine, 
verrerie,  vitraux. 

Classe  VII.  —  Reproductions  photographiques  et 
autres. 

Il  a  été  ajouté  à  la  classe  I  :  les  portraits  historiques, 
que  nous  espérons  y  voir  représenter  de  façon  intéressante. 

A  la  classe  IV,  nous  avons  mentionné  l'armurerie,  qui 
était,  en  1881,  comprise  dans  le  terme  trop  général  de  fer- 
ronnerie, et  cela  fort  heureusement,  S.  A.  R.  le  Prince 
Albert  nous  ayant  particulièrement  recommandé  cette  divi- 
sion à  l'issue  d'une  séance  du  Comité  central  permanent, 
où  nous  avions  donné  lecture  de  la  classification. 

L'art  religieux  comprendra  deux  classes  : 

Classe  I.  —  L'orfèvrerie. 

Classe  IL  —  Objets  divers. 

Chacune  des  sections  aura  un  président,  un  secrétaire 
général  et  un  trésorier. 

Chaque  classe  aura  un  président  et  un  secrétaire  ;  les 
présidents  pourront  former  le  Comité  de  direction  et  les 
secrétaires  le  Comité  d'installation. 

La  section  d'art  religieux  sera  placée  sous  l'égide  de  la 
Société  d'art  et  d'histoire  du  diocèse. 

La  section  d'art  civil  sous  celle  de  Y  Institut  archéolo- 
gique. 


* 
*  * 


Comme  on  nous  a  fait  espérer  le  haut  patronage  d'un 
membre  de  la  famille  royale,  nous  avons  sollicité  celui  de 
la  princesse  Elisabeth,  duchesse  en  Bavière,  en  raison  des 
six  princes-évêques  de  cette  maison  qui  ont  régné  au  pays 
de  Liège. 

Ce  ne  sera  pas  une  mince  satisfaction  que  de  pouvoir 
montrer  à  notre  future   Souveraine  combien  les  princes 


-   253  — 

bavarois  ont  été  chez  nous  les  mécènes  îles  arts,  lu  nous 
avons  l'espoir  qu'elle  voudra  bien  s'inspirer  en  notre  faveur 
de  ces  lointaines  et  nobles  traditions. 

Munich,  du  reste,  grâce  à  ses  souverains,  est  aujour- 
d'hui encore  un  des  foyers  des  beaux-arts  en  Europe. 

* 

*  * 

Il  est  un  autre  nom  illustre  que  je  voudrais  voir  figurer 
en  tête  de  notre  Comité,  je  veux  parler  de  celui  de  La 
Marck. 

Le  représentant  actuel  de  cette  famille  est  Son  Altesse 
Sérénissime  le  duc  d'Arenberg. 

Permettez-moi  de  vous  rappeler,  en  peu  de  mots,  les 
liens  qui  l'unissent  aux  personnages  les  plus  célèbres  pour 
nous  de  cette  ancienne  famille  : 

Adolphe  de  La  Marck,  prince-évèque  de  Liège  en  i3i3, 
avait  pour  frère  le  comte  Englebert  II  de  La  Marck.  Celui-ci 
eut  trois  fils  :  Adolphe,  Englebert  et  Evrard,  époux  de 
Mathilde,  fille  et  unique  enfant  du  sire  d'Arenberg. 

L'aîné,  Adolphe,  est  l'auteur  de  la  branche  des  comtes 
souverains  de  La  Marck,  duc  de  Clèves,  dont  une  descen- 
dante, Sybille  de  La  Marck-Clèves,  épousa  Jean  Frédéric, 
duc  de  Saxe,  ancêtre  direct  de  notre  famille  royale. 

Souvenir  évoqué  par  le  nom  de  comte  de  Ravestein, 
que  prend  notre  souverain  lorsqu'il  voyage  incognito.  Allu- 
sion, peut-être,  au  partage  des  biens  du  dernier  comte  de 
La  Marck,  duc  de  Clèves,  sire  de  Ravestein,  auquel  la 
famille  de  Saxe  fit  au  XVIIe  siècle  une  longue  opposition. 

Le  second  fils,  Englebert,  fut  prince-évèque  de  Liège 
et  successeur  de  son  oncle  Adolphe. 

Enfin  le  troisième,  Evrard,  auteur  de  la  branche  La 
Marck-Arenberg. 

La  descendance  de  ce  dernier  était  représentée  au  pays 
de  Liège  au  milieu  du  xve  siècle  par  trois  personnages 
principaux  :  trois  frères  Evrard,  Robert  et  Guillaume. 

Evrard  de  La  Marck  comte  d'Arenberg,  l'aîné,  dont 
l'arrière  petite-fille  et  unique  héritière  Marguerite  de  La 
Marck  comtesse  d'Arenberg,  épousa  Jean  de  Ligne,  cheva- 


—  254  — 

lier  baron  de  Barbançon  ;  celui-ci  releva  le  comté,  d'impor- 
tantes possessions  et  l'hôtel  d'Arenberg,  situé  au  Mont 
Saint-Martin. 

Les  descendants  de  cette  femme  remarquable  perpétue- 
ront le  nom  d'Arenberg  et  elle  leur  obtiendra,  en  1576, 
huit  ans  après  la  mort  de  son  époux,  que  son  comté  soit 
élevé  au  rang  de  principauté. 

Robert  de  La  Marck  d'Arenberg,  deuxième  fils,  sei- 
gneur de  Sedan,  prévôt  de  Bastogne,  de  Marche,  podestat 
du  pays  de  Stavelot,  châtelain  du  comté  de  Logne,  dont  le 
grand  mérite,  à  nos  yeux,  est  d'avoir  été  le  père  du  cardinal 
Erard  de  La  Marck,  prince-évêque  de  Liège. 

Enfin,  Guillaume  de  La  Marck  d'Arenberg  baron  de 
Lumen,  le  fameux  sanglier  des  Ardennes,  le  plus  populaire, 
sinon  le  plus  édifiant  des  trois  frères. 

La  postérité  de  ce  dernier,  nous  apprend  l'ouvrage  de 
notre  érudit  confrère  le  baron  de  Ghestret,  se  perpétua  jus- 
qu'à nos  jours  et  s'éteignit  en  1820  en  la  personne  de  Louise- 
Marguerite  comtesse  de  La  Marck  de  Schleiden  ;  celle-ci, 
dernière  descendante  légitime  du  nom  de  La  Marck,  épousa 
le  duc  d'Arenberg,  aïeul  du  duc  actuel,  un  descendant  de 
ce  Jean  de  Ligne,  dont  nous  avons  parlé.  Un  acte  du 
5  juin  1748  enjoint  à  leurs  descendants  de  porter  de  mâle 
en  mâle,  par  ordre  de  primogéniture,  le  titre  de  comte  de 

La  Marck. 

* 

Je  vous  entretiendrai  maintenant  du  Palais  de  l'art  an- 
cien, projet  dont  je  désirais,  et  pour  cause,  réserver  la  pri- 
meur aux  membres  de  l'Institut.  Ce  local,  si  important, 
grâce  à  la  générosité  du  Comité  de  l'Exposition  universelle, 
et  pour  l'architecture  duquel  j'étais  invité  à  donner  mon 
avis,  me  fit  préférer  à  un  château  fort  que  les  Liégeois 
d'autrefois  s'entendaient  mieux  à  détruire  qu'à  édifier,  ou 
à  une  façade  Louis  XV  style  étranger,  un  monument  rap- 
pelant nos  anciennes  constructions  mosanes.  Il  m'est  re- 
venu alors  en  mémoire  le  dessin  du  vieux  généalogiste 
et  contemporain  Abry,  retrouvé,  il  y  a  une  vingtaine  d'an- 
nées, dans  la  bibliothèque  du  Château  de  Warfusée,  qu'a 


—  255  — 

si  bien  mis  en  lumière,  dans  le  Bulletin  de  notre  Société, 
notre  président  actuel,  M.  J.-E.  Demarteau,  et  reconstruit 

ensuite  en  miniature  par  un  autre  de  nos  membres.  \\ .  P. 
J  as  par. 

Je  veux  parler  de  la  troisième  Violette  ou  maison  de  la 
Cité  à  Liège. 

Celle-ci,  édifiée  et  terminée  en  1497,  subsista  jusqu'en 
1691.  Sa  façade  intéressante,  véritable  miroir  du  pays, 
reflétera  la  composition  de  notre  ancienne  principauté  par 
les  blasons  des  vingt-trois  bonnes  villes  et  des  trente-deux 
bons  métiers  qui  y  sont  représentés,  symbolisant  à  la  fois 
les  lieux  d'origine  des  chefs-d'œuvre  exposés  et  les  Corpo- 
rations qui  les  ont  produits. 

Ce  bâtiment,  qui  mesurait  treize  mètres  de  largeur, 
formera  un  hall  d'entrée  magnifique,  où  pourra  être  amé- 
nagée très  favorablement  l'Exposition  de  l'art  religieux. 
Autour  de  celui-ci  se  grouperont  des  galeries  d'une  surface 
triple,  où  sera  logée  la  section  d'art  civil. 

Ces  galeries  seront  ornées  de  façades  rappelant  les  cons- 
tructions liégeoises  qui  entouraient  la  Violette  au  XVIIe  siècle 
et  auxquelles  on  pourra  donner  les  enseignes  de  ces  mai- 
sons disparues,  dont  les  noms  nous  ont  été  conservés,  sa- 
voir :  la  Baleine,  la  Folie,  le  Cornet,  les  Trois  Roses,  la 
Roulette,  le  Pot  d'Etain. 

Ces  constructions  ont  été  expropriées  et  démolies,  ainsi 
que  la  Halle  des  Tanneurs  en  ruine,  pour  faire  place  à 
notre  Hôtel-de-Ville  actuel  et  l'isoler. 

L'emplacement  que  j'espère  se  trouve  au  Parc  public, 
près  du  passage  d'eau  de  Fragnée  et  faisant  face  au  pavillon 
de  la  Ville  de  Liège,  situé  le  long  de  la  Dérivation.  Ce  der- 
nier formera,  avec  le  nôtre,  presque  à  l'entrée  de  notre 
Exposition,  et  dans  le  voisinage  du  Palais  des  Beaux-Arts, 
un  ensemble  artistique  intéressant. 

Je  voudrais  voir  compléter  ce  tableau  en  y  édifiant  d'une 
façon  définitive  et  complète  notre  ancien  perron  gothique 
qui,  après  avoir  été  emporté  par  Charles-le-Téméraire,  à 
Bruges,  nous  fut  rendu  en  1478  et  replacé  en  grande  pompe 
sur  la  Fontaine  du  Marché. 


—  256  — 

Il  v  fut  témoin  de  la  construction  de  la  Violette,  comme 
aussi  de  sa  destruction  par  les  boulets  du  maréchal  de 
Boufflers,  et  fut  renversé,  lui-même,  par  un  ouragan,  deux 
ans  après,  en  i6g3. 

Réédifié  en  ces  lieux,  ce  monument  populaire  pourrait 
commémorer  notre  Exposition  et  marquer,  dans  un  avenir 
prochain,  le  centre  de  l'agglomération  liégeoise,  comme  il 
le  fit  pendant  tant  de  siècles  à  son  emplacement  primitif. 

Je  vous  dirai,  Messieurs,  en  terminant,  que  j'ai  le  ferme 
espoir  qu'avec  l'appui  de  notre  haut  et  puissant  patronage, 
le  concours  dévoué  et  éclairé  de  notre  ministre  liégeois, 
M.  Francotte,  de  notre  présidence  d'honneur,  si  bien  re- 
présentée, de  notre  Comité  de  l'art  ancien,  et,  en  un  mot, 
de  tous  ceux  que  le  culte  des  arts  ne  laisse  pas  indifférents, 
nous  ferons  une  œuvre  grande  et  surtout  utile  à  notre  chère 
cité  et  au  pays  de  Liège. 

B°n  de  SELYS  FANSON. 


DÉCOUVERTE  ARCHÉOLOGIQUE 

A   HOLLOGNE-AUX-PIERRES 


Des  travaux  de  terrassement  nécessités  par  la  construc- 
tion de  deux  maisons  à  front  de  la  route  de  Hollogne  à 
Bierset  viennent  d'amener  la  découverte  sur  le  territoire  de 
la  commune  de  Hollogne-aux-Pierres,  d'un  certain  nombre 
de  sépultures,  dont  quelques-unes  au  moins  datent  de 
l'époque  franque. 


Extrait  du  plan  cadastral  de  la  commune  de 
Hollogne-aux-Pierres,  section  C.  Echelle  de  i  à  2,5oo. 


C'est  dans  les  parcelles  cadastrées  section  C,  nn   32Ô' 
et  326',  appartenant   respectivement  à   M.    E 


Liégeois, 


—  258  — 

instituteur  en  chef  pensionné  à  Grâce-Berleur,  et  à  M.  O. 
Lambinon,  secrétaire  communal  à  Hollogne-aux-Pierres, 
qu'ont  été  faites  les  trouvailles  en  question. 

Faute  de  fouilles  méthodiques,  il  n'est  guère  possible 
de  présenter  des  données  scientifiques  sur  cette  découverte. 
Aucun  niveau  n'a  été  relevé  au  moment  des  déblais  et  le 
mobilier,  peu  riche  du  reste,  des  tombes  a  été  enlevé  et 
dispersé,  sans  qu'il  ait  été  conservé  de  souvenir  précis  de 
sa  disposition  dans  les  sépultures. 

Il  paraît  cependant  résulter  des  constatations  que  j'ai 
pu  faire  sur  les  lieux,  conjointement  avec  deux  autres 
membres  de  l'Institut,  MM.  J.  Fraipont  et  M.  De  Puydt, 
que  le  cimetière  de  Hollogne  comporte  au  moins  deux 
niveaux  distincts. 

Plusieurs  tombes  se  trouvaient  à  une  profondeur  de 
60  centimètres  environ,  d'autres  à  1  m.  5o.  Ces  dernières, 
les  plus  anciennes,  sont  franques;  les  autres,  sans  mobi- 
lier funéraire,  semblent  remonter  au  haut  moyen  âge.  Le 
cimetière  de  Hollogne  a  probablement,  comme  beaucoup 
d'autres,  servi  pendant  plusieurs  siècles. 

Des  renseignements  qu'il  nous  a  été  possible  de  re- 
cueillir, il  résulte  que  les  quelques  particularités  suivantes 
ont  été  remarquées  par  les  ouvriers. 

Les  squelettes  étaient  presque  tous  orientés  vers  le 
Levant;  l'un  d'entre  eux  avait  sous  le  crâne  une  pierre  de 
sable  trouée  (1;,  d'autres,  des  tas  de  petits  silex  (-2).  Les 
poteries  se  trouvaient  déposées  aux  pieds  des  cadavres,  les 
armes  le  long  et  de  chaque  côté  des  squelettes. 

Certaines  tombes  étaient  murées  et  dallées;  l'une  no- 
tamment, de  forme  rectangulaire  et  construite  au  moyen  de 
moellons  taillés  en  biseau,  mesurait  2  mètres  environ  de 
longueur  sur  52  centimètres  de  largeur  ;  l'épaisseur  des 
parois  était  de  20  centimètres. 

(1)  Cet  usage,  de  placer  sous  la  tête  du  défunt  une  pierre  brute 
ou  taillée,  est  connu  (Barrière  Flavy,  Les  arts  industriels  des  peuples 
barbares  de  la  Gaule  du  Ve  au  VIIIe  siècle,  p.  1 1). 

(2)  Cette  particularité  a  été  fréquemment  observée  dans  nos  cime- 
tières francs.  On  l'a  signalée  notamment  dans  une  tombe  franque  à 
Moxhe  (Bulletin  de  i Institut  archéologique  liégeois,  t.  XVII,  p.  3  11). 


—  259 

On  peut  évaluer  à  une  quinzaine  les  squelettes  qui  ont 
été  découverts  jusqu'à  ce  jour  <  i  ». 

M.  Liégeois  précité  a  pu  recueillir  les  divers  objets 
suivants  : 

—  un  grand  vase,  malheureusement  fragmenté,  d'une 
vingtaine  de  centimètres  de  hauteur,  en  terre  noirâtre,  à 
col  droit  et  panse  anguleuse,  ornée  de  dessins  à  la  rou- 
lette ; 

—  plusieurs  morceaux  d'un  vase  de  même  type,  plus 
petit,  orné  également  de  dessins  à  la  roulette  ; 

—  quelques  tessons  d'un  vase  en  fine  terre  noire  qui, 
au  dire  des  ouvriers,  aurait  affecté  la  forme  d'une  cruche 
avec  anse  et  bec  (déversoir)  à  buse  ; 

—  une  hache  en  fer,  à  un  tranchant,  d'environ  1 5  cen- 
timètres de  longueur; 

—  des  débris  d'un  scramasax  en  fer,  de  3o  centimètres 
de  longueur  ; 

—  un  fragment  de  couteau  (20  centimètres  de  lon- 
gueur) ; 

—  une  pince  à  épiler  en  bronze,  ornée  de  ciselures; 

—  une  boucle  de  ceinturon  ornementée,  en  bronze 
étamé  ou  argenté. 

De  son  côté,  M.  Lambinon  conserve  un  assez  grand 
nombre  de  tessons  de  poteries  en  terre  noirâtre  avec  déco- 
ration à  la  roulette,  quelques  débris  d'armes  (couteaux, 
scramasaxes,  etc.),  une  hache  en  fer  à  double  développe- 
ment et  quelques  autres  menus  objets. 


La  découverte  de  tombes  franques  à  Hollogne-aux- 
Pierres  a  pu  paraître,  au  début,  quelque  peu  inattendue. 

En  réalité,  cette  découverte  n'a  rien  de  surprenant, 
car  une  partie  assez  importante  du  même  cimetière  fut 
saccagée,  il  y  a  une  cinquantaine  d'années  environ,  lors 
de  la  construction  du  chemin  qui  longe  le  mur  de  clô- 

(1)  M.  Julien  Fraipont,  professeur  à  l'Université,  a  pu  se  procu- 
rer, grâce  à  l'obligeance  de  M.  Lambinon,  un  crâne  écrase,  qu  il 
cherchera  à  reconstituer. 

19 


-    260  — 

ture  du  château  de  Hollogne  et  conduit  «  aux  grosses 
»  pierres  ». 

Les  anciens  habitants  de  l'endroit  se  souviennent  avoir 
vu  mettre  au  jour  un  nombre  considérable  de  squelettes, 
de  poteries  de  tout  genre,  d'armes,  etc.  Certaines  tombes 
auraient  même  présenté  cette  particularité  qu'au-dessus  des 
restes  humains  on  retrouva  des  squelettes  de  chevaux. 

Peu  d'objets  échappèrent  malheureusement  à  la  des- 
truction; quelques  urnes  seulement  furent  recueillies,  dit- 
on,  par  la  famille  de  Goune. 

Le  territoire  de  la  commune  de  Hollogne-aux- Pierres 
et  ses  environs  ont  d'ailleurs  déjà  révélé,  à  maintes  reprises, 
des  antiquités  intéressantes. 

Plusieurs  stations  néolithiques  y  ont  été  signalées  ; 
l'une,  notamment,  à  Mons-Crotteux  (plateau  situé  entre  le 
Diérain-Patar  et  Grotteux),  a  fourni  à  MM.  M.  De  Puydt 
et  M.  Lohest  plusieurs  centaines  de  silex  taillés  :  nucleus, 
marteaux,  lames,  etc.  (1). 

Sans  m'arrèter  davantage  à  ces  antiquités  préhistoriques, 
je  rappellerai  enfin  que,  dans  le  courant  de  l'année  1890, 
lors  de  la  construction  du  fort  de  Hollogne,  on  a  découvert 
de  nombreuses  antiquités belgo-romaines,  parmi  lesquelles: 
six  soucoupes,  trois  patères  avec  sigle  effacé,  une  grande 
patère  en  terre  dite  samienne,  un  petit  vase  à  parfum,  deux 
plateaux  en  terre  grossière,  une  patère  avec  ornements  en 
relief,  une  tèle  à  déversoir  en  terre  blanchâtre,  une  petite 
soucoupe  à  bords  arrondis,  une  cruche  à  anse  (type  épi- 
chysis),  une  lampe  en  terre  blanche  à  couverte  grise,  deux 
plateaux  ou  assiettes  en  pâte  de  verre  (genre  milleriori)  (2), 

(1)  Bulletin  de  la  Société  d'anthropologie  de  Bruxelles,  t.  V. 
p.  80;  Bulletin  de  l Institut  archéologique  liégeois,  t.  XXI,  p.  91 ,  S  3. 

(2  1  Au  sujet  d'un  plateau  à  peu  près  identique,  découvert  à  Corroy- 
le  Grand,  voyez  le  Bulletin  des  Commissions  royales  d'art  et  d'ar- 
chéologie, t.  III,  pp.  189  et  suiv.  Les  deux  plateaux  de  Hollogne  ont 
été  cités  par  M.  Fl.  Pholien,  dans  son  ouvrage  La  verrerie  et  ses 
artistes  au  Pays  de  Liège,  p.  43. 


—  261   — 

des  fragments  d'un  grand  flacon  carré  en  verre  verdâtre, 
une  ciste  ou  seau  en  bronze  avec  an.se  et  cinq  monnaies  en 
bronze  (  i  ; . 

■ 

Dans  l'intérêt  de  la  science  archéologique,  il  importe 
que  des  fouilles  régulières  puissent  être  entreprises  dans  la 
parcelle  326*,  dans  laquelle  paraît  se  prolonger  le  cimetière. 

Il  est  à  souhaiter  que  M.  Lambinon,  à  qui  l'Institut 
archéologique  liégeois  a,  dès  le  début,  fait  des  propositions 
dans  ce  sens,  consente  à  donner,  à  cet  effet,  les  autorisations 
nécessaires. 

L.  RENARD. 

Février  1904. 

(1)  Ces  diverses  antiquités  se  trouvent  aujourd'hui  aux  Musées 
royaux  des  arts  décoratifs  et  industriels  du  Parc  du  Cinquantenaire, 
à  Bruxelles  (section  de  la  Belgique  ancienne,  époque  belgo-romaine, 
nos  9927,  99271,  9927*  et  suiv.  de  l'inventaire  général  . 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  S  DE  LIEUX  CITES  DANS  CE  VOLUME 


Abizier  (Gilles),  196. 

Abry,  254. 

Acosse,  11. 

Acosse  (Jean  d'),  iq3. 

jElide,   épouse  de   Conon  Spiruet, 

120. 
Aerschot,  53. 
Ahr  (Brigitte  van),  182. 
Aitte  (en  1'),  lieu  dit  sous  Vien,  178, 

180,  190. 
Aix-la-Chapelle,  1,  2,  4,  28,  66,  70, 

80-82,  119,  1 83,  212,  220-226. 
Albano  (Pierre  d"),  légat  du  pape  à 

Liège,  v. 
Albenden,  1 83 . 
Albert  (le  prince),  252. 
Alègre   \\e   marquis  d'),    169,  2i3, 

216. 
Alensberg,  86. 
Alsace  (Philippe  d'),  57. 
Amas  (André  d'),  206.  —  (Ernon  d'), 

206.  —  (Séverin  d'),  196. 
Amel,  doyen  de  Saint-Denis  à  Liège, 

21. 
Andenne,  xi. 

Andrimont  (Helewy  d'j,  147. 
Angelico,  229. 
Angers,  48. 
Angleur.  On  y  trouve  des  antiquités, 

vi,  xii  ;  2  14. 
Ansembourg  (le  comte  d'),  ix. 
Anthée,  93. 
Anthisnes,  88. 
Anthisnes  (Adam  Corbeau  d'),  126, 


1 34,  1 3g,  147-152,  164,  195,  197, 
207,  208.  —  (Ameil  d"),  146.  — 
(André  d'),  162.  —  (Anne  d'j,  i5i. 

—  (Armil  d'),  206.  —  (Catherine 
d'),  149,  1  5  1 ,  1 55.  —  (Corbeau  d'), 
143-145,  194,  207.  —  (Ernotte  d'j, 
206.  —  (Florent  d'j,  157.  —  (Flo- 
rent Corbeau  d'),  134,  i35,  139, 
i5i,  i52,  204,  207,  208.  —  (Fran- 
çois d'),  i5i,  i55,  208.  —  (François 
Corbeau  d'),  149,  i5o,  207.  —  (Gé- 
rard d'),  144-146.  —  (Godefroid  d'), 
i3o,  i32,  1 35,  i36,  140,  143,  1 53, 
1 55,  160,  i63,  164,  i83-i85,  208. 

—  (Helwyd'),  148.  —  (Isabeau  d'), 
145.  —  (Jean  d'),  149,  194,  207.  — 
(Jean  Corbeau  d'),  i5o.  —  (Jeanne 
d'),  149,  1 5 1 .  —  (Jouette  ou  Juette 
d'),  145,  147.  —  (Marguerite  d'), 
149,  i5o,  154-1 56.  —  (Marguente- 
Maximilienne  d'),  1 55.  —  (Marie 
d'),  i5i,  1 53-i 55.  —  (Nicolas  d'), 
1 53.  —  (Otton-Ernest  d '),  1 55.  - 
(Paulus  d'),  197,  199.  —  (Philippe 
d'),  149.  —  (Pirard  d'),  147,  148, 
i5o,  207.  —  (Poncelet  ou  Pon- 
chard  d'),  1 3g,  144,  145,  178,  196. 

—  (Théodart  ou  Thiry  d'),   144. 

—  (Thomas  d'j,  i3j,  143,  144.  — 
(Thomas  Corbeau  d'i,  144,  145. — 
(Thomas  dit  Corbeau  d'),  145,  146, 

193,  194.  —  (Thomas  Corbeau  d') 
dit  de  Fawe,  146,   147,  162,  193, 

194.  —  (Thomas  Corbeau  d')  dit 

20 


264  — 


de  Souvegné,   146,    193,    194. 
(Thys  d'),   149,   207.  Voy.  Cris- 

GNÉE,    LlERNEUX,   SOHEIT. 

Anvers  (les  fortifications  d'),  46,  48, 

49,  5o,  55. 
Ardoisières  (les),  lieu  dit  sous  Mo- 

dave,  45. 
Arenberg  (le  duc  d'),  253,  254. 
Argenteau  (Guilleaume  d'),  195. 
Arlon,  62,  m,  137,  169,  212. 
Arson  (le  marquis  d'),  189. 
Aspremont  (Jean  d'),  1 36. 
Aspremont-Lynden  (Marie-Josèphe- 

Hyacinthed'),  157.  —  (Maximilien- 

Henri  d'),  157. 
Astenet,  75,  85,  86. 
Ath,  49,  59. 
Aubel,  81 . 
Aubin,  83. 
Augsbourg,  14,  169. 
Ausens,  85. 
Autriche  (Georges  d'),  prince-évêque 

de  Liège,  129. 
Avesnes  (Jean d'),  comte  de  Hainaut, 

5,7,  16,  17,  25. 
Avins  (les),  92,  169,  2i3. 
Awans,  144,  1 53,  172. 
Awans  (Arnoul  d'),  21. 
Aywaille,  82,  172. 

Bactriane  (la),  v. 

Badar  (Thomas),  194. 

Baelen,  71,  75,  77,  80,  84,  85. 

Baillonville,  173. 

Baldéric  II,  évêque  de  Liège,  220- 
224,  226,  229,  23o. 

Baneux,  189. 

Barbançon,  254. 

Barbatius,  III. 

Baré  (Elisabeth),  i3 1 .  —  (Jean),  162, 
194. 

Barvaux,  157. 

Bastogne,  62,  254. 

Bauduin  le  Bâtisseur,  59,  60. 

Baugnée,  88,  137. 

Baugnée  (Jean  de),  195. 

Bavay,  92. 

Bavière  (Ernest  de),  prince-évêque 
de  Liège,  52,  119,  239.  —  (Ferdi- 
nand de),  id.,  233.  —  (Joseph  Clé- 
ment de),  id.,  173.- — (Maximilien- 
Henri  de),  id.,  63,  119,  247.  — 
(Louis  de),  comte  palatin  du  Rhin, 
2. 


Beauduin,  chanoine  de  Saint-  Lam- 
bert à  Liège,  i3. 
Beaufays,  84. 
Beaufort,  37,  1  57. 
Beaumont  (le  sire  de),  141. 
Bebenhausen,  4. 
Beck  (Eugène-Albert  baron  de),  157. 

—  (Eve-Isabelle  de),  157. 
Beghein  (Jacques  de),  1 34,  189,  190. 

—  (Pierre-Gérard-Joseph  de),  190. 
Belderbusch,  86. 

Bergh,  85. 
Beringh  (M.),  240. 
Berlieren,  87. 
Bernardfagne,  148,  186. 
Berninck  (Antoinette),  184. 
Bertholf,  85. 
Bertholf  (Jeanne),  85. 
Bertrand  (Alexandre),  membre  dé- 
cédé de  l'Institut,  xxvn. 
Bertrand  (Louis),  85. 
Bettincourt  (Guillaume  de),  21. 
Beucken,  85,  87. 
Beusdael,  75,  78,  87. 
Bicquet  (Jean-Joseph),  177. 
Bidart  (Jean  le),  194. 
Bierset,  257. 

BlHAlN,   184. 
BlLSTAIN,  80,   249. 

Bilstain  (de),  84,  240. 

Binckem  (Jean  de),  1 83. 

Bock  (J.),  abbé  de  Rolduc,  71. 

Bock  (Peeter),  85. 

Boenraedt,  87. 

BoETZELER(lebaronde),i53. —  (Anne 
de),  157. 

Bohême  (le  roi  de),  141,  142,  145, 
146, 166. 

Boileau  (Jean-Baptiste  de),  169,  i83- 
1 85,  187,  188.  —  (Jean-Baptiste- 
Eustachede),  184,  1  85.  —  (Marie- 
Ferdinande- Antoinette  de),  1 85, 
189.  —  (Nicolas  de),  184.  —  (Ogier 
de),  134,  i52.  —  (Paul-Herman 
de),  185-187.  —  (Pierre- Joseph  de), 
i34,  188,  189. 

Bois,  161 . 

Bois-Borsu,  vi,  xii  ;  1 10. 

Bois  de  Soheit (Jeanne  de),  181,  182. 

—  (Wauthier  de),  181,  182. 
Bolland,  83. 

Bonhomme,   maître   de   la   verrerie, 

249- 
Bonis  (Baudouin  de),  162. 


—  265 


Borchgravk  d'Altena  (la  comtesse 
de),  112. 

Borlé  (le  notaire),  25o. 

Borlez,  176. 

Borsu,  96,  99. 

Bossut  (Wauthier  de),  147,  1 63. 

Bouffi. i;rs  (de),  171,  172,  2i3,  256. 

bougnoux,  84. 

boulacq,  i. 

Bouillon,  46,  49,  62,  160. 

Bourgognf.  (le  duc  de),  224. 

Bouvignes,  46,  62. 

Bovy,  228,  229. 

Brabant  (Henri  Ier  duc  de),  5i.  — 
(Jean  de).  18,  19,  25.  —  (Jean  Ier 
de),  137,  164,  1 65,  208.  —  (Jean  III 
de),  53,  141.  —  (Jeanne  de),  146. 
—  (Waléran  de),  196. 

Braesberg,  87. 

Braine  (Engerrand  de),  142. 

Braives,  92,  g3. 

Brandebourg  (M.  de),  212. 

Brandenborch,  86. 

Brassines  (Henri  des),  249. 

Brée,  n. 

Brialmont  (Agnès  de),  149.  —  (Jean 
de),  149,  182.  —  (Thys  de),  149. 

Briffoz  (Anne),  i32.  —  (Warnier), 
1  32,  1 5 1 ,  196,  2o3. 

Brisbois  (l'abbé),  140. 

Brisché  (Jean),  i35. 

Broeck,  86. 

Bruges.  Les  fortifications,  47,  57, 
58,  255. 

Bruneshorne  (Alexandre  de),  cha- 
noine de  Saint-Lambert  à  Liège, 
9,  10. 

Brunsaer,  84. 

Bruxelles.  Les  fortifications,  54,  77. 

Cadolle  (M.  de),  212. 

Caille,  86. 

Caire  (le),  1. 

Calvo  (M.  de),  168,  210. 

Canges  (Jean  de),  officiai  de  Liège, 
20.  —  (Jean  des),  doyen  de  Saint- 
Lambert,  28. 

Cartuyvels  de  Collaert,  124. 

Chabot  (Stassin),  i3i. 

Changes  (Pierre  de),  20. 

Chanteraz  (Gérard  dit), 20. — (Gilles), 
20. 

Chantemerle  (Masalon  de),  dite  de 
Hermalle,  145. 


Chapi  1  1  1     seigneurie  de  la),  -; 

237. 
Chardenkux,  xi. 

CliARLEMAGNE,   221. 

Charlkroi,  49. 
Charles-le-Chauve,  i  17. 

Charlks-lk-Tkmkkairk,  48,  5l,  52, 
255. 

Charles  II,  roi  d'Hspagne,  60. 

Charles  III,  70. 

Charles-Quint,  55,  56. 

Charlier  (Jean  Le),  217. 

Charnkux,  75,  77,  82,  87. 

Charneux  lÀnne-Marie-Josèphede), 
161.  — (Arnold- Laurent  de;,  1  5q- 
161,  164,  169,  208,  209,  212.  2  1  3. 

—  (Guillaume-Walram-Arnoldde), 
nii.  —  (  Henri-Laurent  de; ,  161. 

—  (Herman-Denisde),  161 ,209.  — 
(Jean-Conrard- Laurent  de),  161, 
167,  168,186,209,210. — (Jeanne- 
Catherinede),  161.  —  (Laurent  de), 
159,  161,  164-166,208,209,211. 

—  (Marie-Charlotte-Josèphe-Ju- 
lienne  de),  160,  161,  209.  —  (Ma- 
rie-Jeanne-Elisabeth de),  161,209. 

—  (Marie-Laurence-Josèphe  de), 
161.  —  (Marie-Marguerite-Gérar- 
dine  de),  161.  —  (Mathieu-Ignace- 
Joseph  de),  161. 

Chaudfontaine  (antiquités  trouvées 
à),  vi,  xi. 

Chaufour  l'Evêque,  dépend.  d'An- 
thisnes,  139,  196. 

Chaumont-sur-Mkusk,  144. 

Chavagnac  (le  comte  de),  167,  210. 

CHÊNAY(le),  dép.  dAnthisnes,  116. 

Chêne  Cornet  (le  1,  dép.  d  Anthisnes, 
126. 

Chéoux  (Adam-Bernard  de),  1 5 1 . 

Cheraux  (  Henri  délie),  abbé  de  Saint- 
Laurent  à  Liège,  52. 

Cherra  (Tige  del),  lieu  dit  sous  An- 
thisnes, 196. 

Chéry,  206. 

Chesne  (Cortil  à  la),  lieu  dit  sous 
Anthisnes,  1 33. 

Chestret  (de),  254. 

Chèvremont,  xi. 

Chimay,  45. 

Chiney,  172. 

Chokier,  xi. 

Clermont,  64,  75,  77,  8 1 ,  83,  87. 

Clkves,  253. 


—  266  — 


Clocher  (Jean),  84. 

Cloes  (le  curé),  191 . 

Coene  de  Herstal(  Henri),  180,  181. 

—  (Oude  ou  Ide),  180,  181.  Voy. 

VlLHAIN. 

Colin  (Mathieu),  177. 
Collard-Larock,  112. 
Colley  (Baudouin),  i5i. 
Cologne,  61,  66.  —  (l'Electeur  de), 

i85,  187. 
comblain-au-pont,   il6,    1 32,    i  53 , 

i63-i65,  1 72,  207. 
Commine  (la),  lieu  dit  sous  Anthisnes, 

120,  177,  178. 

CONCARNEAUX,   48. 

Condroz  (le),  117,  119,121,168,  171, 
173,  174,  211,  21 5.  —  (l'archidia- 
coné  du),  1 65,  175,  190. 

Conrad  III,  1 18. 

Conrardi  (Barbe-Cécile de),  187,  188. 

—  (Barthélémy  de),  187. 
Consbruck  (M.  de),  210. 
Constantin,  empereur,  11: 

CONSTANTINOPLE,  224, 

Constantinople  (Jeanne  de),  5. 

Cool  (Peter),  84. 

Corbière  (le  sieur),  211,  212. 

Corbion  (Gérard),  249. 

Cornelis  (Louis),  249. 

Cornet  (Jean),  249. 

Cornillon  (la  léproserie  de),  ni,  iv. 

Corte  (Marguerite- Isabelle  de),  184, 
i85.  Voy.  Curtius. 

Cortils,  87. 

Corroy-le-Grand,  260. 

Coudenhove  (J.-E.  de),  110. 

Coune,  87,  260. 

CotjpiLLE,  249. 

Court  (Jean  La),  249. 

Courtebourne  (le  régiment  de),  170. 

Courtejoie  (Isabelle-Françoise  de), 
159,  161,  218.  —  (Jean'de),  1 58, 
159.  —  (Melchior-Valentin  de), 
i59. 

courtray,  58. 

Crapoel,  85. 

Crassier  (Robert),  88. 

Crisgnée  (Conrard  de),  121,  1 54-1 56, 
208.  —  (Gilles  de),  1 56.  —  (Jac- 
quemin  de),  dit  d'Anthisnes,  i3i. 

—  (Marie-Marguerite  de),  1  56. 
Crocey.  Voy.  Villers  de  Crocey. 
Crocher  (le  marquis  de),  172. 
Croppe,  84. 


Cromois  (Jean  de),  229. 

Croonenbergh,  85. 

Crummel  (Simon),  85.  —  (Willem), 
85. 

Crutzen  (Pierre),  87. 

Cues,  v. 

Curtius,  xiii.  —  le  musée,  xm,  xiv. 

Curtius  (les  moulins  dits),  à  An- 
thisnes, 1 85. 

Curtius  'Pierre),  1 85. 

Cusa  (Nicolas  de),  légat  du  Saint- 
Siège,  Cardinal,  iv,  v  ;  sa  tombe, 
IV,  v. 

Dalhem,  46,  64.  —  (comte  de),  69. 

Dam  (Lambert),  178. 

Dampierre  (Guy  de;,  comte  de  Flan- 
dre, i5,  16. 

Damuseal  (Winand  le),  194. 

Dave  lez-Flavion,  161,  208. 

Darimont  (Quellin),  25o. 

Davin-Rigot  (M.-E.),  1 1 3. 

Davreux,  228,  229.  — (Charles),  117. 

Defrance  (Georges),  173,  176. 

Delcommune  (Ev.),  88. 

Delcour  (Gilson),  176.  —  (Jean), 
176.  —  (Jean-Gilles),  176. 

Delle  Loge  (Jean),  176. 

Delvaux,  88. 

Delxhaille  (le  parlier),  249. 

Demarteau,  255. 

Demy,  gendre  du  Buisson,  249. 

De  Puydt,  258,  260. 

Devilez  (Lambert),  191. 

Diest,  53,  57. 

Dînant,  ii,  46,  48,  62,  i52,  169,  170, 
172,  21 1,  212,  214,  2  1  6,  219. 

Dobbelstein  (Ursule),  87. 

Dolembreux,  83,  88. 

Donnay  (Jean-Joseph),  181. 

Draeck  (de),  87. 

Ducange,  11. 

Dunerwald  (le  régiment  de),  210. 

dupont-nollet,  1  33. 

Durand,  23i. 

Durbuy,  120,  134. 

Eau-bonne,  lieu  dit  sous  Modave,  45. 
Ebroïn,  fidèle  de  Louis  le  Bègue,  117. 
Ehrenbreitstein,  61. 
Eilbert,  seigneur  de  Florennes,  1 17, 

120,  175. 
Elisabeth, duchesse  de  Bavière,  252. 
Elocq  (Jean),  217,  218. 


—  267  — 


Embiérir  (le  moulin  d'),  1 33 . 

Embkeumont  (Jean  d'),  202. 

Emon  (Cloes),  204. 

Eneille,  177,  182. 

Engels  (le  procureur),  25o. 

Enghien  (Jean  d'),  éveque  de  I  iége, 
7,  12,  i3,  i5,  16,  18,  20,  22,  35,  36, 
37. 

Ensival,  82,  83. 

Epinois,  xi. 

Erardus,  228. 

Erfurt,  26,  27. 

Ernonheid,  i 34,  1 85,  186. 

Ernst  (l'historien),  141,  157. 

Eschen,  86.  —  (Ten),  86. 

Esculape,  111. 

Esneux,  84,87,88,  137,  195.  —  (sei- 
gneurie d'),  72. 

ESSLINGEN,   4. 
EUPEN,   75,   80. 

Eure  (Jean),  doyen  de  Saint-Jean,  21. 
Everacle,  23  1. 

Eycken,  86. 

Eynatten,  75,  80,  86. 

Eynatten  (Jean  d'),  195,  196.  —  (Le 

comte  d'),  72.  —  "(Le  baron   de 

Remersdal  d'),  71. 
Eynenbourg,  85. 
Eysden,  xi. 

Fa  bri  (Wauthier) ,  197. 

Faloise  (Henri),  217. 

FAULCoN(Dieudonné  Liégeois,  maître 
du),  249. 

Fauquemont  (Jean  de),  19.  —  (Wa- 
leran  de),  18,  19,  69. 

Fawe,  Fau,  146,  162. 

Fisen  (Paul),  248. 

Flandre  (la  comtesse  de),  18.  —  (Le 
comte  de),  41,  141. — (Gui,  comte 
de),  25.  —  (Marguerite,  comtesse 
de),  5. —  (Jean  de),  éveque  de  Liège, 
22-24,  26,  27,  1 37,  192,  193. 

Fléron,  83. 

Fleussu  (Oger),  191. 

Flône,  i5o. 

Florence,  228. 

Florennes,  1 18,  175. 

Florzé,  84,  87. 

Floxhes  (les),  179. 

Fontin,  83,  84. 

Forettes  (le  lieutenant  colonel  la), 
168, 211. 

Forster,  vi. 


Foullon,  23g.  —  (I  .148. 

fouron-le-comte,  xiii. 

Fragnée,  255. 

Fraillet  (Jean),  200. 

Fraipont,  i35,  1 53,  200,  202,  258. 

Fraipont  (Anne-Elisabeth  de 

-  (Elisabeth  de),    i53,  154,    160, 

164,  208. 
Fraiture,  210. 
Fraiture  (Noël  de),  [96. 
Fraiture-sur-Amblève,  1  53. 
Frambach,  84. 

Franchimont  (le  pays  de),  2i5. 
Francfort,  i. 
Francken  'Philippe- Emmanuel  de), 

166,  167,  209. 
Francotte,  256. 
Frédéric,  empereur,  27. 
Frédéric  II,  empereur,  8,  9. 
Fkésart   (Emile),   membre   décédé, 

XXVI. 

Fresin  (Petit-),  92. 

Fribourg,  23,  241. 

Frôhner,  11. 

Froidbise  (Guillaume),  191. 

Fronville,  170,  173,  21 3,  218. 

Fronville  (Hubert  de),  162,  206.  — 
(Marie  de),  162,  206. 

Fuchsemberg  (Thomas-Adolphe-Re- 
nard de),  189. 

Gaesbeeck  (Henri  de),  21. 
Gall  (l'abbaye  de  Saint-),  225. 
Gallo  de  Salamanca  (Louis),    186. 

—    (Marie-Claire-Josèphe) ,     161, 

186,  187. 
Gand,  46,  57.  —  Les  fortifications, 

57. 
Gemmenich,  75,  76,  78,  81,  86. 
Gkmunde,  21. 
Gerberge,  épouse  de  Godefroid  de 

Rachamps,  120. 
Geulhof,  85. 
Gilkin,  25o. 
Gilta  y-Léonard.  134. 
Giseh  (le  musée  de),  1,  11. 
Glain,  xii. 

Godefroid  III,  duc  de  Brabant,  53. 
Godefroid,  chanoine  de  Saint-Jean, 

i3. 
Godescalc  (l'abbé),  118. 
Goé,  80. 

Goesnes  (le  seigneur  des),  3y. 
Goeswin  de  Beyne  (Heluyj,  181. 


•268  — 


Grâce,  i5S,  159,  162-164. 

Grace-Berleur,  2  58. 

Gradi  (Albert),  249. 

Grandame  (la  cour),  179. 

Granges  ou  Grainge  (Jean  de),  191, 
194,  204. 

Grasse,  84. 

Graux  (Henri  de),  120.  —  (Guil- 
laume de),  162. 

Grégoire  X,  pape,  7,  9,  12,  i5. 

Grimonster,  149. 

Groisbeeck,  248. 

Gronsfelt,  81. 

Groulle,  84. 

Gueldre  (Henri  de),  prince-évêque 
de  Liège,  3-6,  22,  3 1-34;  ses  rap- 
portsavec  Rudolphe  de  Habsbourg, 
1-44. 

Guillaume  (le  roi),  9. 

Guillaume  Ier,  66. 

Guiscard  (le  comte  de),  170,  172, 
214. 

Gulpen  (Pierre),  86. 

Guy,  chanoine  de  Saint-Lambert  à 
Liège,  20. 

Guy,  comte  de  Flandre,  25. 

Guyffré,  11. 

Habsbourg  (Rudolphe de), et  la  prin- 
cipauté de  Liège,  1  -44. 

Hagelstein,  87. 

Hagelstein  (Henri),  87.  —  (Willem), 
87. 

Hagen  (von),  85. 

Hagenau,  2. 

Haghen  (Willem),  85. 

Hainaut  (le  comte  de),  26,  41.  — 
(Jean  de),  141 . 

Halois  (Henri),  écolâtredeMayence, 
20. 

HAMAL(Marie-Julienne-Angèle-Lam- 
bertine  de),  161. 

Hamoir,  149. 

HanÈche  (Jean  de),  162. 

Hanskenne  (Godefroid),  140. 

Harcourt  (le  marquis  de),  170,  172, 

2l3. 

Harking,  71 ,  75. 
Harenne,  notaire,  249. 
Harre  (Everard  de),  1  5  1 . 
Harzé,  134. 

Hasque  (de),  bénéficiera  Aix-la-Cha- 
pelle, 82. 
Hasselt,  53. 


Hastédon,  45. 

Hastière.  Voy.  Waulsort. 

Hautepenne,  184. 

Hautepenne  (le  baron  de),  119.  — 
( M  arie  -  Georgine  -Thérèse  -  Cathe- 
rine de),  157.  —  (Marie-Philippine 
de),  i58. 

Hautregard,  87. 

Haye  (La),  70,  211. 

Heid,  Heys,  146,  147,  149. 

HELLER,   225. 

Hénaux  (Firmin),  n3. 

Henri  V,  empereur,  9,  10. 

Henri  VIII,  47. 

Henri-Chapelle,  75,  80. 

Henrifays  (le  bois  de),  178. 

Hens,  86. 

Hepsée  (Jean  de),  i5i. 

Héraclius  II,  empereur,  11. 

Herckenrode  (le  capitaine  de),  210. 

Herenthals,  53. 

Héresinde,  épouse  d'Eilbert,  sei- 
gneur de  Florennes,  118. 

Hergenraet,  75,  85. 

Hermée  (Rigaud  de),  145. 

Hérock  (Nicolas  de),  120. 

Herstal,  xii,  233. 

Hersterboom,  84. 

Hervé,  75,  77,  82,  83,  88,  141. 

Hesse  (le  prince  de),  172. 

Heur  (  M  arie- Jeanne-  Marguerite  d'), 
190. 

Heyd  (le  bois  délie),  à  Anthisnes,  128, 
139,  196. 

Heyd  (le  château  délie),  à  Villers- 
aux-Tours,  128,  147. 

Heyde  ou  Heys  (Jean  délie),  147. 

Heyden  (Jean  van  der),  86. 

Heyendael,  abbé  de  Rolduc,  72. 

Hodaige,  88. 

Hodister  (Gilles  de),  149.  —  (Jean 
de),  207. 

Hody,  84,  1 35,  1 5 1  - 1 54.,  157. 

Hoghen  (Jean),  176. 

Hoignée  (Henri  de),  206,  207. 

Hollogne-aux-Pierres,  xi,  21,  257- 
261. 

Hollogne  (Jean  de),  21. 

HOLSET,  75. 

Hombourg,  75,  76,  78,  81. 

Honorius  IV,  pape,  25. 

Hony,  84. 

Hoofman  (Arnold),  84. 

Hornes  (Jean  de),  prince-évêque  de 


—  269  — 


Liège,  5i,  52.  —  (Le  comté  de), 

234. 
Houffalize,  i3y. 
Houffalize  (Arnoul  de),  142. 

HoUGAERDE,   221. 

Housse,  xii. 

Hubin  (Hubert),  191.  —  (Jacques  de), 

121. 
Hupsch,  86. 
Huy,    11,  xiii,   21,  46-49,   63,    167, 

168,  172,  178,  i85,  210,  211,  219. 

Image  (lieu  dit  à  1'),  162,  i63. 
Isenbourg  (Louis  d'),  prévôt  de  Wetz- 

lar,  chanoine  de  Saint-Lambert  à 

Liège,  26. 

Jacquemotte, 229. 

Jacquet  (Hubert),  191. 

Jalhea  (Cornélisj,  249. 

Jamar  (Jean),  194. 

Jamet  (Louisj,  206,  207. 

Jaspar,  255. 

Jean,  curé  de  Vien,  i63,  191. 

Jean  (le  peintre),  220-221). 

Jean,  évêque  de  Tusculum,  26. 

Jean  III,  duc  de  Brabant,  53. 

Jean  XXI,  pape,  17,  41. 

Jeanne  de  Constantinople,  5. 

Jeneffe    (Rigald    de),   chanoine  de 

Saint-Jean  à  Liège,  20. 
Jénicot,  228,  229.  —  (Pierre),  191. 
Jennet  (François),  171. 
Joosten,  86. 
Joseph  II,  49,  53,  54,  59,  60. 

JULÉMONT,   7  5,  77,   82. 

Juliers  (le  duc  de),  212. 
juturne,  iii. 

Kaiserwerth,  2. 
Kalkhoven, 85. 
Kelmis,  75,  78. 
Kettenis,  75,  80. 
Kinkempois,  174,  214. 
Konne  (Jacques  de),  195. 

Labbye  (Gilles  dej,  129. 
Ladmiral  (le  commandant),  173. 
Laer,  xii. 

Lageri  (Gilles  de),  doyen  de  Saint- 
Lambert  à  Liège,  12,  28. 
Lambar  (Warnechon),  194. 
Lambinon,  258,  259,  260. 
Lamboy  (J.),  85. 


I .ami'Idi    Jean  de  ,  i83. 

I  .  \  '.den,  92,  109. 

Lannoy,  l 

Lanscroone,  86. 

Laon,  i5. 

Lapide   Werner  de  .  archidiacre  de 

Liège,  21. 
Lardenois   Jeanne,,  i5i. 
Latinne.   On  v  tait  des  fouilles,  x, 

mi,  89-94. 
LATOUR  (dej,  72. 

Lausanne,  12,  i3. 

Lauwknhoff,  85. 

I.i  mbor  (Grégoire),  178. 

Lenys  (Jean),  191. 

Léon  (l'évêque),  23o. 

Lexhy  (Humbert  de),  144. 

Lestang  (le  colonel  dej,  168,211. 

Lesve,  1 32,  1 53. 

Leuze  (Hubert  de),  191. 

L'Hoest  (Isidore),  membre  décédé, 

XXVII. 

Libermé,  85. 

LlCHTENBERG,  86. 

Liège,  47,  49,  8i-83,  118-121,  125, 
126,  129,  1 36,  1 56,  1 58,  169,  171, 
179-181 ,  184-187,  200,  202,  203, 
2o5,  208,  212-214,  2I7)  22°i  22^i 
226,  228,  229,  236,  237,  240,  241, 
246,  255.  —  Les  églises  et  le  clergé: 
Saint-Adalbert,  187,  238. —Saint- 
Barthélémy,  181 .  —  Les  Croisiers, 
47.  —  Sainte-Croix,  237,  243.  — 
Sainte-Foi,  238. —  Sainte-Gertrude, 
238.  —  Saint-Gilles,  46.  —  Saint- 
Jacques,  220,  222,  224,  225,  227, 

228,  23o. —  Saint-Jean,  i63,  238. 
—  Saint-Lambert,  1 55,   160,  227, 

229,  240,   243.  —  Saint- Laurent, 

46,  52,  I2I-I23,  I27,    128,    178,  190, 

210,21 1,  23o. — Sainte-Marguerite, 
238. — Saint  Martin-en-Mont, 243, 
254.  —  Saint-Martin-en-Ile,  238.  — 
Saint-Nicolas,  237,  238.  —  Saint- 
Paul,  188,  190,  238.  —  Saint-Pho- 
licn,  238.  —  Saint-Remacle,  238.  — 
Saint-Remy,238.  — Saint-Séverin, 
238.  —  Sainte-Véronique,  238.  — 
Saint-Vincent,  238.  —  Sainte-  Wal- 
burge,  238.  —  La  léproserie  de 
Cornillon,  24.  —  Le  couvent  de 
Beaurepaire,  27.  —  Les  Prémon- 
trés du  Mont-Cornillon,  27. 
Liège.  Les  fortifications  de  la  ville. 


270 


5o,  5i,  52;  le  pont  d'Amercœur, 
47  ;  les  tours  en  Bêche  et  des  Croi- 
siers,  47  ;  les  moulins  de  Saulcy  et 
de  Gravi  ouïe,  47. 

Liège.  L'origine  du  diocèse,  des 
doyennés,  etc.,  îv  ;  les  légats  du 
Pape,  v. 

Liège.  Exposition  de  l'art  ancien, 
25 1-256;  histoire  de  la  céramique, 
vi  ;  les  maréchaux  d'armée,  iv  ; 
la  population  en  i65o,  232-242; 
la  maison  Porquin,  iv,  vu,  vin,  ix. 

Liégeois,  259. 

Lierneux,  189. 

Lierneux  (Catherine  de),  147.  — 
(Mélie  de),  144.  —  (Philippart  de), 
148.  —  (Gérard  de),  dit  d'An- 
thisnes,  147-149'  l63>  2°7- 

Ligne  (Jean  de),  253,  254. 

Limbourg  (ville  et  duché  de),  46,  64, 
70-74,  i38,  141,  157,  195,  196. 

Limbourg  (Henri  III,  duc  de),  i36, 
137,139,  143, 192.  Voy.  aussi  Bra- 

BANT. 

Lincé,  207. 

Linden  d'Hooghvorst  (Léonard-Jo- 

seph-Ghislain,  baron  van  der),  143. 
Logne  (le  comté  de),  122,  146,  148, 

i5o,  1 53,  164,  207,  254. 
Lohest,  260. 
Lombar  (Laurent),  177. 
Loneux,  88. 
longchamps,  92. 
Lontzen,  72,  80,  86,  88. 
Loo,  58. 

Loomont  (Philippe),  85. 
Looz  (le  comté  de),  246. 
Looz  (la  collégiale  de),  191. 
Looz  (les  comtes  de),   118,  119.  — 

(Camille  de),  93. —  (Georges,  prince 

de),  106. 
Louis  le  Bègue,  117,  119. 
Louis  XIV,  48,  60,  63,  64,  70,  119, 

i65,  166, 168,  173,  209. 
Louis  XV,  254. 
Louvain.  Les  fortifications,  47,  49, 

53,  54. 

LOUVEIGNÉ,   I46. 

Louvois,  59. 

Louvrex  (G.  de),  239. 

Lowaigk    (Francon    de),   doyen    de 

Saint-Lambert  à  Liège,  28. 
Lumen,  254. 
Luxembourg,  46,  65,  80. 


Luxembourg  (Ermesinde,  comtesse 
de),  120,  137.  —  (Gérard  de),  i5. 

—  (Henri  de),  1 5, 143.  —  (Jean  de), 
141.  —  (Waleran  de),  1 36,  137, 
192.  —  (Le  comte  de),  120.  —  (Le 
maréchal  de),  168,  210,  211,  218. 

Lymbourg  (Damien-Arnould  de),i83, 
184.  —  (Etienne  de),  181,  182.  — 
(Henri  de),  181,  182.  —  (Jean-Re- 
nier  de),  i83.  —  (Louis  de),  182. 

Lyon,  6,  i3. 

Mabroeck,  87. 

Maestricht,  11,  65,  66,  82,  83,  168, 
174,  210,  214. 

Maffe,  96. 

Mahieu  (Jean),  169,  211,  212. 

MaisiÈre  (le  colonel  de),  209. 

Malaise  (le  procureur),  249. 

Malines,  49,  54,  141. 

Malmedy,  80,  121,  1 35,  i36,  154. 

Malo  (Saint),  48. 

Many,  88. 

Maquenoise,  45. 

Marche,  169,  211,  212,  254. 

Marché.  63. 

Marchi,  56. 

Marchin,  144. 

Marck  (Adolphe  de  la),  141,  253.  — 
(Erard  de  la),  prince-évêque  de 
Liège,  5i,  254.  — (Evrard-Engle- 
bert  de  la),  253.  —  (Louis  de  la), 
1 5 1 .  —  (Arenberg  de  la),  253,  254. 

—  (Clèves  de  la),  253. 
Marguerite,  comtesse  de  Flandre,  5. 
Marie,   épouse  de  Ponchard  d'An- 

thisnes,  145. 
Marié  (Jacques- Louis  le),  21 3. 
Marlborough,  70. 
Martels  (Jean),  186,  187. 
Martin  IV,  pape,  22. 
Masbourg,  180. 

Mathieu  (Jacques-Joseph),  176, 191. 
Mathis  (Thiry),  176 
Maximilien  (Hubert),  85. 
Mayence,  22,  24,  44. 
Mayence  (l'archevêque  de),  118. 
Meckelbach,  87. 
Medael,  87. 
Meeffe,  148. 
Membach,  84. 
Mercure,  vi. 
Mergel  (den),  86. 
Mérode  (de),  86. 


—  '271 


Merols,  75,  86. 

Mêry,  83. 

Metz,  i36,  168,  188,  192,211. 

MlDDELHOF,   87. 

Mignon  (Barthélémy  Le),  25o. 
Milst  (Jean  van),  l'éditeur,  j.3b. 
MiRiES  (van),  11. 

MODAVE,  45. 

Moffarts  (le  baron  Camille  de),  1 78, 

190. 
Moha  (le  quartier  de),  234. 
Moitrez  (Jean-Isidore,   baron    de), 

164,  208. 
Moncheal    d'Ouhar   (Lieu    dit   le), 

162,  206. 
Mons,  46,  48,  49,  59. 
Mons-Crotteux,  260. 
Montaigu,  120. 
Montai gu  (Lambert,  comte  de),  118, 

120. 
Montal  (le  régiment  de),  168,  21 1. 

MONTENAKEN,  92. 
MONTJARDIN,    l86,    187. 
MONTMÉDY,    Ô7. 

MoNTMOkENCY  (le  maréchal  de),  210. 

Voy.  Luxembourg. 
Montzen,  71,  75,  76,  77,  78,  81,  86, 

87. 
Moors  (Jean),  maistre  du  chasteau, 

25o. 
Moreau  de  Sart  (Gilles),  181,  182. 
Moreau  de  Thon  (Godefroid),  i52. 

—  (Marguerite),  i52,  208. 
Moresnet,  75,  78,  81. 
Mortier,  83. 
Mortroux,  75,  77,  83. 
Mouland,  83. 
Mulstro  (J.),  85. 
Munich,  253. 
Muschemen,  84. 
Mutzhagen,  85. 
mutzhoff,  85. 
My,  191. 
My  (Marie  de),  1 34,  1 5 1 .  —  (Raesou 

Raskinde),  1 33,  i5i. 

Namur,47,  49,  5o,  61,  J32'  146»  167, 
209,  210;  les  fortifications,  47,60- 
62. 

Namur  (Godefroid,  comte  de),  120. 

Nandrin,  172,  191,  218. 

Nantes,  48. 

Napoléon  Ier,  49,  56. 

Nassette,  procureur,  249. 


Natalis  (Guillaume),  121,  l-ij. 

Neret,  85. 

Neudorf,  80, 

Neuffokge  (Colienne  de),  149. 

iLi.K  (le  baron  de  la),  170,  2 1 3, 
2  I  8  . 

Neufville-en-Condroz,  214. 
Neufville-sur-  M       1  .  149. 

Anne  de),  1  56. 
Nicolai,  71,  75,  191. 
Nicolas  IV,  pape,  27. 
Nicolas  V,  pape,  v. 

NlEDEGGEN,  66. 

Nimègue  (la  paix  de),  160,  168. 

N  IN  ANE,  XI. 
NlNOVE,  57. 

Noël,  curéd'Anthisnes,  176. 
Noihmont,  i5i. 
Notger,  224,  23o,  237. 
Noyelles   (Louis,  comte   de),   174, 

214. 
Nudorp,  75. 
Nurenberg,  59,  233. 
Nuvolara   (Jean-Baptiste  de),    i32, 

1 54,   1 56,  208,211.  —  (Julienne- 

Ferdinande  de),  1 33. 

Obsinnich,  iq3. 

Ocquier,  villa  belgo-romaine,  94, 
1 12,  i5o,  171 . 

Odémont,  83,  87,  88. 

Olnf.  (la  cour  d"),  à  Awans,  1 53. 

Omal,  92. 

Omalius  (Herman),  i33. 

Ombret,  xi. 

Omsassen,  86. 

Oppenheim,  10. 

Opsinnich  (de),  85,  87. 

Orval,  157. 

Osilie,  épouse  de  Nicolas  de  Hé- 
rock,  120. 

Ostendk,  48,  49,  58. 

Otreppe  de  Bouvette  (d'),  xin. 

Ottokar,  roi  de  Bohême,  16. 

Otton  Ier,  1 18,  119. 

Otton  III,  221,  224-226. 

Otton  de  Saint-Vitton,  chancelier 
de  l'empire,  6.  9,  i3. 

Ottoncourt  (Jean  d'),  chanoine  de 
Saint-Martin  à  Liège,  20.  —  (Fré- 
déric), doyen,  20. 

Ouffet,  n,  116,  168,  175,  179,  180, 
210. 

Ouffet  (Henri  d'),  176. 

21 


—  272  — 


OUGRÉE,  XII,  214. 

Ouhar,  u5,  116,  i32,  i36, 137,  148- 
1 5 1 ,  04,  1 55,  nS-169,  186,  192, 
194,  206-212. 

Ouhar  (André  d'),  162,163,206,207. 

—  (Baudrid'),  162,206.— (Ernotte 
d'),  194,  206.  —  (Hannuy  d'),  194. 

—  (Jean  d'),  206,  207.  —  (Jeanne 
d'),  206.  —  (Laurent  d'),  206,  207. 

Oultremont  (Charles  d'),  121. 
Outremeuse  (Henri  d'),  chanoine  de 
Sainte-Croix,  20. 

OVERSASSEN,  86. 

Oyembrugge  de  Duras  (Anne-Marie 
d'),  160. 

Paille,  172. 

Paix-Dieu  (l'abbaye  de  la),  i52. 
Palant  (de), 86.  —  (Charles-Joseph- 
Bernard,  baron  de),  1 58. 
Panhuys,  85. 

Parfonrieu  (Isabeau  de),  144. 
Paris,  56. 

Pastrana  (Marie-Gabrielle  de),  186. 
Pauquay,  87. 
Pennevin  (le  sieurj,  214. 
Péterkens  (Grégoire),  196. 
Philippe  V,  70. 
Philippe-le-Hardi,  58. 
Philippin  (le  capitaine),  167,  210. 
Pierrepont  (Hugues  de),  5i,  1 36. 
Pirnay(H.),  86. 
Pirotte  (François  de),  176. 
Plainevaux,  174,  214. 
Planchon  (Jean-François  de),  i83. 
Poilvache  (Pierre),  1 35. 
Pont  (Benoît  du),  140. 
Poorterie  (le  quartier  de  la)  à  Ypres, 

240. 
Porcine  (Lombard),  iv. 
Porragia  (Anselme  de),  chanoine  de 

Saint- Lambert  à  Liège,  4. 
Pouhon,  PouxHON,à Anthisnes,  134, 

168,   184,    190,  211.  —  à  Ernon- 

heid,  i33,  O4,  i83-i86. 
Poueseur,  84,  88,  i33,  i52,  i5o.  — 

sous-Rahier,  1 55-i  57,  208. 
Pousset  (Thomas  de),  144. 
Préalle,  249. 
Préneste  (Guido  de),  légat  du  Pape 

à  Liège,  v. 
Presskux-la-Marck  (Englebert  de), 

63. 
Prum,  21. 


Psalmis  (Colard  de),  20. 
Quintin  (Jean),  191. 

Rabotraet,  85,  86. 

Rachamps  (Godefroid  de),  120. 

Racket  (Jean),  i5o.  —  (Marie),  i5o. 

Raddoux  (le  chanoine],  240. 

Radot  (Jean),  195. 

Radoux  (le  sieur),  208. 

Rahier  (Gilles  de),  1 53.  —  (Gilles- 
Ferdinand  de),  160. 

Raeren,  75,  80,  86. 

Raes,  82. 

Ram  (le  château  du),  46. 

Ramet,  xi. 

Ramioulle,  i83. 

Rave  (Catherinej,  i52.  —  Daem,  84. 
—  (Nicolas),  1 55. 

Raven,  85. 

Ravestein  (de),  253. 

Rebotraet,  75. 

Rechain,  82,  83. 

Rechain  (Grand-),  75,  77,  83.  —  (Pe- 
tit-), 75,  77,  82. 

Reckheim,  167,  210. 

Régner  (Servais),  124. 

Reims  (l'université  de),  1 55. 

Remacle  (le  sergent),  197,  199. 

Remersdael,  71,  81,  86. 

Remy  (Jean),  pâtissier,  240. 

Renard  (Jean),  25o. 

Renarstein,  i33. 

Renepont  (Jean),  211. 

Renier,  23o. 

Rennotte  (Pierre),  227. 

Restées  (Jean  de),  doyen  de  Saint- 
Pierre,  20. 

Riddersassen,  86. 

Rimière  lia),  84,  137. 

Roche  (lai,  172,  212. 

Rochefort,  168,  182,  211. 

Rock  (la),  17*1. 

Rocour  (Hélène  de),  147. 

Rode  (André  de),  notaire  royal,  32- 
34,  37. 

Rode  (Andréde),  notairede  Rudolphe 
de  Habsbourg,  4,  6-8. 

RODRYCQUEZ,  2IO. 
ROLDUC,  69,   71,  72,  75,  80. 

Roly  (Henri-Louisj,  190. 
Rome,  7,  8. 

Rome.  Dernières  fouilles  faites  au 
Forum,  11,  ni. 


-  273 


Romerée  (Jean  do,  ioo,  i  3 5 ,  175. 
Rond-Chènk.  170,  17.S,  21 3. 
Rouchende  Gracht  (le  fief  du),  86. 
Rothen  (Thierry  van  der),  85. 
Rosikk  (Warnier),  100. 
Rosoux  (M.),  112.  —  (Tilman  de), 

chanoine  de  Saint-Paul,  à   Liège, 

20. 
Rosmel,  83,  87. 
Roy  (Placide),  140. 
Royer  Courardi,  i5i,  —  (Jean),  149. 

RUPERT,    23o. 

Ruyft,  85. 

ruyschenberch,  85. 
Ryswyck  (traité  de),  69. 

Salzbourg  (le  comte  de),  168,  210. 

Sand  (George  van),  85. 

Sapogne,  157. 

Sart,  83. 

Sart  (le  ban  de),  i5o. 

Sart  (Jean  de),  194,  196. 

Sart-Moulin,  157. 

Sart  (Saint-Jean),  83. 

Sart-sur-Ourthe,  149,  02, 1 53, 1 55, 
207,  208. 

Sarteau  (Nicolas),  123, 125, 126,  1  96, 
197. 

Saumur,  48. 

Saurémont,  83. 

Saurémont  (Laurent),  83. 

Saxe  (Jean-Frédéric,  duc  de),  253. 

Scaillet,  abbé  de  Waulsort,  175. 

Scaliger,  11. 

schenkenleen,  85. 

schimper,  86. 

schleiden,  2  54. 

Schlôsser  (von),  I,  II. 

Schoolmeesters,  doyen  de  Saint- 
Jacques,  229. 

Schoppe  (Jean),  84. 

Scrinier  (Jean  le),  2o5. 

Schwarzenberg  (de),  85,  86x. 

Sclatta,  chanoine  de  Saint- Lam- 
bert, i3. 

Sedan,  169,  2i3,  214,  254. 

Segetum,  120. 

Selys  Fanson  (le  baron  R.  de),  25 1. 

Sény,  120. 

Seraing,  214. 

Seraing  (Daniel  de),  1 53.  —  (Elisa- 
beth de).  Voy.  Fraipont. 

T'Serclaes-Tilly  (le  comte  de),  170, 
174,  2i3,  214. 


champs,  1 5 1  - 

SlNNICH,  8l,    1 

comte  de;,  70,  ; 

■  AKEN,   75,   Ni  . 

Snoeck  (Keerst;. 

Soheit,  1 3 1 ,  i32,  18 1 ,  1 

Soheit  (François  de),  i32,  i5i,  17'). 
—  (François  dei  dit  d'Anthisnes, 
i3i,  i32,'i  3o,  i58.  -  (Hubert  de/, 
1 58.  —  (Jacques  de)  ditd'Anthisnes, 
1 3 1 .  —  (Jean  de),  i32.  —  (Jean  de) 
dit  d'Anthisnes,  i3i.  —  (Jean  de] 
l'aîné,  126,  i32,  197.  -  Jean  de; 
le  jeune,  1 58.  —  "(Lion  de),  126, 
i32  158,196,  [97.  —  (Mariede), 
i3i. 

Soiron.  72,  75,  77,  82,  87,  1 58. 

Solières,  xii,  i35,  2o5. 

SOLRÉE,    I49. 

Sougnez,  84. 

SoUVEGNÉ,    146. 

Spa,  vi. 

Sparmont  (Marguerite  de),  140. 

Spirlet  (J.),  87. 

Spiruet  (Cononj,  120,  177. 

Sprimont,  84,  137.  —  (La  seigneu- 
rie dei,  72. 

Stavelot,  80,  84,  254. 

Stavelot  (Arnould  de),  chanoine  de 
Saint-Denis,  20.  —  (Ville,  pays  et 
abbés  de).  121.  122,  129,  146,  148- 
i5o,  1 58,  161,  162,  164,  i65,  179, 
189,  206-209. 

Stassar  (Jaspar),  88. 

Stasse    (Alexis) ,    membre    décédé . 

XXVII. 

Steen  (le),  à  Anvers,  46. 
Steinbruck  (Otton),  233. 
Stembert,  83. 
Stepennes  (lieu  dit  les),  116. 
Stickelman  (Gillis),  85. 
Stienne  (Catherine),  i5o. 
Stock  (Servais  de),  2  5o. 
Stockem,  84. 
Stockis,  87. 
Streversdorf,  86. 
Surlet  (de),  87. 
Survillers,  92. 

Taillard  (Camille  d'Hostun.  comte 

de),  170,  173,  2i3,  216. 
Tassigny,  1  57. 
Tavier,  137,  149,  1 56,  07. 


274  — 


Tavier,  84,  88.  —  (seigneurie  de),  72. 
Terme  (Antonin),  membre  décédé, 

xxvn . 
Termonde,  57. 
Tersillien,  85. 
Teuven,  75,  78,  81,  87. 
Theux,  46,  63. 
Theux  (Denis),  191. 
Thier,  87. 

Thimister,  75,  77,  82. 
Thisquen,  83. 
Thomas  (Jean),  176. 
Thourotte  (Robert  de),  3,  5. 
Thys  (Célestini,  122. 
Ticquez  (Guillaume),  2  5o. 
Tiers-Etat  (députés  du),  71. 
Tilff,  218. 

Tilleur,  169,  184,  1 85,  212. 
Tillioux- Rolland  (la  ferme  de),i32, 

154. 

TlNLOT,  II. 

Tirlemont, 53. 
Todi,  v. 

TOHOGNE,  180. 

Tolumont,  lieu  dit.  à  Anthisnes, 
128,  1 32,  i38,  140.  1 54,  169,  196, 
212. 

Tongres,  m,  6,  92;  les  fortifications, 

52. 

Tornaco  (le  baron  Camille  de),  112. 

—  (François,  baron  de),  112. 
Tourinne,  xi.  92.  —  la  Chaussée,  4. 
Tournay,  47,  5o,  58,  1 52,  188. 
Tresogne  (Jean  de i ,  206. 
Trêvks.  14.  —  'L'électeur  de  ,  186. 
Trond  (Saint-j.  53. 
TROPs(de),  85. 

TUDER,  V. 

Tutélaire  (Grégoire),  [64,  178. 

Ubert  de  Saint-Eustache.  cardinal, 

i3. 
Urbain  IV,  pape.  1 35. 

Val-Dieu,  82. 

Valombré  (de),  188. 

Val-Saint-Lambert.  ^4. 

Valsassines  de  comte  de),  73. 

Van  Hex,  228,  229. 

Vauban  (le  maréchal  de),  48,  55,  58, 

61,  65. 
Vaulx  (lieu  dit  la),  196. 
Védrin,  170. 
Velletri.  160. 


Venne  (Henri  dej,  licencié  et  avocat 

à  Liège,  96. 
Verlaine,  180. 
Verrinck  (le  citoyen],  124. 
Verviers,  11,  63,  83. 
Vervoz,  i3  et  suiv.  —  Exploration 

de  substructions  romaines,  97-112. 
Vervoz  (Nicolas  de)  d'Amas.  i5o. 
Vicq,  211. 

VlEGEAY,    I79,    190.  Voy.  VlLLÉGIAU. 

Vien,    116,    120-122,    129.    l32-l35, 
149,  154,  i63,  169, 177-191,  2i3. 
Vienne,  16. 

VlLENS,    VlLHAIN,   VlLLEN,  etC.  Voy. 

Vien. 

VlLJAEREN,   86. 

VlLLÉGIAU,  [79,  l80,  l85.  Voy.  VlE- 
GEAY. 

Vilhain  Baudouin  de),  1 79-1 81.  — 
(Collard  de),  180.  —  (Énglebert 
de),  179.  —  (Gérard  de),  178.  — 
iHenninde).  178.  —  (Henri  dit 
Coene  de),  180-182.  —  (Jacques 
de),  180.  —  (Jeanne  de),  181,  182. 
(Jean  de),  178,  180. —  (Renard  de), 

VlLLERS,    143. 

Villers  (Etienne  de),  129. 
Villers-aux-Tours,    88,    128,    1 3 1 , 

i32,  137,  139,  141,  i5i,  1 53,  i54, 

2o3.  —  (Seigneurie  de),  72. 
Villers  de  Crocey  (Jeannede),  180. 

—  (Mathieu),  180. 
Vill  ers-la  -Ville,  abbave,  46. 
Viron  (Anne-Julienne  de),  161.   — 

(Jean- Antoine,  baron  de),  161. 
Visé.  46,  64,  65,  83,  169,  212,  233. 
Vits  (M.  de),  172. 
Vivegnis,  82. 
Vogelsanck,  86. 
Voisin  (Daniel-François),  169,  211, 

212. 
Vroichem,  84. 

Wagnée  (Jean  de),  207. 

Waha  de  Baillonville  (Auguste  et 
Edouard,  barons  de),  1 16,  117,143. 
Charles-Alexandre,  baron  dej, 
160.  209. 

Wal  (Conrard-Adolphe  de),  157.  — 
F.ugène-Albert-Joseph,  baron  de), 
140.  157.  —  (Guillaume-Eugène- 
Joseph, baron  dei,  141 , 1  57.  —  (Jo- 
seph-Alexandre-Albert- Jean-Népo- 


—  275  — 


mucène,  baron  de),  1.S7.  —  (Marie- 
Philippine-Elisabeth  de  .  r43,  1  58 

—  [Mathieu-Ignace  de  .  i56, 

—  -  rhierry- Philippe  de  .  i5~. 
Waldkck  (Adolphe  de  ,  prévôt  d'U- 

trecht,  chanoine  de  Saint-Lambert 
a  Liège,  26. 

Waldenborch  (Eléonore  de)   85 

Walhokn.  75,  80,  81,  86.  —  (Ban 
dei.  71,  75,  80,  85, 

Walle    baron  de],  72. 

Walsbetz,  92. 

Waremme,  52. 

Wahfusée,  254. 

Warrimont,  86. 

Waulsort  (l'abbaye  et  les  abbés  de) 
"?_I2i-  I24-^7,  i3i,  .33,  i35,' 
i36,  138-T40,  142,  146-148,  1 5 1- 
i53,    162-164,  175,  177-179,    "1  - 

193,    I96,  I97,  200,   203,  205. 

Weens,  85 

Wege  (le  chevalier  délie),  12. 

Wegnez,  82. 

Werden,  4. 

Westphalie  (Traité  dei,  233. 

Wilnove  (le  comte  H.  de  .  1  8. 

Wodémont  (seigneurie  de),  72. 

Woei.mont  (baron  de),  72. 


W01  rjnghi      [a  bataille  de).  137. 
Woest  (les  barons  de),  1 
174,  212,  21 3,  2 

1  1  NRAl  DT,   87 

Woi  ff  fie  commandant;.  173. 

WoONS,    Mil. 

WootdeTrixhe  i.eTim.ot  .1.     210 
Worm  (Willer  van  den),  85. 

WlJRZBOURG,    26.    27, 

Wyer,  S5. 

Xheneumont,  86,  87. 

Xheneumont  (Guillaume  de)    181   — 

(Marie  de;,  181,  [82. 
Xhignesse  (Jean-Nicolas  de,    177 
Xhoffray,  83. 
Xhos,  149. 

Xhos  (Gilles  de),  194.  —  (Gilette  de) 

180. 
Xhurre  (Jeanne  délie),  180. 


Ypres,  58. 

Ypres  (Poorterie  à) 


241, 


Zahringen    (Rudolphe   de),    prince- 

évêque  de  f.iége,  ni. 
Zulpich,  66. 


TABLE   DES    MATIÈRES 


NOTICES   ET   MEMOIRES 

L.  Renard.  —  Rapport  sur  les  travaux  de  l'Institut  pen- 
dant l'année  1902 1 

E.  Schoolmeesters.  —  Rudolphe  de  Habsbourg  et  la 
principauté  de  Liège 1 

G.  Ruhl.  —  Coup  d'œil  sur  les  anciens  ouvrages  fortifiés 
des  villes  de  la  Belgique 4S 

D.  Brouwers.  —  Documents  relatifs  à  la  matricule  du  du- 
ché de  Limbourg  en  iyo5 69 

L.  Renard.  —  Rapport  sur  les  recherches  et  les  fouilles 
opérées  par  l'Institut  pendant  l'année  1903 89 

Baron  J.  de  Chestret  de  Haneffe.  —  Anthisnes.  Une 
seigneurie  ecclésiastique  sous  l'ancien  régime.  —  La  seigneurie 
de  Vien 1 15 

Godefroid  Kurth.  —  Le  peintre  Jean 220 

J.  Brassinne.  —  La  population  de  Liège  en  i65o     .     .     .     232 

Baron  de  Selys  Fanson.  —  L'exposition  de  l'art  ancien 
au  pays  de  Liège  en  1905 25i 

L.  Renard.  —  Découverte  archéologique  à  Hollogne-aux- 
Pierres 257 

DOCUMENTS 

Entre  12 14  et  1221.  Henri,  marquis  de  Limbourg,  énumère 
les  droits  qu'il  tient  de  l'église  de  Metz,  en  qualité  d'avoué  des 
biens  de  l'abbaye  de  Waulsort,  à  Anthisnes  et  à  Ouhar     .     .     .     192 

Commencement  de  1274.  Lettre  de  Rudolphe  de  Habsbourg 
à  l'évêque  de  Liège  Henri  de  Gueldre 3i 


—  278  — 

i2745  20  mai-  Lettre  de  l'évêquede  Liège,  Henri  de  Gueldre, 
au  notaire  royal  André  de  Rode 32 

1274,  vers  le  20  mai.  Lettre  d'André  de  Rode  à  l'évêque  de 
Liège,  Henri  de  Gueldre 33 

1274,  entre  le  4  et  le  1 5  avril.  Lettre  d'André  de  Rode  au  cha- 
pitre de  Saint-Lambert 34 

1274,  septembre.  Lettre  d'André  de  Rode  au  chapitre  de 
Saint-Lambert 34 

Première  moitié  de  1275.  Lettre  du  roi  Rudolphe  au  chapitre 
de  Saint-Lambert 35 

1275,  après  le  i5  février.  Lettre  de  l'évêque  de  Liège,  Jean 
d'Enghien,  au  roi  Rudolphe 35 

1275.  Lettre  du  roi  Rudolphe  à  Jean  d'Enghien,  évêque  de 
Liège 37 

1275,  4  août.  Lettre  des  prévôts  et  doyens  des  églises  cathé- 
drale et  collégiales  de  Liège  au  roi  Rudolphe 37 

Vers  la  fin  de  1275.  Lettre  des  magistrats  de  Liège  au  roi 
Rudolphe 39 

Commencement  de  1277.  Lettre  du  comte  de  Hainaut  au  roi 
Rudolphe 41 

1277.  Lettre  du  roi  Rudolphe  au  pape  Jean  XXI    ....       41 

1281,  6  décembre.  Lettre  du  roi  Rudolphe  aux  nobles,  mi- 
nistériels, vassaux  et  hommes  du  pays  de  Liège 42 

1285,  i3  juillet.  Statut  pénal  contre  les  faux  monnayeurs.     .       43 

i36i,  16  juillet.  Les  hommes  de  fief  de  Jean  d'Acosse,  abbé 
de  Waulsort  et  de  Hastière,  attestent  en  sa  présence  que  dom 
Thomas  Corbeau  d'Anthisnes,  son  prédécesseur,  a  légué  son  fief 
d'Anthisnes  à  Thomas  Corbeau  d'Anthisnes  dit  de  Fawe,  écuyer, 
son  cousin,  lequel  en  fait  relief 193 

1546,  10  juin.  Record  de  la  cour  de  Limbourg  touchant  les 
droits  du  voué  d'Anthisnes 195 

i552,  17  mars.  Plaid  de  quinzaine  tenu  à  Anthisnes  et  recon- 
naissance du  nouveau  seigneur  Nicolas  Sarteau,  abbé  de  Waul- 
sort    196 

1593,  i5  octobre.  Record  touchant  la  valeur,  les  profits  et 
émoluments  de  la  seigneurie  dAnthisnes  en  Condroz,  pays  de 
Liège 200 

i65o,  2  août.  Ordonnance  de  Maximilien-Henri  de  Bavière, 
décrétant  la  levée  d'un  impôt  sur  les  fenêtres 247 


—  279  — 

ARMOIRIES    ET   SCEAUX 

Anthisnes  les  échevins  d'),  58.  Lierneux  dit  d'Anthisnes  i  de  . 

—         (Thomas  d'),  144.  148. 

Beghien  (dej,  189.  Lymbourg  (de),  182. 

Boileau  (de),  184.  Vilhain  (dej,  178. 

Crisgnée  (de),  1  55.  Wal  (de),  1S6. 

ÉPITAPHES 

DANS    L'ÉGLISE    D'ANTHISNES 

Anthisnes  (François-Corbeau  d')  et  son  épouse  Marie  Racket.  1 5o 

—         (Ponchart  d') 145 

Brifoz  (Warnier  de)  et  son  épouse  Anne  d'Anthisnes  .  .  .  i5i 
Wal  (Mathieu-Ignace  de)  et  son  épouse  Marie-Marguerite  de 

Crisgnée 1 56 

DANS    L'ÉGLISE    DE    VIEN 

Boileau  (Jean-Baptiste  de)  et  son  épouse  Marie-Isabelle  de 
Corte i85 

A    SAINT-LAURENT    A    LIÈGE 

Léon  (l'évêque) 23 1 

INSCRIPTIONS 

Sur  le  bassin  de  Juturne 111 

Sur  des  tuiles  trouvées  à  Latinne 92 

Sur  des  tessons  trouvés  à  Vervoz  (Clavier)     ....       102,  io3 

Au-dessus  de  la  porte  d'entrée  de  la  ferme  d'Anthisnes  .  .  i23 
Sur  les  armes  de  Guillaume  Natalis,  abbé  de  Saint-Laurent 

à  Liège 12  3 

Sur  une  cloche  au  château  d'Ouhar 1 58 

Sur  une  lame  de  plomb  dans  la  tombe  du  peintre  Jean,  à 

l'église  de  Saint-Jacques  à  Liège 228 

Idem 229 

FRAGMENTS   GÉNÉALOGIQUES 

Anthisnes  (d') i43 

Boileau  (de) 184 

Charneux  (de) 161 

Vilhain,  seigneur  de  Vien  (de) 178 

Wal  (de) 1 56 


-  280  — 

PLANCHES 

La  porte  d'Amcrcœur  à  Liège  en  1788 5i 

Billes  en  terre  cuite  trouvées  à  Vervoz 107 

Anthisnes  :   château  des  avoués;  ferme  seigneuriale  et  an- 
cienne église 1 1 5 

Château  d1 Anthisnes 142 

Une  cheminée  du  château  d'Anthisnes 160 

Le  château  de  Vien  vers  1740,  d'après  un  dessin  de  Remacle 

Le  Loup 188 

VIGNETTES 

Extraits  de  la  carte  topographique  militaire  ....     90,  95,  99 
Extrait  du  plan  cadastral  de  la  commune  de  Hollogne-aux- 
Pierree 257 


INSTITUT  ARCHÉOLOGIQUE  LIÉGEOIS 


STATUTS 

Art.  I.  —  Une  Société  est  fondée  à  Liège  pour  recher- 
cher, rassembler  et  conserver  les  œuvres  d'art  et  les  monu- 
ments archéologiques,  particulièrement  ceux  de  la  province 
et  des  anciennes  dépendances  du  pays  de  Liège. 

Elle  prend  le  titre  d'Institut  archéologique  liégeois  et 
correspond  avec  les  Sociétés  savantes,  belges  ou  étrangères, 
instituées  dans  des  vues  analogues. 

Art.  IL  —  L'Institut  se  compose  : 

i°  De  seize  membres  effectifs  au  moins  et  de  trente  au 
plus;  ils  doivent  être  domiciliés  dans  la  province; 

2°  D'un  président  et  d'un  vice-président  honoraires,  à 
savoir  :  le  gouverneur  de  la  province  et  le  bourgmestre  de 
la  ville  de  Liège  ; 

3°  De  vingt  membres  honoraires  ; 

4°  De  cinquante  membres  correspondants  ; 

5°  De  membres  associés. 

Art.  III.  —  Les  places  vacantes  pour  le  titre  de  membre 
effectif,  honoraire  ou  correspondant,  seront  mentionnées 
sur  les  convocations,  afin  que  l'on  puisse  procéder  aux  pré- 
sentations de  candidats.  Ces  présentations  devront  être  faites 
par  écrit  et  signées  par  trois  membres  effectifs.  L'admis- 
sion décidée  par  bulletins  secrets  et  à  la  majorité  absolue 


—  II  — 

des  suffrages,  aura  lieu  dans  la  séance  qui  suivra  celle  où 
auront  été  faites  les  présentations,  et  dont  elle  devra  être 
distante  d'au  moins  huit  jours. 

La  moitié,  au  moins,  des  membres  effectifs  existants 
devra  être  présente  pour  pouvoir  procéder  à  l'élection  d'un 
membre  effectif,  et  le  tiers,  après  une  seconde  convocation. 

L'élection  des  membres  effectifs  et  des  membres  hono- 
raires a  lieu  dans  la  séance  du  mois  d'avril  et  dans  celle  de 
décembre,  après  la  formation  du  bureau. 

Lorsqu'il  y  aura  lieu  d'augmenter  le  nombre  des  membres 
effectifs,  conformément  au  §  i°  de  l'art.  II,  il  faudra  une 
délibération  expresse  de  VInstitut  avant  de  pouvoir  pro- 
céder à  la  présentation  de  candidats. 

Art.  IV.  —  Les  réunions  ordinaires  ont  lieu  mensuelle- 
ment, sauf  pendant  les  mois  d'août,  septembre  et  octobre. 
Le  bureau  fixe  le  jour  et  l'heure  des  séances  (1). 

Les  membres  effectifs  qui,  dans  le  courant  de  l'année, 
n'auront  pas  payé  leur  cotisation,  seront,  après  avertisse- 
ment, considérés  comme  démissionnaires. 

Aucune  résolution  ne  peut  être  prise  si  sept  membres 
effectifs  au  moins  ne  sont  présents  à  la  séance. 

Les  membres  honoraires,  correspondants  ou  associés 
peuvent  assister  aux  séances.  Ils  ont  voix  consultative. 

Toute  discussion  étrangère  au  but  de  VInstitut  est 
interdite. 

Les  décisions  sont  prises  à  la  majorité  des  voix.  En  cas 
de  parité,  la  proposition  est  rejetée. 

Sur  la  demande  de  trois  membres,  on  procède  au  scru- 
tin secret. 

(i)  Actuellement,  VInstitut  tient  séance  le  dernier  vendredi  du 
mois,  pendant  la  période  d'été  (avril  à  juillet  inclus)  et  le  dernier  di- 
manche du  mois  pendant  la  période  d'hiver  (novembre  à  mars  inclus). 

En  outre,  suivant  décision  du  3i  janvier  1902,  VInstitut  se  réunit 
le  dernier  dimanche  du  mois  d'octobre,  à  10  1/2  heures,  en  une  séance 
extraordinaire. 


TABLEAU  DES  MEMBRES 

DE 

L'INSTITUT  ARCHÉOLOGIQUE  LIÉGEOIS 


PRESIDENT   HONORAIRE 

LE    GOUVERNEUR     DE     LA     PROVINCE     DE     LIÈGE 

PETY  DE  THOZÊE  (LÉon). 

VICE-PRÉSIDENT  HONORAIRE 

LE    BOURGMESTRE     DE    LA     VILLE     DE     LIÈGE 

KLEYER  (Gustave). 

BUREAU  DE  LA  SOCIÉTÉ  POUR  1904 

Président  :  Ed.  BRAHY-PROST. 
Vice-Président  :  J.  FRAI  PONT. 
Secrétaire  :  Lucien  RENARD. 
Conservateur  :  J.  ALEXANDRE. 
Trésorier:  E.  PAQUES. 
Bibliothécaire  :  Joseph  BRASSINNE. 
Conservateur -adjoint  :  Jean  SERVAIS. 

COMPOSITION  DES  COMMISSIONS  POUR  1904 

Commission  des  publications  :  MM.  J.  ALEXANDRE. 

J.-E.  DEMARTEAU. 

Th.  GOBERT. 

J.  BRASSINNK. 
Comm  ission  d'achat  :  M  M .  J .  ALEX  AN  I)  R  E . 

Bon  J.  DECHESTRET. 

J.  HELBIG. 

Bon  R.  DE  SÉLYS  FAN- 
SON. 
Commission  des  fouilles  :  MM.  M.  DE  PU  Y  DT. 

J.  FRAIPONT. 

L.  RENARD. 

Le  président  de  Y  Institut  k\\{  do  droit  partie  des  Commissions. 


—   VIII 


MEMBRES   EFFECTIFS 


Dale  de  l'entrée     Dale  de  l'admission 


à  l'Institut. 


comme  membre  effectif. 


8  nov.  1859. 


1860.   6  mars  1862. 
13  dec.  1867. 


28  déc.  1879.  29  déc.  1882. 
24  tev.  1882.  27janv.  1887. 
24  fév.  1882.  27janv.  1887. 


3. 


4  fév.   1876. 

4. 

27  juill.  1877. 

5. 

31  janv.  1879. 

6. 

24  fév.  1862. 

26  mai   1882. 

7. 

1876.     26  mai  1882. 


Juillet  1874.     26  mai   1882.      9, 


10. 


12. 


31   mai  1889.     13. 


BORMANS (Stanislas),  adminis- 
trateur-inspect1'  de  l'Université, 
membre  de  Y  Académie  royale 
de  Belgique,  président  de  la  Com- 
mission royale  d'histoire  de 
Belgique,  13,  rue  Forgeur,L^e. 
D1'  ALEXANDRE  (Joseph),  15, 
rue  Volière,  Liège. 
HELBIG  (Jules),  artiste  peintre, 
vice-président  de  la  Commission 
royale  des  monuments,  16,  rue 
de  Joie,  Liège. 

JAMAR    (Edmond),    architecte, 
21,  rue  Saint- Pierre,  Liège. 
SCHOOLMEESTERS  (Emile),  vi- 
caire général,  14,ruede  l'Evêché, 
Liège. 

BODY  (Albin),  littérateur,  Spa. 
DE  CHESTRET  DE  HAiNEFFE 
(baron  Jules),  membre  de  Y  Aca- 
démie royale  de  Belgique,  31, 
rue  des  Augustins,  Liège. 
FRÉSON  (Jules),  conseiller  ho- 
noraire à  la  Cour  d'appel.  24,  rue 
Sainte-Marie,  Liège. 
DEMARTEAU  (Josephj,  rédac- 
teur en  chef  de  la  Gazette  de 
Liège,  12,  place  Verte,  Liège. 
DE  PUYDT  (Marcel),  112,  bou- 
levard de  la  Sauvenière,  Liège. 
DE    SOER    (Oscar),    18,    place 
Saint-Michel,  Liège. 
DEMARTEAU  (J.-E.),  professeur 
à  l'Université,  51,  rue  de  Huy, 
Liège. 

NAVEAU    (LÉON),    docteur    en 
droit,  Theux. 


—   IX   — 


Date  de  l'entrée 

â  l'Institut. 

27   fév.    1885. 


30  nov.  1883. 


1887. 
31janv.  1889. 
25  j  an  v.  1886. 

29  mars  1878. 
31  janv.  1889. 

29  nov.  1895. 
13  mars  1868. 

28  mai  1897. 
20  avril  1898. 
25  nov.  1898. 
24  fév.   1899. 


Date  de  l'admission 

comme  membre  effectif 

31  mai  1889.     14. 


29  mai   1891.  15. 

29  mai  1891.  16. 

18  déc.   1891.  17. 

23  mai  1893.  18. 

24  déc.  1896.  19. 

27  mai   1898.  20. 

30  déc.  1898.  21. 

30  dec.   1898.  22. 

27  avril  1900.  23. 

27  avril  1900.  24. 

27  avril  1900.  25. 

27  avril  1900.  26. 

28  déc.    '1900.  27. 


28  mai  1880.     30  mai  1902.     28. 


LE  PAIGE    i  lONSTANTIN  ,  pi  i 

seur  à  l'i  rniversité,  membr  i  de 
Y  Académie  royale  de  Belgique, 
parc  de  (  Jointe,  Ougrée. 
DE  HARENNE  (Chevalier  J.- 

B.),  Chaud  fontaine. 
FRAIPONT  (Julien),  professeur 
à  l'Université,  membre  de  V Aca- 
démie royale  de  Belgiqio 
rue  Mont-Saint-Martin,  Liège. 
BRAHY-PROST  (Edouard),  126, 
rue  Féronstrée,  Liège. 
PAQUES  (Erasme),  22,  quai  d'A- 
mercœur,  Liège. 
GOBERT  (Théodore),  archiviste 
provincial,    10,   quai    de    Maes- 
tricht,  Liège. 

RUHL    (Gustave),    avocat.    73, 
boulevard  d'Avroy,  Liège. 
DE  CRASSIER  (baron  William  , 
avocat.  :j.o,  rue  des  Augustins, 
Liège. 

BRASSINNE  (Jos.),  docteur  en 
philosophie,78,rueWazon,L/VV/''. 
LEQUARRÉ  (Nicolas»,   profes- 
seur à  l'Université,  37,  rue  An- 
dré-Dumont,  Liège. 
SIMONIS  (Julien),    docteur  en 
médecine,  Jemeppe-sur-Meuse . 
SERVAIS  (Jean),  instituteur,  8, 
rue  Joseph  Demoulin,  Liège. 
RENARD  (Lucien),  14,  rue   Fa 
bry,  Liège. 

LOHEST  (Max),  professeur  à 
l'Université,  55,  rue  Mont-Saint- 
Martin,  Liège. 

DE  SÉLYS  FANSON  (baron  Ro- 
bert), docteur  en  droit,  68,  ave- 
nue Blonden,  Liège. 


X   — 


Date  de  l'entrée     Date  de  l'admission 

à  l'Institut.  comme  membre  effectif. 

25  nov.  1898.    25janv.  1903.    29.  PHOLIEN    (Florent),    26,    rue 

Vinâve-d'Ile,  Liège. 

26  mars  1897.    29  mai  1903.    30.  DE  BUGGENOMS  (Louis),  avo- 

cat,   19,    place   de    Bronckart, 
Liège. 

MEMBRES  HONORAIRES 


Date  de  l'entrée    Date  de  l'admission 

à  l'Institut.         comme  membre  honoraire. 

24  fév.  1882.    30janv.  1891.      1. 


BEQUET  (Alfred),  président  de 
la  Société  archéologique,  Na- 


mur. 


30janv.  1891.      2. 
1889.     31  mai   1895.       3. 


DE  BAYE(baron  Joseph),  Paris. 
PONCELET  (Edouard),  conser- 
vateur des  archives  de  l'Etat, 
Mons. 
27  déc.  1895.  4.  DE  PIMODAN  (comte),  duc  ro- 
main, capitaine  d'état-major,  Pa- 
ris. 

16  nov.  1863.  24  déc.  1896.  5.  DE  BORMAN  (chevalier  Ca- 
mille), membre  du  Conseil  hé- 
raldique et  de  la  Députation  per- 
manente du  Limbourg,  Schalk- 
hoven. 

24  fév.   1862.     30  déc.   1898.      6.  DARIS  (Joseph),  chanoine  de  la 

Cathédrale,  40,  rue  des  Prémon- 
trés, Liège. 
1874.    30  déc.  1898.      7.  KURTH  (Godefroid),  professeur 

à  l'Université,  membre  de  Y  Aca- 
démie royale  de  Belgique,  secré- 
taire de  la  Commission  royale 
d'histoire  de  Belgique,  6.  rue 
Rouveroy,  Liège. 

18  nov.  1859.    27  avril  1900.      8.  DE THIER(Chevalier Charles), 

président  honoraire  à  la  Cour 
d'appel,  3,  rue  Raikem,  Liège. 

29  déc.  1864.    30  mai  1902.      9.  DEWALQUE  (Gust.),  professeur 

émérite  à  l'Université,  membre  de 
l'Académie  royale  de  Belgique, 
rue  Simonon,  16,  Liège. 


—   XV   — 
Date  de  l'admission. 

1895.     22.  BAAK  (Alfred),  i.  rue  Lebeau,  Liège. 

25  mai  1894.      23.  HOUTART   M.),  docteur  en  droit,  Tournai. 
Juin  1894.  24.  DE   GÉRADON    (CHEVALIER    Mai  khi-,,    21, 

boulevard  Piercot,  Liège. 
30nov.l894.      25.  DE  SÈLYS-LONGCHAMPS (BARON WALTER  . 

sénateur,  château  deHalloy,  parCiney. 
29  nov.  1895.     26.  DE  RUDDER  (Henri),  ingénieur,    Boussu 

lez- Mo  h. s. 

24  déc.  1896.     27.  HARROY,    directeur   de    l'Ecole    normale, 

Verviers. 
26 mars  1897.     28.  OPHOVEN  'Léon),  17,  rue  Mont-Saint-Mar- 
tin, Liège. 

26  nov.  1897.     29.  RÉVÉREND  ABBÉ  DE  L'ABBAYE  Dl    VAL- 

DIEU,  Chameux. 
31  déc.  1897.     30.  EGGERMONT  (I.),  conseiller  de  légation  de 
S.  M.  le  Roi  des  Belges,  château  de  Leignon, 
par  Ciney. 

25  mars  1898.     31.  HENRIJEAN  (Fr.),   professeur  à  l'Univer- 

sité,  il,  rue  Fabry,  Liège. 

25  mars  1898.  32.  NEUVILLE  (Léon),  avocat,  40,  rue  du  Jar- 
din-Botanique, Liège. 

25  mars  1898.  33.  HOUSSARD  (Ernest),  24,  place  de  la  Cathé- 
drale, Liège. 

25  nov.  1898.  34.  CRÈMER  (Auguste),  château  de  Pétaheid, 
par  Verviers. 

30  déc.  1898.  35.  RASQUIN  (Georges),  avocat,  6,  rue  Laruel le, 
Liège. 

24  nov.  1899.  36.  KLINCKSIEK,  libraire-éditeur.  11,  rue  de 
Lille,  Paris. 

24  nov.  1899.  37.  STRAVEN  (François),  paléographe,  Saint- 
Trond. 

29  déc.  1899.  38.  ORBAN  (Henry),  59,  rue  Mont-Saint-Martin, 
Liège. 

28  déc.  1899.  39.  DUBOIS  (Adolphe),  24,  rue  Mont-Saint- 
Martin,  Liège. 

26janv.l900.  40.  VANDERHEYDENAHAUZEUR(ADOLi'iii;i. 
69,  Val-Benoît,  Liège. 

27  avril  1900.  41.  FALK,  fils,  libraire,  15-17,  rue  du  Parchemin, 
Bruxelles. 

27  mai  1900.  42.  VAN  ZUYLEN  (Paul),  industriel,  52,  quai 
des  Pécheurs,  Liège. 


—  XVI   — 
Dalo  de  l'admission. 

30  nov.  1900.     43.  PONCELET  (Henri),  imprimeur-éditeur,  7, 

rue  des  Eburons,  Liège. 
30  nov.  1900.     44.  VANDEVELD  (A..),  directeur  do  la  Biblio- 
graphie de  Belgique,  Bruxelles. 
28  déc.  1900.     45.  FRÉSART  (Félix),  banquier,  9,  rue  Sœurs- 

de-Hasque,  Liège. 
27  déc.  1901.     46.  GRENSON  (Joseph),  docteur  en  médecine, 

14,  rue  Fabry,  Liège. 
27  déc.  1901.     47.  BÉNARD  (Auguste),  imprimeur-éditeur,  13, 

rue  Lambert-le-Bègue,  Liège. 
27  déc.  1901.     48.  NEEF  (O.),  distillateur,    10,  rue  Grandga- 

gnage,  Liège. 
■il  déc.  1901.     49.  DELHEID  (Charles),  avocat,  121,rueFond- 

Pirette,  Liège. 
il  dee.  1901.     50.  RENKIÎS  (Fr.),  propriétaire,  à  Ramioul. 
il  déc.  1901.     51.  GOOSSENS  (Charles),  docteur  en  sciences, 

310,  boulevard  d'Avroy,  Liège. 

27  janv.  1902.     52.  ROLAND-DUMONT  (LÉON),  rue  Velbruck,  2, 

Liège. 
27 janv.  1902.     53.  ADAiM-PROST    (AmÉdÉe),    expéditeur,     15, 

place  de  la  Cathédrale,  Liège. 
23  avril  1902.     54.  BÉCHET  (Jean),  négociant,  49,  rue  du  Pont- 

d'Ile,  Liège. 
30  mai  1902.     55.  FORGEUR(PAUL),avocat,4, place Rouveroy, 

Liège. 
25  juil.  1902.     56.  RENKIN  (François),  fabricant  d'armes,  90, 

boulevard  d'Avroy,  Liège. 

28  déc.  1902.     57.  LOHEST-DELCHAMBRE  (Paul),  ingénieur, 

2,  rue  Rouveroy,  Liège. 
28  déc.  1902.     58.  JONGEN  (F.),  négociant,  108,  rue  Féronstrée, 

Liège. 
25 janv.  1903.     59.  PLOMDEUR  (J.),  industriel,  12,  rue  de  la 

Madeleine,  Liège. 
25  janv.  1903.     60.  LEROUX  (C),  président  honoraire  du  tribu- 
nal de  première  instance, 78,  rue  du  Vertbois, 

Liège. 
25  janv.  1903.     61.  DELAME  (Th.),  avocat  à  la  Cour  d'appel,  5, 

rue  Saint-Mathieu,  Liège. 
25 janv.  1903.     62.  BUISSONNET  (A.),  architecte,   3,  avenue 

Rogier,  Liège. 


—    XVII    — 
Dale  de  l'admission. 

22  fév.  1903.     03.  DELAITE   Julien  ,  docteur  en  science 

crétairede  la  Société  liégeoise  de  littéra 

ture  wallonne,  50,  ru»'  Hors-i  Mteau,  Liège. 
22  fév.  1903.     04.  JACQUES  (Léon  ,  ingénieur-électricien,  27, 

rue  Vinâve-d'Ile,  Liège. 
29marsl903.     05.  DE SÉLYSLONGCHAMPS (BARON  Mm  rice  . 

docteur  en  sciences,  19,  boulevard  d'Avroy, 

Liège. 
29marsl903.     66.  PIEDBŒUF-LOVENS    Louis),  ingénieur,  5, 

rue  Lebeau,  Liège. 
29marsl903.     07.  POLAIN  (Eugène),  conservateur  en  chef  du 

Musée  du  Vieux-Liège, 34, rue  du  Pont-d'Ile, 

Liège. 
24avrill903.     08.  DE  LAMINNE  (CHEVALIER  JULES  ,  château 

du  Bois-d'Avroy,  Liège. 
24  avril  1903.     09.  DE  MACAR-DE  LAMINNE    BARON  RAOUL), 

33,  boulevard  Piercot,  Liège. 

24  avril  1903.     70.  MISCH  et  THRON,  libraires,  68,  rue  Royale, 

Bruxelles. 
29  mai  1903.     71.  THISQUEN  (Joseph),  avocat, 70,  rue  de  Joie. 

Liège. 
29  mai  1903.     72.  SCUVIE-WILMOTTE    Joseph),    industriel, 

110,  boulevard  de  la  Sauveuière,  Liège. 
26  juin  1903.     73.  BOGAERT    (Hilaire),   ingénieur,  directeur 

des  travaux  du  charbonnage  du  Bois-d'Avro} . 

201,  quai  de  Fragnée,  Liège. 
31  juil.  1903.     74.  BERNARD    (Alfred),   ingénieur,   directeur 

gérant  du  charbonnage  de  la  Petite-Bacnure, 

32,  rue  Chéri,  Liège. 
31  juil.  1903.     75.  ORBAN  (Adolphe),  docteur  en  droit,  97,  rue 

du  Saint-Esprit,  Liège. 
31  juil.  1903.     70.  HARDY  (LOUIS),  villa  du  Rocheux,  Theux. 

25  oct.  1903.     77.  BIHET  (Oscar),  étudiant,  Chapelle   Mome- 

lette,  Jupille. 
29  nov.  1903.     78.  PAVARD  (C),  marchand  tailleur,  -J4,  place 

de  la  Cathédrale,  Liège. 
29  nov.  1903.     79.  SACRÉ  (Fernand), architecte,  \bh ,  rue  Jean 

d'Outremeuse,  Liège. 
20  dec.  1903.     80.  DE  MEEUS  (comte  Lotis,   industriel,  38, 

boulevard  Frère  Orban,  Liège. 


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